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Sévigné, c'est spécialement celle du monde, du commerce or* dinaire; mais telle que l'avait faite, à une époque mémorable, le progrès de la politesse sociale et du développement littéraire; ajoutons, avec ce cachet particulier que lui imprimaient, sous la main d'une femme, rivale inattendue des plus heureux génies, le naturel passionné des sentiments et des idées, la souplesse d'une pensée tour à tour affectueuse ou maligne, haute ou familière, grave ou enjouée, une imagination enfin que tout eicitait, et qui prêtait à tout de l'intérêt et de la vie.

Étudier à ce point de vue, dans sa longue durée, qui embrasse une notable partie du dix-septième siècle, de 1648 à 1696, l'admirable correspondance de Mme de Sévigné; y choisir, en se conformant au texte récemment rétabli par la critique, en suivant dans ses citations l'ordre chronologique des lettres, les eipressions et les tours, propres à notre langue, qu'un si heureux emploi semble avoir rendus plus français encore: caractériser, dans un travail à part, introduction du Lexique, cette originale manière d'user d'un fonds commun à tous, voilà la tache nouvelle à laquelle l'Académie convie les philologues curieux surtout de notre langue et de son histoire.

Le prix sera une médaille d'or de la valeur de quatre mille Irana.

Les ouvrages envoyés à ce concours devront être déposés au secrétariat de l'Institut, avant le 1er mai 1866, terme de rigueur.

Priœ fondés par feu M. le baron Gobert. — A partir du 1" janvier 1865, l'Académie s'occupera de l'examen annuel relatif aux prix fondés par feu M. le baron Gobert pour le morceau le plus éloquent d'Histoire de France, ou pour celui dont le mérite en approchera le plus.

L'Académie comprendra dans cet examen les ouvrages nouveaux sur l'histoire de France, qui auront paru depuis le 1"janvier 1864. Les concurrents devront déposer au secrétariat de l'Institut trois exemplaires de leur ouvrage avant le l"janvier 1865.

Les ouvrages précédemment couronnés conserveront les prix annuels, d'après la volonté expresse du testateur, jusqu'à déclaration de meilleurs ouvrages.

Prix fondé par AI. le comte de MaïUè-Latour-Landry. — Le prix institué par feu M. le comte de Maillé-Latour-Landry en faveur d'un écrivain ou d'un artiste sera, dans les conditions de la fondation, décerné par l'Académie, en 1866, à l'écrivain dont le talent, déjà remarquable, méritera d'être encouragé à suivre la carrière des lettres.

Prix fondé par feu M. Bordin. — La fondation aunuelle de trois mille francs instituée par feu M. Bordin, et dont l'emploi, sous la forme d'un prix unique, a eu lieu pour la première fois en 1856, sera spécialement consacrée à encourager la haute littérature.

Ce p/ix, n'ayant pas été décerné dans la présente année, reste disponible pour le prochain concours, indépendamment du prix de môme fondation et de même valeur qui appartient à l'aunée 1865.

Soit que l'Académie dispose de ce prix en faveur d'un ouvrage publié dans les deux années ou dans l'année précédente, et remarquable, quels qu'en soit l'objet ou la forme, par l'étendue des connaissances littéraires et le talent d'écrire;

Soit que, dans d'autres cas préalablement annoncés, l'Académie ait jugé convenable de proposer le sujet même du prix par la mise au concours d'une question d'histoire ou de critique littéraire empruntée soit à l'antiquité, soit aux temps modernes;

Pour la prochaine application du prix, en 1865, l'Académie statuera exclusivement par l'examen comparatif des ouvrages imprimés dans les deux années précédentes, qui lui paraîtraient rentrer dans les conditions indiquées ci-dessus, et dont l'envoi à trois exemplaires lui aurait été adressé par les auteurs avant le 1" janvier 1865.

Prix fondé par feu, M. Lambert. — L'Académie a décidé que le revenu annuel de cette fondation serait, dans les limites de la pensée du testateur, convenablement affecté, cette aunée, à tout homme de lettres, ou veuve d'homme de lettres, auxquels il serait juste de donner une marque d'intérêt public.

Prt'x fondé par feu M. Achille-Edmond Halphen. L'Académie décernera, pour la troisième fois, en 1866, le prix trieunal de quinze cents francs, fondé par feu M. Achille-Edmond Halphen, et se composant des arrérages de trois années d'une rente de cinq cents francs, pour être attribué à l'auteur de l'ouvrage que, selon les termes de l'acte de fondation, l'Académie jugera à la fois le plus remarquable, au point de vue littéraire ou historique, et le plus digne, au point de vue moral.

Les ouvrages adressés pour ce concours devront être envoyés avant le Ier janvier 1866. Les concurrents devront en déposer trois exemplaires au secrétariat de l'Institut.

Conditions pour tous les concours de l'Académie. — Les ouvrages manuscrits destinés à concourir aux divers prix devront être déposés ou adressés, francs de port, au secrétariat de l'Institut, avant le terme prescrit, et porter chacun une épigraphe ou devise, qui sera répétée dans un billet cacheté joint à l'ouvrage, et contenant le nom de l'auteur, qui ne doit pas se faire connaître. Si quelque concurrent manquait à cette dernière condiion, son ouvrage serait exclu du concours.

Les concurrents sont prévenus que l'Académie ne rendra aucun des manuscrits qui auront été envoyés aux concours, mais les auteurs auront la liberté d'en faire prendre des copies, s'ils en ont besoin.

Académie des inscriptions et belles-lettres. — Voici le tableau résumé des prix décernés ou proposés par l'Académie des inscriptions et belles-lettres dans sa séance du 5 août 1864.

Ont été décernés:

Antiquités de la France. — L'Académie décerne la première médaille à M. Henri Lepage, pour son Pouillé du diocèse de Toul, rédigé en 1412, publié pour la première fois d'après la copie conservée à la Bibliothèque impériale. 1 vol. in-8°, 1863, et pour ses autres ouvrages sur l'histoire de la Lorraine.

La deuxième médaille à M. Arthur Forgeais, pour sa Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine. 3 vol. in-8°, 18611864.

La troisième médaille à M. Edouard Fleury, pour ses Manuscrits à miniature de la bibliothèque de Luon, étudiés au point de vue de leur illustration, 2 vol. in-4°, 1863.

Des mentions honorables sont accordées:

1° A M. du Fresne de Beaucourt, pour son édition de la Chronique de Mathieu d'Escouchy. 2 vol. in-8°, 1863.

2° A M. Champion, pour son ouvrage intitulé : Les Inondations en France, depuis le sixième siècle jusqu'à nos jours. 5 vol. in-8°, 1861-1863.

3° A M. Potier de Courcy, pour son Nobiliaire et armoriai de Bretagne. 3 vol. in-4% 1862.

4° A M. Macé, pour son Mémoire sur la géographie du Douphiné et de la Savoie avant et pendant la domination romaine. In-8°, 1863.

5° A M. Morin, pour sa Dissertation sur la légende Virgini pariturse. In-8°, 1863.

6° A M. Tuetey, pour ses Recherches sur les chartes communales de la Franche-Comté et en particulier sur celle de Montbéliard.

Prix de numismatique. — Le prix de numismatique (fondation de M. Allier de Hauteroche) est décerné à M. Maximin Deloche, pour son ouvrage intitulé : Description des monnaies mérovingiennes du Limousin. 1 vol. in-8°, 1863.

Prix fondés par le baron Gobertpour le travail le plus savant et le plus profond sur l'histoire de la France et les études qui s'y rattachent. — L'Académie décerne le premier de ces prix à M. d'Arbois de Jubainville, pour son Histoire des ducs et des comtes de Champagne. 5 vol. in-8°, 1859-1863.

Le second prix à M. Vallet (de Viri ville), pour Y Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque. 2 vol. in-8°, 18621863.

Prix fondé par M. Bordin (ancien notaire). — L'Académie avait proposé en 1862, pour sujet du prix qu'elle devait décerner en 1864, la question suivante:

« Rechercher l'âge et les origines des ouvrages et des fragments qui nous sont parvenus sous le nom d'Hermès Trismégiste. Donner une nouvelle traduction, latine ou française, de ces textes, en les éclairant par les documents grecs, tels que les livres attribués à Plutarque sur Isis et Osiris, à Iamblique sur les mystères des Égyptiens, par les fragments de doctrines égyptiennes épars dans divers auteurs; enfin par les résultats que l'on peut considérer comme acquis à la science dans l'étude des monnaies hiéroglyphiques. »

Trois mémoires ont été déposés au secrétariat de l'Institut.

L'Académie partage également le prix, de la valeur de 3000 francs, entre M. Louis Ménard, docteur es lettres, anteur du mémoire inscrit sous le n° 3.

Et M. Fè,lix Robiou, docteur es lettres, professeur d'histoire au lycée de Napoléonville, auteur du mémoire n° 1.

L'Académie avait prorogé jusqu'à 1864 le terme de concours sur la question suivante:

« Faire connaître, d'après les textes publiés ou inédits, lesquels de nos anciens poèmes, comme Roland, Tristan, le Vieux Chevalier, Flore et Blanche/leur, Pierre de Provence et quelques autres, ont été imités en grec depuis le douzième siècle, et rechercher l'origine, les diverses formes, les qualités ou les défauts de ces imitations. »

Elle a décerné le prix, de la valeur de 3000 francs, à l'auteur du seul mémoire envoyé au concours, M. Gidel, agrégé, docteur ès lettres, professeur au lycée Bonaparte.

L'Académie des inscriptions et belles-lettres propose pour les concours de 1865 et 1866 les sujets suivants:

L'Académie rappelle d'abord qu'elle a mis au concours, pour l'année 1865, la question suivante:

t Déterminer la date et la valeur des différents textes de la chronique de Froissart. Distinguer ce qui appartient en propre à cet historien; indiquer les emprunts qu'il a faits à ses devanciers et les interpolations ou les remaniements que son œuvre a pu subir. »

Elle proroge de nouveau, jusqu'à 1866, le terme du concours sur la question suivante:

< Rechercher les plus anciennes formes de l'alphabet phénicien; en suivre les propagations chez les divers peuples de l'ancien monde; caractériser les modifications que ces peuples y introduisirent afin de l'approprier à leurs langues, à leur organe vocal, et peut-être aussi quelquefois en le combinant avec des éléments empruntés à d'autres systèmes graphiques. . — Voyez ci-dessous : Prix ordinaire.

Elle proroge également, jusqu'à 1866, le terme du concours sur la question proposée pour 1864 et modifiée par la rédaction suivante:

t Etudier les formes du culte public et national chez les Romains; en décrire les principales cérémonies, et en faire ressortir le véritable caractère par la comparaison des textes et des monuments figurés. »

L'Académie propose pour sujet du prix annuel à décerner en 1866 la question nouvelle qui suit:

« Explication théorique et catalogue descriptif des stèles anti

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