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50 gram. (1 once), du sulfate de cuivre, et qui a succombé environ 12 heures après, a trouvé dans toute son étendue l'oesophage de couleur bleue, résistant au lavage, et sa muqueuse , ainsi que celle du tube intestinal, d'un bout à l'autre, d'un rouge foncé. Dans le cas de Laporte, déjà cité, l'estomac offrait une ecchymose générale. Sur les deux hommes de Portal, le tube intestinal était distendu par une grande quantité de gaz, rouge en divers endroits, surtout dans les intestins grēles; le pylore et le duodenum étaient gangrenés, le rectum percé en divers points, le pharynx et l'oesophage dans l'état naturel, les poumons gorgés de sang. Chez un enfant qui a succombé après avoir avalé une dissolution de vert-de-gris, Portal a trouvé l'estomac enflammé et très-épais dans sa substance, surtout vers le pylore, dont le contour était si gonfié, que l'orifice éta t oblitéré; les intestins grêles étaient enflammés dans toute leur étendue, gangrénés en divers endroits, même percés, et, une partie de la liqueur verdâtre du tube intestinal épanchée dans le péritoine; le gros intestin étant distendu outre mesure en quelque endroit, très-rétréci en d'autres, le rectum ulcéré dans toute sa surface interne et percé en plusieurs points. Portal n'a pas trouvé, chez cet enfant, les vaisseaux sanguins érodés, comme on le pensait avant lui, non plus que sur les chiens empoisonnés par le verdet. Chez un ecclésiastique, le même auteur a trouvé tout le canal alimentaire excorié et le rectum percé en plusieurs endroits. Dans l'Observ. Ille la muqueuse du pharynx , des petits intestins , de l'estomac était enflammée ça-et-là et même gangrenée près du pylore et du cardia, le sang du cæur et des gros vaisseaux, noir, fluide, épais. Sur une chèvre (Observ. V), la muqueuse de l'intestin grèle était enflammée, la séreuse injectée, le mésentère, l'épiploon, les glandes mésentériques gorgés de sang. Dans les diverses expéciences sur les chiens on'a aussi noté l'inflammation muqueuse gastro-intestinale, et, quelquefois celle de la séreuse, des taches ecchymosiques noirâtres, mêine lorsque les sels de cuivre étaient appliqués à l'extérieur, rarement des ulcérations, et enfin, d'après Drouart, l'extravasation d'un liquidesanguin noirâtre dans le tube intestinal. Les auteurs ont noté l'engorgement du système sanguin et des poumons, mais ils sont fort peu explicites sur l'état du sang, s'il est liquide ou coagulé. M. Orfila, a observé, sur deux chiens, des taches rouges à la partie interne du cæur. Nous manquons de faits précis, quant aux altération's des autres organes. Il est bon de noter aussi la coloration verdâtre des tissus atteints par la préparation cuivreuse, celles des matières renfermées dans le tube intestinal, la présence du poison en nature dans cet organe, quoique ces caractères ne soient pas constants.

TRAITEMENT. Il faut se conformer aux principes généraux que nous avons donnés dans l'empoisonnement par les poisons minéraux, arséniaux, mercuriels, etc. Dans la plupart des cas, on s'est contenté des boissons, des lavements émollients, et laxatifs, la casse, la manne, les huileux pour seconder l'expulsion du poison par les vomissements ou par les selles. Dags quelques-uns on a administré les opiacés, les anti-spasmodiques, pour calmer et combattre les coliques, les symptômes nerveux. Plus rarement encore, on a eu recours aux sangsues, aux saignées. Une diététique sévère est nécessaire pour le complet rétablissement.

Contre-poison. S'il fallait se diriger d'après les réactions chimiques on ne manquerait pas de contre-poison. Navier a proposé les sulfures alcalins, de potasse, de chaux, de fer, Drouart les a expérimentés sans succès sur les chiens. Mais on ne peut rien conclure de ces essais , car il les a donnés à ; dosę toxique. Dans une série d'expériences, il a donné le pré

par la réaction des sels de cuivre et de ce contrepoison, et les chiens ont été intoxiqués; ce qui indiquerait que le sulfure de cuivre est toxique, mais il serait nécessaire de répéter ces expériences. Les alcalis minéraux, leurs garbanates, ne peuvent servir de contre-poisons, puisque les oxydes. les carbonates de cuivre sont toxiques. Nous en dirons auiants des décoctés des substances astringentes (voix de Galles, quinquina, etc.), vantés par Chantourelle. Le sucre a eté pre conisé par Marcelin Duval, d'après des faits recueillis chez

cipité obtenu

l'homme et des expériences sur les animaux. M. Lartigue (Observ. VIII) en est aussi partisan. Le docteur Postel, guidé par les idées de Vogel, de M. Girardin, de Rouen, que le sucre décompose soit à froid, soit à chaud, les sels de cuivre et en précipite le cuivre à l'état de métal ou d'oxyde, dit avoir essayé ce contre-poison avec quelque succès sur les chiens. M. Orfila n'a point été aussi heureux et n'a pas en outre constaté la transformation des deuto-sels de cuivre en protoxyde dans l'estomac des chiens. Il résulte pour nous de la lecture attentive des faits que le sucre, la cassonade, donnés à l'état sec ou sous forme liquide, ont paru calmer les effets locaux, retarder l'intoxication. Quoique l'albumine , considérée par M. Orfila comme le Contre-poison des préparations cuivreuses, forme avec elles un composé insoluble, nous ferons les mêmes réflexions que pour le sublimé corrosif (page 546). Il en est de même pour le charbon conseillé par Bertrand. Le cyanure jaune de potassium et de fer a été essayé aussi sans succès par M. Orfila.

Le seul contre-poison, selon nous, qui devrait inspirer quelque confiance, serait la limaille de fer bien décapée; le cuivre précipité de ses dissolutions, à l'état de métal, n'est point ainsi attaqué par les acides de l'estomac; MM. Edwards et Dumas ont arrêté les effets toxiques de 60 centigram. de verdet, sur un chien, en lui donnant de la limaille de ser, l'oesophage étant lié, l'animal a succonibé ļe septième jour. Comme la limaille de fer est très pesante, ils conseillent , afin de faciliter la réaction chimique, de l'incorporer dans du miel, sous forme d'électuaire. Comme sous cette forme elle n'est pas facile à administrer, on pourrait la suspendre dans un décocté concentré de guimauve, de graine de lin, d'amidon, un soluté de gomme. Mais il est rare que le médecin ait ce contrepoison à sa disposition, du moins non oxydė. MM. Sandras et Bouchardat, dans le même but, proposent la limaille de zinc.

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Questions médico-légales ; erreurs à éviter dans les

recherches du cuivre, cuivre normal. Les homicides par les préparations cuivreuses sont assez rares, et ont lieu, le plus souvent, avec les acétates, le sulfate, le cuivre ou les sous oxydés, mis à macérer dans le vin ou tout autre véhicule. Au contraire, les empoisonnements par accident, surtout par les aliments, les boissons, les médicaments devenus accidentellement cuivreux, sont extrêmement fréquents et sont bien plus souvent le sujet d'une expertise légale. Dans le premier cas, c'est à-dire dans les empoisonnements criminels, il importe d'éviter, autant que possible, les erreurs qui peuvent provenir soit des réactifs, soit des aliments préparés ou conservés dans des vases de cuivre. Comme aux faits pratiques nous indiquons la plupart des circonstances qui peuvent entraîner ces sortes d'erreurs, nous signalerons seulement les suivantes. 10 M. Dupaquier, de Lyon, s'est assuré que la potasse à l'alcool, donnée comme pure, que l'eau distillée, que les acides considérés aussi comme tels, renfermaient quelquefois du cuivre et du plomb. 2° Le papier à filtrer contient ordinairement de ces métaux, qui peuvent être entraînés ou dissous par la simple filtration des liqueurs acides. Ce fait, connu depuis longtemps, a été constaté tout récemment, même sur du papier dit de Berzelius, qui doit en être exempt. 3° Les aliments, les boissons, les eaux distillées, préparés ou conservés dans des vases en cuivre, les matières suspectes déposées dans ces vases, sur des tables peintes, enveloppées dans des papiers peints, dans des linges humides, qui ont reçu le contact des instruments, des pièces de monnaie en cuivre, etc., peuvent aussi s'imprégner de ce métal. En raison de l'usage fréquent des vases en cuivre, des préparations cnivreuses dans les arts, il sera donc bien difficile , pour ne pas dire impossible, dans la majorité des cas, de se soustraire à ces causes d'erreurs.

Nous voudrions rapporter quelques cas d'empoisonnements criminels, ou du moins discuter les questions qu'ils auraient pu sonlever; mais, malheureusement, les cas rapportés dans les journaux ne sont simplement qu'énoncés et très-incomplets. Ainsi, tout récemment, dans la Gazette des Tribunaux, il était question d'un homicide avec le sulfate de cuivre, par un mari sur sa femme. Il y est dit seulement qu'une tache verdâtre, trouvée sur une bûche du feu, ainsi qu'un liquide renfermé dans un verre furent reconnus être du sulfate cuivrique; que la femme, auparavant souffrante, avait succombé avec les symptômes d'empoisonnement; qu'à l'autopsie cette femme offrait une affection cancéreuse de l'estomac; qu'enfin les experts n'avajent pas trouvé de poison dans les organes gastro-intestinaux; que le mari avait été condamné à mort. Sur ces simples de tails, il est impossible d'établir aucune discụssion. Cependant, ce cas soulèverait une question très-importante, à savoir si le poison, chez une personne ayant une affectiou organique aussi grave, a déterminé à lui seul la mort, ou s'il n'en a été que la cause occasionnelle. Cette quesțion se représentera aux préparations plombiques. Nous répèterons encore ici combien il serait important que les rapports, les débats d'une affaire criminelle fussent bien circonstancies : ce serait une source féconde d'instruction pratique pour le médecin.

L'empoisonnement par le cuivre peut soulever plusieurs des questions médico-légales que nous avons signalées aux préparations arsenicales. Les Observations V et VI démontreraient que le lait, la chair des animaux intoxiqués par le cuivre, seraient nuisibles à l'homme. Il est démontré expérimentalement que les terrains des cimetières peuvent être cuivreux; mais la question de savoir l'état de combinaison dans lequel s'y trouve ce métal, s'il peut être transmis aux cadavres et vice versá, n'est pas plus avançée, plus résolve que pour l'acide arsenieux. Quand au cuivre normal, comme cette question n'est point encore résolue, qu'elle est actuellement pendante devant l'Académie des Sciences, elle mérite un article à part.

Cuivre normal. Nos tissus, nos liquides, les aliments, les boissons, les médicaments renferment-ils naturellement du cuivre? Ce métal enfin, fait-il partie constituante de nos or ganes, comme le fer, la chaux, etc? Telle est la question

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