Œuvres complètes de Victor Hugo: Les voix intérieures

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Eugène Renduel, 1837
 

Expressions et termes fréquents

Fréquemment cités

Page 125 - Dans les vieilles forêts où la sève à grands flots Court du fût noir de l'aulne au tronc blanc des bouleaux, Bien des fois, n'est-ce pas? à travers la clairière, Pâle, effaré, n'osant regarder en arrière, Tu t'es hâté, tremblant et d'un pas convulsif, O mon maître Albert Dure, ô vieux peintre pensif!
Page 260 - L'épouvante saisit le cœur le plus sublime Dès qu'il s'est hasardé sur de si grandes eaux. On ne les franchit pas tout d'un vol. Peu d'oiseaux Traversent l'océan sans reposer leur aile. Il n'est pas de croyant si pur et si fidèle Qui ne tremble et n'hésite à de certains moments.
Page 43 - Toi dont la courbe au loin par le couchant dorée, S'emplit d'azur céleste, arche démesurée; Toi qui lèves si haut ton front large et serein , Fait pour changer sous lui la campagne en abîme , Et pour servir de base à quelque aigle sublime Qui viendra s'y poser et qui sera d'airain...
Page 127 - Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré, Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur ait pénétré, Sans voir tressaillir l'herbe, et, par le vent bercées, Pendre à tous les rameaux de confuses pensées. Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux, Dieu seul le sait, souvent, en de sauvages lieux, J'ai senti, moi qu'échauffé une secrète flamme, Comme moi palpiter et vivre avec une âme, Et?
Page 153 - Devant la blanche ferme où parfois vers midi Un vieillard vient s'asseoir sur le seuil attiédi , Où cent poules gaîment mêlent leurs crêtes rouges, Où, gardiens du sommeil, les dogues dans leurs bouges Écoutent les chansons du gardien du réveil , Du beau coq vernissé qui reluit au soleil , Une vache était là, tout à l'heure arrêtée. Superbe , énorme , rousse et de blanc tachetée . Douce comme une biche...
Page 82 - J'ai connu ton père et ta mère Dans leurs bons et leurs mauvais jours ; Pour eux la vie était amère, Mais moi je fus douce toujours. " C'est moi qui sur leur sépulture Ai mis l'herbe qui la défend. Viens, je suis la grande nature ; Je suis l'aïeule, et toi l'enfant. " Viens, j'ai des fruits d'or, j'ai des roses, J'en remplirai tes petits bras...
Page 155 - O mère universelle ! indulgente nature ! Ainsi, tous à la fois, mystiques et charnels, Cherchant l'ombre et le lait sous tes flancs éternels, Nous sommes là, savants, poètes, pêle-mêle, Pendus de toutes parts à ta forte mamelle ! Et tandis qu'affamés, avec des cris vainqueurs, A tes sources sans fin désaltérant nos cœurs, Pour en faire plus tard notre sang et notre âme, Nous aspirons à flots ta lumière et ta flamme, Les feuillages, les monts, les prés verts, le ciel bleu. Toi, sans...
Page 51 - Quand la Seine fuira de pierres obstruée, Usant quelque vieux dôme écroulé dans ses eaux , Attentive au doux vent qui porte à la nuée Le frisson du feuillage et le chant des oiseaux ; Lorsqu'elle coulera...
Page 208 - Non, rien de tout cela. Vous aviez seulement, Ce matin, restés seuls dans ma chambre un moment, Pris, parmi ces papiers que mon esprit colore, Quelques vers, groupe informe, embryons près d'éclore, Puis vous les aviez mis, prompts à vous accorder, Dans le feu, pour jouer, pour voir, pour regarder Dans une cendre noire errer des étincelles...
Page 90 - Ce que l'ange a de plus céleste, Ce que la femme a de plus doux ! Au lit du vieillard solitaire Elle penche un front gracieux, Et rien n'est plus beau sur la terre Et rien n'est plus grand sous les cieux Lorsque, réchauffant leurs poitrines Entre ses genoux triomphants, Elle tient dans ses mains divines Les pieds nus des petits enfants ! Elle va dans chaque masure, Laissant au pauvre réjoui Le vin, le pain frais, l'huile pure, Et le courage épanoui. Et...

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