Comment les mots changent de sens

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C. Delagrave, 1888 - 60 pages
 

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Fréquemment cités

Page 47 - EST UN NÉOLOGISME du dix-huitième siècle, jourd'hui entré tout à fait dans l'usage. Rien £ auparavant n'en faisait prévoir la création. Eh bien ! O supposons qu'il n'existe pas, et imaginons qu'un de ^ nos contemporains, prenant le verbe siffler, y adapte la ^ préposition latine per et donne au tout le sens de : railler quelqu'un, en lui adressant d'un air ingénu des paroles qu'il n'entend pas ou qu'il prend dans un autre sens...
Page 13 - Assassin. — Ce mot ne contient rien en soi qui indique mort ou meurtre. C'est un dérivé de haschich, cette célèbre plante enivrante. Le Vieux de la Montagne, dans le treizième siècle, enivrait avec cette plante certains de ses affidés, et, leur promettant que, s'ils mouraient pour son service, ils obtiendraient les félicités dont ils venaient de prendre un avant-goût, il leur désignait ceux qu'il voulait frapper. On voit comment le haschichi est devenu signe linguistique du meurtre et...
Page 31 - Puis au quinzième siècle apparaît un mot (gauche) signifiant qui n'est pas droit, qui est de travers. Au quinzième siècle, senestre commence à tomber en désuétude, et c'est gauche qui le remplace. Pourquoi? peut-être parce que, le sentiment de l'usage attachant une infériorité à la main de ce côté, senestre n'y satisfaisait pas. Il y avait satisfait dans la latinité; car sinister a aussi un sens péjoratif que nous avons conservé dans le vocable moderne sinistre. En cet état, l'usage...

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