Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles, Volume 4

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Page 117 - Les vaincus, officiers, soldats, se pressent autour de lui, jetant leurs armes, implorant sa protection. Le prince crie que l'on fasse quartier, que l'on épargne de si braves gens ; ses officiers l'assistent ; le massacre cesse ; les tercios viejos ont vécu ! Lorsque le tumulte du combat apaisé, Anguien embrassa d'un coup d'œil ce champ de bataille couvert de débris fumants, ces longues files de prisonniers qu'on lui amenait, ces drapeaux qu'on entassait à ses pieds, tous ces témoins d'une...
Page 99 - Mellos l'attend de pied ferme; et sans pouvoir reculer, les deux généraux et les deux armées semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais, pour décider leur querelle, comme deux braves, en champ clos.
Page 251 - ... dans la romaine un peu de l'esprit puritain. Quand il fut tué, il allait entrer à l'Oratoire pour y terminer sa vie dans la retraite ; il avait fait la cène à Brisach en prenant le commandement de l'armée d'Allemagne.
Page 249 - ... toute autorité, n'ayant la liberté de choisir ni le but ni les moyens, ont été les interprètes dévoués, héroïques, des plans que d'autres avaient dictés. La fortune, qui placera Louis de Bourbon et Henri de La Tour d'Auvergne si souvent en présence et parfois en face l'un de l'autre, va les rapprocher dès ce jour; mainte page de ce livre fera ressortir les traits qui les distinguent. Sans essayer de tracer un parallèle entre deux héros qu'on ne saurait comparer, nous voudrions prémunir...
Page 115 - ... blanche le fait reconnaître : c'est le comte de Fontaine. 11 a juré, dit-on, de ne combattre les Français ni à pied ni à cheval, et il tient son serment ; car il est assis sur la chaise où le clouent ses infirmités, « montrant qu'une âme guerrière est maîtresse du corps qu'elle anime ». Tout est immobile en face de nous : Fontaine, sa canne appuyée sur son pied, les mousquetaires au port d'armes et derrière eux la forêt des piques. Les Français approchent ; si quelque coup de...
Page 116 - Ses g.irdes, les gendarmes étaient décimés, s >n cheval blessé est tout couvert de sang; il a reçu une contusion à la cuisse et deux balles dans sa cuirasse. Cependant quelques vides se sont faits dans les rangs espagnols, les hommes semblent toujours impassibles et résolus; mais la dernière décharge était moins nourrie; le canon s'est tu; les munitions manquent.
Page 115 - ... de chapeaux étranges, appuyés sur leurs armes. Tout à coup la canne de Fontaine se dresse, dix-huit bouches à feu sont démasquées, tous les mousquets s'inclinent, une grêle de balles et de mitraille balaie le glacis naturel sur lequel s'avance la ligne française. Celle-ci flotte un moment, puis recule, laissant le terrain jonché de cadavres. Quand le vent eut dissipé la fumée, la phalange était de nouveau immobile, les mousquets relevés, Fontaine à la même place. Le duc d'A.nguien...
Page 246 - D'Erlach le reçut dignement et l'expédia aussitôt à Paris. — Le nom du vainqueur de Kempen, du sauveur de Brisach, du héros de tant d'entreprises difficiles, est moins connu que celui de maint général médiocre ou d'égoïstes agitateurs; peu de Français de nos jours savent ce que la patrie lui doit. Simple gentilhomme de province, étranger aux intrigues de cour ou de cabinet, servant au loin, sans relâche, dévoué, modeste, austère dans ses mœurs, sincèrement religieux, il tient...
Page 111 - Je ne songe point à l'état où je trouvai ce prince, qu'il ne me semble voir un de ces tableaux où le peintre a fait un effort d'imagination pour bien représenter un Mars dans la chaleur du combat. Il avoit le poignet de sa chemise ensanglanté de la main dont il tenoit l'épée. Je lui demandai s'il n'étoit point blessé. «Non, me dit-il , c'est du sang de ces coquins.
Page 106 - Il n'eut pas un instant d'accablement, il n'eut qu'une pensée : arracher à l'ennemi une victoire éphémère, dégager son aile battue, non en volant à son secours, mais en frappant ailleurs. Quelques minutes de repos données aux chevaux essoufflés lui ont suffi pour arrêter le plan d'un nouveau combat, conception originale dont aucune bataille n'offre l'exemple. Laissant Gassion sur sa droite avec quelques escadrons pour dissiper tout nouveau rassemblement de la cavalerie wallonne, il fait...

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