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d'or, 687,119 dollars en monnaies d'argent et 214,660 dollars en cents. Le monnayage de l'année précédente s'était réparti comme suit: 1,455,678 dollars en monnaie d'or; 1,043,646 dollars en monnaie d'argent et 345,000 dollars en monnaie de cuivre. L'hôtel de monnaie de New-York a fabriqué pour sa part, en 1860, pour 1,580,955 dollars, dont 243,000 dollars en monnaies d'oret 1,337,955 dollars en monnaies d'argent.

La diminution dans les envois américains de métaux précieux durant l'année dernière, diminution dont les effets sur le marché monétaire pourraient bien devenir particulièrement sensibles dans l'année courante où la guerre civile de l'Amérique menace d'arrêter tout nouvel affluent, ressort encore du tableau du mouvement des métaux précieux en Angleterre; c'est le canal par lequel les richesses métalliques des pays transatlantiques se déversent sur l'Europe. Voici comment la dernière livraison du Journal de la Société de la Statistique de Londres résume ce mouvement pour les trois années de 1858 à 1860:

I. — Arrivages.

1888. 1839. 1860. 1858. 1859. 1860.

(millions de livres sterling.) (million» de livres sterling.)

Australie 0.1 8.6 6.7 » » »

Amérique du Sud et Indes occid. 3.8 1.7 1.2 3.0 3.4 3.5

États-Unis et Califoruic 4.S 7.9 3.9 0.3 1.8 0.9

France 0.7 0.9 0.3 3.0 6.4 3.7

Villes hansëatiques, Hollande et

Belgique 1.6 0.4 0.1. 0.7 2.9 1.0

Portugal, Espagne et Gibraltar.. 0.2 0.1 » 0.4 0.3 0.0

Halte, Turquie et Egypte 1.3 0.3 » » » »

Cote occidentale de l'Afrique 0.1 0.1 0.1 » » i

Autres pays 1.5 2.3 0.2 » i »

Ensemble 23.8 22.3 12.6 6.7 14.8 10.4

II. — Expéditions.

France 10.5 14.9 10.4 0.4 0.5 0.9

Villes hansëatiques, Hollande et

Belgique 0.3 0.9 0.8 1.3 1.0 0.6

Portugal, Espagne et Gibraltar. 0.2 0.7 1.4 » » »

Indes et Chine 0.1 0.6 1.3 5.1 16.0 8.1

États-Unis 0.1 » 1.7 0.1 » »

Autres contrées 1.4 0.9 0.6 0.2 0.1 0.3

Total 12.6 18.0 13.6 7.1 17.6 9.9

L'importation de l'or a donc diminué de moitié presque sur les deux années précédentes, tandis que l'importation de l'argent tient le milieu entre le chiffre élevé de 1859 et le chiffre très-bas de 1858. C'est à peu près le cas aussi pour l'exportation de l'or en 1800; par contre, l'exportation de l'argent est fort inférieure à ce qu'elle avait été en 1859. Pour les trois années réunies, le mouvement se résumerait comme suit:

OH. ARGENT.

mil). 1. »t. BiU. 1. M.

Importation 57.7 Importation 31.9

Exportation 46.2 Exportation 34.6

Excédant de l'importation. 11.5 Excédant de l'exportation. 2.7

Les deux métaux réunis, l'Angleterre aurait gardé 8.8 millions Ht. st. sur les importations faites dans ces trois dernières années. La quantité n'est pas assez forte, ce nous semble, pour pouvoir obvier à l'embarras que l'interruption des envois métalliques, par suite des événements américains, pourrait sous peu causer à la circulation européenne.

La Turquie, du moins, se tire à bon compte de pareils embarras : elle laisse vaillamment fonctionner ses presses pour la fabrication du papier-monnaie. Un récent décret annonce une nouvelle émission de caïmés pour la somme de 1,250 millions de piastres; ces caïmés devront circuler comme monnaie dans toute l'étendue de l'empire ottoman et seront reçus en paiement par toutes les administrations et caisses publiques, à l'exception des douanes. »Sur le chiffre ci-dessus, 250 millions seraient destinés à former les deux tiers du capital de 375 millions en monnaies de bon aloi qui sera affecté au maintien du change sur l'Europe; le reste, soit un milliard, servirait à retirer les calmés actuellement en circulation et à solder les arriérés du Trésor. Ces arriérés, on l'accumulation de déficits budgétaires, sont signalées dans le décret comme la cause principale de la nécessité de recourrir aune nouvelle émission de papiermonnaie. On promet cependant, tout à fait à l'européenne, que t des dispositions doivent être prises incessamment pour le faire disparaître (le déficit annuel) complètement et pour arriver à un juste équilibre des dépenses et

des recettes. » On sait en Europe ce que valent ces promesses, même dans les Etats dont la gestion financière ne laisse rien à désirer sous le rapport de la régularité, de la comptabilité et du contrôle. Il est vrai que le sultan fait appel « à la fidélité et au dévouement éprouvés des habitants de l'empire ottoman .pour leur souverain, leur gouvernement et leur patrie, » et qu'il assure, en outre, avoir réuni pour la solidité de la nouvelle émission < toutes les garanties désirables : impossibilité de dépasser un chiffre déterminé; affectation de revenus solides pour le retrait à opérer dans un délai fixé; administration régulière, inspirant toute confiance au public; suppression des bacbliks et antres monnaies altérées qui portent le trouble dans les transactions commerciales; enfin, formation d'un capital destiné à la construction et à la réparation des routes, ports et canaux, propres à faciliter et à développer les opérations du commerce. » Il serait à désirer que cet appel au secours intérieur réussisse mieux à la Turquie que ne lui a réussi le recours, par l'intermédiaire de la caisse Mirés, aux capitaux européens.

J.-E. Hokn.

BIBLIOGRAPHIE

Les Banques Françaises. — Paris, Guillaumin et O. Broch. in-8 de 91 pages.

Les conclusions de cet écrit et l'intention de l'auteur anonyme sont excellentes. Nous reviendrons sur l'intention; la conclusion, la voici: « En France, le régime abusif du privilège des banques, conséquence du principe d'autorité exagéré, est rendu plus dangereux encore par l'irresponsabilité des sociétés anonymes. » Pour mieux faire ressortir cette vérité, l'auteur ajoute l'antithèse : « En /Angleterre, le régime fécond de la liberté financière, conséquence d'autres franchises, est protégé par une responsabilité, excessive peut-être, mais salutaire. » La réforme à réaliser dans notre régime banquier consisterait donc à accorder plus de liberté à la création d'établissements de crédit, mais à donner en même temps au public des garanties sérieuses contre l'abus. En cette généralité, la thèse ne saurait rencontrer de contradiction sérieuse de la part des docteurs es sciences économiques; elle forme même depuis longtemps l'alpha et l'oméga des réclamations de l'économie politique en matière de crédit. Ce n'est donc pas, en tout cas, pour formuler cette doctrine que la pratique financière dut prendre la peine d'éclairer de « plus haut » le « vulgaire. »

C'est quant aux moyens de réaliser cette garantie que nous autres, gens qui « écrivons et ne savons pas, parce que nous ne pratiquons pas, » aurions effectivement besoin que la haute banque, à laquelle appartient l'auteur de cet écrit, daignât nous éclairer, ne fût-ce que « par un trait rapide et même superficiel. » Je dois avouer cependant que la garantie préconisée par l'auteur ne me semble pas entièrement rassurante. Elle consisterait d'abord dans la responsabilité individuelle des gérants et directeurs,, que l'anonymat met aujourd'hui à peu près hors de toute atteinte. Mais la responsabilité d'un individu ou même de plusieurs individus pourrait-elle jamais être une sauvegarde suffisante des intérêts financiers qui se chiffrent par dizaines et centaines de millions? Il y a quelques mois seulement, tous les journaux de France et de Navarre publiaient d'immenses réclames dans lesquelles un célèbre financier invitait à la souscription d'une entreprise de chemin de fer, en offrant de garantir le capital social; tout le monde, à Mazas et ailleurs, sait aujourd'hui ce qu'est devenu le garant et ce que valait la garantie offerte.

L'autre élément de garantie que préconise l'auteur consisterait à ne faire verser qu'une faible partie du capital social; la majeure partie en resterait dans les mains des actionnaires et ne serait appelée qu'aux no ments où des besoins imprévus, des circonstances critiques, exigeraient de nouvelles ressources. L'auteur part de la prémisse que la partie non appelée du capital sera « réalisable à première réquisition » : supposition gratuite, presque naïve. Imaginons le retour d'une crise comme celle de 4848; les établissements de crédit éprouveraient de la difficulté à faire rentrer leurs créances et seraient ainsi forcés, pour remplir leurs obligations envers le public, de se créer des ressources extraordinaires. La banque de France ne pourrait assurément réaliser qu'avec de grandes pertes les rentes, par exemple, dans lesquelles elle a immobilisé une partie de son capital social ; mais ne serait-il pas infiniment plus difficile, et plus lent surtout, de demander et d'obtenir en ces moments critiques de nouveaux versements de la part des actionnaires? Les embarras, dans cette dernière supposition, retomberaient sur le public; dans la première supposition, les actionnaires seuls auraient à souffrir. Il nous semble pourtant que c'est au public qu'il s'agit de fournir des « garanties, » et non aux actionnaires.

Assurément c'est une très-mauvaise politique que de réunir un capital plus fort que ne l'exige le cercle d'action d'une entreprise financière quelconque. D'énormes exagérations produites, partie par les illusions des fondateurs, partie par des calculs intéressés que nous n'avons pas besoin de désigner plus spécialement, ont été commises en ce sens durant les années 1853 à 1858. Aussi avons-nous vu depuis lors, en France aussi bien qu'en Allemagne, un grand nombre d'entreprises écrasées pour ainsi dire sous le poids des capitaux immenses qu'ils avaient appelés sans savoir les féconder, et ne pouvant se sauver de la ruine, si elles y parvenaient, qu'en réduisant le capital de deux tiers, même de trois quarts. C'est autant de gagné pour les actionnaires; en partie, la réduction est avantageuse aussi au public, parce que les entreprises en question ne sont plus forcées alors d'inventer ou de a pousser » à tout prix des spéculations véreuses. Mais ériger en principe le versement d'une partie mince du capital social, nous semble une conclusion fort risquée à tirer de ces faits; nous ne comprenons aucunement la causalité présupposée d'après laquelle la garantie offerte au public par un établissement de crédit serait d'autant plus grande que l'engagement des actionnaires serait plus faible, et par conséquent l'intérêt aussi qu'ils auraient dans les moments critiques à soutenir, même par des sacrifices, l'établissement chancelant.

Tout en adhérant à l'idée principale de cet écrit, idée qui est loin cependant d'être une découverte nouvelle, nous ne croyons donc pas que la solution pratique du problème: donner plus de liberté au régime banquier en retour de plus de garantie à offrir au public, se trouve dans les moyens proposés par l'auteur... Ses idées sur la nécessité de la spéculation boursière, sur le rôle de la monnaie fiduciaire qu'il trouve en tout points supérieure à la monnaie métallique, quelques autres énonciations encore, pourraientégalement prêter à la critique ; passons. En général, les vues de l'auteur sont justes, conformes aux doctrines économiques ; maintes de ces observations sur l'organisme et le fonctionnement des grands établissements de crédit en France méritent d'être prises en considération.... Mais est-ce assez pour justifier le ton magistral avec lequel l'auteur s'annonce? Quand un membre de la « haute banque » daigne prendre la plume, parce que les « études approfondies que comporte l'examen théorique du crédit manquent à la plupart des écrivains improvisés de cette spécialité, » et que aies articles d'appréciation, quels que soient leur étendue, leur classement et leur mérite, ne sont, la plupart du temps, que des réclames plus ou moins habiles, rédigées par des entrepreneurs de succès ou inspirés par des intérêts tout puissants sur la presse; » quand il déclare que les traités sur la matière « manquent généralement de vie et d'originalité » et promet de < condenser en peu de lignes un ensemble de principes et de renseignements spéciaux qu'on trouverait difficilement dans les ouvrages théoriques publiés sur la banque et le crédit, et encore bien moins dans des recueils périodiques » : quand un nouveau venu s'introduit dans la famille des écrivains avec de pareilles prétentions, il faudrait au moins écraser ces pauvres diables de knotenothing par la supériorité d'enseignements théoriques et de renseignements pratiques qu'on aurait la grâce d'apporter au public. Les uns et les autres, nous les avons en vain cherchés dans l'écrit que nous annonçons; il est du genre de ceux dont, au dire d'un proverbe allemand, H -f- 2/2 font une douzaine. Nous ne croyons pas que la science des Say, des Rossi, des Bastiat, soit réellement enrichie par ces révélations de la « haute banque; * nous ne croyons pas non plus que ces maîtres vénérés do la science économique, pour n'avoir pas été « inaccessibles à la pression d'un salaire, » c'est-à-dire pour n'avoir connu d'autres occupations et d'autres préoccupations que le développement de la science, aient été moins « sensibles aux douces émotions de l'enseignement public » que ne l'est la haute banque, quand elle veut bien, dans ses moments de loisir, «éclairer de plus haut les agents

et agissements du crédit. »

J.-E. Horn.

Do Droit D'appel limité a 1,300 francs, surtout en matière d'assurances maritimes, par Negrh, avocat a la Cour impériale d'Aix. — Paris, Marescq aîné, t vol. in-8".

Les questions de juridiction ont pour l'administration de la justice et pour les intérêts qui s'y rattachent une importance qu'on ne saurait

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