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sistant aux prestiges de l’ambition, il s’était rappelé qu’à l’époque où sa famille, errante à travers l’Europe, cherchait en vain, au milieu des ruines de ses trônes, un abri pour reposer la tête, le pape Pie VII l’avait accueillie d’abord dans ses États et avait donné ensuite, à son propre père, le titre de prince romain. Tel était l’homme que l’on verra bientôt,le premier entre tous, arracher les armes pontificales du palais qu’il devait à la munificence

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CHAPITRE Il.

Manifestations révolutionnaires. - Organisation de la municipalité romaine. - Création de la consulte d’État.-- Démonstrations populaires. -- Ciceruacchio. - Arrivée de lord Minto à Rome. -- Ses sympathies pour les révolutionnaires.- Journée du 15 novembre.Discours de Pie IX. -- Ouverture de la consulte d’État.- Réjouissauces publiques. - Le bal du prince Torlonis. - Sterbini.

Le 7 septembre, une grande agitation excitée par les meneurs des sociétés secrètes, se manifesta dans les rues de Rome. Une populace nombreuse et soudoyée par l’or des ennemis du bien public, se répandit par la ville en vociférant des cris de haine et de vengeance contre l’Autriche et contre les prêtres. Trois hommes revêtus de l’uniforme de garde civique semblaient la diriger, c’étaient le prince‘de Canino, un épicier nommé Galetti, et un Anglais appelé Macbean. Les boutiques se fermèrent sur leur passage; le visage des gens de bien se couvrit d’un voile de tristesse, et la police laissa faire. Cette scène de désordre se prolongea fort avant dans la nuit. Le lendemain, quelquesuns des meneurs furent arrêtés, conduits en prison,

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et rendus presque aussitôt àlaliberté. Fatale indulgence! En temps de révolution, la société qui ne se défend jamais et qui pardonne toujours, devient en quelque sorte complice du crime quiïattaque.

Ces débauches révolutionnaires attristaient l’âme de Pie IX; mais persistant à ne voir dans ces écarts que le fait isolé de quelques hommes, le généreux pontife croyant enchaîner par des bienfaits incessants le génie du mal, n’en poursuivait pas moins son œuvre d’améliorations. C’est ainsi que, le 2 octobre suivant, il publia, pour l’organisation de la municipalité, un motu proprio qui réflétait admirablement les nobles intentions de son cœur. La publication de cet acte fournit aux membres des sociétés secrètes l’occasion d’une nouvelle manifestation. Le lendemain de ce jour, les meneurs se réunirent au lieu ordinaire de leurs conciliabules pour se féliciter du résultat de la journée de la veille. Tout va bien, dit l’un d’eux ; la révolution marche de bénédictions en bénédictions; nous avons fait de Pie IX, sans qu’il s’en doute, le moteur de la révolution italienne. Les malheureux! ils disaient ainsi, et sciemment ils Yempêchaient de devenir le régénérateur de leur patrie. Tous les journaux de Rome exaltèrent la pensée qui avait inspiré à Pie IX le motu proprio de la municipalité, les uns de bonne foi, les autres par système.

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Un bienfait de Pie IX présageait un nouveau bienfait: quelques jours après le motu proprio de la municipalité , il décréta la consulte d’Etat.

Le statut organique de ce pouvoir appelé à concourir à la législation et à l’administration générale du pays, devenait, dans l’état des choses, d’une importance fondamentale. Admirable quant au fond et à la forme, on y distinguait les principes constitutifs et les dispositions réglementaires. Partagés en quatre sections, les hommes les plus distingués du pays devaient réunir en un seul faisceau la législature, les finances, le commerce, l’industrie, l’agriculture et les travaux publics. Le système électoral de la candidature, tel que le concevait Pie IX, combinait l’autorité et l’élément populaire dans un parfait ensemble de confiance réciproque. Il faisait une large part aux principes de liberté, tout en maintenant les droits de la souveraineté. Chaque conseil communal présentait pour la nomination d’un député, une liste de trois candidats au conseil de la province. Celui-ci devait désigner sur ces listes réunies, les noms de trois candidats parmi lesquels le souverain se réservait le droit de choisir le membre appelé à faire partie de l’assemblée. Les conditions de l’éligibilité embrassaient les trois principaux éléments de la société, la propriété garantie de l’esprit conservateur, la science principe d’organisation, le com

merce représentant l’intelligence appliquée à la prospérité matérielle des nations. L’adjonction des capacités à la liste des électeurs était un progrès immense, si l’on considère qu’alors et depuis longtemps en France, l’opposition parlementaire réclamait le principe de la capacité, comme titre d’admission au choix électif des assemblées représentatives.

Pour donner plus de garanties encore à l’indépendance délibérative, le statut de la consulte établit en principe que la qualité de membre est incompatible avec les fonctions salariées du gouvernement. Cette règle générale reçoit une seule exception relative aux fonctionnaires résidant à Rome.

Le peuple Romain, le pays tout entier, appelés à régir leurs propres affaires, manifestèrent leur joie par les démonstrations habituelles en de pareilles occasions. Voici la manière dont elles procédaient : la place du Peuple était le point de départ de toutes les manifestations, c’est là que les meneurs, faisant agir les membres du cercle romain , les divers chefs des quatorze quartiers de la ville et le trop fameux Ciceruacchio convoquaient le peuple et le rangeaient avec ordre sous ses bannières respectives; après quelques paroles prononcées par l’un des chefs relativement à la circonstance, on arborait de nombreux dra

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