Images de page
PDF
ePub

de secours pour la composition de son Histoire MARS 18. Ecclésiastique.

Origene fait un bel éloge de la douceur de notre Saint , qui éclatoit sur-tout dans les instructions qu'il faisoit à son peuple. On ne sait plus rien de saint Alexandre jusqu'à sa mort. Il fut arrêté durant la perfecution, confessa Jesus-Christ une seconde fois, & mourut en prison à Césarée en 251. Saint Épiphane , faint Jérôme, &c. lui donnent le titre de Martyr. Il est nommé en ce jour dans le Martyrologe Romain ; mais les Grecs l'honorent le 16 de Mai & le 22 de Décembre.

Un Pasteur qui veut travailler avec succès au salut des ames, doit commencer par s'établir folie dement dans la vertu. Les fonctions du miniftere ne seront pour lui qu'une source de dangers, s'il n'a eu soin de s'y préparer par la mortification de tous les désirs corrompus de la nature , par un parfait détachement des biens créés, par la pratique d'une humilité profonde, par l'exercice continuel de la priere & de la méditation ; s'il n'a acquis un fonds de douceur & de charité, qui le porte dans l'occasion à se faire tout à tous ; s'il n'est embrasé de zele pour la gloire de Dieu & la fanctification de ceux dont la conduite lui a été confiée. Telle fut la conduite que tinrent les faints Pasteurs de tous les fiecles. Quelle confusion pour leurs successeurs dans le Sacerdoce , s'ils refusoient de les imiter, autant du moins que leur foiblesse en est capable ! Il ne s'agit point ici d'un conseil dont la pratique peut absolument être omise; c'est un précepte dont la tranfgression auroit des suites très-funestes, & pour ceux qui gouvernent , & pour ceux qui sont gouvernés. Il est vrai que pour marcher sur les traces des saints Pasteurs, il faut

[ocr errors]

a

[ocr errors]

se faire une violence continuelle , & que l'on a
quelquefois des croix bien pesantes à porter. Mais MARS 18.
il faut se rappeller que la vie d'un Chrétien, à
plus forte raison celle d'un Pasteur, doit être un
martyre perpétuel, & que l'on ne peut être agréa-
ble à Dieu, qu’autant qu'on lui fait un sacrifice

;
de son corps & de son ame, par la mortification
& les autres vertus dont l'Evangile recommande
fi fortement la pratique.

SAINT CYRILLE,
ARCHEVÊQUE DE JÉRUSALEM,

Docteur de l'Église, & Confesseur.
Tiré de ses Ouvrages, edit. Ben. & des anciens

Historiens Ecclésiastiques.

L'AN 386.
Cyrille naquit vers l'an 315 , à Jérusalem

à
ou du moins dans les 'environs de cette ville. Il
s'appliqua de bonne heure à l'étude des divines
Ecritures ; & il se les rendit si familieres, que
la plupart de les discours, ceux même qu'il faifoit
sans préparation , ne font qu’un tissu de passages
ou d'allusions à divers endroits des Livres saints.
ll puisa une connoissance parfaite de la doctrine
de l'Eglise dans les Ecrits des Peres qui l'avoient
précédé. Il lut aussi les Ecrits des Philosophes
Paiens, persuadé qu'il y trouveroit des armes pour
combattre l'Idolâtrie avec succès.

Maxime , Evêque de Jérusalem , l'ordonna
Prêtre vers l'an 345, & le chargea peu de temps
après du soin d'annoncer la parole de Dieu. Le

[ocr errors][ocr errors]

Saint' nous apprend lui-même (1) qu'il prêchoit MARS 18. tous les Dimanches dans l'assemblée des Fideles.

Il fut aufli chargé de l'instruction des Catéchumenes, ou de ceux que l'on disposoit à recevoir le Baptême. On sait que ce sacrement ne leur étoit administré qu'au bout de deux ans d'épreuves (2). Cyrille exerça plusieurs années l'importante fonćtión de Catéchifte ; & il le fit avec beaucoup de zele & de réputation. Il succéda à Maxime sur le Siege de Jérusalem, vers la fin de l'an 350.

Le commencement de son Episcopat est célebre dans l'Histoire , par un miracle que Dieu opéra pour honorer l'inftrument de notre salut. Comme le fait est intéressant & appuyé sur des autorités incontestables, nous allons le rapporter ici (a). Saint Cyrille , qui en avoit été témoin oculaire, écrivit aussi-tôt à l'Empereur Constance pour lui en faire part. Voici ses propres paroles : « Le » jour des Nones( le 7) de Mai, vers la troisieme » heure (vers les neuf heures du matin ), il pa» rut dans le ciel une grande lumiere en forme » de Croix , qui s'étendoit depuis la inontagne

(1) Cat. 5.10.14,

besis, T. 2. p. 382. par Glycas, (2) Fleury, Mæurs des Chré- &c. Cave l'a inférée à la fin de siens.

la Vie de saint Cyrille, T. 2. (a) Ce fait est rapporté par p. 344. Mais plus cette lettre Socrate, l. 2. 6. 28. par Phi- paroît authentique, plus elle loftorge , l. 3. 6. 26. par l'Au déplaît par cela même à Rivet teur de la Chronique d'Alexan. & aux autres ennemis de la drie, &c. Quant à la lettre de Croix de Jesus - Christ. Ils la faint Cyrille, on ne peut douter tiennent pour suspecte, non pas qu'elle ne soit authentique. Elle , en effet qu'il y ait des marques est citée , comme étant de ce de fausseté, mais parce qu'ils Pere, par Sozomene, los, c.s-'par ont intérêt d'y en Théophane, fous l'an 353. par Blondel l'allegue comme vraie, Eutychius , Annal. p. 475. par fans oser en contester la vérité. Jean de Nicée, Auctuar. Com-) Yoyez Tillemont, T. 8. p. 434.

trouver.

[ocr errors]

» du Calvaire, jusqu'à celle des Olives (b). Elle » fut apperçue, non par une ou deux personnes, . MARS 18. » mais par toute la ville. Ce n'étoit pas un de » ces phénomenes passagers qui se dissipent sur le » champ. Cette lumiere brilla à nos yeux durant » plusieurs heures , &'avec tant d'éclat , que le

soleil même ne pouvoit l'effacer. Les specta» teurs , pénétrés en même temps de crainte & » de joie, coururent en foule à l'Eglise; les vieil» lards & les jeunes gens; les Fideles & les ldola» tres, les citoyens & les étrangers, tous n'eurent » qu’une voix pour louer Notre Seigneur Jefus» Christ, le Fils unique de Dieu , dont la puissance » opéroit ce prodige ; & its reconnurent tous » enfemble la divinité d'une Religion à laquelle les » cieux rendoient témoignage (c) ». Saint Cyrille terminoit la lettre , en faisant des voeux pour que l'Empereur pût glorifer à jamais la sainte & confubf lantielle Trinité (d). L'Eglise Grecque honore le 7 de Mai la mémoire de l'apparition miraculeuse da la Croix dont nous venons de parler (e).

(6) C'étoit un espace d'en Ces louanges ne sont que des viron quinze Atades ou trois expressions respectueuses, que quarts de lieue.

le devoir autorise quand on parle (c) On lit dans Philoftorgelou quand on écrit à son Souve& dans la Chronique d'Alexan- rain. Saint Hilaire & S. Athadrie, que ce phénomene mira- nare, si connus par leur zele culeux étoit environné d'un Iris contre l'Arianisme, employeou cercle de lumiere.

rent le même style à l'égard de (d) Tv Ouestoy Tpi dan Constance, quoique ce Prince Ce passage prouve que S. Cy- fût alors bien plus opposé à la rille étoit attaché à la doctrine doctrine catholique, que dans de Nicée, & détruit l'accusa- le temps où saint Cyrille lui tion que quelques Écrivains ont écrivit. formée contre la pureté de fal () Certains Critiques moFoi à cet égard. En vain diroit-dernes ont prétendu que les on qu'il a donné des louanges à Croix lumineuses qui parurent Constance , Empereur Arien, dans l'air sous les regnes de dans la lettre qu'il lui écrivit. Confantin & de Constance ,

[ocr errors]

Quelque temps après cet événement; il s'éleva MARS 18. une dispute assez vive entre S. Cyrille, & Acace,

Archevêque de Césarée: On fait que ce dernier, , qui foutint d'abord les erreurs des Semi-Ariens, devint ensuite un des plus fougueux partisans de l'Arianisme. Il ne s'agissoit d'abord entre les deux Prélats

que de quelques points de jurisdiction ; l'Archevêque de Jérusalem refusant de reconnoître des droits , que celui de Césarée prétendoit injustement appartenir à la qualité de Métropolitain. Cette premiere contestation en produifit d'autres, qui furent entretenues par la diversité de doctrine sur la confubftantialité du Verbe, que notre Saint étoient des Halos naturels, ou pour qui la nature n'a point de des coạronnes de lumiere qu'on mysteres impénétrables , & qui apperçoit quelquefois autour du n'admettent rien de miraculeux, Soleil ; & que celle que l'on expliqueront-ils l'inscription , vit durant la nuit sous le regne! Vainquez par ce figne, qui étoit de Julien, n'étoit qu'une para, autour de la croix lumineuse que Selene, ou un de ces cercles lu- vit Conftantin, ainfi que toute mineux qui se forment de temps son armée ? L'Empereur attesta en temps autour de la Lune. Il la vérité de ce fait avec ferment; suffit , pour détruire cette pré- & Eusebe qui le rapporte dans la tention, d'obferver que ces phé. Vie de ce Prince, 1. 1. c. 28. le pomenes n'ont pas la figure tenoit de lui-même & de plus d'une croix. L'expérience le fieurs autres témoins oculaires. prouve; & cela doit être ainsi, Nier que ces paroles fussent selon les principes de la Phy- écrites, & dire avec Fabricius Sque. On peut voir là - dessus que le mot ysapýy dont le l'Oprique de Smith, L. 2. c. !!sert Eusebe , peut signifier ici T. 1. p. 199. & T. 2. Append. embléme, c'eft une absurdité qui p. 83. & l’Essai de Physique de n'a pas besoin de réfutation. Musschenbroek, T. 2. c. 30. M. Jortin, que ce fait avoit p. 796. de la tradu&tion de Mar.' beaucoup embarrassé, a été oblie suet. Ajoutons à cela que le gé de convenir qu'il étoit plus prodige en question se renou- naturel d'interpréter yeacýv vella trois fois dans le même ałysoal d'une écriture, que fiecle , & toujours dans des cir. I d'un emblême. C'est, dit cet constances où Dieu sembloit in- Auteur, une circonstance fine téressé a manifester la puissance guliere dont il faut lę tirer par des voies extraordinaires,

comme on peute Mais comment ces hommes

[ocr errors]
« PrécédentContinuer »