Images de page
PDF
ePub

Antoine Bossuet, bis

aieul de

Le bisaïeul de l'évêque de Meaux, Antoine Bossuet, ayant, vers le milieu du seizième siècle, quitté avec les

Jacques siens la ville de Seurre pour se venir fixer à Dijon, y nigne det était, en 1543, devenu auditeur à la chambre des Comptes like you enjon du duché de Bourgogne'. Jacques Bossuet, aïeul et vers 1540. parrain de Jacques-Bénigne, était l'aîné des fils d’Antoine. Connu de nous un peu déjà, ne convient-il pas que nous le connaissions mieux encore, et avec lui les autres grands parents de l'évêque de Meaux; que nous sachions de quels hommes avait été environné le berceau de Jacques-Bénigne, et quels sentiments avait pu puiser à une telle école cet enfant intelligent et plein de cour?

Combien tous les Bossuet étaient dévoués à leurs rois, Conduite des à leur pays, au devoir, leur conduite, lors des troubles des Mochet, de la Ligue, l'avait bien fait connaître. Devenu en 1573 que, lors des gouverneur de la Bourgogne ?, le duc de Mayenne y avait dès longtemps toute l'autorité, dans la ville de Dijon surtout, qui, par son influence, fut des premières gagnées à l'Union ?. Venant donc les grands événements

la Ligue.

a vu ce rébus sculpté sur une grande cheminée, aujourd'hui démolie , de la maison de Bossuet, à Seurre; il dessina alors cette cheminée et ses curieux accessoires. Lui-même, il m'a donné ces détails et un dessin du rébus. (Voir sa lettre, déja citée.)

· Lettre de M. Heori Baudot, déjà citée.

Antoine Bossuet, nommé, en 1543 , clerc-auditeur-extraordinaire à la chambre des comptes de Dijon, fut nommé auditeur ordinaire, par lettres du 23 août 1553. (Archives de Bourgogne , chambre des Comptes, Registre VIIe, fol. 14.) Il mourut avant le 6 février 1571, comme en fait foi l'acte de mariage d'Élisabeth, sa fille, en date dudit jour. Il avait epousé Jeanne Richard de Béligny.

- Les provisions de gouverneur de Bourgogne pour le duc de Mayenne furent siguées le 17 mars 1573. (Traité de la chambre des Comptes de Dijon, par Hector Joly ; Dijon, 1653, in-fol., p. 108.)

Description générale et particulière du duché de Bourgogne, par fourtoper et Béguillet, 1777,1.1, 280; II, fig.

de 1589, la faction, bientôt, fut maitresse ouvertement dans ces quartiers', son venin y ayant infecté tous les ordres, les échevins d'abord, les officiers de la cité, mais plus qu'eux tous le vicomte maïeur Jacques de La Verne. Il devait même à cause de cela être, au mépris de toutes les règles, maintenu six années durant dans cel office, où, avec un zèle infatigable, il servait la Ligue, dont il finit par être la victime, pour avoir, avec le temps, reconnu sa faute et voulu revenir au devoir?. Dans le parlement même, la plupart n'ayant pas su s'en défendre ", Jacques Bossuet , commissaire aux requêtes, indigné d'une telle défection, avait des premiers fui la cité rebelle. Son beau-père, le vénérable Claude Bretagne, conseiller *, son beau-frère, Antoine Bretagne (fils de Claude), commissaire aux requêtes, avaient, comme lui, « les fleurs de lis gravées bien avant dans le cœur. » Prompts, aveclui, à sortir de Dijon, aussitôt que dans cette ville la faclion eut jeté le masque, abandonnant leurs

' Palma Cayet, chronologie novenaire, année 1589.

> Palma Cayet, chronologie novenaire, année 1594. (Collection Petitot, 2 série , t. XLII, 371.) Description générale et particulière du duché de Bourgogne, par Courtépée et Béguillet, 1775, in-12, t. I, 281.

3 Mémoires de Guillaume de Saulx de Tavanes , collection Petitot, ire série, t. XXXV, 330 et suiv.

4 Claude Bretagne, né à Dijon le 27 novembre 1523, reçu conseiller au parlement de Bourgogne le 18 juin 1555, mort le 16 août 1624. (Le Parlement de Bourgongne, par Pierre Palliot ; Dijon, 1649 in-fol.) Il avait écrit sur la coutume de Bourgogne. (Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, par Papillon, article : Bretagne (Claude) t. I, 104.) Le 18 avril 1579, contrat de mariage entre noble homme Jacques Boussuet, commissaire aux requêtes du palais, à Dijon (fils d'Antoine Boussuet, en son vivant auditeur en la chambre des Comptes , à Dijon) et demoiselle Claude Bretaigne , fille de noble Claude Bretaigne, docteur ès droits , conseiller au parlement de Bourgogne, et de demoiselle Denise Barjot.

5 Journal du règne de Henri III, par Pierre de l'Estoile, 21 janvier 3 Discours ms. sur la vie du président Frényot, déjà cité.

familles, que les ligueurs n'avaient pas manqué d'opprimer, laissant leurs biens en proie à une multitude séditieuse, avide et déchaînée, ils durent ensemble aller chercher en quelque autre partie de la Bourgogne un lieu où l'on pût servir le roi, et s'opposer fortement à la révolte.

Avec eux avaient fui le vénérable président Frémyot, très-digne père de cette exquise Jeanne-Françoise de Chantal, qu'honore aujourd'hui l'Église '; l'intrépide avocat général Millotet et d'autres membres encore du parlement, loyaux, dévoués comme eux; comme eux, résolus et prêts à tout”.

La marche de ces magistrats fidèles devait être errante quelque temps dans un pays où les factieux pul- liste de lulaient et où le parti était en force plus qu'en aucun autre lieu de France. « Ils faillirent bien souvent être pris, et ils ne pouvoient se voir deux jours sans péril '. Plusieurs, faits prisonniers par les rebelles, n'avaient pu se tirer de leurs mains qu'au moyen d'énormes rançons. Dans le château de Viteaux, réceptacle de ligueurs, où il n'avait pas craint d'aller pour le service de son roi, le président Frémyot devait, au mépris d'une

Le Parle. ment roya

Bourgogne.

* Ms. Discours historique de la vie de messire Bénigne Fremyot, président à mortier au parlement de Bourgogne. (Bibliothèque de Troyes, manuscrits, no 1070.) Le Parlement de Bourgongne, par P. Palliot ; Dijon, 1649 in-fol., p. 85. Y voir les articles : Fyot, Robelin , Baillet et autres.

Se trouvèrent siéger à Semur trente magistrats fidèles , dont sept devaient inourir pendant les six années que dura cet exil volontaire. Voir leurs noms dans la Description historique du duché de Bourgogne, par Courtépée ; Dijon, 1775, in 8", t. I, p. 492-493.

* Registre des estats tenus à Semur, en 1592, Ms. Bibliothèque de Dijon, sol, 116ivo, Le Parlement de Bourgongne, par P. Palliot, 1619, in-fol.,

P. 235.

sauvegarde, courir risque non point de la liberté seu? lement, mais de la vie, de vingt-huit gentilshommes, ligueurs forcenés, réunis là pour y ourdir des trames sinistres, s'en étant trouvé jusqu'à vingt-six acharnés à se vouloir défaire d'un adversaire si redouté, et le débat sur cela, violent autant qu'opiniâtre, ayant duré tout un jour'.

Moins nombreux de beaucoup que leurs collègues factieux, égarés ou faibles, demeurés à Dijon à la merci de Mayenne, qui s'en fit des auxiliaires et des instruments de sédition, ces séaux conseillers allaient, eux seuls, désormais être pour nos rois le Parlement de Bourgogne. Après qu'ils eurent siégé quelque temps dans le château de Thoste, demeure du président Frémyot”, des lettres patentes de mars 1589, puis d'autres de juin suivant, établirent cette cour à Flavigny en premier lieu", puis à Semur, villes dont la fidélité au roi, dont la persévérance dans le devoir étaient leur ouvrage *.

Flavigny, que les ligueurs avaient complé surprendre, ayant, par les soins de ce parlement réfugié, reçu dans

2

· Discours historique is, sur la vie du président Frémyot, is, de la bibliothèque de Troyes, n" 1050, déjà cité. Le Parlement de Bourgongne, par P. Palliot ; Dijon, 16:19, iv-lol. , p. 85. Description du duché de Bourgogne, par Courtépée et Béguillet, t. V, 452. — Mémoires touchant la vie et les écrits de la marquise de Sévigné, par Walckenaër ; Paris, Didot, 1842, 1re partie, chap. 1, p. 3.

Description du duché de Bourgogne, par Courlépée et Beguillet , t. V, 573.

3 Le parlement royaliste de Bourgogne siégca à Flavigny depuis mai 1589 jusqu'en avril 1592, époque de sa translation à Semur; où les loge. ments étaient plus commodes. (Description du duché de Bourgogne, par Courtepec, t. V, 386.)

4 Discours historique, ms déjà cité. - La Ligue en Bourgogne , ms, de la bibliothèque de Dijon , n° 444 in-fol.-Le Parlement de Bourgongne , par P. Palliot, 1649, in-fol., p. 38. — Description du duché de Bourgogne, par

Courtepir, t. IV, 189.

ses murs trois compagnies d'hommes d'armes dévoués au monarque, de leurs deniers, aussitôt les généreux magistrats avaient su procurer à cette ville de l'artillerie pour sa défense; et à eux seuls aussi allait être due la conservation de Semur'.

Tout ce que faisaient en des extrémités si pressantes Jacques Bossuet, Claude Bretagne, son beau-père, Antoine, fils de celui-ci, qui le pourrait dire? Claude Bretagne, conseiller depuis quarante années, vert et infatigable septuagénaire, fut la gloire, l'oracle du parlejent réfugié, et ses conseils, suivis toujours, étaient pour la Ligue plus redoutables que des escadrons?. Antoine, son fils, actif, intrépide, entreprenant, habile à déjouer les sinistres desseins des ligueurs, leur étant par là devenu odieux, lui seul plus que tous les autres, le duc de Mayenne en tous lieux s'emportait contre lui, le signaiant aux siens comme son ennemi capital. Désintéressés non moins que fermes dans le devoir, tous ces magistrats, une notable augmentation de gages leur ayant été spontanément assurée par des lettres patenles, devaient tenir bon à ne l'accepter pas, malgré leur gêne inimaginable ; et il fallut, sur leur ferme refus, ajourner cette mesure à des temps plus heureux'.

· Discours ms, sur la vie du président Benigne Frémyot , déjà cité. Description du duché de Bourgogne, par.Courtépée, t. V, 313 et suiv. 386 et suiv.

· Le Parlement de Bourgongne, par P. Palliot, 1649, in-fol., p. 212-213.

3 Journal ms. de ce qui s'est passé au parlement [ ligueur ] de Dijon, pendant la Ligue, par le conseiller Bruneau, p. 87-88. ( Bibliothèque de Dijon.)

* Registre des estats tenus à Semur, 20 juin 1592, fol. 116 v°. Discours du procureur général Picardet. ( Manuserits de la bibliothèque de Dijon. )

« PrécédentContinuer »