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CHRONIQUE.

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Nécrologie littéraire de l'année 1865.

Nous ne trouvons à extraire des nécrologies générales de l'année, que les noms suivants, comme appartenant aux différentes branches de la littérature:

Bazancourt (César, baron de), auteur de quelques romans et d'une série d'ouvrages historiques sur nos dernières expéditions militaires, en Crimée, en Italie, en Chine : ces dernières publications étaient le résultat de missions officielles. — Il était né en 1810.

Bertin (Maurice),rédacteur, pour la partie judiciaire, du7ournal des Débats.

Camus, secrétaire de la rédaction du Journal des Débats.

Defacconpret (Charles-Auguste), ancien directeur du collége de Sainte-Barbe; plusieurs journaux l'ont confondu, dans leurs notices nécrologiques, avec son père le célèbre traducteur de Walter Scott. Outre sa collaboration à un certain nombre des traductions paternelles, il a publié personnellement celles des voyages de Christophe Colomb, par Washington Irving et de plusieurs voyages anglais. — Il était né en 1797.

Denne-baron (René-Dieudonné), auteur de travaux biographiques et historiques sur la musique et les musiciens, notamment d'une Histoire de la musique en France, insérés dans Patria. — Il était né en 1804.

Dumanoir (Philippe-François Pinel), auteur dramatique trèsfécond, et qui a écrit les meilleurs rôles de Mlle Déjazet. On peut rappeler les Vieux péchés (1833), Us Premières armes de Richelieu, Indiana et Charlemagne, le Camp des Bourgeois», Don César de Bazan, les Toilettes tapageuses, le Gentilhomme pauvre, tes Drames du cabaret. (1864). — 11 était né en 1806.

Dupeuty (Désiré-Charles), l'un de nos plus féconds vaudevillistes. Sa première pièce fut le Hussard de Felsheim (1827). 11 a fait quelques bonnes parodies. — Il était né en 1798.

Dupin (André-Marie-Jean-Jacques), ou Dupin aîné, avocat et jurisconsulte, publiciste fécond, ancien président de l'Assemblée nationale, procureur général à la Cour de cassation, membre de l'Académie française, sénateur, etc.; auteur d'innombrables publications, parmi lesquelles nous avons à citer : le Procès du Christ (1828), le Morvan, ses Mémoires, les Travaux académiques. Son dernier écrit a été un discours contre le Luxe effréné des femmes. — Il était né en 1783.

Duveymer (Aimé-Honoré-Joseph), connu au théâtre sous le pseudonyme de Mélesville et le plus assidu collaborateur de Scribe. Le nombre de leurs comédies, de leurs vaudevilles et de leurs livrets d'opéras, est considérable : il a aussi collaboré avec Brazier, Bayard, Carraouche, Xavier, M. Léon Laya, son frère, Charles Duveyrier, etc. — Il était en 1787.

Géruzez (Nicolas-Eugène), ancien professeur, puis secrétaire de la faculté des- Lettres de Paris, auteur d'un certain nombre de livres pour les classes et de travaux d'histoire et de critique littéraires couronnés par l'Académie française. — 11 était né en 1799.

Héquet (Gustave), journaliste et critique musical, auteur d'une étude historique sur Mme de Maintenon, et de quelques livrets d'opérettes. — Il était né en 1803.

Huart (Louis), littérateur et journaliste, longtemps rédacteur en chef du Charivari, l'inventeur de ces petites physiologies qui eurent tant de succès vers 1840, principal collaborateur de la Galerie de la presse, de Ut littérature et des beaux-arts. — 11 était né en 1813.

Jacques (Amédée), ancien professeur de philosophie à Versailles et à Paris, directeur de la Liberté de penser, en 1847, destitué en 1851, réfugié à Montevideo puisa Buénos-Ayres, auteur de plusieurs ouvrages philosophiques distingués. — 11 était né en 1813.

Laqueuille (Edmond, marquis de), collaborateur et directeur des Beaux-Arts, revue nouvelle.

Larcher, compositeur typographe, auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur lesquels sa mort a appelé l'attention.

Laya (Charles), journaliste, collaborateur du Siècle.

Leclerc (Joseph-Victor), doyen de la Faculté des lettres de Paris depuis 1832, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1834, haut dignitaire de l'Université. Auteur de savants mémoires, éditeur de divers ouvrages annotés, traducteur des Œuvres complètes de Cicéron. 11 était né en 1787.

Lefrançois (A.), journaliste, rédacteur du Temps.

Marcellus (Lodoys Demartin du Tyrac, comte de), ancien diplomate, auteur de divers ouvrages sur l'Orient et surtout des Chants populaires de la Grèce, et de deux livres d'études et de souvenirs sur Chateaubriand. —Il était né en 1795.

Menou (Antony de), auteur de plusieurs romans formant une série restée inachevée. Il s'est éteint, encore jeune, d'une maladie de poitrine.

Parent (P.-C), journaliste, rédacteur du Courrier artistique, secrétaire de l'Exposition nationale des Beaux-Arts.

Proudhon Pierre-Joseph), célèbre publiciste, auteur des fameux pamphlets : Qu'est-ce que la propriété? du Système des contradictions économiques, des Idées révolutionnaires, des Confessions d'un révolutionnaire, de la Justice dans la Révolution et dans l'Eglise, qui lui valut trois ans de prison, de la Thèotie de l'impôt, et de tant d'autres publications. Un de ses livres posthumes, les Évangiles annotes ont encore tté aussi condamnés. — Il était né à Besançon en 1809.

Quêrahd (Joseph-Marie), célèbre bibliographe, auteur de la France littéraire, des deux premiers volumes de la Littérature française contemporaine, des Supercheries littérairea voilées, etc. Ses importants travaux le laissèrent dans une existence précaire. 11 fut tardivement décoré de la Légion d'honneur, deux mois avaut sa mort. — Il était né en 1795.

Saintine (Joseph-Xavier Boniface), romancier et vaudevilliste, auteur de Picciola (1836), de Seul! de la Seconde vie, etc; collaborateur au théâtre, sous son prénom de Xavier, de Scribe, Ancelot, Carmouche, Varin. — Il était né en 179S.

Viard (Jules), journaliste, ancien rédacteur du Corsaire, du Représentant du peuple, etc.

8

Concours et prii académiques.

Académie française. — L'Académie française a tenu le jeudi, 3 août, sa séance publique annuelle, sous la présidence de M. Sainte-Beuve, directeur.

La séance a été ouverte par le rapport du secrétaire perpétuel sur les concours.

Voici le programme des prix décernés:

Prix de poésie. L'Académie a décidé que le prix de poésie de 1865, ayant pour sujet: Vercingétoriœ, ne serait pas décerné.

Une mention très-honorable, à laquelle est attribuée une médaille de 1000 francs, prélevée sur la valeur du prix, a été accordée à la pièce de vers inscrite sous le n° 97, portant pour épigraphe:

Vercingétorix avait trop de patriotisme pour devoir son élévation à l'avilissement de son pays, trop de fierté pour l'accepter des mains de l'étranger. (Amédée Thierry. — Histoire des Gaulois-)

dont l'auteur est M. Delphis de la Cour.

PRIX MONTYON.

Prix destinés aux ouvrages les plus utiles aux mœurs. — L'Académie française a décerné trois prix de 2500 francs: à M. Fustel de Coulanges, auteur d'uu ouvrage intitulé : la Cité antique, étude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome, 1 vol. in-8; à M. E. Caro, auteur d'un ouvrage intitulé: l'Idée de Dieu et ses nouveaux Critiques, 1 vol. in-8; à M. C. Martha, auteur de l'ouvrage intitulé : les Moralistes sous l'empire romain, philosophes et poètes, 1 vol. in-8.

Deux médailles de 2000 francs : à M. le comte de Champagny, auteur d'un ouvrage intitulé : les Antonins,Z vol. in-8; à M. Antoine Campaux, pour le recueil de ses poésies intitulé: les Legs de Marc Antoine. 1 vol. in-8.

Trois médailles de 1500 francs : à M. l'abbé Eugène Bernard, auteur d'un ouvrage intitulé : les Voyages de saint Jérôme, sa vie, ses œuvres, son influence, 1 vol. in-8; à M. L. Crouslé, auteur d'un ouvrage intitulé : Lessin'g et le Goût français en Allemagne, 1 vol. in-8; à M. Michel Masson, auteur d'un ouvrage intitulé: la Gerbée, contes à lire en famille, 4 vol. in-1'2.

PRIX EXTRAORDINAIRE PROVENANT DES LIBERALITES
DE M. DE MONTYON.

L'Académie avait proposé pour sujet d'un prix de 3000 fr., à décerner en 1863, la question suivante:

i De la nécessité de concilier, dans l'histoire critique des lettres, le sentiment perfectionné du goût et les principes de lu tradition avec les recherches érudites et l'intelligence historique du génie divers des peuples. »

Elle ne décerna pas le prix et maintint la question au concours, pour 1865.

En 1865, l'Académie a décidé de nouveau qu'il n'y avait pas lieu de décerner le prix, mais elle a accordé des mentions honorables à deux Mémoires distingués par elle dans le con

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