Le langage populaire: grammaire, syntaxe et dictionnaire du français tel qu'on le parle dans le peuple de Paris, avec tous les termes d'argot usuel

Couverture
Payot, 1920 - 256 pages
 

Avis des internautes - Rédiger un commentaire

Aucun commentaire n'a été trouvé aux emplacements habituels.

Pages sélectionnées

Autres éditions - Tout afficher

Expressions et termes fréquents

Fréquemment cités

Page 20 - II faut reconnaître que l'argot des malfaiteurs, l'argot des prisons, entre pour une part importante dans la formation du langage populaire. La cause en est évidente : le crime naît plus souvent du besoin et de la misère des classes inférieures que parmi les gens qui ne manquent de rien.
Page 29 - D'ailleurs cette transformation est nécessaire. La plus belle langue du monde ne peut enfanter qu'une certaine quantité de littérature. Après, vient la décadence. Un changement dans le langage doit être le signal d'un nouvel essor aux conséquences superbes, immenses. En poésie notamment, on verra peut-être des merveilles, car l'admirable esprit poétique français acquerra peut-être alors une forme meilleure sur une...
Page 27 - ... semble qu'en ce moment la langue française soit sous l'empire d'une de ces variations. Le langage populaire, d'abord, se modifie de lui-même ; puis il pénètre peu à peu le langage des hautes classes sociales auxquelles il se mêle pour former la langue nouvelle. Le langage populaire passe de l'office au salon, des ateliers de l'usine au bureau du chef d'industrie, de la vendeuse du grand magasin à la clientèle riche; le service militaire obligatoire pour tous fut peut-être son meilleur...
Page 30 - ... en fait, le français, le vrai français, agréable ou non à l'ouïe, commode ou non pour l'expression de la pensée, est par essence celui que parle le peuple. Le peuple de France a créé le français ; il l'a fait, il a enfanté en ce qu'il a de véritablement français ; il l'a mené jusqu'à nos jours au point où nous l'entendons aujourd'hui ; et les écrivains et les savants, malgré une très grande influence dans la fabrication des mots nouveaux, n'ont fait que marcher à sa suite....
Page 15 - , il existe, indépendamment des argots divers, des patois locaux et des dialectes provinciaux, deux façons principales et distinctes de parler l'idiome national. La première, suivant le pays, la race, la nature de la langue, l'écriture, les mœurs, la civilisation, doit être nommée langue écrite, ou correcte, ou classique, ou littéraire, ou officielle, ou académique : tandis que la seconde sera qualifiée, selon le cas, de langue parlée, ou populaire, ou vulgaire.
Page 24 - On trouve le mot de cul partout, et très-mal à propos : une rue sans issue ne ressemble en rien à un cul de sac; un honnête homme aurait pu appeler ces sortes de rues des impasses ; la populace les a nommées culs, et les reines ont été obligées de les nommer ainsi.
Page 30 - France a créé le français; il l'a fait, il l'a enfanté en ce qu'il a de véritablement français; il l'a mené jusqu'à nos jours au point où nous l'entendons aujourd'hui; et les écrivains et les savants, malgré une très grande influence dans la fabrication des mots nouveaux, n'ont fait que marcher à sa suite. En réalité, le vrai français, c'est le français populaire. Et le français littéraire ne serait plus aujourd'hui, à ce point de vue, qu'une langue artificielle, une langue de...
Page 26 - La grammaire et le dictionnaire contiennent un grand nombre d'exemples. Mais, contrairement à l'usage, au lieu de prendre comme exemples des textes d'auteurs connus, textes généralement longs, et, bien souvent, mauvais au point de vue de l'exactitude du parler populaire, j'ai simplement reproduit des phrases que j'ai entendues dans la rue, dans l'armée, dans les ateliers, les usines et les boutiques, chez les marchands de vin, dans les compartiments de troisième classe, dans les quartiers populaires...
Page 25 - On entend fréquemment dire cuir ou couenne pour « peau », lard pour « graisse », vêler ou pondre pour « accoucher », etc., avec l'intention évidente de comparer l'homme à la bête.
Page 26 - Le langage est chose vivante. Sa vie est de même nature que celle des espèces végétales et animales et des collectivités humaines. Et, selon les lois des espèces, le langage évolue d'une évolution continue, traversées à certaines époques de variations plus ou moins brusques, mais profondes et puissantes.

Informations bibliographiques