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et a inauguré glorieusement son règne. Profitez de la première occasion qui s’offrira pour présenter à Sa Sainteté les félicitations les plus vives et les plus sincères du roi et de son gouvernement; non-seulement au sujet de la pensée qui a inspiré ce grand acte de clémence mais encore pour le caractère et le style qui distinguent cet édit. On y sent d’un bout à l’autre une majesté pleine de douceur; on y trouve merveilleusement réunis la dignité du souverain qui pardonne à des sujets égarés et l’émotion d’un bon père qui ouvre ses bras à ses enfants.

« Cet acte a produit dans tout le monde, et surtout en France, un excellent effet, non-seulement parce qu’on y admire le pontife qui sut d’un seul trait faire un si grand bien, mais parce que dans cette mesure et son mode de publication, on peut juger du caractère et de la marche de tout un règne. On y reconnaît le prélude d’autres actes qui satisferont l’opinion publique sans affaiblir l’autorité, etc., etc. » ' _

Dès les premiers jours de son pontificat, Pie IX ouvre les portes de son palais. Représentant du Dieu souverainement bon qui se communique incessamment aux hommes de paix et de bonne volonté, il désire, à l’exemple de son divin maître, se mettre en communication directe avec ses sujets, qu’il appelle ses fils bien aimés; ne voulant pas

toutefois entraver le cours des affaires de_l’Etat, il choisit un jour de la semaine pour le consacrer entièrement à son peuple, le jeudi sera son jour d’audience. Accessible à tous, sans distinction de rang et de position, sa voix console, son regard illumine et sa main, pleine de grâces, s’étend sur tous également avec amour.

Il réalise ainsi les vœux que le marquis dÏAzeglio formula dans une petite brochure publiée lors de lïmpuissante insurrection de Rimiui et dont le succès fut considérable. Après avoir déploré les fatales et improductives tentatives de révolte, l’illustre écrivain s’adressant au pape Grégoire XVI, s’exprimait ainsi :

« Très-saint Père, soyez encore plus absolu s’il est possible, mais que nous sachions bien à quoi nous en tenir sur la volonté de votre gouvernement, et surtout, qu’un accès facile nous soit donné auprès de votre personne. .

Plus tard Pie IX réforme, en les fondant l’un dans l’autre , les deux tribunaux; il diminue l’impôt du sol, il supprime celui des patentes, il réduit la rente des consolidés, moyennant un remboursement effectué à l’aide d’un emprunt avantageux. Sans cesse occupé des améliorations administratives et du soin des affaires, il crée, sous la présidence du cardinal secrétaire d’état, une junte nationale. Les préambules de tous ses actes sont

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empreints de l’esprit de justice, de charité, d’intelligence et d’amour que l’on remarque dans tous ses écrits. Sous sa plume réformatrice, le présent ne devient jamais l’accusation du passé; à chacune de ses œuvres il associe le fait à l’intention, il invoque la mémoire de son prédécesseur, et la fait communier aux actes de son cœur paternel. En s’occupant du bonheur de son peuple il réalise, dit-il, les vœux, les désirs et les espérances de Grégoire XVI; parfois mêmeil s’efface dansl’abnégation et seregarde comme l’instrument de la pensée glacée par la mort, le 9 juin 1846, dans la cellule pontificale du Vatican.

Du sommet des sphères politiques, la pensée intelligente du nouveau pontife descend dans les diverses branches de l’administration, pour modifier les unes et simplifier les autres. Inspiré par la prière et pénétré de l’esprit de Dieu, Pie IX ouvre des salles d’asile, il fonde des écoles, il crée des dépôts de mendicité, il établit l’ordre dans les finances , l’économie dans le budget , l’équilibre dans les revenus et les dépenses de la fortune publique, la régularité dans les procès criminels et politiques, il ‘révise le code civil et criminel. Sa sollicitude paternelle se révèle chaque our par un nouveau bienfait. Dépassés dans leurs espérances les Romains se trouvent surpris eux-mêmes de l’espace immense qu’ils ont déjà parcouru sans

secousse et sans commotion sur la route des améliorations humaines.

Dans ce temps-là, un journal, qui deviendra plus tard le Moniteur de la révolution, publie son premier numéro hypocritement calqué sur les instructions secrètes de Mazzini. Rien de plus habile que le programme du Contemporaneo. Après avoir solennellement déclaré qu’il repoussait les hommes impatients et avides de nouveautés qui veulent en un jour réaliser des réformes que le temps seul peut amener sans danger, le journaliste fait un appel à la jeunesse intelligente, il la convie à une sainte croisade contre l’erreur, il la convoque dans ses bureaux, il lui ouvre dans ses colonnes le champ-clos de la pensée qui bientôt, hélas! fécondé par le crime, deviendra l’arène brûlante des passions les plus désordonnées.

En attendant le jour qui les transformera en clubs républicains, les bureaux de ce journal sont de pieuses sacristies où les tartuffes des sociétés secrètes organisent sur une vaste échelle les fonctions, les fêtes, les promenades aux flambeaux, les processions au Quirinal, les ovations populaires, les cérémonies hypocrites qui doivent surprendre la confiance du souverain pontife. Préparés à tous les rôles et rompus à Fobéissance passive, les affiliés agissent comme un seul homme, déguisent leur cri de haine sous les acclamàtions

d’une reconnaissance calculée, ils se masquent le front et le cœur, ils se précipitent sous les pas de leur bienfaiteur, ils s’attèlent à son char, ils font de chaque rue un temple, de chaque pavé un autel en l’honneur du généreux Pie IX qu’ils trompent par de perfides démonstrations; et le peuple toujours avide de fêtes, le peuple répond à son appel, il descend sur la place publique, il se couvre de fleurs, il badigeonne de soie, d’or et de velours les murs de ses palais et de ses maisons, il pare les rues sur le passage du pape, il fait retentir les airs de ses acclamations d’amour. Son cœur n’a plus qu’une seule pensée celle de Pie IX, son pied ne connaît plus qu’un seul chemin celui du Quirinal, sa voix n’a plus qu’un seul cri celui de: vive Pie IX! car il ignore que ce cri, franchement parti de son cœur, devient le mot d’ordre des traîtres qui méditent sa perte en complotant celle du Saint-Siège.

La révolution s‘avançait ainsi, d’ovations en ovations, secrète et mystérieuse, dans les rues de lionne, lorsque revint le jour anniversaire de l’élection du saint pontife, Sterbini profita de cette circonstance pour remplacer le Chant de Pie IX par une cantate en l’honneur de la jeune Italie. (Jet hymne était énergique et beau, l’éclat de la forme répondait à la richesse de la pensée, la musique que Mazzini lui avait appliquée était

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