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L'éloquerace duProphéte Isaïe abonde en images sublimes, on en peut jugeï par ce morceau du chap. 34.

» Approchez y Nations& écoutez; » Peuples, soyez attentifs ; que lu Terre » » d'une extrémité à l'autre, prête l'o»reil!e ; que le Monde & tout ce qu'il *> produit entende ma voix .r

*> L'indignarion du Seigneur va fondre M fur toutes les Nations; fa fureur se ré» paodra sur toutes leurs armées : il les a » dévouées à l'anathème, iJ les a livrées » au carnage.

» Ceux qui auront été tués feront je*» « tés-& entassés par monceaux ; une pua i*» teur horrible s'élèvera de leurs corps, 3» & les montagnes dégoûteront de lotte *> íang. . - ,

» Toutes les Etoiles dn Ciel feront Ja-a*> gui fiant es; les Gieux se plieront & se » couleront comine un livre; tous les » Allies tomberont comme les feuilles «tombent de la Vi^ne & du Figuier. ,

Tout le leste se soutient avec la même majesté. .:

Racine a exprimé la toute-puissance Divine par les images les plus sublimés.

L'Etetnel est softnoni, k Monde est son ouvrage. 11 entend les soupirs de l'íliwiUe çtt'ea-outrag»*

Juge tous ies Mortels avec d'égales Loix,
Et du haut de son tiône interroge les Rois.
Des plus fermes Etats ra chiite cpouventable ,
Quand H veut, n'est qu'un jeu de fa main redotH
rahle.

Et ailleurs.

Et quel besoin son bras a-t-il de am secours?
Que peuvent contre lui tous les Rois de la Terre?
En vain ils s'uniçoient pour lut faire la guerre j.
Pour dissiper leur ligve, il n'a qu'à se montrer:
U parle , & dans la poudre il les fait tous rentrer:
Au seul son de ía voix la mer fuit, le Ciel tremble:
II voit comme un néant tout l'Univers ensemble;
Et lc^foiUes Mortels, vains jouets dn trépas,
Sont tous devant ses yeux, comme s'ils n'étoient
pas. ')

Rien ne surpasse en sublimité l'eatho» siasmf) prophétique de Joad.

Comment en un plomb vil (<*) l'or pur í'est-il changé î

Quel est dans ce lieu saint (J) ce Pontife égorgé *
Pleure, Jérusalem; pleure, Cité perfide',
Des Prophètes divins malheureuse homicide 5
De son amour pour toi ton Dïèu-s'cst dépouillé;
Ton encens à ses yeux est un encens souillé.

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Od menez-vous ces ensans 3c ces temm:s (<»)> Le Seigneur a détruit la Reine des Cités; Ses Prêtres sont captifs, ses Rois sont rejîttés; Pieu ne veut plus qu'on vienne à ses solemnités. Temple, renverse-toi ! Cèdres, jettez des flammes!

Jérusalem , objet de ma douleur ,
Quelle main, en un jour, t'a ravi tous tes ckarmes?
Qui changera tries yeux en deux sources de larmes
Pour pleurer ton malheur?

Quelle (i) Jérusalem nouvelle
Sort du fond du désert brillante de clartés:
Et porte fur le front une marque immortelle?

Peuples de la terre, chantez; Jérusalem renaît plus charmante & plus belle, ! ■ D'où lui viennent de tous côtés Ces (f) Ensans qu'en son sein elle n'a point portés! I*eve , Jérusalem , levé ta tête altière; Regarde tous tes Rois de ta gloire étonnés! les Rois des Nations, devant toi prosternés,

De tes pieds baisent la poussière;
Ljes Peuples à l'envi marchent à ta lumière.
Heureux qui, pour Sion , d'une sainte ferveur

Sentira son ame embrasée!

Cieux! répandez votre rosée,
Et que la terre enfante son Sauveur. _

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On ne peut soutenir plus dignement le caractère de l'Ecriture Sainte.

Quelle idée admirable Corneille nous donne de Pompée par ce vers:

11 fuit le monde entier écrasé sous fa chute!

Cependant fi l'humanité, si la générosité font préférables à la valeur & à la puissance , le portrait que fait M. de Voltaire de Luiignan , dans Zaïre , eû encore plus sublime.

Lì, je vis Luf'gnan chargé* d'indignes fers,
lait nsible à fa chúte, & grand dans fes misères ,
11 n'étoit attendri que drs maux de fes frères.

Admirons encore le portrait qu'il fait du Premier Préfidentde Harlai, dans ce moment critique où le Gladiateur Bussy vient insolemment à ta tête des Rebelles demander au Par ement un Arrêt de proscription contre les Rois.

Soudain Harlai se levé ; Harlai, ce noble guide,-
Ce Chef d'un Parlement,juste autant qu'intrépide,
II sè préfente aux seize, il demande des fers,
Du front dont i\ auroit condamné ces pervers.

Cette image, vraiment sublime , ressemble son à une autre plus sublime earj core du grand Corneille > lorsqu'il die de Pompée:

II s'avânee au tripM, Avec le même front qu'il donnoit «les Etats.

Du sublimt des Pensées.

Des maximes fortes , hardies, vraies & noblement exprimées, forment cette efpece de sublime.

Les idées qui représentent la misère de l'homme , & celles qu^ expriment fa grandeur, font également susceptibles de sublime.

M. Bossuet, dans l'Oraifon funèbre de Madame , Duchesse d'Orléans, méprise, en Orateur Chrétien, ces grandeurs passagères, ces distinctions chimériques1 dont se repaît la vanité des hommes.

Nous mourons tous, disoit cette fem» me, dont l'Ecrit.urè a loué la prudence »au lecond livre des Rois, nous allons »fans cesse au tombeau, ainsi que des eaux r> qui se perdentsans retour. En effet, nous! y> ressemblons tous à des eaux courantès* » De quelque fupeibe distinction que se sjflattent les hommes, ils ont tous.une y> «flême origine, & cette Origine eftfe-? »«te. Leurs attríées se poúííènt -fiictt'ffi2*

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