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MM. Canuet, Orfila, il faudrait en conclure que les préparations plombiques produisent un effet local de nature in lammatoire; mais, d'un autre côté, M. Orfila a rapporté une observation chez l'hoinme, dans laquelle il n'existait pas

d'inflama mation dans le tube intestinal ; et les animaux intoxiqués par MM. Fjandin et Danger, Rognclla n'en ont pas offert non plus. Les auteurs selon nous, n'ont pas assez distingué, dans la plus part des expériences, des expertises légales, l'état purement congestionnel des muqueuses, de l'état inflammatoire, et l'on sai: qu'elles s'imbibent très-facilement de sang, prennent par conséquent une couleur plus ou moins foncée, lorsque, par une cause qnelconque, ce liquide devient plus fluide, effet que produisent la plupart des poisons inorganiques; c'est qu'on prés sente aussi les animaux en poisonnés lentement par l'injection d'un sel plombique dans les veines (page 656).

EMPOISONNEMENT PAR LES PRÉPARATIONS DE BISMUTR:

Le nitrate de bismuth est en gros cristaux prismatiques, incolore, translucide, inodore, d'une saveur acide, siyptique, un peu hygrométrique; il devient opaque à sa surface. Il rougit le papier bleu de tournesol humide. 10 chaussé entre deux charbons ardents, il fond, fusé, dégage des vapeurs vitreuses, se transforme en une poudre blanc-jauriâtre (oxyde de bismuth anhydre), ct se réduit en globules métalliques, d'un gris blanc argentin, avec reflet irisé. Ces globules sont cassants, ne se laissent pas diviser par la pointe d'un cảnif, se dissolvent complétement dans l'acide azotique ou l'eau régale, à une légère chaleur; le soluté, s'il n'est pas trop acide, précipite en blanc par l'eau distillée, en noir par l'acide sulfhydrique, offre, enfin, les réactions des sels de bismuth. Ces caractères distinguent suf fisamment ce métal de l'antimoine, etc.

Le nitrate de bismuth se dissout dans l'eau distillée et ordinaire, et se transforine immédiatement en nitrate acide , qui reste dissous, et en sous-nitrate de bismuth, (blanc de fard, magistère de bismuth), qui se dépose en petites pailletres blanches. Ce dernier produit, tel qu'on le trouve dans les pharmacies, est ordinairement en poudre blanc-jaunâtre, qui peut-être n'est que de l'oxyde. Du reste, tous les deux sont réductibles sur les charbons comme le nitrate. Insolubles dans l'eau, ils se dissolvent dans l'acide azolique.

Les solutés de sels de bismuih précipitent: 1° par l'acide sulfhydrique, les sulfhydrates, en noi:(sulfure de bisntáib); 2°par la potasse, en paillettes blanches (hydrate de protoxyde). insoluble, dans un excès de réactif ; 7° par le chromale de fo:asse, en jaune canari (chromate de bismuih); 4" par l'iodurede polassium, en jaune-rougeâtre d'abord, puis en brunchocolat (iodure de bismuih), soluble dans un excés de réactil; le solité est d'un jaune doré brillanı; 5° par la teinture de noix de galle, en jaune sale (tannate de bismuth);6° par le cyanure jaune de potassium et de fer, en blanc légèrement jaunâtre. 70 enfin, l'acide sulfurique ne précipite pas les sels de bismuth; une lame de zinc bien décapée en dépose le métal.

Les sels de bismuth offrent des réactions à peu près analogues aux sels de plomb ; ils s'en distinguent cependant par la po. tasse, l'iodure de potassium, l'acide sulfurique, qui donnent des réactions différentes. Ajoutons erisuire que la plupart de ces précipités sont réductibles par le flux noir, et que le bismuth est facile à distinguer du plomb. Si la dissolution était trop étendue pour donner les réactions caractéristiques, on la précipiterait par un courant d'hydrogène sulfuré, on transformerait le sulfnre en nitrate par l'acide azotique, ou en chlorure par l'acide hydrochlorique, et on constaterait ensuite les réactions.

Préparations de bismuth et matières organiques. Le sous-nitrate ainsi que l'oxyde sont sans action sur ces matières, mais peuvent être dissous, en bien petite quantité, il est vrai, par les liqueurs acides. Le nitrate, avons-nous dit, est décomposé par l'eau; il l'est aussi et trausforiné en composé insoluble par la plupart des matières organiques, et surtout par le lait, l'albumine, les décoctés des substances astriogentes, avec les

quels il donne des précipités blancs ou blanc-jaunâtre. Il trouble la bile en jaune clair; forme, avec le vin, un dépôt violacé et le décolore en grande partie; il ne trouble point les solutés gélatineux.

Analyse. 1o Examiner attentivement si, dans les dépôts des liquides organiques, dans les matières molles ou solides, à la surface du tube intestinal, ne se trouve point une poudre blanche, cristalline, ou une poudre blanc-jaunâtre (sous-nitrate, oxyde de bismuth), qu'il serait facile d'isoler par le lavage. 20 traiter les matières suspectes par l'eau distillée, faibleinent acidulée par l'acide azotique; filirer, essayer une portion de liqueur par les réactifs, et si les résultats sont négatifs, précipiter le restant par l'acide sulfhydrique ; laver le sulfure; le transformer en nitrate par l'acide azotique; évaporer au bainmarie ; reprendre le résidu par l'eau, et ensuite essayer de nouveau les réactifs caractéristiques, ou réduire une portion du résidu, dans la cavité d'un charbon. 3° quant aux matières solides du tube intestinal, M. Deyergie conseille de les dissoudre dans l'acide hydrochlorique un peu étendu, de les désorganiser par un courant de chlore, de filtrer et d'essayer les réactifs; et si les résultats sont négatifs, d'incinérer ces matières dans un creuset avec de la potasse; de traiter les cendres par l'eau régale pour dissoudre le bismuth, etc. Les procédés de l'incinération simple, de carbonisation par l'acide sulfurique, d'incinération par l'acide azotique et le chlorate de potasse, tels que nous les avons indiqués aux préparations cuivreuses et plombiques sont parfaitement applicables, et donnent de fort bons résultats. Le bismuth n'étant pas volatil, il faut incinérer le produit dans un creuset de porcelaine. On obtient ce métal en globules dans les cendres dont on l'isole par le lavage, ou en traitant les cendres par l'acide azotique pour le transformer en nitrate. Le lait, les liquides visqueux, chargés, enfin, de beaucoup de matières organiques seraient soumis aux mêmes procédés analytiques. Quant au vin, on précipiterait le bismuih par l'hydrogène sulfuré, et le sulfure serait ensuite converti en chlorure par l'acide chlorhydrique.

Dans toutes ces expériences il convient, lorsqu'on a obtenu le bismuth à l'état de nitrate, de chlorure, d'opérer les réactions sur des morceaux de verre, à l'aide d'unc baguelle de verre, parce que si on étendait la liqueur d'eau, on perdrait le bis. muth qui se précipite à l'état de sous-sel.

Ayant retiré, par les lavages, une poudre blanche cristalline ou une poudre blanc-jaunâtre du tube intestinal, des matières suspectes enfin, peut-on savoir si c'est l'oxydı, le sous- nitrate qui ont été administrés, ou bien le witrate acide ? Dans le premier cas, la poudre obtenue serait blanc-jaunâtre, el, dans les liquides et surtout dans les matières solides, on ne trouverait pas cu que peu de bismuth en combinaison, en supposant que les lavages aient été bien exécutés; dans le second cas au contraire, le sous-nitrate serait en poudre blanche cristallinc, et si, dans les parties liquides, on ne décelait point de poison, on en trouverait toujours en combinaison dans les matières solides des vomissements, le tube intestinal, etc.

Nitrate de bismuth absorbé. M. Orfila empoisonne des chiens avec 8 à 10 gram. de nitrate de bismu:h dissous dans 200 grain. d'cau, lie l'asophage et la verge, les pend vivgt-quatre heures après, et retire du bisnuih du foie, de la rate, des urines par le procédé que nous avons indiqué aur préparations plombiques, page 649, c'est-à-dire, en faisant bouillir ces organes dans de l'eau acidulée par l'acide azotique, éraporant le décocié à siccité, et carbonisant le résidu par l'acido azotique et le chlorato de porasse. Le charbon bouilli dans l'eau aiguisée par l'arcide azotique a donné une liqueur qui a précipité du blanc de fard par l'eau distillée, et du sulfure de bismuth par l'acide sulfhydrique, et le sulfure a été transformé en nitrate par l'acide azotique affaibli, etc. Il a aussi obtenu des résultats analogues en agissant de même sur le tube intestinal des chiens, ainsi que sur leurs urines soumises au même procédé analytique que dans l'empoisonnement par le plonub. Par la carbonisation directe, on arrive aux mêmes résultats.

Effets toxiques. Pauvres d'observations chez l'homme, nous n'avons guère que les expériences sur les animaux pour nous éclaircr, encore sont-elles peu nombrruses, trop peu variées et trop peu comparatives. Le sous-nitrate a été porté à la dose de 20 centigr. à 5 gram, comme méilicament, sans accidents; cependant Odier, Poit, disent, qu'à lautelose, il petit occasions ner des nausées, des vomissements, des coliques, de la diarrhée, des vertiges; accidents qui se dissipent assez promptement. Le Dr J. Korner rapporte le cas suivant, dont 1.009 donnons seulement un extruit. Un homme assecté de pgrosis prend, dans un verre d'can, un mélange de 8 gram. (2 gros) de sous- nitrate de bismuth et de crème de tarire : aussitôt après, arileur à la gorge, vomissemints, déjections des matières lia quides, qui, plus tard, devinrent brunâtres; pouls petit, intera mittent; face pâle; froid de tout le corps; contractions spasmoa diques et douloureuses des muscles, surtout les extrémités inférieures; dig'utition diflicile; douleurs brûlantes du pharyr.x; sécheresse de la muqueuse buccale et pituitaire; soif inextinguible; appétence des boissons acides. Les vonisse menis, les autres symptômes s'aggravent de plus en plus ; face et les mail:s se cuméficnt, le ventre se inétéorise, la respiration devient pénible, et le malade sucrómbe le neuvième jour. La sécrétion urinaire a été suspendue pendant sept jours. Autopsie. Tube intestinal rempli do gaz; muqueuses buccale, pharyngée et gastro-intestinale comme gångrénées, surtout celle du rectum, où elle se détachait facileinent; papilles intesa tinales très-rouges et saillantes; taches noirâtres sur la mus queuse trachéale; extrémité inférieure de la moelle enflammée, ainsi que la face interne du caur. Rien d'anornal dans l'encephale, les reins, les pounions.

N'ayant rien de bien circonstancié sur le degré de pureté du médicament qui a été administré, sur l'état antérieur du malade, sur l'influence que peut avoir exercée la crème de tartre soit sur l'organisme, soit en rendant peut-être le nitrate de bisinuth soluble, hous n'osons hasarder aucune explication, aucun commentaire. Nous ferons remarquer toutefois que la gravité des symptômes, des altérations pathologiques, qui ont offert la plus grande analogie avec ceux de l'empoisonnement par le

la

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