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VERNHELL (Félix de), auteur de publications archéologiques. VIAN Victor), auteur de poëmes satiriques publiés à Marseille

sous le nom de la Gorgora. VIEL-CASTEL (comte Horace de), petit neveu de Mirabeau, poëte,

romancier, historien, critique d'art, auteur de volumes divers et nombreux, dont les plus récents sont surtout relatifs à la

Révolution française. WATRIPON (Antonio), romancier.

Voici ensuite, dans l'ordre chronologique suivant lequel elle a été relevée dans la plupart des journaux, la liste sommaire des journalistes morts dans l'année. Plusieurs des noms compris ici figurent déjà, à d'autres titres, dans la liste précédente.

DE Coux, ancien rédacteur de l'Union.
PERRODEAUD, ancien rédacteur de la Presse.
LE SOURD, directeur de la Gazette des Hôpitaux.
ORTAIRE-FOURNIER, ancien journaliste.
BERNARD, rédacteur du Journal de Montbrison.
A. BOURROUX, rédacteur du Glaneur de l'Allier.
MERKLEN, fondateur de la Feuille d'annonces de Thann.
JULES LECOMTE, rédacteur en chef du Monde illustré.

CHARLES BRAINNE, ancien rédacteur de la Presse et de l'Opinion nationale.

AMÉDÉE AUPAUVRE, ancien rédacteur de plusieurs journaux de départements.

FIORENTINO, critique musical.

AUGUSTE DUPOTY, ancien rédacteur en chel du Journal du Peuple.

BAPTISTIN POUJOULAT, collaborateur de l'Union.
GEORGES AZEMA, rédacteur du Nouveau Colon.

EUGÈNE TANDONNET, l'un des fondateurs, en 1848, de la Tribune, de la Gironde.

COUPART, l'un des fondateurs de la Semaine religieuse.

TIMON-DAVID, ancien rédacteur en chef du Courrier du Midi et du Courrier du Gard, 71 ans.

HACHETTE LOUIS, éditeur, fondateur de la Revue de l'instruction publique, du Manuel général de l'instruction primaire, de l'Ami de l'Enfance, etc.

GUYOT DU REPAIRE, ancien collaborateur de la Gazette et du Mémorial de l'Ouest.

HORACE DE VIEL-CASTEL, rédacteur du feuilleton dramatique du journal la France.

CHARLES REYBAUD, ancien rédacteur en chef du Constitutionnel, un des collaborateurs du Moniteur universel.

Scudo, critique musical.
LAMBOROT, propriétaire-rédacteur de l'Echo du Charolais.
BOUCHET, directeur de la Semaine religieuse.
CAZENEUVE, ancien journaliste.
CARRÈRE, propriétaire-gérant du Journal de l'Aveyron.
PRA, ancien rédacteur-gérant du Courrier de Rouen.

EDMOND ROBINET, ancien rédacteur en chef de la Revue de l'instruction publique.

LUDOVIC CHAPPLAIN.
BEROD, rédacteur en chef des Annales de la Propagation de la

Foi.

GERSON LÉVY, ancien gérant de l'Indépendant à Metz.

PAUL GUICHENNÉ, réfugié en Espagne depuis le 2 décembre 1851, correspondant du Siècle.

DIEUDÉ, ancien gérant de la Quotidienne.
CHANOINE, gérant du Progrès de Lyon.
ROUSSEL LOREMBERT, collaborateur de la Patrie.

Parmi les écrivains les plus célèbres que la nécrologie littéraire de l'année compte à l'étranger, il en est un rendu populaire en France par la traduction de ses œuvres, c'est le romancier anglais William-Makepeace Thackeray, mort subitement au commencement de janvier. Sa mort a été l'occasion de quelques études importantes dans les revues littéraires et de notices plus ou moins étendues dans tous les journaux. Plusieurs de ces notices ont fait des emprunts au Dictionnaire des Contemporains dont nous croyons ne pouvoir mieux faire que de reproduire ici l'article.

THACKERAY (William-Makepeace), célèbre romancier anglais, né en 1811, à Calcutta, est fils d'un employé au service civil de la Compagnie des Indes. Envoyé fort jeune en Angleterre, il fit son éducation à l'École de Charterhouse, passa un semestre à Cambridge, où il ne concourut pour aucun grade universitaire, et alla étudier la peinture à Rome; à cette époque, il menait la vie d'un homme à la mode. Son père ayant, après 1830, essayé de créer à Londres un journal quotidien, the Constitutional, d'opinions très-libérales, il y débuta comme écrivain; mais l'entreprise ruina son fondateur, qui se retira à Boulogne-sur-Mer. Jeté par un concours de circonstances malheureuses dans la carrière des lettres, il dut demander à sa plume et à son crayon des moyens d'existence. Dessinateur habile et écrivain plein de verve, il faisait à la fois des articles satiriques pour les feuilles radicales et des caricatures pour les éditeurs d'estampes.

Parmi les recueils du temps, ce fut principalement dans le Fraser's Magazine qu'il réussit à conquérir une certaine notoriété par la variété autant que par l'abondance de sa collaboration ; essais critiques, nouvelles, esquisses de meurs, il y écrivit à peu près de tout pendant plusieurs années. Son pseudonyme habituel était Michel-Ange Titmarh, sous lequel il a donné : Our wives, Yellow plush papers, Paris sketch-book (1840); Rebecca and Rowena, Journey from Cornhill to Grand Cairo, Irish sketchbook (1842); the Second funeral of Napoléon, Chronicle of the Drum ; etc. La plupart de ces productions légères, accompagnées de dessins, ont été recueillies plus tard sous le titre de Mélanges (Miscellanies ; 1855-1856, 2 vol. in-80), et l'on y trouve en germe l'observation sagace, l'esprit vif, le trait brillant, la gaieté satirique et l'humeur raisonneuse. C'est le Punch, dont il a été longtemps le principal rédacteur, qui a fait à ses articles et à ses charges un commencement de popularité; il y a publié la série de caricatures et d'esquisses, intitulée : le Livre des Snobs (Snob papers; traduction française, 1856), spirituelle satire des préjugés du monde, surtout de ce trait du caractère anglais, l'idolâtrie hiérarchique. Dès ce moment, il prit place dans la critique avec la même autorité que l'avaient fait avant lui Addison et Steele, en se servant des mêmes procédés. Rapportons encore à cette manière amusante et philosophique tout à la fois : le Diamant des Hoggarty (the Great Hoggarty diamond), récit plein de sympathie et de bonhomie enjouée, Mrs Perkins ball, Our street, etc.

En 1847, M. Thackeray fit enfin paraitre, sous son véritable nom, la Foire aux vanités (Vanity fair; 3 vol. in-8°; trad. française, 1854, in-18), ouvrage rempli de tableaux et de caractères variés, et qui plaça d'emblée l'auteur au premier rang des romanciers de l'Angleterre. Il a brillamment soutenu sa réputation dans les cuvres suivantes : Pendennis (1850, 3 vol. in-89), que l'on prétend etre le roman de sa vie; Henry Esmond (the History of H. Esmond; 1852, 3 vol. in-8°); les Newcomes the Newcomes; 1853-1854, 3 vol. in-8°), et les Souvenirs de Barry Lindon (Memoirs of Barry Lindon, Esq.; 1856, in-12), sorte d'autobiographie d'un parvenu irlandais. En 1851, il fit une heureuse excursion dans la critique littéraire et donna un cours de lectures, repris par lui en 1852 avec succès, dans quelques grandes villes des Etats-Unis, ce cours parut sous le titre : les Humoristes anglais du xville siècle (1851, in-80; 2e édit., 1853). En 1855, il en avait commencé un autre sur le temps et les hommes de Georges IV. Plusieurs des ouvrages précédents, traduits en français, font partie de la Bibliothèque des meilleurs romans étrangers.

Cet écrivain, qui, avec M. Charles Dickens, a acquis dans le roman une célébrité européenne, a des qualités de premier ordre dont quelques critiques lui ont reproché de ne pas tirer assez complétement parti : une heureuse facilité, la grande veine satirique des maîtres du genre, la verve britannique si incisive dans son calme étudié, l'observation minutieuse et impitoyable du trait, et parfois une touche délicate. Quant au style, peu de romanciers peuvent lui être comparés : il a le tour leste et vil, sa phrase est nette et limpide, et son élégance est le plus souvent sans recherche.

Honneurs funèbres rendus au poëte Jasmin. - Souvenirs et regrets

laissés par l'éditeur L. Hachette.

Si notre époque s'est vu accuser avec quelque justice d'indifférence pour la poésie elle-même, on ne lui reprochera pas son ingratitude pour les poëtes qui, en dépit de celle indifférence, sont parvenus à sortir de la foule, et ont charmé par leurs vers les loisirs de notre active et prosaïque existence. On se rappelle encore que, sous des influences, il est vrai un peu étrangères à la poésie, le chansonnier Béranger fut enterré comme un maréchal de France. Aujourd'hui, la double mort de Reboul le poëte boulanger de Nîmes, et

de Jasmin le perruquier poëte d’Agen, a été un deuil pour le Midi. Des honneurs publics ont été rendus à leur mémoire. Les funérailles de Jasmin en particulier ont eu lieu dans une petite ville avec une pompe qui rappelle les hommages rendus par le peuple anglais à ses grands écrivains dans Westminster.

Voici, d'après le Moniteur du soir du 10 octobre, comment on enterre un poëte populaire au dix-neuvième siècle.

« Les funérailles de Jasmin ont eu lieu, vendredi 7 octobre, à dix heures du matin, à Agen , au milieu d'un immense concours d'assistants. Toute la ville était sur pied pour faire au poëte une solennelle conduite au champ du repos.

« L'administration munipale d’Agen, s'inspirant du sentiment public, avait décidé de prendre à sa charge les frais des obsèques.

« La cérémonie a été belle et imposante. Le deuil était général et sincère.

« Toutes les autorités et les principaux fonctionnaires présents à Agen étaient réunis autour des chères dépouilles.

« A l'heure annoncée, la levée du corps a été faite, et le cortege s'est mis lentement en marche. Sur le cercueil, avaient été placées la couronne d'or offerte naguère à Jasmin par ses compatriotes, sa croix de chevalier de la Légion d'honneur et celle de Saint-Grégoire-le-Grand. La compagnie des sapeurs-pompiers et un détachement de troupe de ligne, commandé par un officier, formaient la haie.

« En avant du char marchaient, tenant les cordons du drap funèbre, M. le préfet de Lot-et-Garonne ; M. Henri Noubel, député au Corps législatif et maire d’Agen ; M. le général Ressayre, commandant la subdivision militaire ; M. Bouet, président de la chambre à la cour impériale ; M. de Lafforce, ingénieur en chef en retraite, et M. Magen, secrétaire perpétuel de la société d'agriculture, sciences et arts.

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