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dant d'urine, des coliques, des superpurgations. Cependant MM. Fouquier, Merat et autres praticiens, ont porté la dose de ce sel à 50, 80 centigr. sans accidents. Son usage prolongé, même à petite dose, communique, comme on sait, une couleur brune-violacée indélébile à la peau. Lè nitrate d'argent dissous dans beaucoup d'eau et employé en Angleterre sous le nom d'eau d'Egypte, d'aqua græca, pour colorer les cheveux, aurait l'inconvénient, d'aprés M. Rygby, de les faire tomber. et, dans quelques cas, d'occasionner des accidents assez graves. A ces faits si tronqués et qui ne peuvent avoir une grande importance toxicologique, nous rapporterons la seule observation assez détaillée qui soit à notre connaissance.

Observation. Le 23 juin 1829, Édouard Lecompte, ágé de 21 ans, est apporté à une heure du matin à l'hôpital Saint-Louis dans l'état suivant : perte de connaissance, insensibilité générale, membres supérieurs et muscles de la façe agités de mouvements convulsifs, yeux tournés en haut, pupilles dilatées, insensibles à la lumière ; måchoires fortement contractées ; pouls plein, 70 pulsations. Le comissaire de police apportait dans une fiole le restant de liqueur avec laquelle le malade avait voulu s'empoisonner. L'aspect de cette liqueur, et surtout les larges taches que le malade avait sur les doigts, ne laissèren aucun doute sur la nature de l'empoisonnement. Tous les demi-quarts, d'heure un verre de soluté de sel commun (1/2 gros par verre). A trois heures du matin, amélioration sensible; les muscles de la face n'étaient plus agités, les contractions des mâchoires avaient cessé, les pupilles étaient moins dilatées ; continuation de l'eau salée. A six heures, insensibilité dans les membres inférieurs, sensibilité obtuse dans les supérieurs, face fortement injectée, douleurs épigastriques très-fortes ; méme traitement. A buit heures, mêmes symptômes, rien autre de particulier; sensibilité un peu moins obtuse. Le malade, interrogé sur la quantité de poison qu'il a avalée, ne pouvant parler, indique par signe le nombre 8; l'eau salée est remplacée par les boissons émollientes. A midi, la sensibilité a reparu dans toutes les parties du corps ; le malade dit avoir pris 8 gros (32 gram.) de nitrate d'ar. gent fondu dans du cassis. A trois heures de l'après-midi, coma profond, difficile à décrire; perte de l'intelligence et de la sensibilité générale, pouls à 90 pulsations. Cet état se prolonge jusqu'à cinq beures, et le malade passe une nuit assez bonne. Le lendeniain 24, à huit beures du matin, même attaque ; à midi, son état est satisfaisant; il se plaint de douleurs épigastriques, mais l'intelligence et la sensibilité ont reparu. Sur le soir, il peut se lever sur son séant et boire sans le secours de personne. Le 25, à huit heures du matin, nouvelle crise, mais bien moins forte; lc soir, il s'entretient avec ses camarades, Les jours suivants, le malade, de mieux en mieux, éprouve seulement des douleurs épigastriques un peu fortes jusqu'au 29, jour de sa sortie de l'hôpital.

Le malade, avant son entréc à l'hôpital, gorgé de magnésie, avait éprouvé quelques vomissements. Le 24, après avoir pris un verre de tisane d'orge , vers cinq heures du soir, il eut aussi des vomissements abondants de matières blanches ressemblant à du lail caillé, lesquelles furent malheureusement jetées par l'infirmier. Les draps, les rideaux étaient salis par de larges taches blanches qui noircirent à l'air, dont deux, traitées par l'ammoniaque et le soluté ammoniacal saturé par un acide, donnèrent 0,05 de chlorure d'argent sec (Pommarède, Revue médic., 1829)

Il est fàcheux que l'état antérieur de Lecompte ne soit pas mieux connu, afin de savoir si les effets qu'il a éprouvés sont dus exclusivement au poison. Dans cette hypothèse, le nitrate d'argent agirait différemment des autres poisons inorganiques, puisque les symptômes se sont manifestés par accès, par crises, et non d'une manière continue, et que c'est surtout le système nerveux de la vie de relation qui a été affecté. Les douleurs épigastriques indiquent aussi l'action irritante du poison sur le tube intestinal. L'effet caustique du poison, quoique superficiel, se sera opi osé à son absorption, ou bien il aura été expulsé en grande partie par les vomissements; car on ne peut expliquer autrement le rétablisseinent, après une dose aussi forte. Les expériences sur les chiens démontreraient que le nitrate d'argent est moins actif qu'on ne le pense en général, puisque 2 grammes de ce sel dissous (M. Orfila dit 32 gram.) ne sont point toxiques pour ces animaux ; il y a seulement quelques vomissements, de l'abattement, et le rétablissement est prompt. Cette dose est toxique seulement en six jours quand on pratique la ligature de l'oesophage; alors, à l'autopsie, on trouve

la muqueuse gastrique réduite en une sorte de bouillie, ct, près du pylore, des escharres d'un blanc grisâtre, seinblables à cel. les que produit la pierre infernale sur les plaies; elles sont poires lorsque celle-ci a été administrée à l'état solide ; la musculeuse est d'un rouge-cerise, et évidemment enflammée en plusieurs points. 2 à 10 centigr. de nitrale d'argent dissous, injecté dans la veine jugulaire, produisent de l'anhélation, de la suffocation, des vomissements, des vertiges, des convulsions, de l'abattement et une mort prompte (Orfila). Comme Jésion, on peut encore citer la coloration en noir-violacé des doigts, des lèvres, du tube intestinal, etc., et autres parties du corps.

D'après quelques auteurs, les personnes qui manient l'argent monpayé, les changeurs, les garçons de recette, les employés de banque, etc., seraient exposés à contracter la colique d'argent; mais les faits ne sont pas assez précis à cet égard; d'ailleurs dans les pièces de monnaie, l'argent est allié au cuivre.

Traitement. Comme dans l'observation de Lecompte, donper la dissolution de sel commun, jusqu'à ce qu'on suppose avoir neutralisé le poison, ou que les matières n'offrent plus l'aspect caillebotte; faciliter l'expulsion du poison par missement ou les selles, et ensuite la médecine des indications, puisque nous ne savons que peu de chose sur son mode d'action.

le vo

EMPOISONNEMENT PAR LES PRÉPARATIONS D'OR.

Le chlorure d'or simple est en aiguilles prismatiques jaunerougeâtres, laygrométriques, à réaction acide; le chlorure d'or el de sodium, en petites massettes cristallines, d'un très beau jaune. Ces deux sels sont inodores, d'une saveur styptique, tachent la peau en pourpre, se décomposent sur les charbons ardents, dégagent de l'acide chlorhydrique et laissent une tache jaune d'or, mêlée à une tache blanche (chlorure de sodium), si c'est avec le dernier sel. Très-soluble dans l'eau, leur soluté jaune, jaune-rougeâtre, précipite: 10 par l'acide sulfhydrique, en chocolat foncé (sulfure d'or); 2° parl'ammoniaque, en flocons jauné-rougeâtre ou šerin (or fulminant), qui, lavé et desséché à une douce chaleur, détonne fortement par un frottement subit, 3° par la potasse, en brun (oxyde d'or), si l'on opère à chaud; 4. par le proto-chlorure d’étain, en pourpre de cassius, si les dissolutions sont moyennement concentrées; 50 par le protosulfate de fer, en brun (or divisé), qui; frotté contre un corps dur; prend l'aspect aurifère; 6° enfin, les solutés de chlorure d'or, chauffés avec de l'acide oxalique se réduisent, et les parois de la capsule sont tapissées d'une couche d'or. Ces trois derniers réactifs sont les plus caractéristiques. Ajoutons que les chlorures d'or ne sont pas précipités par le cyanure jaune de potassium et de fer, et qu'ils donnent par le nitrate d'argent un précipité rougeâtre d'oxyde d'or et de chlorure d'argent. Ce dernier corps peut être séparé par l'ammoniaque qui le dissout seulement, et la liqueur ammoniacale, saturée par un acide, le laisse déposer.

Sels d'or et matières organiques. Toutes les matières organiques liquides ou solides décomposent, réduisent les sels d'or, et donnent des dépôts diversement colorés. La réaction est aussi prompte, aussi complète qu'avec les sels d'argent, et, au bout d'un mois, selon les proportions relatives d'or et de matière organique, il peut ne pas exister d'or dans les parties liquides.

M. Orfila évapore les liqueurs à siccité et carbonise le résidu par l'acide azotique et le chlorate de potasse, page 480. Il agit de mêne sur les parties solides. Les cendres, mêlées à de l'or métallique, sont lavées à plusieurs reprises avec de l'eau acidulée par l'acide azotique pour dissoudre les sels; la partie indissoute, traitée à chaud par l'eau régale, donne un chlorure qui, filtré, évaporé à siccité, chauffé pendant quelques minutes dans une capsule de porcelaine, laisse de l'or métallique. Il a empoisonné des chiens avec 12 gram. d'hydro-chlorate d'or, a lié l'æsopbage et la verge, et a retiré de l'or par le même procédé du foie, de la rate, ainsi que des urines après les avoir évaporées à siccité. Toutes les matières aurifères suspectes, soumises aux procédés de l'incinération simple, de carbonisation par l'acide sulfurique ou par l'acide azotique et le chlorate de potasse, poussés jusqu'à incinération, laissent des cendres dont on peut séparer de l'or en paillettes par les lavages, ou l'extraire par l'eau régale,

Effets toxiques. Nous manquons d'observations précises chez l'homme, et les expériences sur les animaux nous éclairent fort peu. D'après quelques médecins, le chlorure d'or, à la dose de 1/10me de grain, même en friction sur la langue, pour, rait occasionner une salivation abondante, des aphthes, de la fièvre, des vertiges, de la céphalalgie, du délire, une phleg, masie gastro-intestinale; mais évidemment ces faits sont exas gérés et ne s'observent pas ordinairement dans l'emploi média cal de cette préparation, puisque MM. Baudelocque et Velpeau l'ont portée à la dose de 20, 50 centigr. (4 à 10 grains), sans accidents. D'après M. Orfila, 4, 10 centigr. de chlorure d'or dissous, injecté dans la veine jugulaire d'un chien, produit les mêmes effets que le nitrate d'argent. 30 centigr. de ce sel dissous, donné à un chien, a déterminé des vomissements immédiats. Deux jours après il a mangé et cherchait à s'échapper. Le quatrième jour refus d'aliments, amaigrissement, abattement; il est mort le septième jour. Muqueuse stomacale d'un rouge clair, ulcérée et comme en suppuration sur plus de vingt points. M. Orfila ajoute que les chiens, auxquels on fait avaler 12 gram. de chlorure d'or dissous (@sophage et verge ļiés), ne paraissent pas gravement atteints, même au bout de 24 heures (ce qui serait en opposition avec le fait précédent). Pendu après ce laps de temps, la muqueuse estomacale était d'un brun foncé, coinme si elle était tapissée d'or métallique. Ce fait démontrerait que le chlorure d'or est bien moins actif qu'on ne le pense généralement. Le chlorure d'or et de sodium est probablement moins énergique, et les préparations aurifères insolubles dans les oxydes, le cyanure, seraient inertes d'après M. Rognetta.

D'après Plenck, l'or fulminant, à la dose de 3 grains, produirait des tranchées, de l'anxiété, des spasmes, des convul

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