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bouillir ces organes dans de l'eau distillée et carbonisant le décocté par l'acide azotique et le chlorate de polasse, etc. Mais comme le sulfure de zinc est mêlé à du sulfure de fer, après l'avoir bien lavé il le chausse à plusieurs reprises avec de l'acide azotique concentré, dans le but de sesqui-oxyder le fer, traite ensuite le résidu, qui est jaunâtre, par de l'eau aiguisée de quelques gouttes d'acide azotique, et le soluté par l'ammoniaque en excès, afin de précipiter seulement l'oxyde ferrique, filtre de nouveau, évapore la liqueur à siccité, dissout le résidu dans l'acide hydrochlorique et constate les réactions des sels de zinc.

Les procédés de MM. Orfila, Devergie sont très-longs, et nous avons obtenu de très bons résultats en carbonisant directement les matières suspectes, soit par l'acide sulfurique, soit par l'acide azotique et le chlorate de potasse. Le produit, traité par les acides sulfurique ou chlorhydrique, évaporé a siccité et repris par l'eau distillée, nous a donné les réactions des sels de zinc. Lorsque les liqueurs renferment des sels ferrugineux, il faut, comme l'indique M. Orfila, séparer le sulfure de fer du sulfure de zinc, avant de constater les réactions.

Effets toxiques. Le zinc pur n'est pas poison. Comme il est facilement oxydable sous l'iufluence des acides, et qu'il sert à faire des baignoires, des cuves, des réservoirs, des toitures, qu'on l'avait proposé même pour faire des ustensiles de cuisine, des bidons pour les soldats, il importait de savoir s'il pouvait être employé à ces usages. Le gouvernement ayant consulté les gens de l'art pour résoudre cette question d'hygiène publique, voici les résultats des expériences de Chaussier, Deyeux, Vauquelin, MM. Gay-Lussac et Thénard. 1° Le zinc est attaque par l'eau, le vin, les acides végétaux et minéraux affaiblis, ainsi que par les solutés de sel commun, de chlorhydrate d'ammoniaque, soit à froid, soit à chaud. Après huit à onze minutes d'ébullition, les liqueurs contractent une saveur àpre, inétallique, et offrent les réactions des sels de zinc, 2° Un roux au beurre étant préparé dans une casserole en zinc, celle-ci a perdu de son poli, et il s'est formé au milieu un petit trou par lequel

s'est échappée la friture. 30 Si l'on fait bouillir de l'oseille av de l'eau dans une casserole en zinc, pendant vingt minutes, le décocté, après filtration, n'est pas acide, n'offre pas les réactions des sels de zinc, parce qu'il se forme un dépôt blanc d'oxalate de zinc. D'après M. Boutigny, l'eau de pluie qui tombe sur une toiture en zinc renferme de ce métal. Dans tous ces cas, le zinc s'oxyde aux dépens de l'oxygène de l'air ou de l'eau, forme ensuite avec les acides des aliments, des boissons, un sel soluble ou insoluble. De ces expériences on peut conclure que le zinc ne peut servir à la préparation, à la conservation des aliments ou des boissons, puisqu'il est attaqué par ces matières, qu'il leur communique une saveur désagréable et des propriétés nuisibles, vomitives ou purgatives. Telle est la conclusion des chimistes précédemment cités. MM. Deveaux et Dejaer ayant constaté expérimentalement que l'acétate, le citrate de zinc, étaient sans effets sur l'homme, à la dose de 2 à 4 gram., pensent que les aliments, les boissons, préparés ou conservés dans des vasés en zinc, seraient inoffensifs; même en admettant que les matières alimentaires pussent dissoudre une plus grande quantité de zinc, leur saveur âpre, styptique les ferait rejeter, ou bien elles donneraient lieu à quelques selles ou vomissements. Le fait suivant infirmerait cependant l'opinion des deux méde. cins de Liége. Un négociant de Gray (Haute-Saône) faisait usage, pour le service de sa cave, d'un vase de zinc de la capacité de 20 litres. Il laissa séjourner dans ce vase du vin pendant plusieurs heures, et se servit de ce vin pour son repas et celui de sa famille. Peu de temps après, tous éprouvèrent des, vomissements, des coliques violentes, accidents qui cédèrent à l'usage des mucilagineux. Le vin contenait du zinc. 10 à 20 gram. d'oxyde de zinc produisent sur les chiens des vomissements sans grandes souffrances, et leur rétablissement est assez prompt (Orfila).

Les ouvriers qui allient le zinc au cuivre, ou tout autre métal peu fusible, les fondeurs, les personnes mêmes qui habitent non loin des ateliers, sont sujets à une maladie spé ciale qui a beaucoup d'analogie avec un accès de fièvre inter mittente, que M. Blandet attribue au zinc volatilisé, et dont voici les caractères : elle débute presque toujours par un frisson qui commence entre les deux épaules, s'étend ensuite au reste du corps, et s'accompagne d'un tremblement général qui dure trois ou quatre heures; presque en même teinps il se déclare un violent mal de tête avec sentiment de constriction aux deux tempes et quelquefois avec syncope. L'appétit se perd, la région épigastrique est douloureuse; il y a oppression, faiblesse générale, forte courbature, et, dans quelques cas même, roideur tétanique. L'ouvrier se couche ; au bout de quelques heures, la peau se réchauffe, un mouvement febrile violent se déclare, la transpiration s'établit, il s'endort et se réveille guéri, ne conservant qu'un sentiment de faiblesse et quelques douleurs contuses dans les membres. Comme moyen prophylactique, M. Blandet propose de séparer l'atelier du moulage de la fonderie, d'opérer l'alliage sous des cheminées à long tuyau, d'éloigner les fonderies des quartiers populeux. Les ouvriers qui fondent le zinc seul ne sont pas sujets à cette affection, parce que la température à laquelle ce métal fond est insuffisante pour le volatiliser en assez grande quantité. C'est surtout lorsqu'on allie 15 à 35 pour cent de zinc au cuivre qu'on l'observe.

Les observations chez l'homme et les expériences sur les animaux démontrent que le sulfate de zinc est peu toxique, même à dose assez élevée, à cause de sa propriété vomitive ou purgative. Quoique Fodéré, chez un homme affecté de gonorrhée, ait observé des accidents très-graves par 30 centigr de sulfate de zinc, il n'en est pas moins vrai que

les Anglais donnent ce sel à des doses énormes, 4, 8 gram., et plus, comme vomitif, même dans les cas d'empoisonnement; d'ailleurs, les deux observations suivantes témoignent du peu de nocuité de ce poison.

Observation fro. Une jeune dame, pressée par la soif, avale d'un trait, pour de la limonade, 64 gram. (2 onces) de sulfate de zinc impur (couperose blanche) dissous dans 25 centilitres d'eau, et ne s'aperçoit de son erreur qu'à la dernière gorgée, qu'elle rejette. Aussitôt après, saveur excessivement acerbe avec sentiment de constriction an gosier, de strangulation ; chaleur brûlante à la région épigastrique; visage pâle, défait; wil éteint, pouls convulsif, extrémités froides. On donne le vitriol blanc et de l'huile comme comitifs; des vomissements se déclarent et sont facilités par l'administration de beaucoup d'eau tiède. On donne ensuite de l'eau alcaline sucrée en boissons et en gargarisme ; les vomissements cessent, la chaleur brûlante de l'estomac cède peu à peu et disparaît complétement au bout de deux heures. Enfin, sous l'influence du lait, du bouillon, de l'eau de guimauve, des lavements et des bains pour calmer l'agacement des nerfs, la malade revient à la santé. (Buchan.)

Observation II. Un boulanger, convalescent d'une fièvre putride, tourmenté par une soif ardente, prit par mégarde 250 à 300 gram. (8 à 10 onces) d'eau tenant en solution du sulfate de zinc (la quantité n'est pas indiquée). Peu après, douleurs aiguës à la région épigastrique et le bas-ventre: vomissements et déjections continuelles que ne calment point le beurre et la crème de lait. Le médecin, appelé une heure après l'accident, lui donna en plusieurs doses 32 gram. (1 once) d'yeux d'écrevisses préparés (carbonate de chaux). La première dose occasionna immédiatement une effervescence qui changea la douleur de l'estomac en une chaleur brûlante et provoqua des rapports aigres

. Cet arcident ne fut que momentané, et en une heure les effets du poison se dissipèrent. Le malade cut encore quelques bouffées nidorenses,

des cfforts de vomissements, de la sois, symptômes qui furent combattus par quelques gouttes d'esprit de nitre dulcitié (alcool nitrique), étendu d'eau. Il était complétement guéri à quatre heures du soir. (Scheuler, Journ. de méd. et chir., tom. LVI.)

Expériences sur les chiens. Le sulfate de zinc, à la dose de 30 gram. (1 once), dissous dans 60 à 80 gram. d'eau, produit seulement quelques vomissements, des cris plaintifs et le rétablissement est assez prompt, lorsque l'œsophage n'est point lié. Dans le cas contraire, il y a des efforts de vomissements, des selles, gêne de la respiration, des plaintes, et la mort survient trois jours après. Muqueuse estomacale, d'un rouge foncé dans toute son étendue, offrant çà et là des points noirs formés par du sang extravasé ; les autres intestins étaient sans altération. M. Orfila, à qui sont dues ces expériences, dit que les chiens auxquels on fait avaler 30 gram. de sulfate de zinc pur dissous dans 200 gram. d'eau (@sophage lié), succombent au bout de douze, quinze, dix-huit heures. 4 ou 8 gram. de sulfate de zinc pulvérisé, ap. pliqués sur le tissu cellulaire de la cuisse d'un chien, produisent bienlôt après l'insensibilité générale, commençant d'abord par les membres inférieurs, qui paraissent être paralysés, et la mort survient en cinq ou six jours. L'estomac offre alors assez souvent, surtout vers le pylore, de petites ulcérations rondes, à fond noir , entourées d'une auréole blanchâtre. Quelquefois, cependant, il survient des vomissements, et les chiens se rétablissent. (Smith.)

Traitement. Les sels de zinc paraissant agir de même que les autres poisons uninéraux, réclament le même traitement. Comme ils sont éméto-cathartiques, il faudra seconder les vomissements et les selles par les boissons, les lavements émol. lients, lactés ou huileux. Peut-être il conviendrait d'adininistrer comme contre-poisons les carbonates alcalins ou de chaux, de magnésie.

EMIOISONNIMENT PAR LES PRÉPARATIONS DE CHROME

Chromate de potasse. En prismes transparents d'un jaune citron foncé, d'uve saveur amère très persistante; sur les charbons arılenis il se dessèche, perd son eau de cristallisation, et prend une couleur jarine-orangée. L'acide sulfurique lui donne immédiatement une reinte rouge en le transforrnant en bichromate de polasse. Très-soluble dans l'eau, à peine dans l'alcool; le soluté, qui est d'un très-beau jaune citron, se co'orc en orangé par les acides sulfurique ou azotique, en vert-bleuâtre par l'acide sulfureux. Il précipite en jaune citron par les sels de plomb; en rouge ponr les prolo-sels de mercure; en rougecarmin, par les sels d'argent; en blanc-jaunâtre, par les sels de baryte; le précipité est soluble dans l'acide azotique. Chauffé avec l'acide chlorhydrique, le chromate de po:asse est transformé en chlorure de chrome vert, et chlorure de potassium, avec dégagement de chlore.

Bi-chromate de polasse. En larges tables rectangulaires, d'un rouge intense, d'une saveur acide, métallique, amère. Chaussé sur un charbon, il fond en une masse roug", transparente, se transforme en oxyde de chrome vert et en chromate

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