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sions, des vomissements, de la diarrhée, une abondante salivation, des défaillances, et, assez souvent, la mort. Frédéric Hoffman a observé aussi à peu près les mêmes esfets chez plusieurs malades, et Rivinus, chez un enfant empoisonné par l'or fulminant, dit avoir trouvé l'intestin perforé. Il est difficile, dans tous ces cas, de bien apprécier l'influence de l'état mor. bide et du poison. 1. Traitement. A défaut d'observation directe, il faut se diriger d'après les données générales que nous avons déjà présentées c'est-à-dire faciliter les vomissements, les selles, par les bo'ssons mucilagineuses, albunineuses, lactées ou huileuses, etc. Peut-être conviendrait-il d'administrer quelques grainmes de proto-sulfate de ser comme contre-poison.

EMPOISONNEMENT PAR LES PRÉPARATIONS FERRUGINEUSES!

Les proto et sesqui-sels de fer sont doués d'une saveur âpre, astringente, les premiers ordinairement cclorés en vert, les seconds en jaune ou en brun; tous précipitent en noir par les sullhydrates, non par l'acide sullhydrique. Les sesqui-sels précipitent immédiatement, 10 par la polasse, en jaune roue geâtre; 2 par le cyanure jaune de potassium et de ser, en bleu; 3° par la teinture de noix de galles, en violet-noirâtre; 4° ils ne sont pas troubles par le cyanure rouge ; les proto-sels donnent d'abord, par la potasse, un dépôt blanc. verdâtre; par le cyanure jaune, un précipité blanc; par la noix de galles, une coloration d'un violet sale; mais par l'exposition à l'air ces précipités prennent rapidement la couleur de ceux que donnent les sesqui-sels avec les mêmes réactifs; enfin les protosels précipitent en vert ou en bleu par le cyanure rouge, perdent leur couleur verte à l'air en se sesqui-oxydant et donnent un dépôt jaunâtre.

LE SOLFATE DE FER OU FERREUX, vilriol vert, couperose cerle, est en prismes rhomboïdaux, verts, translucides; il s'effleurit à l'air, blanchit et se couvre d'une poudre ou de taches jaunâtres; sur un charboo ardent il fond, se boursoufle et se

dessèche en une masse blanchâtre. Les chlorures ferreux et ferrique sont en poudre brune ou rougeâtre ; très-hygrométriques, ou plutôt liquides verdâtres ou jaune-verdâtres.

Sels de fer el matières organiques. Les sels de fer sont décomposés par les substances astringentes, par les alcalis minéraux, leurs carbouales, leurs sulfures. Les proto-sels déposent en se sesqui-oxydant. Ils pourront donc se trouver en dissolution dans les parties liquides, faire partie des dépôts ou être combinés avec les matières solides.

Après avoir constaté la couleur, la saveur des matières suspecies, on sépare les liquides des dépôts, des matières solides par filtration, et on essaie si les liqueurs offrent les réactions ferrugineuses. Si le résultat est négatif, on les évapore à siccité et on soumet le résidlu au procédé de carbonisation par l'acide sulfurique. Les dépôts, les matières solides, le tube intestival seront soumis au même procédé. Dans les deux cas, le produit de la carbonisation, traité par l'acide hydrochlorique ou l'eau régale, donnera des liqueurs qui offriront les réactions des sels de fer. Le Soie , la rale, les reins , donneraient aussi du ser par le même procédé, car Gruelin a démontré chimiquement que le sulfate de ser existait dans le sang et qu'il était éliminé par les urines. Dans le cas d'expertise légale cité ci-après, MM. Dewaret Christison out calciné le tube intestinal et son contenu, traité le résidu à chaud par l'acide acétique, et précipité l'oxyde ferrique par l'ammoniaque en excès, parcequ'ils soupçonnaient la présence du cuivre. Dans ces recherches il importe de ne pas oublier que le fer fait partie constituante du sang, de nos organes, des aliments, qu'il est fréquemment einployé comme médicament dans les arts, l'économie domestique.

Effels toxiques. Le sulfate de fer, à en juger par les expériences sur les animaux, serait assez énergique, puisque, à la dose de 8 gram., d'après Smith, Orfila, ingéré dans l'estomac ou appliqué sur le tissu cellulaire de la cuisse d'un chien, il l'intoxique rait en quinze ou vingi-six heures. Injecté dans les veines à celle de 40 a 50 centigr., il occasionne peu après des vomissements,

des efforts pour aller à la selle ; mais le rétablissement est assez prompt. Ce sel peut être administré sans inconvénient chez l'homme à la dose de 8 grammes en une journée ; la science, cependant, possède des observations d'empoisonnements criminels, mais peu détaillés quant aux symptômes: il y a environ unan on en citait un exemple dans la Gazette des tribunaux, mais il n'était qu'énoncé ; l'accusé fut condamné à la peine de mort. Christison rapporte le cas suivant. Un enfant de quatre ans, auparavant bien portant, est attaqué de violents vomissements et de purgations après son déjeuner, et meurt brusquement dans le courant de l'après-midi du même jour. L'enquête judiciaire apprit que l'accusé avait acheté quelque temps auparavant du sulfate de fer et du sulfate de cuivre, et on l'avait vu mêler un liquide bleu à la soupe et en donner à boire à l'enfant. L'exhumation eut lieu quatre mois après. L'analyse chimique donna beaucoup de fer à l'état soluble et surtout à l'état de sulfure (résultant sans doute de la réaction du sulfhydrate d'ammoniaque provenant de la décomposition des matières organiques), pas un atome de cuivre, et, en outre, plus d'acide sulfurique qu'il ne s'en rencontre habituellement dans les matières de l'estomac; toute la muqueuse, depuis la bouche jusqu'à l'anus, était couverte d'une couche de mucus noir; les tissus de l'estomac présentaient la même couleur. On a retiré aussi abondamment du fer des nombreuses taches qui souillaient les vêtements de l'enfant ainsi que du tablier de l'accusé. Chez les animaux inloxiqués par le sulfate de fer, Smith à trouvé plusieurs taches dans l'estomac, des bosselüres noirâtres dans les intestins grêles, des rides rouges dans le rectum, et M. Orfila la muqueuse gastrique tapissée d'un mucus épais, filant, verdâtré, et quelques points rouges. L'asophage avait été lié. Une fille qui prit 1 once de sulfate de fer comme emménagogue dans de la bière, fut saisie de violents vomissements et de selles pendant sept heures, symptômes qui cédèrent'à l'usage des boissons mucilagineuses et huileuses. Les chlorures de fer sont proba blement plus actifs, peut-être parce qu'ils sont plus acides et que Yacide chlorhydrique, alors, ne reste point inerte. Vä jär

dinier avale, un matin, 1 once 1/2 de teinture de chlorure de fer pour du wiskey; aussitôt, violentes douleurs de gorge et d'estomac, avec contraction, tension de la région épigastrique, puis froid à la peau, faiblesse, vomissements de matières lluides comme de l'encre, bientôt suivies de mucus sanguinolent et de selles de même nature, à la suite d'un laxatif. Son état fut trèsgrave pendant quelque temps; cependant il se rétablit en trois semaines et put se livrer à ses occupations. Deux semaines plus tard, le docteur Combes le trouva amaigri, tourmenté par

des douleurs d'estomac, de constipation, de la soif. Il languit dans cet état pendant cinq jours et succomba. A l'autopsie, le pylore, fortement épaissi, offrait une cicatrice de trois pouces de long sur trois pouces de large, et, dans un autre point, une rougeur inflammatoire entourée d'un bord blanc. La préparation ferrugineuse renfermait le 1/3 de son volume d'acide chlorhydrique et le 1/10 de son poids d'oxyde de fer.

TRAITEMENT. Le même que pour le sulfate de zinc,

EMPOISONNEMENT PAR LES PRÉPARATIONS DE ZINC,

Zinc. Métal, solide fibreux, d'un blanc grisâtre, ductile. Sa densité est de 7,1. Chauffé à l'air dans un creuset, il fond à 3740 Cent., se volatilise, brûle avec une flamme bleuâtre, et se condensé en flocons neigeux, blancs, légers (oxyde de zinc) sur les parois du vase. Il se ternit à l'air humide. L'acide sulfurique étendu le dissout avec dégagement d'hydrogène et le transforme en sulfate de zinc. L'oxyde est aussi soluble dans cet acide, et les solutés offrent les réactions des sels de zinc.

SULFATE DE ZINC OU ZINCIQUE. En petits cristaux prismatiques, translucides, incolorés, inodores, d'une saveur styptique, efflorescent à l'air. Sur un charbon ardent, il fond et laisse un résidu blanc, opaque. Très-soluble dans l'eau, il précipite en blanc par les réactifs suivants : 1° par l'acide sulfhydrique, les sulfhydrates (sulfure de zinc); 2° par la potasse, l'ammoniaque (hydrate d'oxyde de zinc), soluble dans un excès d'alcali ; 3o par le cyanure jaune de potas. et de fer (cyanure de zinc et de fer; 40 par le carbonate de potasse (carbonate de zinc) ; 50 par le sesqui cyanure de manganèse, en rose (Balard); 60 enfin les sels de baryte donnent, avec le sulfate de zinc, un sulfate de baryte caractéristique.

On trouve quelquefois dans le commerce un sulfate de zinc impur en inasses d'un blanc sale, tachées de jaune (couperose blanche), qui renferine des sels de fer, de cuivre. Ce sel, dissous dans l'eau, précipite en brun-noir par l'acide sullhydrique, les sulfhydrates, et en blanc-bleuâtre par la potasse, le cyanure de potassium et de fer,

Sulsale de zinc et matières organiques. Le vin, l'eau sucrée ne sont point troubles par ce sel. Les liquides gélatineus, albumineux et surtout le lait donnent des précipités blanchåtres. M. Devergie ramollit préalablement les matières suspectes, le tube intestinal, etc., par l'acide chlorhydrique, les décompose ensuite par un courant de chlore, Gltre, évapore à siccité, reprend le résidu par l'eau, filtre de nouveau, précipite les liqueurs par l'acide sulshydrique, après les avoir neutralisées par l'acide chlorhydrique, transforme le sulfure en chlorure en le chauffant avec ce dernier acide, et essaye ensuite les réactiss. M. Orfila fait bouillir, pendant deux ou trois minutes, les matières suspectes dans l'eau, filtre, évapore les liqueurs à siccité, carbonise le résidu par l'acide azotique et le chlorale de potasse (page 479), traite de charbon par l'acide chlorhydrique étendu de son volume d'eau, fiite, salure la liqueur par la potasse, la précipite par un courant de gaz sulfhydrique, transforme le sulfure en sulfate soluble en le chauffant avec un peu d'acide azotique concentré, et constate ensuite les réactions. Si ces recherches sont infructueuses, il fait bouillir les dépôts, les matières restées sur le filire avec de l'eau aiguisée d'acide sulfurique, filtre, évapore les liqueurs à sicccité, et agit sur le résidu comme sur celui des parties liquides. Il opère de mème sur le tube intestinal.

Ayant empoisonné un chien avec 50 gram. de sulfate de zinc dissous (@sophage lié), M. Orfila a décelé le zinc, par le même procédé, dans le foie, la 'rate, c'est-à-dire en faisant

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