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une certaine influence sur son mouvement, par l'augmentation qu'ils apportent dans l'intérieur des villes, au prix d'un grand nombre de marchandises.

L'origine des droits d'octroi paraît remonter à l'établissement même du régime municipal. Ces taxes ne furent pas d'abord permanentes; elles étaient temporairement autorisées et établies pour couvrir quelques dépenses extraordinaires (1).

Ces droits ne pouvaient être établis que par la majorité de l'assemblée des Cent-Trente; et, comme de nos jours, ils portaient sur quatre divisions d'objets de consommation : les boissons et liquides, les comestibles, les combustibles, les fourrages et matériaux.

Liquides.

Les droits sur les vins, appelés droits d'échats et don gratuit, étaient perçus comme suit : Vins bordelais, 5 liv. 5 sous par barrique. Don gratuit, 2 liv. 12 sous 6 deniers par barrique. Vins du haut pays, 1 liv. la barrique. Bière et cidre, 10 liv. la barrique. Vin-liqueur, 10 sous le pot.

Droit sur les bestiaux appelé du pied fourché.

Bœuf, 20 liv. par tête.
Vaches, 12 liv. par tête.
Veaux, 1 sou la livre.
Moutons, 20 sous par tête.

(1) Chron. de Bordeaux, 1654.

Chèvres , 12 sous la livre.
Cochons, 7 sous la livre.

Droits sur gemmes, résines, goudron et térébenthine, nommés ' droits sur les kas. .

Kas ou barriques, 5 sous.
Tierçons, 5 sous 4 deniers.
Pains, 1 sou 4 deniers.

Barils, 1 sou.

Miel, 9 Sous. -
Charbon, 4 sous le kas.
Chevrons, 2 sous la douzaine.
Planches, 1 sou 4 deniers la douzaine.
Barres, 1 sou 8 deniers la douzaine.
Lattes , 1 sou 4 deniers la douzaine.

Droits sur les grains et farines.

Froment, 7 sous 6 deniers le boisseau.
Méture, 6 sous le boisseau.
Seigle, 4 sous 6 deniers le boisseau.
Menus grains, 3 sous le boisseau.
Son , 2 sous 6 deniers le boisseau,

Droits sur le poisson salé.

Saumons et sardines, 20 sous la barrique. Harengs, 15 sous le baril. Morue sèche, 10 sous le quintal. Poisson vert , 8 liv. le mille. Congres, 20 sous le quintal. Maquereaux et cabillauds, 10 sous le baril. Ce tarif a été perçu, à quelques modifications de détail près, pendant le XVII° et le XVIIIe siècle.

ARTICLE VI.

OBJETS PRINCIPAUX INTRODUITS DANS LE COMMERCE DE BORDEAUX PENDANT LEs xvI° ET xvII° SIÈCLEs.

Plusieurs de ces objets devinrent des éléments si importants du commerce de notre ville, qu'il est indispensable de signaler l'époque de leur introduction et les détails historiques qui s'y rattachent.

Sucre.

La canne à sucre est une plante originaire des Indes orientales; l'usage du sucre ayant été introduit en Europe par le commerce des républiques italiennes, des plantations furent établies en Égypte, en Sicile et dans quelques provinces de l'Espagne; mais le sucre ne devint un objet important de commerce qu'après la découverte de l'Amérique et du cap de Bonne-Espérance. A partir du XVII° siècle, ce fut un des négoces que les nations de l'Europe se disputèrent avec le plus de vivacité, et qui devint la base des plus grandes fortunes commerciales. Ainsi que nous le verrons, le port de Bordeaux posséda et possède encore une large part dans cet immense commerce, qui , néanmoins , ne date sérieusement

pour notre ville que des premières années du XVIIIe siècle.

Tabac. Le tabac fut introduit en France par Jean Nicot en

1560, sous le règne de François II. Nos colonies d'Amérique ne tardèrent pas à le cultiver avec succès. Pour protéger nos colons, le Gouvernement ne soumit le tabac de nos îles qu'à un droit de 2 liv. le quintal et imposa les tabacs étrangers d'un droit d'entrée de 13 liv. -

Café.

Rauwol fut le premier qui porta du café d'Orient en Europe, en 1583. Prosper Alpin découvrit en 1590 l'arbre du café en Égypte, sous le nom de boun. Ce ne fut cependant qu'en 1645 que l'on commença à en prendre en Italie. Les premiers établissements pour prendre du café furent ouverts à Londres en 1652, et à Paris en 1669 , époque où la livre de cette denrée valait jusqu'à 40 écus. En 1713, un sieur Resson, lieutenant général d'artillerie en France, donna un pied de café au Jardin des Plantes de Paris, et en 1720 un autre pied , élevé dans ce même jardin, fut transféré aux Antilles par le capitaine Declieux, qui aima mieux, pendant la traversée, endurer la soif, pour arroser et conserver ce précieux arbuste. C'est de ce pied que sont venus tous les caféiers cultivés à la Martinique, à la Guadeloupe, Saint-Domingue et les autres îles.

Cacaotier.

| Cette plante n'était pas connue avant la découverte de l'Amérique; elle croît naturellement dans la Guyane, le Venezuela, les Antilles et le Mexique. Le chocolat, qui est le produit de la fève de cacao, était une boisson très-aimée des anciens peuples du Mexique; elle fut apportée du Mexique en Espagne après la conquête de Fernand Cortez; mais l'usage n'en fut général en Europe et ne devint un objet considérable de commerce que vers la fin du XVIIe siècle.

Thé.

Quoique l'usage de l'infusion du thé soit aussi ancien en Chine que sa culture, les Européens ne l'adoptèrent que fort tard, et pour la première fois vers le milieuduXVII° siècle, par les soins de la Compagnie hollandaise des Indes-Orientales. Toutefois, le thé n'est devenu une boisson d'usage général que chez les Hollandais, les Américains et les Anglais, et quoique la consommation en France ait une certaine étendue, l'importation s'en fait presque entièrement par le commerce maritime des Anglais et des Américains.

Indigo.

L'indigo, connu depuis les temps les plus reculés, n'entra dans le commerce de l'Europe qu'après la découverte du cap de Bonne-Espérance. Défendu en France par édit de François Io et de Henri IV, on ne le voit figurer dans les cargaisons de nos bâtiments qu'au milieu du XVII° siècle.

Marchandises diverses.

Les rhums, tafias, bois de teinture américains, vanille et autres produits du nouveau monde, ne sont entrés dans le commerce et ne figurent dans les cargaisons bordelaises que vers le milieu du XVIIIe siècle. .

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