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autrefois fort célebre en Angleterre , sur-tout à MARS 17. Glastenbury, dont il étoit Patron (a).

LES SAINTS MARTYRS
D'AL E XANDRIE,

en 3924
Il y avoit à Alexandrie un vieux temple de
Bacchus, qui depuis long-temps n'étoit plus fré-
quenté. Le Patriarche Théophile l'ayant deman-
dé à l'Empereur Théodose, pour en faire une
Eglise, ce Prince le lui accorda. Les Chrétiens
fe mirent aussi-tôt à nettoyer la place : mais tandis
qu'ils y travailloient, ils découvrirent des caves
souterraines (a), remplies de figures également
infames & ridicules. Le Patriarche profita de l'oc-

(a) Il y avoit à Glastenbury, suite à l'Ordre de saint Benoîts du temps des anciens Bretons, C'étoit un des plus beaux moune Eglise & ́un Hermitage fort numents qui fussent en Europe. célebres , qui avoient été fondés Voyez l'Histoire de Glasenbury par les premiers Apôtres d'Ang! par Guillaume de Malmesbury, gleterre , parmi lesquels des Au. dont la meilleure édition eft teurs modernes ont compré saint celle de Gale. Voyez ausi l'His. Jofeph d'Arimathie , & Arifto-toire de la même Abbaye par bule. Notre Saint étoit le prin- ! Jean de Glaftenbury, laquelle a cipal Patron de Glastenbury, été publiée par Hearne ; le Moaprès la Sainte Vierge. Saint Pa- nafticon Anglic. T. 1. p. r. avec trice, qu'il ne faut pas confondre le supplément de Stevens, Vol. avec l'Apôtre de l'Irlande

, y 1. p. 419. Willis, Hill, des Aba forma une Communauté de Moi. bayes d'Angleterre , Vol. 1. p.98. nes, au milieu desquels il mou- 317. Tanner, Nor. Monaft. rut dans le cinquieme fiecle, p. 458. & Henschénius sur la felon Guillaume de Malmesbury. Vie de S. Ina, au 6 de Février, Le saint Roi Ina enrichit & aug-/S. 2 & 3. p. 206. menta tellement l'Abbaye de (a) Les Grecs appelloient Glaftenbury , que quelques Au- ces caves Adyta, & les véné teurs l'en ont regardé comme le roient comme quelque chose de Fondateur. Elle palla dans la sacré,

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casion qui se présentoit d'humilier le Paganisme. Il ordonna de promener publiquement ces figures MARS 17 par la ville, afin que tout le monde connût l'extravagance du culte auquel elles servoient.

Les Paiens, infiniment sensibles au coup qui venoit d'être porté à leur Religion, se livrerent aux plus furieux accès de la vengeance ; ils attaquerent les Chrétiens dans les rues, & en malsacrerent plusieurs : après quoi, ils se retirerent dans le temple de Sérapis, comme dans leur fort, De-là ils faisoient de fréquentes sorties, où ils prenoient un grand nombre de Chrétiens. Ils les emmenoient avec eux dans le Temple, & les forçoient de sacrifier à leur Dieu. Ceux qui ne vouloient pas trahir leur foi, étoient mis à mort,

, après avoir été appliqués aux tortures les plus cruelles. On crucifioit les uns , on coupoit les jambes aux autres , & on les jettoit ensuite dans les cloaques du Temple avec le sang impur des

yi&times (6)

(6) Les principales Divinités | rapis étoit une Divinité modere de l'ancienne Egypte étoient ne, dont l'existence ne remonOfiris & llis. Ofiris étoit un Roi toit point au-delà du temps des d'Égypte, qui avoit autrefois Prolémées. Voyez le P. Calmet; régné avec beaucoup de répu- la Mythologie de l'Abbé Banier , tation , & qui avoit rendu ses & les Fables Grecques & Égypsujets heureux. Ils , four & ciennes , par Pernety, T.1. p.256. femme d'Ofiris , passoit dans le Le Temple de Sérapis qu'on pays pour avoir enseigné l'Agri-, voyoit à Alexandrie, étoit de la culturę aux hommes, ou du plus grande beauté. Il étoit bâti moins pour l'avoir beaucoup sur une éminence, qui n'étoit perfectionnée. Il est fort pro- pas l'ouvrage de la nature, mais hable qu'Osiris ne différoit point de la main des hommes. On y du Dieu Apis , adoré sous la montoit par un escalier de plus forme d'un Taureau vivant. Quoi de cent degrés. La plateforme qu'il en soit, on a eu tort de le de la terraite étoit partagée en confondre avec Sérapis , & de plusieurs cours spacieuses, & lę prendre pour le Patriarche environnée de très - beaux édie Jofeph. Car il elt certain que Séfices, ou logeoient les Prêtres &

L'Empereur, informé de la sédition & de ses
MARS 17. suites , applaudit au courage des Chrétiens qui

avoient mieux aimé verser leur fang , que de
renoncer à Jesus-Christ. Il ne voulut pas même

.
punir leurs meurtriers , de peur de ternir la gloire
de leur triomphe. Mais il envoya des ordres pour
qu'on rasât tous les temples des Idoles qui étoient
à Alexandrie. Lorsque le Rescrit fut arrivé, les
Chrétiens & les Païens s'assemblerent pour en
entendre la lecture, qui fe fit dans la place du
Temple de Sérapis. Les seconds ne l'eurent pas

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les Officiers du Temple. Il y avoit | Statue étoit un composé de bois,
encore tout autour quatre rangs de pierres précieuses , & de
de galeries. Au milieu de ces toutes fortes de métaux. On
édifices étoit le Temple, tout avoit ménagé dans le Temple une
bâti de marbre, & soutenu par petite fenêtre, par laquelle on
des colomnes d'une magnificence savoit que le Soleil donneroit à
extraordinaire. Les murailles in certain jour sur la bouche de Sé-
térieures étoient couvertes de rapis. Au jour & à l'heure que
James d'or, d'argent & de cuivre, cela devoit arriver , on apportoit
appliquées les unes sur les autres. dans le Temple un fimulacre du

La ftatue de Sérapis étoit Soleil , & l'on ouyroit en même
d'une grandeur li prodigieuse , temps la fenêtre', pour laisser en-
que de ses deux bras elle tou- trer les rayons du véritable som
choit les murailles opposées du leil. Le peuple qui en voyoit la
Temple. Elle avoit la figure d'un lumiere sur la bouche & les levres
vénérable vieillard, portant de de son Idole , fans savoir par ou
longs cheveux & une belle elle étoit entrée , croyoit ferme.
barbe. Mais on y avoit ajouté ment que le Soleil venoit saluer
la figure monkrueuse d'un ani- Sérapis. Mais comme ses rayons
mal à trois têtes. La plus grosse, ne pouvoient demeurer longa
placée au milieu, étoit celle d'un temps sur Sérapis, on disoit au
lion; du côté droit sortoit celle peuple qu'il alloit en prendre con-
d'un chien caressant; on voyoit gé, & on refermoit la petite fe-
à gauche celle d'un loup ravis-nêtre. Il n'y avoit point d'Idole
fant. Ces trois têtes étoient plus refpeéée en Égypte que
liées ensemble par un serpent celle de Sérapis; aussi la ville
entrelacé, qui tournoit la fienne d'Alexandrie, qui étoit le centre
du côté droit de Sérapis ; on de son culte, fut-elle appellée
avoit placé sur la tête de l'Idole par excellence la Ville Sainte.
un boisseau, emblême de la fer- Voyez Tillemont , Hift. des
tilité de la terre. Cette bisarre Emper. T. S. p.310.

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plutôt entendue, qu'ils poufferent des cris de désespoir. Saisis de frayeur , ils abandonnent le MARS 17 temple, & fortent même de la ville. Pour les Chrétiens , ils courent à l'Idole, ils la mettent en pieces, & en jettent les morceaux au feu (c). Le ciel & la terre n'éprouverent aucunes secousses, quoique les Païens eussent fait courir le bruit, que si quelqu'un osoit toucher à leur Dieu , les voûtes du ciel s'écrouleroient tout-à-coup, & le monde entier rentreroit dans fon premier cahos. Ce filence de la nature ne contribua pas peu à détromper plusieurs Idolâtres de leurs superstitions.

C'étoit dans le temple de Sérapis qu'on gardoit la mesure qui servoit à marquer la hauteur du débordement du Nil. Les Païens publierent que leur prétendue Divinité, en punition des outrages qu'on lui avoit faits , ne fourniroit plus dorénavant la même quantité d'eau. La prédiction fut fausse. Les années suivantes furent même plus fertiles que celles qui les avoient précédées. C'est qu'il n'y a que Dieu qui opere & qui regle les crues périodiques du Nil. La plupart des Idolâtres ouvrirent enfin les yeux ; ils abjurerent leurs fuperstitions , & fe firent Chrétiens. On détruisit tous les bustes de Sérapis , qui étoient sur les murailles & les portes des maisons, & on leur substitua la Croix du Sauveur. On bâtit deux Eglises sur les débris du temple de cette Idole, & les métaux qui s'y trouverent, furent consacrés au culte du vrai Dieu.

On démolit les autres temples de l'Egypte durant le cours des deux années suivantes. Tandis

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(c) Telle fut la fin de l'Idole, on lui eut abattu la tête, il en Sérapis, qui avoit fervi fi longo fortit une bande de souris qui y temps à abuser tant de peuples. faisoient leur demeure, Hift. Théodoret rapporte que quand' l. 5. P. 736.

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qu'on abattoit ceux d'Alexandrie , le Patriarche MARS 17. fit connoître les cruels myfteres de Mithra , en

exposant à la vue de tout le monde des têtes d'enfant coupées avec les levres dorées , que l'on avoit découvertes dans des caves souterraines. On découvrit aussi des statues creuses , où les Prêtres Païens entroient fans être apperçus de personne, afin de tromper le peuple par leurs prétendus oracles. '

Voyez Théodoret, Rufin , Socrate, Sozome. ne , Fleury, l. 19. & Tillemont dans l'Histoire de Théodose, art. 32, 33, 34, 33.

SAINT AGRICOLE,

VULGAIREMENT
SAINT A REGLE,
Év ÊQUE DE CHALON-SUR-SAONE.

+580 AGRICOLE

GRICOLE (a), issu d'une famille trèsdistinguée dans les Gaules , joignoit à une piété folide les plus belles qualités de l'esprit & du cæur. Il fut élevé en 532* sur le Siege Episcopal de Chålon-sur-Saone. Sa maniere de vivre étoit fort austere , au rapport de faint Grégoire de Tours qui le connoisfoit particuliérement. Il montra beaucoup de zele pour l'instruction de son troupeau & pour

la décoration des Eglises. On trouve son nom parmi les souscriptions du troisieme concile d'Orléans, tenu en 538. Il n'y avoit pas assisté, mais il y avoit envoyé un faint Prêtre pour le représenter. Il aslista en personne à plusieurs au

(a) En latin Agræculus,

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