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que les suivants : Schmoller, la question des ouvriers ruraux. Cet article nous apprend que la France n'est pas seule à se plaindre. Mais M. Schmoller (professeur d'économie politique à Halle) n'a pas cru devoir se faire l'écho de ces plaintes, il a recherché ce qui, dans les rapports entre maîtres et serviteurs, pouvait être amélioré dans l'intérêt général, et nous fait connaître chemin faisant l'organisation du travail rural dans le nord de l'Allemagne. Nous ne citerons qu'un détail : en 1805, les domestiques formaient 11.6 0/0 de l'ensemble de la population, les ouvriers et les journaliers 3.4 0/0; en 1858, la proportion des premiers était descendue à 8 0/0 et celle des derniers à 12 1/2 0/0. N'est-ce pas là un progrès réel, obtenu sans secousse, et même, qui le croirait! sans le secours du socialisme ?

Dietzel, l'économie politique considérée comme science. L'auteur s'applique, dans un article (peut-être trop) développé, à démontrer que l'économie politique est encore trop traitée en art et pas assez en science. Cela n'est malheureusement que trop vrai, et c'est à cette cause qu'il faut attribuer bien des dissensions entre les économistes. On considère presque uniquement la science écononomique comme une collection de règles pratiques au lieu de la traiter comme un ensemble de lois déduites de l'observation d'un ordre déterminé de faits.

Vorlander, la statistique morale et la libre arbitre. On sait que la statistique constate une certaine régularité dans la reproduction périodique des mêmes phénomènes moraux (le même nombre à peu près, de crimes, la même proportion d'enfants trouvés, de mariages inégaux, etc.) M. Vorlaender cherche à démontrer que cette régularité ne prouve rien contre le libre arbitre. Il a raison au fond, mais il nous semble que ses arguments n'ont pas toujours la force qu'ils pourraient avoir. Peut-être l'auteur leur a-t-il donne une forme trop abstraite.

Maintenant encore, plusieurs bons travaux de M. Schaeffle (organisation communale des divers États allemands et une tentation avortée d'organisation du travail ; de M. de Gosen (la fortune publique de l'ancienne Rome); de M. Nasse (la composition de la Chambre des Communes en Angleterre avant et après la réforme de 1832); de M. de Hochi, (l'enquête sur les banques en France); de M. Hanssen, (l'histoire des assolements en Allemagne); de M. Prieke, (l'État considéré comme un organisme, et de plusieurs autres. On y trouve aussi de nombreux documents, lois intéressant les finances, les matières économiques, statistiques, de faits économiques divers et une très-riche bibliographie.

Zeitschrift des K. pr. Statist. Bureau's. (Revue du bureau de la statistique de Prusse) dirigée par M. le conseiller int. Engel. Livr. 10 à 12 (4o trimestre) de 1866. Le premier article donne, sous le titre de: La Prusse actuelle (par K. Braemer), une petite statistique de l'État, agrandi par les récentes annexions. Nous nous proposons d'utiliser ce travail — avec d'autres documents — pour l’Annuaire de l'Economie politique et de la Statistique, qui sera prochainement entre les mains de nos lecteurs, nous devons donc nous borner à y renvoyer. - Le deuxième article est relatif aux incendies en Prusse en 1863, 1864, 1865. Le nombre des sociétés d'assurances mutuelles qui se sont presque toutes (sauf 7) limitées à une ville ou à un territoire, est de 99; de plus, 26 sociétés à prime (dont 10 en Prusse et 16 à l'étranger) concouren avec les premiers dans des proportions importantes. Les chiffres exacts ne sont pas encore connus, car un certain nombre de sociétés n'ont pas envoyé leurs comptes-rendus, mais voici des renseignements approximatifs qui ont leur intérêt. Nous ne donnons que l'année 1864:

Valeurs assurées.

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Nature des établissements.

Proportion

Thalers de 3 f.75. p. 100. I. Sociétés mutuelles : Sociétés publiques (1).... 1,653,512,768 33.9 - semi-officielles... 38,900,000 0.8 privées primmeubl. 43,000,000 0.9

- meubles.. 207,800,000 4.2 pr secours en nature. 1,800,000 0.0 - opérant aussi hors de Prusse. .... 320,300,000 6.5

Total. . 2,270,300,000 46.4
II. Sociétés à primes fixes :
Sociétés prussiennes..... 2,152,600,000 44.0
- allemand. non prus. 369,400,000 7.6
non allemandes... 97,700,000 2.0

Total. . 2,619,900,000 53.6
Total général. : , 4,890,200,000 100

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Les chances d'incendie ne sont pas les mêmes par provinces, il y a même des différences très-grandes de l'une à l'autre, et dont l'étude offrirait de l'intérêt. En France, un travail analogue, par départements, serait également très-instructif.

M. Engel donne un très-intéressant article sur les assurances contre

(1) Les « sociétés publiques » ont été approuvées par le gouvernement et soumises à des statuts ayant force de loi; les sociétés semi-officielles n'ont donné lieu à aucun acte public, 'mais sont administrées par des fonctionnaires publics ; les sociétés privées sont des entreprises particulières libres ; il y a aussi quelques sociétés d'assurance qui dédommagent le sinistré par un secours en nature.

les accidents, travail renfermant beaucoup de détail sur la société française : La Sécurité générale, et qui lui paraît appelée à rendre de grands services.

Mentionnons encore l'article sur les contributions directes de la Prusse et sur le produit de l'impôt de mouture et d'abatage (sorte d'octroi au profit de l'État). Nous ne lui empruntons que le tableau ci-après, s’appliquant à l'année 1864 et comparant les impôts de Prusse, avec ceux du Hanovre et de la Hesse (en tant pour 100 de l'ensemble du budget) :

Hanovre. Hesse élect. Prusse. Contribution foncière. ......... 21.26 27.34 15.9 - sur les maisons. ..... 4.90 >

5.4 Total, .... 26.16 27.34 21.3 personnlle et sur le revenu 18.46 3.58 27.5

des patentes. ....... 4.17 5.22 6.0 Total des contributions directes. . 48.79 3 6.14 54.8 Un autre tableau nous apprend qu'en Prusse, sur 100 fr. d'impôts directs, 38.66 sont assis sur des immeubles et 61.35 sur des personnes ou sur la fortune mobilière. L'impôt foncier entre, dans ce total de 100, pour 28.84, l'impôt sur les maisons pour 9.81, l'impôt sur le revenu pour 10.93, l'impôt des classes, qui est également un impôt sur le revenu, pour 28.51, l'impôt de la mouture et de l'abatage (1) pour 10.92, la patente pour 10.99.

Internationale Revue. Cette excellente publication n'a cette fois que peu d'articles d'économie politique; le seul à signaler serait celui sur la situation de la Grande-Bretagne, s'il ne renfermait pas quelques erreurs graves. Relevons en passant que l'auteur de cet article prend Malthus pour un médecin, et croit avoir réfuté son système de population en disant qu'il y a encore beaucoup de terres inhabitées sur notre globe. C'est un argument de la force de celui-ci : ceux qui ont de quoi manger ne meurent pas de faim, par conséquent ceux qui n'ont pas de nourriture ne meurent pas d'inanition.

Zeitschrift für Vælkerpsychologie (Revue de psychologie des peuples), de MM. Lazarus et Steinthal, t. IV, 3e liv. Cette livraison tout entière est consacrée à une étude développée due à M. Richard Beckh, du bureau de la statistique de Prusse, et intitulée : l'importance statistique de la laugue du peuple comme marque distinctive de la nationalité (avec deux grandes cartes). L'auteur cherche à déterminer les signes auxquels on reconnait la nationalité. Il ne les trouve ni dans les circonstances his

(1) Cet impôt, quoique indirect, est compté ici parce qu'il remplace dans certaines villes l'impôt des classos (proportionnel au revenu).

toriques et géographiques (d'avoir apparteau à un État, ou d'habiter en deçà de certaines limites considérées comme naturelles), ni dans les mæurs, ni dans la constitution corporelle (couleur de la peau, forme du crâne, etc., etc.), ni dans la combinaison des divers éléments que nous venons d'énumérer, mais seulement dans la langue parlée par l'individu ou par le groupe d'individus examiné. M. Backh fait des rapprochements curieux entre le mouvement de la population d'une race et de l'autre, mais sans conclure, car les matériaux sont loin d'être assez abondants pour arriver à des conclusions de quelque valeur. Nous sommes - quant à nous— peu disposé à accorder à la race la moindre influence sur la multiplication de la population.

Journal de statistique suisse, octobre à décembre 1866. M. Cherbuliez donne le troisième chapitre de son Cours de statistique, intitulé : Statistique des industries de circulation. M. Cherbuliez pense que les transactions répétées, multiples, auxquelles sont soumises bien des marchandises, ne permettent pas de faire le relevé du commerce intérieur. Nous ne sommes pas de cet avis, peut-être parce que nous entendons autrement les mots commerce intérieur que notre confrère suisse. Ce que nous voudrions savoir, c'est la quantité du produit intérieur qui passe des mains d'un protecteur entre les mains du consommateur, peu nous importe le nombre des transactions intermédiaires qu'il subit. La halle au blé de Paris renferme x sacs de farine que la spéculation fait passer plusieurs fois par semaine au compte de propriétaires différents, sans que ces sacs bougent de leur place. Quels que soient les services (invisibles pour moi) que ces transactions puissent rendre à l'humanité, il est certain qu'elles ne produisent pas le miracle de la multiplication des pains, ni celui, non moins désirable, de la réduction des prix. Or l'octroi, le mouvement des entrepôts et des magasins généraux, le trafic des chemins de fer, le transport sur les canaux, certains impôts et diverses autres données analogues fournissent des éléments précieux, que nous aurions tort de dédaigner. A défaut du mieux, contentons-nous du bien.

Nous sommes plus d'accord avec M. Cherbuliez relativement au commerce extérieur et à la circulation sur les routes. Nous avons eu, plus d'une fois, l'occasion de faire ressortir les causes d'erreur qu'il signale, et nous avons en plus indiqué à diverses reprises, ici même, les moyens d'en corriger quelques-unes; nous n'avons donc pas à y revenir.

Un article de M. Landolt a pour but d'encourager à la construction de maisons d'ouvriers, c'est-à-dire peu coûteuses et accessibles à tout ceux, ouvriers ou non, qui n'ont qu'un faible revenu. Nous apprenons en passant qu'en Suisse aussi les loyers ont augmenté.

Après un travail sur la sériciculture en Suisse, rédigé en réponse à des questions posées par le gouvernement français, vient un résumé de la statistique de l'instruction publique, extrait des documents officiels. Ce résumé est assez étendu, il occupe 23 pages in-4 et ne donne que des renseignements et des chiffres, sans aucune réflexion.

Nous avons dû nous abstenir de résumer ce résumé, car on n'en peut rien supprimer sans causer une lacune susceptible de produire des malentendus.

La question de l'éducation physique des enfants qui a occupé récemment en France le Sénat et l'Académie de médecine, sur laquelle ont écrit, en Angleterre, le Dr W. Farr et plusieurs autres, est traitée, dans le journal suisse, par M. le Dr Lombard (de Genève). Nous avons donné, dans nos revues antérieures, la partie statistique de ce travail, et renvoyons au Journal en question pour la partie hygiénique.

Mentionnons encore la liste des publications officielles des cantons; les finances des communes du canton de Vaud; la statistique du canton de Fribourg, sans parler de plusieurs communications d'un intérêt plus restreint.

Le Finanze. Cette feuille hebdomadaire continue de tenir le public au courant du mouvement des finances italiennes; elle renferme toute la législation et toute la statistique relatives aux impôts italiens, de plus, des articles de discussion souvent très-intéressants. Nous allons reproduire quelques chiffres.

Les recettes ordinaires des communes se sont élevées en 1864, à 140,099,393 francs, les recettes extraordinaires à 34,944,904 francs. Les dépenses ordinaires et extraordinaires à 153,941,364 francs et 72,860,723 francs. Or 175 millions de revenus contre 226 millions de dépenses, cela constitue un déficit total assez considérable; toutefois le tableau nous fait connaître des provinces où les revenus dépassent les dépenses. Parmi les dépenses, nous signalons : Instruction publique 17,781,257 francs: Culte, 4,879,601 francs; Intérêts des dettes, 16,778,188 francs; Frais d'administration, 26,873,676 francs; Police, 21,497,918 francs; Travaux publics, 20, 210,387 francs.

Un autre tableau compare le revenu avec le nombre des habitants, et nous trouvons ainsi pour Turin, 10 fr. 38 c. par habitant; pour Milan, 14 fr. 44 c.; Naples, 11 fr. 06 c.; Palerme, 10 fr. 64 c.; Catanea, 13 fr. 96 c.; Florence, 5 fr. 60 с. De petites villes comme Arezzo descendent jusqu'à 2 fr. 01 c.; Côme, 2 fr. 31 c.; Parme, 3 fr. 40 c.; Pavie, 3 fr. 37 c.; etc.

De 1862 à 1867, le produit des impôts généraux a augmenté de 269 millions (756 contre 487). On trouvera le détail par impôt au numéro 2 de la deuxième année de Le Finanze. Ce même numéro renferme deux autres articles qui méritent d'être lus. Nous appelons aussi l'attention sur une série d'articles commençant au numéro 5 (3 février

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