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Elle a pour elle, en outre, la préférence que les consommateurs de machines accordent naturellement aux constructeurs du pays, quand ils peuvent leur accorder toute la confiance nécessaire.

La coutellerie, depuis une vingtaine d'années, a atteint en Russie un degré de développement remarquable. Elle est concentrée principalement dans le district de Gorbatoff (gouvernement de Nijnii-Nowgorod), où l'on comptait en 1852 plus de 250 établissements. Ce sont de petites fabriques répandues dans les villages et surtout à Pavlovo et Worsma. Quelques fabriques d'acier se trouvent dans le même district, mais jusqu'à présent on y fait venir pour les produits de choix de l'acier d'Angleterre. Les produits de ces fabriques sont généralement satisfaisants et assez abordables par leur bon marché. La coutellerie de Toula est inférieure à celle de Pavlovo; en revanche, Toula est célèbre pour sa quincaillerie fine assez originale. La ville de Toula est en outre un centre de la fabrication d'armes blanches et à feu. Outre une grande usine appartenant à l'Etat, il y a un très-grand nombre d'artisans armuriers. La serrurerie accompagne la coutellerie et se fabrique dans les mêmes localités. On fabrique aussi des armes et des outils à Zlatooust (gouvernement d'Olonltz), où il y a également une fabrique d'armes blanches appartenant à l'Etat. Les outils de Zlatooust passent pour être les meilleurs en Russie; mais en général cette dernière branche laisse encore beaucoup à désirer, surtout à cause du peu de qualité de l'acier. Les bons artisans préfèrent toujours les outils étrangers. On importe en Russie une assez grande quantité de faux et faucilles de Stirie (Autriche); la moyenne, en 1851-53, s'élevait à 676,000 roubles. Les outils et les faux sont très-modérément importés : les premiers à 80 kopecks, les dernières à 40 kop. le poud, ce qui n'empêche pas pourtant leur fabrication en Russie, qui s'étend et s'améliore. A Zlatooust, à Nijnii-Irguilse (dans l'Oural), dans le district de Melenkoff (gouvernement de Wladimir) et en Pologne, on en confectionne des quantités notables. Depuis 1857, la coutellerie et les armes de toute espèce sont imposées à raison de 40 kop. par livre. La coutellerie fine, montée en matières précieuses, telles que écaille, nacre, ivoire, est à 1 rouble par livre.

Il n'y a en Russie qu'une seule fabrique d'aiguilles importante : elle se trouve dans le gouvernement de Riazan, et a longtemps joui d'un véritable monopole, ce qui ne dit pas qu'elle soit très-bien montée. On y étire cependant un fil d'archal particulier, reconnu propre à la confection des aiguilles, qui est connu et très-estimé en Angleterre. A Moscou, à Riga et dans le gouvernement de Wladimir, il y a des fabriques de cardes, de toiles métalliques et de peignes à tisser. Saint-Pétersbourg et Moscou possèdent quelques établissements de coutellerie fine et d'instruments chirurgiques et de précision. L'horlogerie s'exerce particulièrement dans les deux capitales et à Varsovie : elle se borne à réparer et à repasser les montres de Suisse. La Russie exporte une certaine quantité de coutellerie et de serrurerie en Asie.

B) Cuivre. — La production moyenne du cuivre en Russie, depuis 1847, dépasse 320,000 pouds. Elle se concentre également dans le gouvernement de Perm, siége principal de la richesse minérale de cet empire : il y a aussi des mines de cuivre en Irlande et en Géorgie. La moyenne de l'exportation de

1849-53 a été de 214,512 pouds, mais elle n'atteint pas toujours ce chiffre et est sujette à de fréquentes fluctuations.Ainsi, par exemple, la moyenne de 1844-48 ne dépassait pas 96,051 pouds. La fabrication des ustensiles de ménage en cuivre et laiton est une des plus anciennes et des plus avancées en Russie. Les bouilloires ou samovars russes commencent à être connus dans toute l'Europe. Le principal siége de cette industrie se trouve à Toula; on fabrique aussi des objets en cuivre dans la plupart des grandes villes de l'Empire. A Moscou, il y a plusieurs établissements importants pour la fabrication des chaudières et appareils de distillation en cuivre. En Pologne, on construit des appareils pour la fabrication du sucre de betterave. Les ustensiles en cuivre constituent un article d'une certaine importance pour le commerce russe avec l'Asie. En général, l'exportation des produits métalliques, tant en cuivre qu'en fer pour l'Asie, est montée en moyenne, en 1848-53, à 233,200 roubles.

Poteries. — L'ancien tarif russe prohibait les porcelaines de toute espèce et frappait d'un droit de 4 roub. 65 kop. par poud (= 1 fr. 13 c. par kilogramme), la faïence et les poteries ordinaires. Ce régime protecteur prolongé pendant 28ans n'a pas amené de progrès notables dans cette branche d'industrie en Russie. Les consommateurs riches faisaient venir leur vaisselle de l'étranger le plus souvent en éludant le paiement des droits; quant aux classes moyennes et peu aisées, elles étaient réduites à se servir d'une très-mauvaise faïence, quoique fort chère. Les paysans russes jusqu'à présent n'emploient que fort peu de vaisselle en terre, et préfèrent manger dans des écuelles en bois. En 1850, les droits d'entrée sur la faïence ont été réduits à 2 roub. par poud par mer et à 80 kop. par terre; les porcelaines furent également admises moyennant des droits fort élevés. Par suite de cette réduction, l'importation de ces articles augmenta jusqu'à la valeur de 170,000 roub. moyenne en 1850-50). En même temps les prix s'adoucirent à l'intérieur, et l'on vit poindre des améliorations dans la fabrication : la plus remarquable consiste dans la confection de la faïence perfectionnée, dite porcelaine opaque, qui a été introduite par un fabricant de Moscou. En 1857, les droits furent généralement réduits : ils sont actuellement pour les faïences ordinaires, de 1 roub. 60 kop. par mer et 60 kop. par terre; pour les faïences décorées, de 4 roub. par mer et 3 roub. par terre (la porcelaine opaque paie 3 0/0 en sus); pour les porcelaines blanches ordinaires, 6 roub. par mer, 5 roub. par terre; les porcelaines décorées,12 roub. par mer, 11 roub. par terre; les porcelaines riches, 24 roub. par mer, 23 roub. par terre; les poteries ordinaires en terre ou en grès, 40 kop. par mer, 200 kop. par terre; les objets en terre servant à l'industrie chimique, francs de droit.

Dans son état actuel en Russie, cette fabrication ne compte qu'un petit nombre d'établissements remarquables dans lesgouvernements de Moscou, de Twer et de Saint-Pétersbourg. Dans cette dernière capitale, il y a une manufacture impériale de porcelaine, à l'instar de celle de Sèvres; l'Etat possède encore une fabrique de faïence à Megigorsk (gouvernement de Kieff). Le knolui ou terre de porcelaine est tiré en totalité du district de Gloukhow (gouvernement de Tchernigoff); la manufacture impériale de Saint-Pétersborg fait venir une certaine quantité de pâte de Limoges de France, La Pologne possède égale

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Kairwa. de Peiza. de Wina et en Pucte. En 1843. CP U : 0=- -= un 0.1 de pe fabriques, qui produisaient des cris

I das 22luze d'une atal grande perfect on, ettre autres les terres ricres de Mais Um er articles de luxe, de même que ceur poor is cascs2 plus ordinaire, se distinguaient par une cherté excessive cocisze 2 produits anal sques en France et en Allemagne. En 1850. les draisie : sasiblement abainés et amenèrent une légère augmentation dans lep2 .15 verres et cristaux étrangers. Cela suffit pour adoucir les prix des

32 la fabrication indigène, dont la qualité et la variété y gardèrent aussi. LS ulaces et miroir entre autres, qui jusque-là avaient été d'une cberie indir dable, furent livrés au commerce en abondance à des prix modérés. Le *2m? de 1857 maintient les droits de 1850 sur les glaces et miroirs de petite ed moyenne dimension, mais il baisse de 40 0/0 environ les droits d'entree se les places de grande dimension et réduit encore plus les droits sur les autres produits de la verrerie. Ils sont maintenant fixés comme suit : Terres à vitres et verres ordinaires non polis, dans les ports de la mer Noire et parterre, 1 roub., dans les autres ports, 2 roub. par poud; les verres polis ou taillés et cristaux, par iner 10 roub., par terre 9 roub. le poud. Les bouteilles vides sont admises dans lous les ports de la mer Noire et en Bessarabie, par terre, moyennant un

droit de 1/2 kopeck par pièce. Cette dernière réduction est nécessitée par le manque de bouteilles, qui se fait'sentir dans les provinces vinicoles dumidi de la Russie. On exporte de Russie une petite quantité de porcelaine, de faïence et de verrerie en Asie, surtout en Perse.

Industries de luxe.—La prohibition, s'attaquant principalement aux articles de luxe, a complétement manqué son but en Russie. Elle n'a servi qu'à provoquer un petit nombre d'établissements, qui produisent en effet d'assez beaux bronzes, d'excellents équipages, des meubles d'une richesse extrême et d'une grande perfection; mais tous ces produits hors ligne ne font qu'effleurer la consommation et ne sont abordables qu'aux hautes classes. La consommation moyenne, celle qui devrait servir de base à la véritable industrie, n'a pu même se développer, sous le poids d'une cherté écrasante. Elle est encore fort mal servie et pour beaucoup trop de frais pour elle. En fait de bronzes, elle n'a que des lampes médiocres, des estampages d'un mauvais goût et des reproductions de la galvanoplastie. Quoique le prix des voitures suspendues ait un peu baissé, surtout à Moscou, elles ne sont pas encore accessibles à l'usage public, et le commun marche à pied ou bien est cahoté dans des fiacres découverts fort incommodes, appelés droschki. Les meubles ordinaires, ceux qui sont destinés pour la consommation des petites fortunes, sont très-mal construits et très-peu comfortables. Il faut, en Russie, ou payer fort cher pour son ameublement ou bien se résigner à être fort mal meublé. Parmi les industries de luxe de la Russie, il y en a une qui mérite d'être exceptée de ce jugement général; c'est l'orfévrerie et la bijouterie, et, chose digne de remarque, cette branche n'a jamais été protégée que par un droit comparativement fort doux et facile à éluder de 25 0/0 de la valeur. Maintenant, ce droit est encore moindre : 30 roubles par livre pour les objets en or ; 2 roubles pour ceux en argent et 15 roubles en platine; la joaillerie n'acquitte que 2 0/0 de la valeur ; les produits de l'orfévrerie et de la bijouterie russes ont obtenu la grande médaille du conseil à l'Exposition universelle de Londres en 1851. Ces produits, en effet, fabriqués à Saint-Pétersbourg et à Moscou, ne cèdent en rien à ceux de l'étranger pour la solidité et même pour le goût et le prix. On fabrique assez bien le plaqué à Moscou et en Pologne, mais le prix en est encore trop élevé. Plusieurs établissements sont montés actuellement pour l'argenture et la dorure par la galvanoplastie. On doit encore mentionner les pianos de la facture de Moscou, de Varsovie et surtout de Saint-Pétersbourg ; ils sont fort bons, mais coûtent encore 40 à 50 0/0 plus cher que ceux de Vienne ou de Paris. Il y a des établissements pour la daguerréotypie et la photographie dans presque toutes les grandes villes de la Russie.

Tabacs.—En 1851, on comptait en Russie 483 fabriques et 991 petits établissements pour la préparation des tabacs à fumer et à priser; il y en avait 15 en Finlande; quant au royaume de Pologne, la fabrication des tabacs y est constituée en monopole de l'Etat. Depuis une quinzaine d'années, cette industrie a pris un grand développement, malgré l'accise dont elle est frappée. Les plus grandes fabriques se trouvent à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Riga : dans le nombre, il y en a qui font pour plus d'un million de roubles d'affaires. Cette industrie met en œuvre environ 900,000 pouds de tabacs indigènes et 150,000 pouds de tabacs exotiques en feuilles. C'est le gouvernement de Tchernigoff qui possède les plus grandes plantations de tabae en Russie : la ville de Néjine est le centre de cette culture et du commerce auquel elle donne lieu. L'importation moyenne des tabacs préparés et cigares de l'étranger, en 1851-53, a été de 181,672 pouds, pour une valeur de 2,880,400 roubles, dont 177,214 pouds pour l'empire et 4,458 pouds pour le royaume de Pologne.

Manufactures agricoles.-- Pour terminer cet article, il nous reste à mentionner les fabrications qui s'exercent sans intermédiaire sur les produits de l'agriculture, se trouvant ainsi engagées dans l'économie rurale même, el qui ont une grande importance en Russie. On peut donner à toutes ces industries le nom générique de manufactures agricoles; ce sont : la distillation des eaux-de-vie, la fabrication de la bière, celle du sucre de bellerave, les féculeries, la meunerie et l'extraction des huiles.

On distille en Russie plus de 8 millions de tchetwerts de seigle. Les distilleries sont généralement tenues par les propriétaires au sein de leurs campagnes, où elles assurent un débouché avantageux aux récoltes et procurent des grandes facilités pour l'élève et l'engraissement du bétail. En comptant 6 vedros d'eau-de-vie de 20° Beaumé, comme moyenne du rendement d'un Ichelwert de seigle, sa production doit s'étendre de 48 à 50 millions de vedros, car dans quelques localités on a apporté des perfectionnements à la distillation, et on y a appliqué des quantités notables de pommes de terre. Le prix ordinaire d'un vedro d'eau-de-vie à 20° Beaumé est de 60 à 70 kop., mais le régime d'impositions établi en Russie renchérit énormément celle boisson, qui revient aux consommateurs dans les gouvernements de la Grande-Russie et en Sibérie à 6, 7 et jusqu'à 9 roubles le vedro. La fabrication de la bière ne présente en Russie que peu d'importance relative; elle serait cependant tout aussi avanlageuse à l'économie rurale que la distillation des eaux-de-vie de grains. La consommation de la bière en Russie ne va pas au delà de 23/100 de vedro par habitant. Le système des fermes, suivi jusqu'à présent pour l'impôt des boissons, entrave beaucoup le développement de la brasserie en Russie. C'est en Pologne qu'elle a pris le plus d'extension, et la consommation de cette boisson y atteint un vedro 1/2 par tête. Il n'y a de brasseries d'une certaine importance qu'à Saint-Pétersbourg et Moscou, où l'on fabrique même de l'ale et du porler, qui ne sont, du reste, que de faibles imitations des bières anglaises. La produce tion du miel est abondante en Russie : on en fabrique une boisson connue sous le nom d'hydromel, qui est en assez grand usage, surtout dans les gouvernements occidentaux de l'empire et en Pologne. L'industrie vinicole est très-développée, en Russie, dans les provinces transcaucasiennes et dans la partie méridionale de la Crimée; puis viennent se ranger en première ligne le gouvernement de Stavropol, le pays des Cosaques du Don et la Bessarabie. En général, le vin récolté est consommé sur place; les vins du Caucase et de Crimée qu'on apporte dans le nord de la Russie y sont peu goûtés; on en fait un assez grand usage pour la falsification des vins de France et d'Espagne, qui est assez répandue. Dans le gouvernement de Stavropol, on distille de l'eau-de-vie à l'instar du cognac : le centre de cette fabrication se trouve dans le district de Kisliar.

Grâce au tarif très-élevé qui frappait le sucre brut colonial d'un droit d'en

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