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M. H. de Juckau (26 mars); Thérèse Lambert, vaudeville en deux actes de M. Naquet (15 avril); le Mari d'une demoittlle, vaudeville en trois actes de M. A. Masquillier (îl avril); Us Calicots, vaudeville en trois actes de MM. H. Thierry et Paul Avenel (23 mai); Lord Kincester, comédie-vaudeville en un acte de M. Laurencin (31 octobre).

Bornons-nous à mentionner, sur le théâtre Déjazet, ordinairement plus fécond: le Dégel, vaudeville en trois actes de M. V. Sardou (12 avril); le Petit Journal, vaudeville en quatre actes et douze tableaux de MM. de Jallais et Najé (20 octobre) ; et le Refrain du bonheur, vaudeville en deux acles de MM. Vauvert et Leriche (18 décembre).

Des nouveaux théâtres que semblait promettre en foule la liberté d'exploitation dramatique, nous n'en avons qu'un à citer, le théâtre Saint-Germain, café concert du quartier latin, transformé en salle de spectacle pour le malheur de ses actionnaires. Pendant ses premières semaines, signalées par des désastres financiers, on a joué avec des opéras-comiques °n bouffes, deux vaudevilles en un acte, le Libre échange, de M. J. Frenet (24 novembre), et Un brigand comme on en voit peu, de M. Lemonnier (1" décembre). Il faut plus de temps pour juger des effets commerciaux et littéraires de la nouvelle loi et de l'influence de la multiplication des petits théâtres sur le goût du public et le talent des auteurs.

Nous devons, pour en finir avec le théâtre, enregistrer ici les librettos et poèmes, qui se sont produits sur nos principales scènes lyriques. La disparition de l'Année musicale, dont l'auteur est mort à la peine, a rendu à f Année littéraire le soin de marquer au moins la date d'œuvres dramatiques souvent plus importantes que nos vaudevilles, nos comédies uunos drames. Mais je ne puis donner qu'une ligne de souvenir là où le regrettable Scudo aurait consacré de beUes pages d'études.

L'Opéra est toujours d'une sobriété excessive en fait de nouveautés. Deux ballets, la Maschera, en trois actes, de MM. de Saint-Georges et Rota, musique de M. OHorza (19 février); Néméa ou F Amour vengé, en deux actes, de MM. L. Halévy et Saint-Léon, musique de M. Minkous (11 juillet) : voilà pour la danse; deux opéras, le Docteur Magnus, en un acte, de MM. Cormon et Carré, musique de M. Boulanger (9 mars); Roland à Roncevaux, en quatre actes, paroles et musique de M. A. Mermet (3 octobre): voilà pour la musique chantée.

L'Opéra-Comique a donné un peu plus de besogne aux paroliers; nous y trouvons trois opéras en trois actes et trois de moindres dimensions : la Fiancée duroide Garbe, en trois actes et six tableaux, de M. de Saint-Georges, musique de M. Auber (11 janvier); îjara, en trois actes, de MM. Cormon et Carré, musique de M. A. Maillard (20 mars); Sylvie, en un acte, de MM. Adenis et Rostaing, musique de M. Guiraud (11 mai); les Absents, en un acte, de M. Alph. Daudet, musique de M. Poise (26 octobre); le Trésor de Pierrot, en deux actes, de MM. Cormon et Trianon, musique de M. E. Gautier (5 novembre); le Capitaine Henriot, en trois actes, de MM. G. Vaéz et Victor Sardou, musique de M. Gevaert (29 décembre).

Au Théâtre-Lyrique, nous ne trouvons qu'un livret nouveau important, celui de Mireille, opéra-comique en cinq actes, de M. Carré, d'après le poème de M. F. Mistral, musique de M. Gounod (19 mars). Ajoutons-y trois opéras en un acte, l'Aleade, de M. E. Thierry, musique de M. Uzépy, Bêgayements d'amour, de MM. Najac et Deulin, musique de M. A. Grisar, et le Comin Babylas, de M. Caspers, et il ne nous restera plus, au lieu d e nouveautés, que des arranirements de célèbres partitions italiennes, Norma, Don Pasquale et Vtoletta.

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Conséquence de la liberté des théâtres. La Société l'arisicnne.

Un fait de l'histoire dramatique de 1864, qui a été plus remarqué que le succès ou l'échec de telle ou telle pièce, est la constitution d'une grande société financière pour l'exploitation d'un certain nombre de théâtres. On l'a appelée d'abord la Société Nantaise, à cause de l'origine de ses capitaux, puis elle a pris le nom de Société Parisienne. Elle réunit d'abord sous une même administration trois grands théâtres de drame, la Gaîté, la Porte-Saint-Martin et le Châtelet; elle a recueilli, au commencement de 1865, la succession difficile du Vaudeville. On parlait en même temps de l'adjonction prochaine d'une nouvelle scène à cette grande entreprise de direction dramatique, et l'on entrevoyait dès lors le jour où tous les anciens théâtres de Paris, les scènes subventionnées exceptées, seraient réunis dans une même main.

Cette concentration fait pousser des cris de terreur et soulève des protestations inutiles. Grâce à la liberté de l'exploitation dramatique, promulguée sous le nom de liberté des théâtres, la loi protège toutes les entreprises qu'elle ne prosent pas. Elle n'a pas prévu les conséquences de semblables accaparements, et ce n'est plus au pouvoir qu'il faut recourir pour les combattre, si elles sont fâcheuses. Il faut s'armer de la loi même qui les rend possibles, et chercher dans la liberté le remède contre les maux de la liberté.

Mettons les choses au pis : supposons que, grâce à l'association des capitaux, le théâtre perde sa liberté plus vite qu'il ne l'avait retrouvée; supposons que les auteurs, les acteurs et le public aient également à se plaindre de ce monopole, que la concurrence soit anéantie, que le monde dramatique entier soit placé sous les fourches caudines d'une administration toute-puissante, que tous les genres soient sacrifiés à la mode et au succès, que l'art, s'il ne fait pas recette, soit abandonné pour les pièces de métier et les exhibitions populaires. La réaction naîtra du mal même, et, ce qui est à considérer, la liberté qui aura permis l'abus, offrira à l'initiative individuelle ou collective les moyens de le détruire. Lorsque le mal, au contraire, a une sanction légale et officielle, on ne voit plus sur quoi l'on pourra s'appuyer pour le combattre. Sous un régime libre, ceux qui souffrent des excès des puissants peuvent se les imputer à eux-mêmes, puisqu'il dépend d'eux de les faire cesser. Il en est alors du théâtre comme du gouvernement, chaque époque a celui qu'elle mérite.

Bibliographie dramatique. Thêdtre d'Alexis de Comberousse'.

On se figure difficilement ce que la consommation annuelle des théâtres de Paris dévore de pièces et ce qu'elle absorbe des forces vives de l'intelligence française. Que d'efforts, que de talent dépensés pour amuser une génération , et combien la reconnaissance publique en garde peu de souvenir I Avec quelle rapidité le temps en efface k trace ! Voici, par exemple, les deux frères de Comberousse, qui ont été entraînés par une véritable vocation, du barreau et de l'administration vers le théâtre. Fils d'un juriste distingué du premier Empire, qui, entre deux plaidoiries ou entre deux consultations, sacrifiai t aux muses et mettait le Code

1. Hachette et C", 3 vol. gr. U>8 à 2 colonnes.

.Napoléon en vers français, ils ont été piqués tous deux de la tarentule dramatique, et ils ont écrit tous deux des tragédies et des drames, des pièces satiriques et des vaudevilles. Tous deux ont été loués, applaudis à leur jour, puis ensevelis, encore vivants, dans le vaste linceuil de l'oubli. Lorsque l'ainé, Hyacinthe Comberousse, mourait il y a huit ans, qui se souvenait qu'il avait fait représenter au ThéâtreFrançais, par Mlle Duchesnois, une tragédie sacrée, Judith, et à l'Odéon une amusante comédie, le Présent du prince? Qui se rappelait le titre des pièces politiques qui l'avaient mis aux prises avec la censure sous la Restauration?

Alexis de Comberousse est mort plus récemment, en 1862. Il a écrit pour le théâtre presque jusqu'à nos jours; il a été depuis 1850 le collaborateur de vaudevillistes encore vivants et en activité de service. Se souvient-on néanmoins qu'il était, il y a une trentaine d'années, l'un des plus féconds et des plus heureux auteurs dramatiques de Paris ? Il ne compte pas moins de quatre-vingts ouvrages: des drames, des comédies, quelques opéras-comiques, des vaudevilles surtout. Parmi ses drames, où les droits de la littérature n'étaient pas encore sacrifiés aux fantaisies du « grand spectacle, » on a remarqué, vers 1830, l'Incendiaire, les Frères Faucher, le Cocher de fiacre, te Fou, l'Abolition de la peine de mort, etc. Une seule de ses comédies fut jouée aux Français, l'Espion du Mari, mais il en a donné au Gymnase quinze marquées au meilleur coin du temps. Il régnait au Vaudeville. Il a aussi écrit, avec Bavard, Frétillon, pour Mlle Déjazet, alors au Palais-Royal, et ce fut un des plus grands snccès de l'actrice et du théâtre. Avec divers collaborateurs en renom, Alexis de Comberousse a fourni des rôles heureux aux meilleurs artistes de sen temps, à Léontine Fay, à Bouffé, à Mme Doche, à Lafont, à Jenny Colon, à Vernet, a Legrand, à Provost, a Bocage, à Frédéric-Lemaître, à Mme Dorval.

Une cinquantaine de ses pièces les mieux accueillies, réu

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