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MARS i8.

tablement l'auteur des Catéchefes qui portent son nom. Voyez Cave, in vit. S. Cyril. Milles, Præf. & noi, in Op. S. Cyril. Whittaker, Bull , Voffius , &c.

Au reste, quand même nos adversaires prouveroient que saint Cyrille n'est point l'Auteur des Catécheses qui portent son nom, il faudroit au moins qu'ils avouassent qu'elles ont été prononcées à Jérusalem vers le milieu du quatrieme lieçle, 1°. On y trouve une infinité de passages qui le démontrent invinciblement. D. Ceillier les rapporte , p. 487. & fuiv. 28. Saint Jérôme, Catal. t. 112. dit que S. Cyrille avoit composé des Catécheses; étant encore jeune. Théodoret cite la quatrieme sous le nom de S. Cyrille. Léon de Bysance la cite aulli. Le septieme Concile général, qui rapporte les premieres paroles de la seconde, l'attribue au même Saint. La crainte d'être trop longs nous fait abréger les citations. Voyez D. Ceillier , p. 488. 490.

Ce que nous venons de dire regarde les dix-huit Catéchefes adrestées aux Compétents ou Illuminés. Quant aux Mystagogiques, il est évident qu'elles sont une suite des premietes, & de la même main. Cela paroit par la conformité du style & de la méthode. 1°. L'Auteur les avoit promises dans la dix-huitieme des précédentes, & il parle dans les cinq dernieres des dixhuit autres. 2?. Elles sont attribuées à faint Cyrille par Eustrate, qui florissoit sous le regne de Justinien, par Anastare le Sinaite, par le Moine Nicon, &c. Voyez D. Touttée, Dil. 2.

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P. CV.

La première Catéchese des dix-huit , intitulée Introduction au Baptême, n'est qu'une invitation à recevoir ce Sacrement, dont le Saint détaille les avantages. La seconde est intitulée : De la pénitence & de la rémission des péchés., Notre Saint y fait sentir l'énormité du péché, dont il trouve la cause dans le libre arbitre, & dans des sollicitations du Démon, auxquelles on peut toutes fois résifter. Il montre ensuite que la miséricorde divine para donne à tous les pécheurs qui sont vraiment pénitents. Le but de la troisieme Caréchefe est de faire voir l'excellence, la néceflité & les effets du Baptême. On trouve dans la quatrieme une explication du Symbole, & un excellent abrégé de la Doc. trine Chrétienne. Le saint Docteur y fait de plus l'éloge de la Virginité ; il y recommande aux personnes mariées de garder la continence à certains jours ; il y détaille les avantages du jeûne & de l'abstinence, quand ils ont des motifs purs pour principe ; il y montre une tendre dévotion à la Croix, & dit qu'il suffit d'en imprimer le figne sur fon front pour mettre les Démons en fuite ; il veut encore que l'on fasse le signe de la Croix avant de boire & de manger, en se couchant & en fe levant , 'en un mot au commencement de chaque action. (Voyez auilt Catech. 13. n. 22). Il fait ensuite le dénombrement des Livres Canoniques , & avertit ses auditeurs que c'est de l'Eglise Tome III.

D

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qu'ils doivent apprendre quels sont les Livres de l'Ancien & du

Nouveau Testament, MARS 18.

Lå cinquieme Caréchese a pour objet de relever l'excellence de la Foi, & d'en marquer les effets. Saint Cyrille y recommande aux Catéchumenes de garder le secret sur nos myfteres, afin de ne pas donner lieu aux blasphêmes des Infideles. La fixieme & la septieme renferment une explication du premier article du Symbole. Les erreurs des Manichéens sur la toute. puissance de Dieu sont réfutées dans la huitieme. Il y est aulli prouvé qu'il n'y a que le mauvais usage des richesses qui puisse perdre les riches. La neuvieme est une suite de la précédente : on y trouve une peinture admirable du bel ordre qui regne dans l'Univers & dans toutes ses parties. Le second article du Symbole est expliqué dans la dixieme; on y lit aussi de belles choses sur la grandeur & l'excellence du nom de Chrétien. Il est traité dans l'onzieme de la génération éternelle du Fils de Dieu , & de fa Naissance temporelle. Le Saint établit le mystere de l'Incar. nation dans la douzieme, & y répond aux objections des Juifs & des Hérétiques. Le but de la treizieme est de montrer les avantages que nous retirons de la mort de Jesus-Chrift, & de relever la vertu de la Croix. On y voit que du temps de saint Cyrille, on avoit déjà distribué par-tout l'Univers des parties du bois de la vraie Croix. La quatorzieme contient l'explication de ces trois articles du Symbole : Il eft resuscité des morts le troifieme jour ; il est monté aux Cieux ; il est affis à la droite du Pere. Il est traité dans la quinzieme du second avénement de Jesus-Christ, du Jugement qu'il exercera sur tous les hommes, & de son regne éternel. L'explication de l'article huitieme du Symbole, Je crois au Saint-Esprit, &c. fait le sujet des Catécheses seizieme & dix-septieme ; on y trouve les plus abondantes lumieres sur les opérations merveilleuses du Saint-Esprit, & sur les effets qu'il produit dans nos ames. La dix-huitieme développe de la maniere la plus solide le sens des derniers ar, ticles du Symbole, Je crois l'Église Catholique, la Réfurretion de la chair , & la vie éternelle,

Les dix - huit Catécheses dont nous venons de parler furent prêchées pendant le Carême de l'année 347 ou 348 ; les cinq suivantes , appellées Mystagogiques, le furent pendant la semaine de Pâque, après le Baptême des Catéchumenes. Le Saint s'y attache principalement à expliquer la nature & les effets des sacrements du Baptême, de la Confirmation & de l’Eucharistie , qui s'administroient alors le même jour. Il y diftingue les caracteres imprimés, par le Baptême & la Confirmation ; il y parle de la vertu des Exorcisines & de l'huile bénite, ainfi que de celle qui est donnée à l'eau par l'invocation du Saint-Esprit; il s'y exprime en plusieurs endroits de la maniere la plus expresse & la plus précise , sur la présence réelle de Jesus-Christ

MARS 1S.

dans l'Euchariftie ; & dit que par la Communion nous devenons un même corps & un même fang avec le Sauveur. Ces expressions ont aushi été employées par S. Chryfoftome, Hom. 6. in Hebr. par S. Isidore de Péluse , l. 3. Ep. 195. par S. Cyrille d'Alexandrie, 1. 10. in Joan. p. 862. Dial. de Trin. p. 407, & par plusieurs autres Peres de l'Eglise.

La premiere Catéchese Mystagogique traite des renonciations, de la profession de foi , & des cérémonies qui précédoient le Baptême ; la seconde traite du Baptême & de l'Onction de l'Huile, fan&ifiée par les Exorcismes; la troisieme, de l'Onction du saint Chrême ou de la Confirmation; la quatrieme, de l'Euchariftie ; la cinquieme contient la Liturgie , telle qu'elle étoit en usage du temps de saint Cyrille , & nous apprend de quelle maniere les Chrétiens communioient alors. « En vous approchant de la Com» munion, disoit le saint Docteur aux Fideles, n'étendez pas » les mains , & n'écartez pas les doigts ; mais mettez votre main » gauche sous la droite pour lui servir de trône, puisqu'elle doit * recevoir ce grand Roi ; & creusant le main , gecevez le Corps » de Jesus-Chrift, en disant, Amen. Saretifiez vos yeux par l'al» touchement de ce saint, Corps..... & gardez-vous bien d'en on laisser tomber la moindre parcelle. Après avoir reçu le Corps » de Jesus - Christ, approchez - vous aussi du Calice de son * Sang, sans étendre les mains ; mais inclinez-vous pour l'ado» rer, & en disant , Amen, sanctifiez - vous par la Commu» nion du Sang de Jesus-Christ ; pendant que vos levres en font » encore humectées, portez-y la main pour consacrer votre front, » vos yeux, & les autres organes des sens , &c. Car. Myft. so Saint Cyrille, ibid. appelle la Messe un Sacrifice non sanglant, une Vidime de propiciation, un Culee suprême , &c. Il dit qu'on y prie pour les morts, l'Eglise étant persuadée que les prieros offertes en présence de la sainte & redoutable Victime seront d'une grande utilité aux ames des défunts.

Nous avons encore une Homélie de saint Cyrille sur le Paralytique de l'Evangile , & une Lettre à Constance, sur l'apparition d'une Croix lumineuse. Nous avons parlé de cette derniere piece dans la Vie du Saint.

Plufieurs Mf. attribuent aussi à faint Cyrille un Sermon sur la Purification ; mais il paroit qu'il n'en est point l'Auteur. 1o. Il y est fait mention des cierges allumés à la fête de la Purification. Or il est certain que cette coutume ne s'introduisit dans l'Eglise qu'à la sollicitation d'une Dame de Jérusalem, nommée Icélie, qui vivoit soixante ans après la mort de notre Saint. 2o. On trouve dans ce Sermon la réfutation du Nestorianisme, héréfie qui n'existoit point du temps de saint Cyrille. 3o. Le style de cette piece est tout-à-fait différent de celui de notre saint Docteur. Au reste, ce Sermon mérite d'être lu; il paroît qu'il et l'ouvrage d'un Prêtre de Jérusalem qui vivoit au fixieme

fiecle. Voyez D. Touttée', & D. Ceillier , T. 6. p. 54*

On remarque dans les Catécheses de faint Cyrille beaucoup MARS 18.

de force & de juftelle dans les raisonnements. Il y explique les dogmes de la Religion Chrétienne avec autant de netteté, que de précision. Son style est simple , & proportionné à l'intelligence de ceux qu'il étoit chargé d'instruire. Il savoit néanmoins s'élever lorsque la grandeur du sujet l'exigeoit.

Thomas Milles donna à Oxford, en 1703, une édition des Quvres de faint Cyrille, beaucoup plus complette que toutes les précédentes , & infiniment plus exacte, tant pour le texte Grec, que pour la version latine. Il y joignit des notes où l'on ne trouve pas toute la bonne foi & la fincérité qu'on avoit lieu d'attendre. D. Touttée, Bénédictin de la Congrégation de saint Maur , entreprit une nouvelle édition ple faint Cyrille, qu'il ne put donner au public, la mort l'ayant' enlevé en 1718. D. Maran, son confrere, la publia à Paris en 1720, in-fol. Les Journalistes de Trévoux , Décemb. 1721. critiquerent avec assez de vivacité quelques-unes des notes de l'Editeur touchant les Semi-Ariens , le Consubstantiel , & la neutralité attribuée à faint Cyrille , entre le parti des Ariens , & celui de S. Athanare. Cette attaque fut repoussée par D. Maran dans une Differtation sur les Sémi-Ariens, qui mérite d'être lue , & qui fut imprimée à Paris, chez Vincent, en 1722 , in-12.

Grandcolas, Docteur en Théologie de la Faculté de Paris, a donné une traduction françoise des Catécheses de S. Cyrille de Jérusalem , avec des notes & des Differtations dogmatiques. Cette Traduction fut imprimée à Paris en 1715, in-4%.

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LE ME JOU R. SA INT FRIDIEN, É v Ê QUE DE LUCQUES.

+578 Ce Saint, que l'on nomme encore Frigidien ou Frigdien, étoit, suivant quelques Auteurs, fils d'un Roi d'Ultonie en Irlande. On pense au moins communément qu'il étoit Irlandois de naissance. Le désir de fe perfectionner dans la vertu & dans des sciences ecclésiastiques, le fit passer en Italie, où son mérite l'éleva sur le Siege Episcopal de Lucques , après la mort de Géminien. Il fut l'onzieme Evêque de cette Eglise , fondée par saint

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Paulin qu'on dit avoir été disciple de faint Pierre. Il arrêta par ses prieres les inondations de la MARS 18. riviere d'Auser ou de Serchio , qui naturellement devoit fubmerger la plus grande partie de la ville de Lucques.

Saint Fridien mourut en 578, & fut enterré dans l'endroit où est présentement l'Eglise qui porte son nom. Le Pape Alexandre II fit venir quelques-uns des Chanoines-Réguliers qui la deffervoient , pour établir le même Ordre à Rome dans les Eglises de saint Jean de Latran & de la Croix de Jérusalem. La Congrégation de saint Fridien fut unie en 1507 à celle de saint Jean de Latran (1):

Voyez faint Grégoire le Grand, Dial. I. 3. c.9. Bede, Norker , Raban, Usuard, & le Martyrologe Romain , sous le 18 de Mars; Innocent III, c.34, de Teftibus & Atteftationibus. In Decreto Gregoriano. Rursùs id. c. 8. de Testibus cogendis. Ibid. iterùm de verborum fignificatione. Voyez encore l'Histoire Ecclésiastique de Lucques , imprimée dans la ville de ce nom en 1736, & réimprimée en 1741, in-12. & Dempster (a), Etruria Regalis, T. 2. l. 5. c. 6. p. 299. L'ouvrage intitulé Etruria Regalis , fut imprimé à Florence en 1723, 2 vol. in-folio. Feu M. Thomas Coke, Comte de Leicester , qui étoit alors dans le cours de ses voyages, fit les frais de l'impression.

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(1) Hélyot, T. 2. p. 5o. il paffa en Italie , & fut Profes. : (a) Dempster étoit de la fa- seur à Pise & à Bologne. Il mou milie des Barons de Muresk en rut dans cette derniere ville es Écofle. Après avoir enseigné 1625 dans plusieurs villes de Flandre,

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