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L'acétate neutre, le sulfate, et surtout le nitrate sont encore plus actifs, et peuvent tuer un chien, à la dose de 30 centi. gram. (6 grains), en moins de deux heures, quand on s'oppose aux vomissements, en comprimant fortement leurs machoires. D'après M. Toulmouche 20, 40 centigram. de sulfate cuivrique , chez l'homme, agissent comme vonitif, à effet à peu près constant. 50 centigram. (10 grains) de ce sel, appliqué sur le tissu cellulaire du cou , produisent l'intoxication d'un chat en 10 heures (Campbell), celle d'un chien en 3 jours, et en 25 à 48 heures, si c'est à la dose de 4 gram. et à l'état solide (Orfila).

Des cxpériences faites dans plusieurs hôpitaux de Paris, dans les cas de cancer, de scrofule, avec les pilules de Gerbier, qui ont pour base le verdet, et en contiennent 5 centigram. chacune, il résulte que, lorsqu'on arrive progressivement à la dose de 15 à 25 centigram. par jour, la plupart des malades éprouvent de la faiblesse, des douleurs d'estomac, du mal de tête, des coliques, de la diarrhée, symptômes qui s'aggravent et auxquels s'ajoutent des envies de vomir, des vomissements, des hémorragies , et surtout une faiblesse progressivement croissante, à mesure que la dose est augmentée. Quand on dépassait celle de 60 à 100 centigram, 12 à 20 grains, il survenait des à ccidents très-graves. La dose toxique du verdet, et, à plus forte raison, celle des sels solubles, peut donc être fixée à priori entre 20 à 40 centigram. Cette dose serait nécessairement mortelle si le poison n'était pas vomi ou rejeté par les selles, conditions qui ne se présentent presque jaruais; aussi rapportons-nous des observations où le verdet n'a pas déterminé la mort, å la dose de 15 gram. (1/2 once). Ajoutons enfin que

l'acétate de cuivre, injecté dans les veines jugulaires, à la dose de 10 centigram., produit des mouvements de mastication et de glutition, des vomissements, des selles, l'affaissement et la mort en une demi-heure.

Les préparations cuivreuses offrent donc entre elles la plus grande analogie quant à leur mode d'action, ce qui s'explique par la transformation de celles qui sont insolubles en sels sp.,

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Iubles par les acides de l'estomac. Il en est probablement ainsi pour les prépirations anțimoniales, ét, nous avons vu que les préparation's arsenicales'insolubles étaient décomposées et ramenées à l'état d'acide arsénieux ou arsénique; qu'enfin, les mercuriaux étaient transformés en bi-chlorure, d'après M. MiaTheo Certe analogie dans les réactions chimiques entre ces diverses préparations, s'observe aussi dans leur mode d'action; c'est ainsi que les préparations cuivreuses donnent lieu aux mêmés effets, agissent sur le même systeine d'organes que les préparations arsenicalës, mercurielles, antinoniales, et en gé. néral que les autres poisons minéraux, Nous nous contenterons donc, pour cette raison, d'indiquer ce qu'elles offrent de Caractéristique, de spécial. Disons, avant, que, quoique les expériences sur les clients et les chats démontrent que les sels de cuivre sont absorbés par le tissu cellulaire, nous ne connaissons aucuir éxemple d'intoxication chez l'homme par une plaie

, par une muqueuse extêine exclusivement, non plus que par la petru von dénudée. Hy

La saveur' sijptique, cuivréuse, avec crachotements, les rapports de même nature, sont les symptômes les plus constants, les plus carariéristiques de l'empoisonnement cuivriqué. Ils se manifestent ordinairement avant les vomissesements, persistent pendant toute la durée de l'intoxication, ou plutôt, jusqu'à ce que le poison soit éliminé. C'est même quel quefois le sell 'indice"de cetle 'espece d'empoisonnement. Les malades ont une telle aversión

, que l'odeur d'une pièce en cuivre, des doigts qui en sont im. prégnés, celle dů vétdet, leur répugne considerablement. Drovart, en' sottant dédéjeuner, prit, par ignorance, environ 1 gros d'onguent ægyptiac (coniposé avec le cuivre, le miel et de vinaigrey.? 'un quart d'heure après, rapports cuivreux

, crachioteinent continuei, sýnıptômes qui firent connaitre l'empoisonnement. On lui donna une potion huileuse et du lait : deux ou trois heures après, mal de tête, soil, coliques assez violentes, avec grande tumefaction du ventre, évacuations alvines copieuses, symptômes'qui furent combattus par

les boissons,

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les lavements émollients. Cependant il y eut encore des selles en petite quantité, avec ténesme et perte des forces, et la convalescence ne commença que le huitième jour. Pendant longtemps, il lui a susfi de sentir le cuivre pour éprouver des nausees.

La couleur verdâtre des matières des vomissements, des selles, est aussi un des symptômes les plus constants, mais ne cons:itụe pas un caractère absolu, car elle peut dépendre de la bile, de toute autre matière colorante. Il est donc nécessaire d'avoir recours aux réactifs chimiques, l'ammoniaque, le cyanure jaune de potassium et de ser, la lame de fer, à la saveud, à l'odeur. La coloration peut être partielle ou générale. Les prenières matières, quelquesois d'abord incolores, deviennent colorées pendant un certain temps, perdent de nouveau cette couleur pour la reprendre ensuite. (Observ. VII.)

Les coliques sont constantes dans l'empoisonnement par le cuivre; elles se manifestent presque en même temps que les vomissements, et, assez souvent avant, sous forme de tranchées, et persistent bien plus longtemps que dans les autres espèces d'empoisonnement; très-douloureuses, surtout à la pression, elles se répètent fréquemment et comme par accès, s'accompagnent de ténesme, de selles diarrhéiques, séreuses, verdàtres ou porracées, qui soulagent momentanément le malade. Le ventre est bien plus souvent contracté gue, ballonne; les selles, ainsi que

les matières des vomissements, son; rarement sanguinolentes, du moins chez l'hona me. Le système nerveux est à peu près également affecte que dans l'empoisonnement le

ar l'arsenic et je sublimé. Les malades accusent presque constamment de la pesanteur, un grand mal de lete; symptôme, qui quelquefois est le prélude de l'intoxication, persiste assez longtemps. Des convulsions générales ou par tielles, et surtout des crampes douloureuses dans les membres, avec brisement, s'observent assez fréquemment, mais elles n'offrent rien de particulier, si ce n'est qu'elles s'accompagnent

'yne grande faiblesse et sont peut-être bien moins suivies d'insensibilité, de paralysie, qu'avec l'arsenic, le sublimé.

La circulation, la calorification offrent à peu près les mêmes modifications que dans l'intoxication par l'arsenic, le sublimé; seulement le pouls parait être plus dur, plus serré et moins souvent intermittent, et la sueur froide, visqueuse plus abondante. L'anxiété précordiale, les syncopes, les lypothimies, les palpitations, symptômes qui dependent probablement à la fois des modifications du système nerveux et circulafoire ont été assez souvent constatées dans ce genre d'empoi. sonnement. La sécrétion urinaire ne parait pas être supprimée. Les urines ne sont que suspendues momentanément; elles coulent ensuite abondamment par intervalles et sont très-bourbeuses. La jaunisse n'est pas un symptôme constant de l'intoxication cuivreuse ; cependant la peau, les tissus prennent assez souvent un aspect jaunâtre terreux, si ce n'est pendant la vie, du moins après la mort (Observ. III). Drouart a vu sur les chiens la sclérotique et les urines devenir jaunes safranées comme dans l'ictère, et, après la mort, les tissus offrir aussi cette coloration.

La marche, la durée, la terminaison sont à peu près les mêmes, et offrent les mêmes anomalies que dans l'empoisonnement arsenical, mercuriel, etc. Dans l'intoxication par l'ingestion d'une préparation cuivreuse en nature, les effets se manifestent immédiatement, ou dans la première heure, et, en général, du côté du tube intestinal ; au contraire, par les aliments devenus accidentellement cuivreux, ce n'est quelquefois que plusieurs heures après. Ainsi, dans la nuit par exemple, et après quelques heures de sommeil, les malades sont réveillés par de la pesanteur, un grand mal de tête, une anxiété générale, par des coliques, des tranchées, des crampes douloureuses dans les membres, auxquels s'ajoutent ensuite les autres effets. "La mort est rarement prompte. Delaporte cite un cas où elle est survenue quelques heures après l'ingestion du verdet. Les deux malades de l'Observation III ont succombé en douze et "treize heures. Deux hommes ayant mangé d'un ragoût préparé dans un vase en cuivre non étamé, sont morts, après avoir éprouvė, pendant une lieure, des cardialgies violente ,

des vomissements énormes et un téresme continuel (Portal). Cependant, la terminaison est rarement aussi prompte et aussi funeste. Quelquefois les malades se rétablissent promptement, après avoir éprouvé des accidents qu'on pourrait confondre avec ceux d'une indigestion. Le plus souvent, ce n'est qu'après cinq, huit, quinze jours, un mois et plus que le rétablissement est complet, et après une grande sévérité dans l'alimentation. Les malades, après la cessation, la diminution des symptômes alarmants, conservent encore une grande irritabilité du tube intestinal, une grande faiblesse, des coliques, diarrhéiques avec ténesme, etc. Enfin, plus rarement encore, survient la période des effets consécutifs, et alors le patient, outre son état d'emaciation, offre les symptômes d'une affection chronique du tube intestinal ou de tout autre organe, tels que, épigastralgie, vomissements habituels (Observ. IV); toux opiniâtre, faiblesse, tremblements, paralysies. Cependant, il est peu d'observations où il soit question des effets consécutifs.

EMPOISONNEMENT LENT. Nous manquons encore de faits bien précis à cet égard ; mais, comme les pilules de Gerbier, à dose médicamenteuse longtemps continuée, ont produit des accidents très-graves, et surtout un état scorbutique avec grand affaissement, hémorragies des muqueuses, etc.; qu'ensuite, l'usage du pain cuivreux détermine un état de dépérissement, effets qui cessent par la suppression de cette alimentation, nous sommes porté à conclure que les préparations cuivreuses, comme les autres poisons minéraux, peuvent donner lieu à ce genre d'intoxication.

Alterations pathologiques. Les auteurs ont porté la même négligence à bien préciser les lésions, surtout aux diverses periodes de l'intoxication , que dans la plupart des autres empoisonnements. Tous s'accordent à dire que les cuivreux laissent des traces d'inflammation, des taches ecchymosiques noirâtres dans les diverses parties du tube intestinal et surtout dans l'esomac, les petits intestins, le rectum, et, plus rarement des paississements, les ulcérations et même des perforations, 1. Andral, chez la personne qui s'était empoisonnée avec

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