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nations d'un botaniste. M. Fortune, le botaniste en question, nous introduit dans un monde un peu différent, quoique toujours chinois. Il ne satisfait pas moins que les missionnaires notre curiosité relativement aux mœurs des habitants: les traits singuliers, les aventures abondent; et nous apprenons en outre bien des choses qui intéressent l'économiste. Nous signalerons notamment la description de la culture du thé.

Mais c'est surtout la question politique qui a été traitée dans les deux derniers chapitres. M. Lavollée nous y fait assister aux premiers actes du drame dont le céleste empire est actuellement le théâtre, et dont nous venons d'apprendre le dénouement, que, du reste, tout le monde avait prévu. Force est restée à la civilisation.

Nous appelons surtout l'attention sur les détails que nous trouvons, à partir de la page 292, sur le commerce chinois. Nous regrettons même que cette matière n'ait pas reçu plus de développements. Ce qui manque au négociant français pour étendre ses relations à l'étranger, ce ne sont ni les capitaux, ni l'esprit d'entreprise, ni les marchandises en état de soutenir la concurrence de nos compétiteurs, c'est une connaissance plus approfondie des pays lointains. Des ouvrages comme celui de M. Lavollée contribuent à répandre ces connaissances. Et qu'on ne pense pas que le progrès à réaliser soit peu important. Pour se détromper sur ce point, on n'a qu'à lire la Note d'un très-haut intérêt que M. NatalisRondot a soumise récemment à la Chambre de commerce de Lyon, et dont cette Chambre a voté l'impression. Pour ne citer qu'un seul des faits rapportés par cet éminent négociant, nous dirons qu'en 4832, 85 balles de soie chinoise furent envoyées à Lyon en consignation,et que l'importation de cette précieuse matière atteint aujourd'hui 30,00(. balles. Les propositions faites par M. Rondot et approuvées par la Chambre de commerce de Lyon sont en ce moment l'objet de l'examen d'une commission instituée auprès du ministère du commerce. Nous rappellerons en passant que M. N. Rondot a été l'un des délégués élus par les Chambres de commerce pour accompagner M. de Lagrenée.

En résumé, si l'attention portée actuellement sur la Chine est, comme nous l'eopérons, féconde en résultats avantageux pour notre commerce, M. Lavollée aura une large part dans le mérite d'avoir provoqué ce mouvement.

E. Bouquet.

BULLETIN FINANCIER.

Sommaiak. — Les espérances de paix se consolident. — La hausse continue. — Mort du comte de Cavour. — La hausse, un moment interrompue, reprend le dessus. — Détachement du coupon sur le 3 0/0 français. — Causes de hausse.— Kmi-sions d'obligations de chemins de fer français par la Banque de France de 1838 à 1861.

— Diminution du taux d'Intérêt de s bons du trésor à Paris. — Augmentation de l'escompte a Londres. — T\iux d'escompte sur les diverses places de î'Europe — Recettes des chemins de fer fiançais ■ urant le premier trimestre de 1861 et 1860.

— Assemblées g itérâtes. — Coupons détachés. — Tableau des Bourses de Paris, Lyon et Maiseille. — Bilans du Comptoir d'escompte de Paris et de la Société générale de crédit industriel et commercial.

Les espérances de paix et de tranquillité, non-seulement dans le présent mais encore dans l'avenir, s'implantent de plus en plus dans les esprits. Un moment, la mort d'un grand ministre, qui était en même temps un économiste distingué, la mort ducomle C. de Cavour, a paru compromettre cet équilibre de quiétude. Mais après sa mort, comme pendant sa vie, l'illustre homme d'Etat semblerait destiné à aider à la consolidation de l'unité italienne, si, comme chacun le croit, la reconnaissance par la Frai ce du royaume italien était enfin résolue, sauf les formalités diplomatiques qui en relardent encore l'accomplissement. Quoi qu'il en soil, on le croit, et cela suffit pour imprimer soi' fonds sur toutes les places (excepté celle de Londres) un mouvement de hausse ou au moins une fermeté assez remarquable. Ainsi, à Paris, le coupon de 3 0/0 s'est détaché, le 7 juin, sur le cours de 68.35 (soit 67.35 coupon détaché}; depuis, on est revenu à 68.10; c'est peu si on oublie les appréhensions que causa tout d'abord la mort du premier ministre de Victor-Emmanuel: mai? quand on se reporte à l'impression qu'elle produisit, et qu'eu fin de compte on voit la rente revenue au plus haut cours de mai, on peut dire qu'i y a eu hausse marquée, et se •féliciter, au point de vue du crédit public, de la manière dont cet événement aura indue sur le cours de la rente.

Il est vrai qu'il y a des causes sérieuses de hausse en ce moment; on détache en juin et en juillet une grande quantité de coupons, et une forte partie de celle somme est capitalisée chaque année et employ e en achats de valeurs similaires. On comprend donc que le marché du comptant soil très-actif et donne l'impulsion au marché à lerme, loin de le recevoir de lui.

Le succès de l'émission des obligations de chemins de fer français par la Banque de Fiance esl une preuve de ce fait.

Cette institution agissant au nom et |>our compte du syndicat des chemina de fer, a proposé au public la souscription de 786,000 obligations. Voici les bases de l'émission et les résultats de la souscription:

Obligation! Okllgattoiu Attribution

Compagnies Imites. Primes. Jouissance, souscrites, définitin*.

0/0.

Ardenues 86000 291.23 1" juillet. 97.431 88.17

Est 80.000 292.50 i" juin... 238.519 32.78

Lyon 208.000 293.73 1" juillet. 1.100.918 22.Si

Midi 75.000 292.50 - 192.823 38.36

Orléans 140.000 293.75 - 1.10t.677 11.82

Ouest 137.000 292.50 — 177.836 76.86

Totaux.... 78U.0UO 2.972.i0i

On voit que les demandes ont atteint trois à quatre fois les offres: il est vrai que se douiant, d'après les précédentes émissions, de ce résultat, beaucoup de capitalistes ont, en conséquence, souscrit un nombre d'obligations dépassant de beaucoup les fonds à employer à ce placement.

C'est la quatrième fois que la B mque de France aide les compagnies de chemins de fer dans l'émission de leurs litres d'obligations. Dep.iis 1858, cela fait 3.851.487 obligations placées par les soins de celte institution, et, par son entremise, un capital de plus d'un milliard aura passé de la circulation dans la caisse des compagnies de chemins de fer français. Il est utile de rappeler les chiffres obtenus durant ces quatre périodes et de les rapprocher du mode employé : on pourra ainsi apprécier les résultats de la réunion des compagnies en syndicat et de l'influence de la forme de souscription publique sur la consolidation du maiché et le classement des titres.

tri 1857, le cours des obligations 3 0/0 des chemins de fer français est vers 272.50; chaque compagnie opère isolément pour son compte et livre directement au marche les titres dont l'émission lui est indispensable pour ses travaux. Le 3 0/0, dont le cours moyen, en 1836, était de 70.42, a pour cours moyen, en 1857, 68.02.

En 18î8, huit compagnies (Orléans, Lyon, Genève, Uauphiné, Est, Ouest, Midi et Ardenues) se réunissent en syndicat, empruntent a la Banque de France, sur dépôt d'obligations, une somme de 100 millions et autorisent cette institution à émettre, pour leur compte, un nombre d'obligations suffisant pour réaliser une somme d'environ 230 millions. La Banque, par des ventes successives ou directes, en écoula les deux tiers vers 275 fr. Le 1" juillet 1858, elle interrompt ses ventes et met en souscription publique .71,000 obligations; on lui en demande 986.887. Après un succès pareil, il semblait rationnel d'employer le même procédé Cependant, en 1859 encore, la Banque vend directement et peu à peu 881,932 obligations vers 287.50 à 288.75, soit, pour un capital réalisé, de 250 millions. Le prix de vente est plus haut, comme on voit, que les cours des années antérieures. Cependant le 3 0/0, dont le cours moyen est de 70.63 en 1858, n'est plus que de 67.19 en 1859; on voit donc que le mouvement d'ascension des obligations de chemins de fer français leur est propice et peut être attribué à l'organisation du syndicat.

En 1860 et 1861, la Banque reprend le mode de souscription publique; en 186 ', 1,023,000 obligations, cl en 1861, 786.000 sont ofl'crles au public. En 1860, le capital réalisé a été de 297 millions, en 1861, il est du 233. Le prix de vente est à peu près le même pour les deux années : 290 à 291.25, jouissance des 1er juin et juillet. Il est à remarquer que le cours de la rente n'a pas non plus sensiblement varié.

En 1860, pour 1 ,023,000 obligations offertes, lepublic en a demandé 1.625,155; mais il y a eu de grandes inégalités entre les diverses compagnies. Ainsi, tandis que pour l'Ouest on a été contraint d'attribuer aux souscripteurs 98 0/0 de leurs demandes; pour les Ardennes, 86; pour le Midi, 83, et pour l'Est, 82, on n'en pouvait attribuer que 56 aux souscripteurs d'obligations du Dauphiné, 55 à ceux de titres de Paris à la Méditerranée, et 40 pour l'Orléans. Cependant ces divergences n'ont pas eu par là suite d'influence sensible sur les cours. On

CHEMINS DE FER FRANÇAIS. — RECETTES BRUTES DE L'EXPLOITATION

Pendant le premier trimestre des années 1861 et 1860.

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kil.

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14.812

10.213

11.136

9.731

15 2<6

5.360

6.203

26.156

1.348

8.067

5.021

3. 93

2.217

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11.079 13.57

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Midi

Totaux et moyennes.

RÉCAPITULATION

Ancien réseau...,
Nouveau réseau .

Ensemble...

2170

«967
2170

9137

2235

2255

9103

5.100

12.582
5.190

10.65!

5.132

11.079
5.132

9.639

1 13

13 57
1 13

10 49

■ »

a vu plus haut les résultats encore plus importants de la souscription de 1801.

La Banque de France a rendu, par ces opérations, un grand service aux
compagnies de chemins de fer et au publie; cependant nous sommes de l'avis
de M. Darblay, censeur de la Banque de France, qui, dans sou rapport sur
l'exercice 1859, constate que ces opérations sont complètement en dehors des
habitudes de la Banque. Nous ajouterons qu'elles rentrent plus spécialement
dans le domaine, soit du crédit mobilier, soit du crédit industriel et com-
mercial.

Remarquonsque deux compagnies, celle du Nord et celle de Bességes à Alais,
n'ont jamais fait partie de ce syndicat.

La position monétaire n'a pas subi ici de modification importante, elle s'est
même un peu améliorée. Ainsi l'intérêt des bons du trésor a été abaissé de
1/2 0/0 (3, 3 1/2 et 4 0/0 selon les échéances) à partir du 18 mai. A Londres,
les besoins sont plus restreints; on a porté le 16 mai le taux de l'escompte à
la banque d'Angleterre à 6 0/0, soit 1 0/0 d'augmentation, et l'on a craint à
plusieurs reprises de voir augmenter ce taux.

Actuellement, le taux de l'escompte, aux banques publiques des principales
places de l'Europe est : 6 0/0 à Londres, Vienne, Turin et l'élersbourg, 5 0/0
à Paris, 4 0/0 à Berlin, et 3 0/0 a Francfort, Amsterdam et Bruxelles.

Nous donnons ci-dessus le tableau des recettes brutes kilométriques des
chemins de fer français durant le premier trimestre de 1861. Ou voit qu'elles
sont en progression marquée sur les résultats de l'exercice correspondant de
1860. Elles expliquent la hausse des chemins français en général et particuliè-
rement de Lyon et du Midi.

Nous continuons la revue des assemblées générales annuelles des plus im-
portantes sociétés par actions.

La Société de crédit mobilier espagnol paye, pour l'exercice 1850, un divi-
dende total de 20 francs, soit 15 francs de plus que l'année dernière. La ré-
serve extraordinaire, après cette répartition, est de 2,678,411 francs.

La compagnie générale du Crédit en Espagne, qui, pour l'exercice 1859, n'a
rien distribué à ses actionnaires, repartit, pour l'exercice 1860, un dividende
total de 80 fr. Elle accuse, dans ses comptes, une somme de 28,175,177 r. v.
de bénéfices à réaliser.

L'assemblée du Lyon à Genè>e a enfin eu lieu, après des délais et remises;
mais on n'y a pas abordé la question principale, celle qui a si fort agité l'opi-
nion publique, il y a peu de jours, la fusion anticipée avec le Lyon; nous di-
sons anticipée, car on sait qu'en droit il y a toujours fusion en vertu du traité
du 19 décembre 1855 et que c'est la moyenne des recettes brutes des deux
années 1860 et 1861, qui sert de base aux conditions de fusion. Des comptes
présentés, il résulte que le produit kilométrique annuel a été, eu 1860, de
31,478 fr., en 1859, il a été de 28,061, en 1858, de 22,228 et en 1857 de 19,210
seulement; que les frais d'exploitation proprement dits, par kilomètre, ont été,
en 1860, de 15,739 (soit 50 0,0), en 1859, de 16.371 (soit 61 0/0), en 1838,
de 14,062 (soit 63 0/0), et en 1857, de 12,561 (soit 65,37 0/0). On voit que les
conditions de ce chemin s'améliorent chaque année.

Le Bességes à Alais, dans sa réunion annuelle, a produit des comptes des-
quels il résulte, en les réunissant aux comptes précédents, le tableau suivant:

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