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Seigneur d'Illande. (Phil. III, roi de France ; Lett. de Rois, etc. I. p. 244.)

Je vos verée, si Dieu plest, à notre pallement de la S Michiel. (Maurice de Craon, id. id. I, p. 274.)

On oit sur la nuit tarde en courroux rugissans

Les sangliers porte-seie et les ours es estables

Forcener, et les loups huller espouventables.
(J. de Montl. p. 543.)

Les hullemens affreux des mâtins d'Hécaté.
(Id. p. 223.)

R se change par attraction en b dans arbre; en c dans mercredi; prononcez âbre-abbre, meccredi et par métathèse mékerdi.

« Il est vray qu'autrefois on prononçoit à la cour abre et mabre pour arbre et marbre, mais mal ; aujourd'hui cela est changé, on prononce l'r ; comme à plus (!) on ne prononçoit pas l'l, et aujourd'hui on la prononce. » (Vaugelas, Rem. sur la lang. fr.) « Le meilleur usage est non seulement de prononcer, mais aussi d'escrire mecredy sans r, et non pas mecredi. » (Id. id.) En cet heureux jour de lundy J'ay sceu de ma belle inhumaine Que je la verrois mercredy. Amour, oste à cette semaine L'incommode et jaloux mardy. (Rec. des poèt. IV. 210.) Il est aujourd'huy mecredy Du mois de juin le XV°. (M. du S. d'Orl. vs. 18070.)

« Le P. B. dit que l'r de mecredi ne se prononce point, et communément ne s'écrit plus. J'ai trouvé le même avis dans le livre de la politesse de la langue françoise, imprimé il y a plus de cinquante ans. » (Bibl. des enfans, 1733, p. 149.)

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« R ne se prononce pas dans mecredi, chirugien. » (L. Chamb. p. 70, 1775.)

3° S suivi de la syllabe finale te la change par attraction en se; Ex. : Augusse, jusse, posse, dentisse pour Auguste, juste, poste, dentiste.

Pourquoy larron me faiz nommer ?
Pour ce qu'on me voit escumer
En une petiote fuste ?
Se comme toy me peusse armer,
Comme toy empereur je feusse.
(Fr. Villon, Gr. Testament, XVIII.)

Le progrès march'rue de l'Écrevisse ;
Ch'min de l'Eventail pour la fraîcheur ;
Et rue des Planch's les ébénisses
Que c'est comme un bouquet de fleurs.
(Le Mans, dix minutes d'arrêt, Revue fantaisiste par V.
Collodion, représ. le 8 novembre 1871.)
Y avait là des étalagisses
Des vanneurs et des charpentiers,
Enfin pour rendre à tous justice
Y avait des gens d'tous les métiers.
(Figaro, n° du 30 juillet 71, pag. 3, col. 4.)

4° S, suivi de la syllabe finale me, tantôt se supprime comme dans catéchime-catéchisme, tantôt change par attraction l'm initial en s comme dans rhumatisse-rhumatisme, cataplasse-cataplasme. Cf. Rom. de la R. vs. 4177.

Pour ce est fol qui s'en aprime,
Car quand on fait bon silogisme...

S devant une consonne, c'est un phénomène bien connu, ne sonnait pas dans la vieille langue. Paste, beste se prononçaient pâte, béete. Pasquier affirme avoir entendu dans sa jeunesse prononcer l's d'honneste ( ) ; mais ce n'était déjà plus la vieille langue. Je pense que l's était également muet dans les terminaisons en iste, oste, uste. (Cf. Berte aus gr. p. éd. P. Paris, p. 125.) Vous criez tous haraut contre les Jésuites ; Il les faut reléguer au-delà du Japon. Si nous en avions dit autant des Calvinistes, Nous serions aussi noirs que des sacs de charbon. (Extr. de la Rev. hist. litt. et archéol. de l'Anjou, Juill. 1868.) On a dit au XVIII° siècle registre et regître. Quelques-uns se servent encore de cette dernière prononciation, bien que registre semble l'emporter aujourd'hui.

DEUXIÈME CLASSE. — ANCIENS SUBSTANTIFS QUI DIFFÈRENT DU FRANÇAIS ACTUEL PAR LA FORME.

S I. Le paysan blaisois a conservé un certain nombre de substantifs usités au moyen-âge, et même, quelques-uns du moins, au siècle de Louis XIV, et que l'Académie a depuis repoussés de son dictionnaire.

Aria ou haria, subst. du verbe arier ou harier. (L'h n'est plus aspiré aujourd'hui.)

Wordes in the frenche tong as having h written at theyr begynnynge gyve hym his aspiracion : Harias... etc. (Palsgr. p. 18. V. Roquefort et Burguy, gloss. Etym. au mot harier.)

2° ARISMÉTIQUE.

Quand il traitoit d'arismétique. (R. de la Rose, vs. 7055.) Cf. Eust. Desch. p. 262.

3° BIAUDE. — Corruption de l'ancienne forme bliaut, blouse. Pour le changement de t en d, voir Brachet, Dict. Etym. à aider.

(1) Tom. I. livr. VIII. col. 756. B. D'après tous les poètes du XVIe siècle, la termin. este semble avoir toujours sonné éte, ou ette.

Pour le changement de l en t, voir H. Est. De la Précell. p. 292. Cette transformation d'l en i, ordinaire en italien, est fréquente surtout dans l'Anjou et le Maine.

Ex. :

Faut gli mette eune empiâte. (Jeanne Pothier, domestique à La Flèche.)

I pieuvai à varse. (Père Gaudin, casseux de boâs, ibid.)

4" BoURRIER. —

« Je ne suis plus qu'un bourrier de la rue. » (Balzac, le Curé de Tours, Sc. de la vie de Prov.)

« Ce mot tourangeau, ajoute le romancier, n'a pas d'autre équivalent que le mot brin de paille, mais il y a de jolis petits brins de paille, jaunes, polis, rayonnants, qui font le bonheur des enfants; tandis que le bourrier est le brin de paille décoloré, boueux, roulé dans les ruisseaux, chassé par la tempête, tordu par les pieds du passant. »

Pareils à ces bourriers qui bavolent en l'aire.
(Ph. Desportes, ps. I.)

5° CERNE. —

De pleurs emplit le cerne de ses yeux.
(Des Mas. Enéid. p. 161.)
Et en un cerne ils se tournent et rouent.
(Id. id. p. 29.)
Quand Phébus a son cerne fait en terre,
Sa seur se montre avec son chef pointu.
(L. Labé, sonnet XVI.)

Je fis à l'entour uu assez grand cerne. (L'Astrée, liv. II. p. 270. Cf. Racan, Berg. p. 49, et Cyr. de Berg. pour les sorc. p. 81.)

De là est venu le verbe cerner, très-usité dans l'expression çarner des noix, d'où cerneaux-çarnaux. On dit aussi çourner des noix.

6° CASTRoLE. —
Saumon, brochet, turbot, alose, truite et sole,

Soit frits, au courbouillon, en ragoût, en castrole.
(Quinault, l'Amant indiscret, I, 3.)

7° CoURRoUiL. Pron. courrou. On le rencontre aussi sous les formes coureil, courail, couroil, comme soleil, solail, soloil. D'où crouillet (courrouillet), crouiller (courrouiller.)

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Faire ribouillé, c'est se moquer de quelqu'un en lui répétant : Ribouillê, ribouillé et en accompagnant ce mot d'un geste qui consiste à tourner l'index de la main droite dans la paume de la main gauche où l'on a fait préalablement semblant de cracher.

10° RU. —

J'en fus battu, comme à ru telles.
(Fr. Villon, double ballade, str. V.)

Un seigneur du Ru était en 1524 grand-maître de l'empereur Charles

Quint. (Laurentie, Ho° de Fr. tom IV.)

11° SUBLET, sUBLIAU, sUBELIAU. —

Tout doucement faict chanter son sublet.
(Cl. Marot, II, 81.)

(1) Cf. Cl. Marot, ps. CVII. M. : D'avoir jusqu'aux courreaux Brisé d'airain les portes.

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