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tique dans les urines. Les urines normales rougissent le sulfate de narcotine, brunissent le sulfate de fer; mais distillées avec de l'acide sulfurique, le produit n'offre pas ces réactions. M. Orfila préfère le sulfate de narcotine à la morphine comme réactif plus délicat, ainsi qu'à la brucine parce que celle-ci serait au contraire trop sensible. Par ce procédé on n'évite pas plus les causes d'erreurs que par les deux autres, puisque l'acide sulfurique décompose les nitrates.

ACIDE CHLORHYDRIQUE. Avant de soumettre les liqueurs, les décoctés à la distillation, M. Orfila précipite la matière organique par le tannin, filtre et distille jusqu'à siccité au bain d'huile. Par cette modification on obtient, dit-il, plus facilement ce poison. Les urines traitées par le nitrate d'argent donnent un dépôt qui, chauffé avec de l'acide azotique, laisse quatre ou six fois plus de chlorure d'argent que les urines normales.

ACIDE ACÉTIQUE. Par le procédé de la distillation les résultats ont été négatifs ou douteux avec le foie, la rate, les urines des chiens intoxiqués. (Orfila.)

Acide oxalique. L'alcool à 44o aréo. ayant la propriété de dissoudre l'acide oxalique, non les oxalates , pour reconnaître un empoisonnement par cet acide, éviter les erreurs que nous avons signalées, M. Orfila évapore les liqueurs organiques à siccité, épuise à froid le résidu par l'alcool à 44', filtre, et, par évaporation jusqu'a pellicule, obtient cet acide cristallisé. Le résidu indissous par l'alcool, traité par l'eau, donnerait de l'oxalate de potasse si les matières en contenaient ou si c'était un empoisonnement mixte par ce sel et l'acide oxalique. Les urines déposent et précipitent en blanc par l'oxalate d'ammoniaque; les dépôts traités par l'acide acétique pour dissoudre le phosphate de chaux, laissent pour résidu un oxalate de cette base, quatre a six fois plus abondant qu'avec les urines normales.

Poisons alcalins. M. Orfila , dans ses expériences sur les chiens, a constaté la présence de ces poisons dans le foie, la rate, les reins, les urines.

Potasse. Afin d'éviter les erreurs auxquelles exposent les procédés indiqués, se fondant sur ce que l'alcool à 44o dissout la potasse, non les sels, M. Orfila propose d'épuiser les matières des vomissements, le tube intestinal, le foie, la rate, etc., par l'eau, d'évaporer les liqueurs à siccité, de traiter à plusieurs reprises le résidu par l'alcool à 44• bouillant, de filtrer à chaud, d'évaporer immédiatement l'alcool, de carboniser le résidu jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de fumée, et d'incinérer le charbon dans un creuset d'argent. Les cendres traitées d'abord par l'alcool, puis par l'eau, donnent deux liqueurs qui, filtrées, évaporées, offrent les réactions de la potasse. Ce procédé ne prévient pas toutes les causes d'erreur, puisque l'alcool dissout l'acétate, le tartrate neutre de potasse.

Au lieu de carboniser les matières suspecies par i'acide sufurique (page 244), nous proposons d'agir sur le résidu des décoctés. On calcine fortement le charbon et on traite les cendres par l'acide hydrochloriqu.. On évapore à siccité et on reprend par l'eau, etc.

Soude. Par le inème procédé que pour la potasse, M. Orfila a obtenu les mêmes résultats. La soude précipite en blanc par l'acide antimonique, non la potasse. (Fremy.?

HYPO-CHLORITES ALCALins. Lorsque les procédés indiqués sont insuffisants, M. Orfila traite les matières suspectes par l'eau froide, et distille les liqueurs avec quelques gram. d'acide ace. tique. Il se dégage, dans le récipient, du gaz chlore qui colore en bleu le papier amidonné imprégné d'iodure de potassium. Le résidu soumis au même procédé que la potasse donne cet alcali. Il a ainsi décelé ce poison dans le foie, la rate, les urines. Il ne faut pas oublier que les vapeurs nitriques, sulfuriques, colorent aussi en bleu le papier d'amidon iodé.

Sulfures Alcalins. Si les procédés indiqués sont insillisants, si les matières suspectes ne colorent pas en noir le pala pier d'acéiate de plomb, épuisez-les par l'eau froide et distilicz les liqueurs avec de l'acide acétique. Il se dégage du gaz hydrogène sulfuré qui précipite en noir l'acétate plombique, il se dépose de l'hydrate de soufre, et les liqueurs filtrées, traitées comme pour la potasse , donnent cet alcali, M. Orfila, par ce

procédé, a constaté les sulfures alcalins dans les aliments, le sang,

le foie, la rate, les reins, les urines, même quatre ou cinq jours après l'intoxication. Rappelons que les matières putrefiées donnent du gaz sulfhydrique.

Alun. M. Orfila fait bouillir les matières suspectes dans l'eau aiguisée d'acide sulfurique, évapore à siccité, carbonise le résidu par cet acide, traite le charbon par l'eau, filtre, évapore et obtient de l'alun cristallisé ou un produit qui, par l'ammoniaque, dépose de l'alumine soluble dans la potasse. Il a constaté ainsi l'alun dans le foie, la rate.

PRÉPARATIONS DE BARYTE. En carbonisant le tube intestinal, le foie, la rate, les reins, par l'acide azotique, calcinant fortement le charbon, traitant les cendres par l'acide azotique étendu, évaporant à siccité et calcinant de nouveau, M. Orfila a retiré la baryte de ces organes.

PRÉPARATIONS AMMONIACALES. Par la distillation à une douce température, M. Orfila a retiré de l'ammoniaque des matières suspectes, du foie, de la rate, des reins, des urines des animaux empoisonnés par cet alcali et son sesqui-carbonate. Quant à l'hydrochlorate d'ammoniaque, il traite ces organes par l'eau, évaporée à siccité, met à macérer le résidu dans l'alcool à 44° pendant une heure, évapore la liqueur alcoolique à pellicule, et obtient ce sel cristallisé, ou un résidu qui dégage de l'ammoniaque par la potasse à l'alcool.

MERCURIAUX. Pour déceler le sublimé dans le foie et autres matières suspectes, MM. Flandin et Danger adoptent le procédé de carbonisation par l'acide sulfurique (p. 530). Mais, afin de ne pas volatiliser le mercure, ils opèrent à la température de 100° et jusqu'à solution de la matière, laissent refroidir, saturent la liqueur par le chlorure de calcium, épuisent le mélange par l'alcool, filtrent, évaporent le soluté alcoolique, reprennent le résidu par l'eau, et afin d'éviter les erreurs auxquelles expose la pile Smithson, font tomber le soluté goutte à goutte sur l'extrémité des fils conducteurs en or, communiquant avec un élément de la pile de Bunzen. Le fil s'argente. On le coupé, et, par sublimation, on en retire le mercure.

etc.;

PRÉPARATIONS FERRUGINEUSES. Auc assises de l'Aveyron, la femme Matel est accusée d'avoir empoisonné son mari. A l'autopsie, on trouve de légères lésions gastro-intestinales, des adhérences pleurétiques avec ramollissement d'une partie des poumons. MM. Limousin-Lamothe et Ancessy carbonisent séparément, par l'acide azotique, 1/4 d'estomac, les matières de vomissements, un morceau de drap sali par les déjections,

ils font bouillir le charbon dans de l'eau acidulée, concentrent les liqueurs, les précipitent par le sulfhydrate d'ammoniaque, le cyanure jaune, le carbonate de potasse, le nitrate de baryte, et obtiennent les réactions caractéristiques du sulfate de fer, et des précipités assez abondants pour les présenter comme preuve à conviction. Les poumons, 100 gram. de sang, du pain soumis comparativemer au même procédé, donnent des réactions fort peu marquées. Ils concluent à l'ingestion du sulfate de fer. Dans les débats, on posa les questions sur la nocuité du sulfate de fer, la dose toxique, la valeur des expériences sur les animaux, la possibilité de distinguer le fer normal du fer poison. Il y eut affirmation sur les trois premières, et divergence sur la dernière. Journ. chim. méd., 1851.) - Aux assises de la Seine, M. Chevallier a admis que les expériences sur les chiens auxquels on avait lié l'æsophage n'étaient pas concluantes ; que le sulfate de fer était peu nuisible, puisqu'une femme, à laquelle on en avait donné en assez grande quantité pour l'empoisonner y avait survécu. (Année d'hig., 1848.)

Aux assises de la Loire-Inférieure , le 12 janvier 1851, la fille Vivien, bien portante, ågéc de 15 mois, est prise, à 10 heures du matin, de vomissements et de déjections noirätres, et succombe le 13 au soir. Ses lèvres sont tachées et couvertes d'une écume noirâtre, et ses vêtements, quoique lessivés, colorés par les matières des vomissements. A l'exhumation, dix jours après, vaisseaux du cerveau et ceur engorgés d'un sang noir, estomac plein d'un liquide blanc-verdâtre. MM. Orfila, Chevallier et Mialhe retirent du fer en quantité notable du duodénum, d'un balai coloré en brun, des taches l’un carreau en terre, et des vêtements. Le duodenum d'un autre enfant en a fourni à peine des traces. Orfila, assigné, répondit ainsi aux questions : 1° Le sulfate de fer a été ingéré, mais il est impossible de dire à quelle dose ; 2° les substances toxiques pour les chiens le sont pour l'homme ; 3° les lactates et sulfates de fer sont toxiques à la dose de 20 à 25 gram. (@sophage lié); 4° les organes bouillis dans l'eau acidulée d'acide chlorhydrique cèdent le fer poison, non le fer normal. Quel que soit le procédé, les expériences doivent être comparatives (Ann. d'Hyg. 1851).

PRÉPARATIONS DE CHROME. M. Ducatel conclut des expériences sur les chiens et les lapins que le bichromale de potasse, injecté dans l'estomac, les veines ou le tissu cellulaire, à la dose de 0,20 à 0,25, tue ces animaux en 2 à 6 jours. Il y a vomissement de matières jaunâtres, diarrhée, inappétence, difficulté de respirer, ralentissement de la circulation, prostration progressive. Chez l'homme, 0,12 ont produit des accidents de même nature qui ont été combattus par les stimulants diffusibles. Pour la recherche -des chromates, c'est l'incinération par l'azotate de potasse.

ACIDE TARTRIQUE. 8 à 10 gram., ingérés dans l'estomac, intoxiquent les chiens en 2 heures. Le sang, les muscles, les organes parenchymateux prennent à l'air une couleur rouge permanente de gelée de groseille. Par le même procédé que pour l'acide oxalique, M. Devergie l'a décelé dans le sang, le foie, etc. (Voy. Toxicologie générale.)

PRÉPARATIONS CUIVREUSES. MM. Chevallier et Lassaigne, par l'incinération simple, ont retiré assez de cuivre des organes pour affirmer qu'il y avait empoisonnement (assises de la Marne). Dans l'affaire Brunet, ils ont constaté que des haricots, imprégnés d'acétate de cuivre, le cédaient à la terre humide; que la terre naturellement cuivreuse ne cédait pas le cuivre aux haricots. Dans une expertise, MM. Chevallier, Devergie, et Payen n'ayant obtenu que 15 milli. de cuivre, n'ont pas admis l'empoisonnement. (Voy. Toxicologie générale).

Preparations ARSÉNICALES. Voyez Toxicologie générale, comme complément aux rapporls, aux questions, aux analyses loxicologiques, etc.

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