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l'ordre du jour. Sans entrer dans les détails historiques que comporterait un semblable sujet, nous rapporterons seulement les faits suivants: M. Sarzeau, en 1828, a retiré du cuivre d'une foule de végétaux, du quinquina, du café, des graines céréales, etc. M. Boutigny, en 1833, a obtenu ce métal du blé et d'un grand nombre de substances. Il conclut, de son travail, que les aliments, les boissons, préparés dans des vases en cuivre en contiennent presque toujours ; que le vin, le cidre, le blé en recèlent quelquefois, et seulement, lorsque les plantes qui les ont fournis se sont développées dans des terrains cuivreux; que, par conséquent, le cuivre provient des vases ou des sels et qu'il n'existe pas normalement dans les aliments, les médicaments, les boissons. M. Vever a retiré aussi le cuivre de toutes les plantes qui avaient germé ou s'étaient développées dans un terrain rendu 'accidentellement cuivreux par le sulfate de cuivre. Il n'en a pas obtenu dans le cas contraire.

M. Rossignol de Lyon (11 septembre 1843), dit avoir retiré du cuivre d'un grand nombre de matières organiques, des diverses parties du corps de l'homme, des animaux domestiques (poumons, muscles, sang, etc.), ainsi que des aliments dont ils se nourrissent Sur 105 parties le charbon de gélatine, employé à l'hôpital Saint-Louis , a donné 00,3 de cuivre; le chocolat Marquis 00,5, les fécules environ 00,4, l'oseille cuite des fruitières de Paris, 00,2 d'oxalate de cuivre; 100 pains pris chez les divers boulangers de Paris, de 0,05 à 0,08. Il a trouvé du cuivre et du plomb dans le sucre.

MM. Devergie et Hervy, et tout récemment M M. Barse, Lanneau, Follin, Orfila, etc., ont retiré non seulement du cuivre, mais encore du plomb, du tube intestinal et des divers organes de l'homme. D'après les premiers chimistes, 'la proportion de ces métaux augmenterait avec l'âge ; faible chez les nouveau-nés, elle serait 4 ou 5 fois plus forte chez l'adulte. La quantité serait variable aussi selon les viscères. Dans le tube intestinal, elle ne dépasserait pas 46 millièmes pour le cuivre et 40 millièmes pour le plomb. Le jeûne, une maladie prolongée, en diminuent beaucoup la quantité. Ces circonstances tendent à faire croire que le cuivre et le plomb proviennent des aliments, qui le reçoivent eux-mêmes des ustensiles de cuisine, du terrain etc. Dans tous les cas, la quantité du cuivre a été plus forte que celle du plomb, si ce n'est chez les personnes qui ont succombé à une encéphalopathie saturnine. Outre ces deux métaux, ils ont toujours trouvé du manganèse. M. Barse a rencontré aussi presque constamment du fer; nous avons fréquemment trouvé ce métal.

Les procédés en usage pour déceler le cuivre normal, ou plutôt qui peut se rencontrer naturellement dans nos organes, dans les aliments, les boissons, etc. sont, ceux de l'incinération simple, de la carbonisation par l'acide azotique et le chlo rate de potasse , ou par l'acide sulfurique, poussés jusqu'à incinération. MM. Barse, Lanneau et Follin, en agissant, par ces trois procédés , sur le tube intestinal de deux personnes, dont l'une était morte après 3 heures de séjour à l'hôpital, et l'autre après trois mois, à la suite d'une affection chronique des organes pulmonaires, ont obtenu des résultats négatifs, en poussant l'opération seulement jusqu'à carbonisation , et affirmatifs en la portant jusqu'a incinération. M. Barse cependant, dit ne pas avoir retiré du cuivre, du plomb normaux de tous les cadavres. Four obtenir à la fois le cuivre et le plomb, après avoir lavé les cendres, on les traite par de l'eau régale étendue de 3 ou 4 parties d'eau ; on filtre et on évapore les liqueurs à siccité. Le résidu est repris par l'eau distillée aiguisée d'acide chlorhydrique; les liqueurs sont filtrées et soumises à un courant d'acide sulfhydrique. Il se forme un précipité roussâtre, composé de sulfure de plomb et de cuivre, d'un peu de soufre et de fer. Après l'avoir bien lavé, on le dissout dans l'acide azotique étendu et on précipite le soluté par un excès d'ammoniaque. La liqueur ammoniacale évaporée à siccité laisse un résidu cuivrique, qui est dissous vians de l'eau aiguisée pour constater les caractères des sels du cuivre. Le précipité obtenu par l'ammoniaque ou l'oxyde de plomb, chauffé avec un peu d'acide chlorhydrique , puis desséché lentement, laisse un résidu, qui brunit par l'acide sulfhydrique et se colore en jaune par l'iodure de potassium.

Les non-partisans du cuivre et du plomb normaux, ou plutôt les chimistes qui nient que ces métaux fassent partie de nos organes, ne sont pas moins nombreux et moins marquants dans la science. Ains' Christison n'a pas retiré du cuivre du sang, des muscles, de la mioelle vertébrale, même des animaux auxquels il donnait une préparation cuivreuse. M. Chevreul n'en a pas obtenu non plus de la viande du bouf, du mouton, ainsi que du blé. M. Koperynschy, qui a publié un travail intéressant sur la sophistication du pain n'en a pas trouvé des traces dans les graines céréales. Tout récemment MM. Flandin et Danger ont nié non-seulement l'existence du cuivre normal, mais encore, comme Christison, ils n'ont pas obtenu ce métal de la chair, des os, des viscères , des urines des animaux, soumis, pendant 9 mois, à l'usage des aliments mêlés à des proportions croissantes d'acétate, de sulfate cuivriques, de manière à porter la dose à 2 centigr. par repas de 24 en 24 heures. La quantité, employée en 276 jours, a été de 25 grani. D'où ils concluent que le cuivre, et en général les poisons ne sont point assimilables, que, par conséquent, ils ne peuvent se rencontrer naturellement dans nos organes, étant incompatibles avec l'état de santé. Ces conclusions nous paraissent par trop absolues; car plusieurs poisons sont employés comme médicaments, et l'analyse, en ce cas, les a décelés dans nos tissus; en suite il resterait à démontrer si les sels de cuivre ne sont pas revivifiés

par nos organes et rendus ainsi inertes. Nous verrons ci-après que l'argent a été retiré du pancréas et autres organes des

personnes qui, depuis plusieurs années, avaient cessé l'usage du nitrale d'argent, comme médicament.

En n'ayant égard qu'aux opinions si contradictoires des artisans et non partisans du cuivre normal, la question paraitrait être non résolue, et, dans un cas d'expertise, il serait disficile de se prononcer. Mais par un examen attentif des faits, on voit que les premiers admettent que le cuivre ne se rencontre pas constamment dans tous les cadavres, dans les organes, qu'il ne s'y trouve qu'accidentellement; c'est ce qu'admettent aussi leurs adversaires; par conséquent, sauf les opinions si absolues de MM. Flandin et Danger, il n'y a plus sujet à contestation, cette question devient une question de toxicologie générale, ét s'applique aussi bien à l'arsenic qu'au cuivre, et qu'à la plupart des autres poisons métalliques. Nous pensons que la commission de l'Institut arrivera aux mêmes conclusions que M. Chevreul : que le cuivre ne fait pas partie constituante de nos organes , comme le fer, la chaux , etc,, mais qu'il peut s'y trouver accidentellement, par l'intermédiaire des aliments, des boissons, des médicaments, etc. C'est encore par

conséquent une cause d'erreur à signaler.

Faits pratiques. Le cuivre et ses accidents qu'il peut déterminer, par suite de son emploi comme ustensile de cuisine et dans les arts, étaient connus dès la plus haute antiquité. Une loi de Moïse prescrivait la propreté des vases en cuivre destinés aux Lévites ; les Egyptiens, les Hébreux en faisaient des vases sacrés; les Grecs, les Romains, des alliages pour des instruments d'art, de guerre

, pour les outils, les médailles. De tout temps, ce mélal ou les alliages ont servi comme ustensiles de cuisine, de pharmacie, etc. Allié à l'or, á l'argent, à titre légal, il fait partie des monnaies, des vases, afin de rendre ces métaux moins malléables et plus usuels. Il enire dans la compositión da laiton ou cuivre jaune, du bronze, du maillechori et autres alliages si fréquemment Usités : les acétates, le sulfate , l'arsenite, les oxydes, les carbonates, les cendres bleues, etc., servent dans la teinture

, la peinture, quelquefois et malheureusement à colorer les bonbons, les liqueurs.

Le conseil de salubrité a constaté que la plupart des accidents survenus à la suite d'un repas étaient dus aux aliments , aus boissons préparés ou conservés dans des vases en cuivre. Ce

que très-difficilement par d'autres métaux, afin d'obvier à ces accidents, de les prévenir

, on a eu recours à l'étamage, qui consiste à couvrir les vases

de cuivre d'une couche d'étain. Ce dernier étant plus oxydable, s'oppose à l'oxydation du cuivre, à sa transformation en sél, conditions nécessaires pour qu'il agisse comine poison. Mais, les vases étamés ne peuvent servir a tous les usages, par exemple, å lả cuisson , à la préparation des aliments qui demandent une "températuré un peu élevée , celle des confitures, des sirops, de la graisse, parce qu'autrement l'étain fondráit. Ensuite, l'étamage s'use assez promptement par l'écurage, les frottements, les mets acides, de sorte qu'il ne peut guère préserver une casserole en cuivre que pour 1 mois et demi, en supposant qu'on s'en serve foárhellement. En effet, la couche d'étain est si legère qu'une casserole de 0,244 mètres ( 9 pouces) de diamètre, sur 0,086 metres (3 pouces, 3 lignes) de profondeur, n'acquiert en poids ;' par: l’étamage, que 105 centigr. (21 grains), d'après Bagen et Charlard. D'ailleurs, les acides végétaux attaquent facilement l'étain. Enfin, dans un but d'économie, on 'se sert quelquefois d'un étamage où entre beaucoup de plomb, métal qui, comme le cuivre, n'est pas sans inconvénient: Malouin a proposé de remplacer l’étain par un plaqué de zinc ; mais ce métal est trop facilement attaqué par les aliments. Le doublé d'argent proposé par Navier serait certainement préférable, s'il n'était d'un prix trop élevé. Esperoas que la galvanoplastie parviendra à couvrir les vases en cuivre d'une couche d'or, d'argent bu de platine, de manière à rendre cés váses inoffensifs, en les mettant à la portée de toutes les fortunes. En attendant cet heureux résultat, il importe de les tenir dans la plus grande propreté, et toujours bien secs, bien brillants, de renouveller souvent l'étámage, d'éviter enfin toutes les circonstances qui pourraient oxyder le cuivre, le faire passer à l'éțai de sel. C'est probablement en mant à ces préceptes, que les anciens peuples ont pu se servir des vases en cuivre non étamé sans accident; usage engo suivi en Bohème, d'après Fodéré, et dans quelques départe ments de la France, etc. Ainsi, dans plusieurs parưies du département de l'Aveyron, om sortes de vases, sans influence fâcheuse. Les alliages de cuivre,

en se confora

encore

on conserve encore

core l'eau dans ces

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