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cipité par un courant de gaz sulfhydrique, et le liquide surnageant, filtré, évaporé a siccité et calciné, laisserait la chaux pour résidu. Si c'était avec du sulfate de chaux, de baryte, on séparerait ces sels par l'acide acétique, qui dissoudrait seulement le carbonate de plomb.

IODURE DE PLOMB. En poudre, ou paillettes d'un jaune canari, ou en petits pains coniques ou trochisques, soluble dans 1235 parties d'eau froide et 194 d'eau bouillante; vaporisablesur les cliarbons sen vapeurs violacées et jaunes. L'acide azotique concentré en sépare l'iode à froid ainsi qu'à chaud, en vapeurs reconnaissables par l'amidon, et il se forme du nitrate de plomb qui offre les réactions des acétates.

CHROMATE DE PLOMB. En poudre ou en petits pains coniques, jaune citron, insoluble. Fusible et vaporisable en partie sur les charbons ardents en vapeurs jaunes ; il laisse des globules de plomb. Chauffé avec un soluté de carbonate de potasse, de soude, il est transformé en carbonate de plomb insoluble et en chromate de potasse, de soude solubles (voyez ces sels).

ACÉTATES DE PLOMB. Le protozyde, le seul salifiable , forme avec les acides cinq composés salins, trois basiques, l'acétate neutre et le sous-acétate liquide ou extrait de saturne. Ces deux derniers sont les seuls usités en médecine.

L'acétate neutre de plomb ou plombique, sucre ou sel de saturne, est solide, en aiguilles prismatiques, à quatre pans et à sommets dièdres, d'une saveurstyptique sucrée ; il imprègne les doigts d'une odeur particulière, s'effleurit et se réduit en poudre blanche à l'air. Il contient 14,2 pour 0/0 d'eau de cristallisation. 10 Chauffé entre deux fragments de braise, il fond, se boursoufle, dégage des vapeurs blanches à odeur d'acide acétique, laisse un résidu blanc qui passe au rouge, puis au jaune, se réduit enfin en globules métalliques, offrant les caractères déjà indiqués, entremêlés de poudre jaune et rouge (oxydes de plomb). 20 Pulvérisé et mêlé à de l'eau pour faire une bouillie épaisse, il dégage, par l'acide azotique, des vapeurs blanches à odeur caractéristique d'acide acétique.

Les sous-acétates sont blancs amorphes ou cristallisés. L'a.

cetate sesqui-basique, découvert par M. Payen, est en lames exbagonales, très-soluble dans l'eau et l'alcool anhydre. Son solute concentré se prend en passe lorsqu'il est mêlé à de l'acide acétique. Ces sels du reste offrent les mêmes caractères sur un charbon ardent que l'acétate neutre. Le sous-acétate liquide ou extrait de saturne est incolore lorsqu'il est obtenu par soluté avec l'acétate cristallisé. Dans le Midi on l'obtient en faisant bouillir la litharge en excès dans du vinaigre rouge ; en ce cas, il est rougeâtre, de consistance sirupeuse.

Les acétates sont solubles dans l'eau et l'alcool. Les préparations plombiques insolubles sont en général ramenées à l'état de sel soluble par l'acide azotique. Le soluté fait avec de l'eau distillée est limpide, d'une saveur styptique, sucrée, particulière; il se trouble à l'air et offre les réactions suivantes :

10 Eau ordinaire. Elle blanchit, devient laiteuse, forme enfin l'eau de goulard. Cette couleur est due à la suspension dans ce liquide des sulfate, carbonate de plomb, résultant de la réaction des sels de l'eau sur le sel plombique. L'eau distillée étant privée de sels n'est pas par conséquent troublée.

Acide sulfhydrique, sulfhydrates de potasse, de soude, d'ammoniaque. Précipité noir (sulfure de plomb); le précipité est d'abord rougeâtre, mais il prend immédiatement la couleur noire par un excès de réactif. La réaction s'arrête à 1/500,000.

Potasse. Précipité blanc (hydrate de protoxydede plomb), soluble dans un excès de réactif. Il s'arrête à 1/20,000.

4. Acide chromique, chromate de potasse. Précipité jauneserin (chromate de plomb). Il importe que les liqueurs ne soient pas acides. Ce réactif s'arrête à 1/100,000.

50 Iodure de potassium. Précipité jaune-canari (iodure de plomb), soluble dans un excès de réactif. Il s'arrête à 1/10,000.

6. Carbonate de soude. Précipité blanc (carbonate de plomb). Il s'arrête à 1/60,000.

7o Acide sulfurique, sulfate de soude. Précipité blanc (sulfate de soude), colorable en noir par l'acide sulfhydrique, ce qui le distingue du sulfate de baryte. D'après M. Devergie il s'arrêterait à 115,000, estimation sans doute trop faible.

80 Cyanure jaune de potassium et de fer. Précipité blanc (cyanure de fer et de plomb). La réaction ne va pas au-delà de 1/18,000.

9. Une lame, un fil de zinc immergés dans un soluté plombique, se couvrent d'une couche noire, et, bientôt après, de lamelles de plomb.

10o Enfin, les borates, les phosphates, les carbonates, les chlorures solubles, l'acide chlorhydrique, précipitent aussi ces solutés en blanc, Pour déceler l'acide acétique, il faudrait évaporer une portion de soluté en consistance de sirop épais, et en dégager cet acide par l'acide azotique.

Si le soluté était trop étendu pour ne pas donner les réactions indiquées, on le concentrerait par évaporation, ou bien encore on précipiterait le plomb à l'état de sulfure par l'acide sulfhydrique, et le sulfure, bien lavé, serait transformé en chlorure, en nitrate soluble, en le chauffant, soit avec l'acide hydrochlorique ou l'eau régale, soit avec l'acide azotique étendu de part. égales d'eau, d'après M. Orfila. Ce sulfure pourrait en core être réduit en le chauffant avec de la potasse, de la soude ou du flux noir dans un creuset de porcelaine ou entre deux charbons ardents.

De tous ces réactifs, le plus délicat est l'acide sulfhydrique; mais les plus caractéristiques sont l'iodure de potassium, le chromate de potasse, le sulfate de soude. Nous verrons cependant que

les sels de bismuth offrent beaucoup d'analogie avec les sels plombiques et précipitent aussi en jaune par le chromate. On pourrait doser le plomb par la quantité de sulfate ou de sulfure obtenus.

Préparations plombiques et matières organiques. Les sels solubles de plomb réagissent sur presque toutes les matières organiques, par le double motif, qu'elles forment, avec ces matières, des com posés insoluble, et qu'elles sont précipitées, décomposées par les carbonates, les sulfates, les chlorures, les phosphates, les tartrates, les oxalates, etc., sels très-répandus dans le règne organique. Ainsi, avec les acétates, le vin rouge se trouble, donne, après vingt-quatre heures de contact, un dépôt violacé, et d'après M. Devergie, on ne pourrait constater la présence du plomb dans la liqueur quoiqu'elle soit passée à l'aigre. Il en est de même de la bière, du cidre. L'albumino donne immédiatement un précipité blanc, floconneux; c'est ce qui a lieu aussi avec le lait, pourvu que l'acétate de plomb soit en excès. Avec le bouillon, il se forme un précipité floconneux abondant, blanchâtre, qui, après dessiccation , offre la couleur et la consistance de la colle. La dissolution de gélatine n'est point troublée. La bile précipite abondamment. Les infusés organiques végétaux ou animaux sont tous troubles par les acétates plombiques. Enfin les tissus organiques, le tube intestinal, etc., réagissent aussi sur ces sels, deviennent plus résistants et comme tannés.

Ces réactions sont quelquefois très-promptes, complètes. M. Devergie ingère dans l'estomac d'un chien 50 centig. (10 grains) d'acétate plombique; le lendemain il ne peut déceler le plomb dans la partie liquide des matières alimentaires, ni dans le décocté obtenu avec de l'eau aiguisée d'acide'acétique, soit de ces matières, soit du tube intestinal; il a retiré, au contraire, ce métal de ces matières, de ces organes, par le procédé de l'incinération, M. Orfila expose à l'air, dans un bocal a large ouverture, 30 centigr. d'acétate de plomb, dissous dans un litre d'eau distillée et mêlé avec environ le tiers de tube intestinal; quatre jours après, il n'existait plus un atome de sel dans les liquides. Même résultat, douze jours après, avec un mélange de 60 centigr. d'acétat de plomb, dissous dans deux litres d'eau distillée et mêlé à de la chair musculaire, à la moitié d'un foie, et à quelques portions d'un canal intestinal. Dans les deux cas, il a décelé le plomb dans les matières solides. Ces résultats doivent cependant varier selon la nature, la proportion relative de matière organique et du sel plombique.

Les préparations plombiques insolubles feront nécessairement partie des dépôts de liquides organiques, seront mélangées aux matières solides ou déposées à la surface du tube intestinal; mais

les

comme la plupart sont attaquées, dissoutes en partie par acides, le chlorure de sodium (Orfila), il est certain aussi qu'elles pourront se rencontrer dans les parties liquides. C'est ce qui a lieu, en effet, pour le vin, le cidre et autres liqueurs acides, sophistiquées avec litharge, afin d'en masquer la saveur acide. Ces liquides dissolvent l'oxyde plombique sans se troubler et acquièrent une saveur douce.

Analyses. Examiner avec soin si dans les dépôts des liquides suspects, dans les matières alimentaires ou de vomissement, sur la muqueuse intestinale n'existent pas une poudre, des parcelles blanches, rouges, micacées, qu'il serait facile d'isoler par les lavages, par réposition et décantation, pour les soumettre directement à l'analyse.

Après cette opération préliminaire, on sépare les liquides des matières solides par filtration, on traite même celles-ci par l'eau pour entraîner les portions de poison non décomposé, et , après avoir Gltré et réuni les liqueurs, on les essaye par les réactifs. Dans les cas négatifs, ou bien on les évapore jusqu'à siccité pour soumettre le résidu à l'un des procédés que nous indiquerons ci-après; ou bien encore, on les précipite par un courant d'acide sulfhydrique, on traite le sulfure de plomb à chaud, préalablement lavé, par un peu d'acide chlorhydrique, d'eau régale ou d'acide azotique étendu de parties égales d'eau, pour le transformer en chlorure ou en nitrate, on filtre, et, après avoir évaporé l'excès d'acide, on dissout le résidu dans un peu d'eau distillée, et on essaye les réactifs des sels plombiques. On peut réduire d'ailleurs Je chlorure, le nitrate, en les chauffant au rouge brun avec du flux noir, dans un creuset de porcelaine, ou bien encore dans la cavité d'un charbon ardent. On doit agir de même sur tous les liquides plombiques, colorés ou incolores, contenant peu de matière organique, le vin, le cidre, la bière, les eaux distillées, etc. Quant aux liquides visqueux, très-chargés de matière organique, le lait, les liquides albumineux, gélatineux, les décoctés animaux, etc., El est mieux de les évaporer à siccité et de soumettre le résidu aux mêrnes procédés analytiques que les matières solides, les

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