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tinucs; et enfin insensibilité. La fille succomba en douze beures, et la mère une heure après.

Autopsie. Peau jaune en différents endroits, surtout à la face, livide en d'autres. La muqueuse de l'estomac et des intestins offrait çà et là des traces d'inflammation; elle était même gangrénée près du pylore et du cardia; le duodenum, le jejunum et même le pharynx étaient dans le même état. Sang du cæur et des gros vaisseaux noir, fluide, épais. Cerveau sain (Vilberg).

Les trois observations suivantes démontrent la grande analogie que les aliments cuivreux offrent dans leurs effets, car, ceux-ci ne diffèrent en réalité que par leur plus on moins prompte manifestation, leur plus ou moins grande intensité, leur durée, selon les circonstances individuelles ou relatives

mode de préparation des aliments, à leur quantité, etc. Nous pourrions encore citer d'autres faits, mais malheureusement ils ne sont pas plus complet que les précédents. L'observation suivante donne une idée des effets primitifs et consécutifs et démontre en outre, que l'empoisonnement par les aliments cuivreux peut être pris pour toute autre affection,

Observation IV. Le 30 juillet 1807, Jean Landant, âgé de trentedeux ans, d'un tempérament bilieux, mangea avec appétit d'un ragoût qui avait séjourné quelque temps dans un vase de cuivre peu ou point étamé. Bientôt se manifestèrent des douleurs vives à l'épigastre, des envies de vomir, des vomissements abondants de matières alimentaires d'abord, et ensuite des matières bilieuses porracées, une soif ardente, avec sécheresse de l'intérieur de la bouche. A ces symptômes se joignirent des tranchées très-intenses, une diarrhée séreuse, des sueurs froides, des syncopes, des mouvements convulsifs, la petitesse et l'irrégularité du pouls. Cet ordre de phénomènes fit croire au choléra-morbus; mais de nouveaux renseignements, et surtout les rapports cuivreux qu'éprouvait le malade, ne laissèrent plus de doute sur un empoisonnement par le cuivre. La tisane d'orge, légèrement édulcorée avec le sirop de vinaigre, l'eau de veau, des lavements émollients, des fomentations huileuses sur le bas-centre, des potions calmantes, rendues un peu disfusibles par la liqueur d'Hoffman, furent successivement mis en usage. Le 2 août, Landant crut toucher à sa guérison, quoiqu'il ressenlît encore de la douleur du côté de l'estomac. Cette douleur, devenue chronique, s'exaspérait à chaque excès de régime, et s'accompapoint tel

gnait souvent de vomissements, contre lesquels plusieurs moyens de I’art ont échoué. On lui conseilla les eaux de Vichy. Il s'y rendit le 20 juillet 1809; mais, chemin faisant, il consulta un médicastre qui lui conseilla des bols drastiques, dont l'usage augmenta les douleurs d'estomac, perpétua les vomissements, accrut la débilité générale à un

que

le malade succomba le 17 mars 1810. Autopsie. L'estomac flétri, resserré, épaissi et comme lardacé dans la portion pylorique, offrait, en outre, plusieurs points rouges, irréguliers, analogues à de petites cicatrices, dues, sans doute, à la chute successive des escarres gangreneuses antérieures, et, dans la grande courbure, de nouvelles taches gangreneuses, dont deux seulement avaient presque détruit sa texture intérieure: Les premiers intestins grêles étaient racornis et présentaient quelques traces d'inflammation chronique. Tout annonçait d'ailleurs les caractères du marasme, d'une désorganisation antérieure (Bertrand).

Il est peu d'observations dans lesquelles soient indiqués les effets et les altérations consécutifs de l'empoisonnement par le cuivre; cependant, ces cas ne doivent pas être rares, si nous nous rappelons que les individus conservent, pendant assez longtemps, une grande irritabilité du tube intestinal, qu'ensuite, dans la période des effets primitifs, on trouve, assez sou. vent, des portions du tube intestinal scarifiées. L'intoxication paraîtrait aussi se produire par le lait, le sang, la viande des animaux eux-mêmes intoxiqués par les aliments cuivreux, ou pendant qu'ils sont encore sous l'influence de ce poison. C'est ce que tendraient à démontrer les deux observations suivantes.

Observation V. Une femme nourrissait deux chèvres dont elle ven. dait habituellement le lait, soir et matin , à quinze personnes. Le 13 juin 1827, elle leur donna du lait de la vieille chèvre, qui, jusqu'alors, en avait fourni d'excellent; cette chèvre avait pris du bouillon aigre, conservé dans un rase de cuivre non étamé; toutes les personnes furent plus ou moins gravement incommodées. Celles qui prirent peu de lait éprouvèrent de la pesanteur d'estomac, des nausées, des vomissements de peu de durée, et celles qui en prirent davantage eurent de violentes douleurs d'estomac, des coliques, des vomissements répétés et douloureux, des déjections alvines jaunes et certes, sanguinolentes, avec froid aux extrémités, crampes, petitesse du pouls, syacopes, etc. Toutes guérirent promptement par l'emploi des adoucissants, des narcotiques, des révulsifs. La chèvre tomba malade des le lendemain du jour où elle avait pris le bouillon, et mourut le troisième jour ; avant, elle était bien portante. A l'autopsie, muqueuse des intęstins grêles enflammée; séreuse injectée; mésentère, épiploon, glandes mésentériques gorges de sang. La même femme nourrissait une autre chèvre plus jeune qui, n'ayant pas pris du bouillon, fournit du lait qui n'occasionna pas d'accidents.

M. Sequiriol, qui a observé ce fait à Aurillac , attribue ces accidents au lait de chèvre, empoisonnée elle-même par le bouillon contenant un sel cuivreux. Ollivier d'Angers et Marc révoquent cette assertion, s'appuyant sur ce que les poisons cuivreux ne sont pas absorbés, et luent par suite de l'inflammation locale; que les accidents ne se sont manifestés, chez la chèvre, que 24 heures après ; qu'ensuite, le lait éprouve fréquemment des altérations. En l'absence de l'analyse du lait et du bouillon, ce qui aurait résolu la question, nous sommes cependant de l'avis du Dr Sequiriol avec MM. Delens et Andral fils, parce que, l'absorption des préparations cuivreuses ne peut être mise en doute; qu'elles ne tuent point exclusivement par leur effet local ; que le lait ayant été pris après la traite, il est à supposer qu'il n'avait encore subi aucune alteration; que la chèvre, avant, était bien portante; qu'enfin les effets du cuivre, pris en petite quantité, surtout avec les aliments, ne se manifestent qu'au bout d'un certain temps. Le fait suivant, à peu près du même genre, et très-curieux par

la simultanéité des personnes affectées, vient corroborer le précédent.

Observation VI. Le sienr Regnaud, cultivateur, avait laissé dans son champ on double décalitre de blé vitriolé, destiné aux semailles. La fille S. N. donna ce blé à un cochon, qui devint si malade, que la propriétaire, le voyant près de périr, le vendit à un boucher de la Chapelle d'Huin-s.-J. Dix-sept personnes qui mangerent de la viande de cet animal furent atteintes de coliques violentes. Leur état fut tel que cinq d'entre elles reçurent les sacrements. Celles qui mangèrent du boudin, préparé avec le sang, éprouvèrent les accidents les plus graver. Il est fàcheux, sous le point de vue toxicologique et de police légale, que ces deux observations ne soient pas corroborées par l'analyse du bouillon, du blé dont on a nourri la chèvre et le cochon, ainsi que de celle du lait, du sang de ces animaux, et des inatières des vomissements, des déjections alvines des personnes intoxiquées. On aurait ainsi résolu la question que nous avons agitée aux préparations arsenicales, à savoir : si la viande des animaux tués pendant qu'ils sont sous l'influence d'un poison est toxique pour l'homme. Pour nous, cette question nous paraît résolue affirmativement et nous ne pensons pas que, dans ces deux cas, on puisse admettre que le lait de la chèvre, le sang et la viande du cochon, aient subi une altération particulière. Cependant nous désirerions de nouveaux faits et plus complets.

Observation VII. Le 23 juin 1812, à minuit, M. N..., ouvrier bijoutier, âgé de quarante-quatre ans, plongé dans la misère la plus profonde, prit, dans le but de s'empoisonner, environ 16 grammes de vert-de-gris délayé dans un peu d'eau. Dans la journée du 22, il n'avait pris qu'une soupe à l'oseille. Un quart d'heure après, coliques atroces, vomissements abondants, déjections alvines copieuses, symptômes qui persistaient encore à cinq heures du matin, lorsqu'il fat porté à l'Hôtel-Dieu. Eau de gomme, lait, lavements émollients. Trois heures après , visage triste, abattu; yeux profondément cernés; langue humide ; bouche pâteuse ; anorexie ; crachotements; renvois de verdet; soif intense ; pouls petit, régulier; quatre-vingts pulsations. Même traitement. A deux heures et demie, nouveaux vomissements de matières verdâtres, foncées. A quatre heures, il se manifesta un ictère. Pendant la nuit, coliques légères ; continuation des vomissements ; trois selles, suivies d'un peu de soulagement et de sommeil. Le lendemain, jaunisse très-intense; expression de calme ; langue grisâtre; bonche pâteuse ; cessation de vomissements et de rapports cuivreut; abdomen rétracté, très-peu sensible à la pression; pouls régulier, dere loppé ; chaleur de la peau naturelle ; tête lourde; légère surdité. Eau de Vichy avec du petit-lait; deux lavements émollients. Le malade eut, dans la journée, quatre selles de matières grisâtres. Le 26, mêmes symptômes ; malaise général; soif vive; urine trouble, d'un rouge foncé, avec sédiment jaunâtre. Même traitement. Le 27, diminution marquée de tous les symptômes ; retour de l'appétit; faiblesse générale.

où les sym

Mêmes moyens ; bouillons; vermicelle. Le 16 juillet l'ictère était dissipé et le malade en pleine convalescence. (D' Picquet.)

Malgré la quantité énorme de poison, les effets ont offert peu de gravité et le rétablissement a été assez prompt, ce qui dépend probablement de ce que les déjections, les vomissements se sont manifestés spontanément, presque immédiatement, et qu'ils ont été abondants, prolongés. La jaunisse est rarement aussi prompte et aussi intense dans les empoisonnements par le cuivre. Elle dépendait sans doute d'une perturbation de la sécrétion biliaire, plutôt que d'une modification particulière du sang, de l'assimilation générale, comme cela paraît être dans la période des effets consécutifs, dans l'empoisonnement lent.

Nous pourrions rapprocher ce fait d'un autre, ptômes ont été bien plus graves et plus prolongés; c'est celui d'une femme qui, à la suite d'une discussion avec son mari, s'était empoisonnée volontairement avec une forte dose de verdet du commerce; voici les principaux symptômes: angoisses, vomissements blancs, puis verdâtres; vives tranchées; abdomen ballonné, puis contracté et très-douloureux; sentiment de chaleur âcre au gosier; froid des extrémités ; crampes douloureuses ; pouls déprimé; face vultueuse ; yeux animés; cou dur, gonflé; déglutition ct paroles très-pénibles; muqueuse buccale ou gengivaire gonflées, ulcérées; salivation abondante, visqueuse; grande sensibilité du rectum; taches pétéchiales au cou et au bras ; le 3me jour selles copieuses, renfermant du poison. Ces symptômes, malgré un traitement très-actif ont augmenté d'intensité jusqu'au 4me jour, époque à laquelle s'est manifestée une détente générale et un sommeil de 3 heures, après lequel les urines ont coulé abondamment. Mais à la suite d'une contestation nouvelle avec son mari, survint une réaction générale : vomissemerits verdâtres et sanguinolents; coloration de la figure; yeux rouges et saillants; pouls fort, accéléré; as oupissement; forte céphalalgie sourcilière ; menace de convulsions. L'emploi d'une nouvelle saignée, des gargarismes, de fomentations, de lavements émollients , et ensuite d'une polion wusquée, amena de l'amélioration et une

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