Dix années d'exil /: Fragmens d'un ouvrage inédit, composé dans les années 1810 a 1813

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Page 59 - Suisse ; j'étais à cet égard moins à plaindre qu'un autre, et néanmoins j'ai cruellement souffert. Je ne serai donc point inutile au monde , en signalant tout ce qui doit porter à ne laisser jamais aux souverains le droit arbitraire de l'exil. Nul député, nul écrivain n'exprimera librement sa pensée, s'il peut être banni quand sa franchise aura déplu ; nul homme n'osera parler avec sincérité , s'il peut lui en coûter le bonheur de sa famille entière. Les femmes surtout, qui sont destinées...
Page 2 - ... monde. Je ne veux retracer maintenant que la part qui me concerne dans ce vaste tableau. Mais, en jetant de ce point de vue si borné quelques regards sur l'ensemble , je me flatte de me faire souvent oublier en racontant ma propre histoire. Le...
Page 110 - IV'gard de l'Empereur dans votre dernier ouvrage ; ce serait une erreur : il ne pouvait pas y trouver de place qui fût digne de lui ; mais votre exil est une conséquence naturelle de la marche que vous suivez constamment depuis plusieurs années.
Page 24 - Ces nouveaux débutants dans la carrière de la politesse ne croyaient pas que l'aisance fût de bon goût. En effet , s'ils s'étaient mis à l'aise , ils auraient commis d'étranges inconvenances, et la roideur arrogante était encore leur plus sûre ressource dans le rôle nouveau qu'ils voulaient jouer. Joseph Bonaparte, qui avait négocié la paix de Lunéville, invita M. de C. à sa charmante terre de Morfontaine , et je m'y trouvai avec lui. Joseph...
Page 80 - ... connue , jamais la vivacité de l'impression qu'elle produit ne peut s'éteindre. En approchant de la demeure de mon père , un de mes amis me montra sur la montagne des nuages qui ressemblaient à une grande figure d'homme qui disparaîtrait vers le soir, et il me sembla que le ciel m'offrait ainsi le symbole de la perte que je venais de faire.
Page 210 - Espérons qu'on pourra sans secousse amener cet affranchissement si désiré; mais, en attendant, on voudrait que les barbes fussent conservées, tant elles donnent de force et de dignité à la physionomie. Les Russes à longue barbe ne passent jamais devant une église sans faire le signe de la croix, et leur confiance dans les images visibles de la religion est très touchante.
Page 217 - Ier leur a donnée; elle n'a, jusqu'à présent , formé que leurs manières; heureusement pour eux, ils sont toujours ce que nous appelons barbares ,. c'est-à-dire , conduits par un instinct souvent généreux , toujours involontaire , qui n'admet la réflexion que dans le choix des moyens , et non dans l'examen du but : je dis heureusement pour eux , non que je prétende vanter la barbarie; mais je désigne par ce nom une certaine énergie primitive qui peut seule remplacer dans les nations la...
Page 148 - Déchirée par l'incertitude, je parcourus le parc de Coppet ; je m'assis dans tous les lieux où mon père avait coutume de se reposer pour contempler la nature; je revis ces mêmes beautés des ondes et de la verdure que nous avions souvent admirées ensemble; je leur dis adieu en me recommandant à leur douce influence. Le monument qui renferme les cendres de mon père et de ma mère , et dans lequel , si le bon Dieu le permet, les miennes doivent être déposées , était une des principales...
Page 122 - Vraiment touchée de ce soin paternel du gouvernement, je demandai ce qu'avait fait M. Schlegel contre la France ; le préfet m'objecta ses opinions littéraires, et entre autres une brochure de lui, dans laquelle, en comparant la Phèdre d'Euripide à celle de Racine, il avait donné la préférence à la première.
Page 55 - ... les vieillards et les femmes, et qui se plie sous la verge du Corse, qui lui ravit jusqu'à la moindre part de cette liberté pour laquelle il se prétendoit armé.

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