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pas d’une assemblée populaire, flottante, incertaine, lente à délibérer; mais il faut une main de fer qui, seule, peut régenter un peuple jusqu’alors accoutumé aux divergences d’opinion, à la discorde, et ce qui est plus encore, un peuple corrompu, fînervé, avili par l’ esclaifage (p. 152). »

Son chapitre XXIV, branle-bas général‘ des révolutionnaires européens; cherche à démontrer que la nation Italienne est la mieux placée pour allumer l’incendie universel. Il rappelle aux peuples du Danemarck, de la Suède, de la Prusse, de l’Espagne et du Portugal, ce qu’il prétend leurs nécessités politiques. Il moleste la France, qui, selon lui, a besoin d’un gouvernement plus large et plus logique; l’Angleterre qui doit se débarrasser d’une odieuse aristocratie, la source de tous ses maux; il fait un appel à l’Irlande qui jette cent mille hommes a la voix d’un O’Connel et qui se retire devant le sabre d’un caporal anglais! « Quel’ltalie se lève, dit-il, et les autres nations se lèveront; c’est une chose que de

mettre le pied dans la carrière des révolub

tions; c’en est une autre que d’entrer en second dans cette lice magnanime. »

Après un chapitre de rêveries sur l’avenir

du monde et de la civilisation, il termine en s’écriant: « Notre triomphe est certain, à moins qu’un cataclysme universel n’engloutisse dans un abîme sans fond les oppresseurs et les opprimés. Les premiers feront des efforts gigantesques pour retenir leur pouvoir, mais ils seront forcés de boire le calice amer de leur ruine. . . . . . . . Bientôt une ère nouvelle commencera pour les humains, l’ère glorieuse d’une rédemption toute autre que celle si vainement annoncée par le Christ (pages 400 et 260). » Quelque temps après, le Méphistophélès de l’Italie, Mazzini qui s’arroge fièrement le titre de Moïse de l’indépendance italienne, Mazzini entre en campagne; il donne le mot d’ordre sur toute la ligne et prépare les voies qui doivent le conduire au triomphe momentané de ses idées par l’astuce et la trahison.

Bien de plus curieux que ses instructions

stratégiques! Ce n’est pas de front qu’il faut

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attaquer Fennemi pour le moment, il faut le combattre avec des fleurs. L’encensoir doit remplacer le canon, les parfums qui enivrent seront plus sûrs que la poudre qui tue. Il cache son cri de guerre sous l’Hosanna qu’il entonne à la gloire de Pie IX; il couvre de palmes le chemin qu’il creuse perfidement sous les pieds du généreux pontife, enfin, comme les sacrificateurs antiques, il pare la victime qu’il veut immoler à ses rêves ambitieux.....

Il importe que vous connaissiez ces instructions que déjà, dès le mois d’octobrc 4846, il envoyait de Paris, le chef-lieu de son exil, à tous ses affiliés de la Péninsule. Jamais le cynisme de la démagogie ne s’est révélé plus ouvertement; jamais l’hypocrisie révolutionnaire, aux voies obliques, ne s’est manifestée d’une manière plus précise, plus mathématique. Cette pièce doit servir de pilori au procès de l’histoire de la révolution italienne; la voici :

« Aux amis de l’ltalie,

« Les morcellements de l’ltalie présentent à la régénération des difficultés qu’il faudra sur

monter avant que l’on puisse progresser direcb.

tement. Cependant, il ne faut pas perdre courage; chaque pas vers l’unité sera un progrès; et, sans qu’on l’ait prévu, la régénération sera sur le point d’être accomplie le jour où l’unité pourra être proclamée. » Le but est clairement dénoncé dans ce préambule, qui fait de l’unité la base fondamentale de la prétendue régénération italienne; voyons maintenant les moyens que le chef de la jeune ltalie recommande pour l’atteindre; il commence par les princes. '

« Dans les grandspays, dit-il, c’est par le peuple qu’il faut aller à la régénération; dans le vôtre c’est par les princes; il faut absolument qu’on les mette de la partie; c’est facile. Le pape marchera dans les réformes par principe et par nécessité. Le roi du Piémont, par l’idée de la couronne d’ltalie; le grand duc de Toscane, par inclination et imitation; le roi de Naples, par force; et les petits princes auront à penser à d’autres choses qu’aux réformes. Ne vous mettez pas trop en peine de la portion occupée par les Autrichiens; il est possible

que les réformes, les prenant par derrière,

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les fassent avancer plus rapidement que les autres dans la voie du progrès. Le peuple auquel la constitution donne le droit de demander, peut parler haut et au besoin commander parlémeute; mais celui qui est encore dans la servitude, ne peut que chanter ses besoins pour en faire entendre l’expression sans trop déplaire. Profitez de la moindre concession pour réunir les masses, ne fût-ce que pour témoigner de la reconnaissance. Des fêtes, des chants, des rassemblements, des rapports nombreux établis entre les hommes de toute opinion, suffisent pour faire jaillir les idées, donner au peuple le sentiment de sa force et le rendre exigeant. »

La première partie de l’histoire de Pie IX se trouve toute entière dans le premier article de ce programme révolutionnaire. Fidèles au mot d’ordre de leur chef suprême, les afliliés des sociétés secrètes se mirent aussitôt à l’œuvre, et cette œuvre leur devint d’autant plus facile que, pour la première fois, peut-être, ils entraient dans le sentiment de la justice. On les vit alors faisant cause commune avec le

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