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la valeur générale des importations s'élevait à 10 millions 567,032 liv., et celle des exportations à 15 millions 207,587 liv. ; ce qui établissait en faveur de Bordeaux une balance de 4 millions 640,554 liv.

Nous devons recueillir ici le tableau des bâtiments marchands existants à cette époque dans notre port :

Noms des bâtiments Tonnage. Équipage. Voyages.

Tr0is-mâts : ·

La Reine-Marie.............. 250 tx. 22 hom. En Hollande.

La Perle....................... _100 1 4 A l'Amérique.
Le Superbe ................... 130 10 En Hollande.
Le Saint-Dominique ........ 100 4 | A Terre-Neuve.
Le Sauvage................... 130 20 Id.
Le George .................... 70 9 A l'Amérique.
Le Saint-Pierre.............. 120 18 A Terre-Neuve.
Le Marin...................... 100 46 A l'Amérique.
L'Amitié...................... 80 12 Id. -
Le Pierre ........... • • • • • • • • • . 60 4 | A Terre-Neuve.
La Sagesse.................... 100 12 A l'Amérique.
Le Saint-Jean-Baptiste .... 100 16 A Terre-Neuve.
Le Saint-Joseph ............. 70 1 4 A l'Amérique.
Le Guillaume ................ 70 8 A Gênes.
La Ville-de-Langon ........ 70 8 En Hollande.
Le Jean-Pierre de Blaye.. 120 1 4 Au Banc.
Flûtes : - -
Le Saint-Jean-Baptiste..... 70 12 · En Guinée.
La Suzanne ................... 4 40 1 4 A l'Amérique.
La Catherine ................ 250 20 Id.
L'Union........................ 130 1() En Hollande.
Corvettes :

La Marie dite Mal-Bâtie..... 1 12 9 * A l'Amérique.

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Le Petit-Saint-Jean ......... 60 tx. 9 hom. A l'Amérique.
Le Saint-Michel.............. 50 9 Id.
La Légère ..................... 50 8 - Id.
Le Saint-Joseph ............. 50 9 En Portugal.
Le Saint-Joseph ............. 45 7 Id.
La Catherine.................. 25 6 A l'Amérique.
Le Saint-Jean-Évangéliste. 170 18 Id.
Quèches : -
Le Saint-Pierre .............. 50 9 A l'Amérique.
Le Saint-Jean ................ 80 1() Id.
Flibots :
Le Saint-Étienne............ 80 12 A l'Amérique.
Le Saint-Philippe............ 70 7 Au Canada.
La Marie ...................... 70 7 En Irlande.
Galiotes : /
L'Amitié-et-Fortune ....... 120 46 A Terre-Neuve.
La Perle....................... 90 7 En Hollande.
La Marguerite................ 45 7 A l'Amérique.
L'Aimable-Honoré .......... 50 7 A Gênes.
Barques :

Dans la Garonne, la Dordogne et la Gironde ,

79 barques de ............. 15 à 40 tx. Faisant le cabotage pour les côtes A La Teste de Buch, 17.bar- de Bretagne et quel- quefois de l'Espa

ques de ..................... 15 à 30 gne (1).

Au milieu de ces progrès et malgré les difficultés qu'avaient fait naître sur notre place et dans la France les désordres financiers de la régence, la chambre

(1) Encyclopédie méthodique, t. II, p. 256.

de Bordeaux dirigeait la tutelle du commerce avec une sagesse, une fermeté et une intelligence dignes des plus grands éloges, tantôt arrêtant les abus fréquents des fermiers de l'État, tantôt éclairant le Gouvernement lui-même; ainsi, en 1723, les sousfermiers de plusieurs sénéchaussées, abusant du contrôle impuissant qui surveillait leurs opérations, établirent des droits arbitraires sur la sortie des huiles de Provence, sur les vins de Guyenne partant de Calais et sur les toiles chargées dans le port de Bordeaux; notre chambre de commerce s'adressa au Gouvernement lui-même, et ses réclamations persistantes obtinrent bientôt la réforme de ces abus. Quelques années plus tard, les faillites ayant pris sur notre place une recrudescence alarmante, le ministre demanda des informations, et la chambre fit entendre ses conseils dans un mémoire resté célèbre. Selon elle, pour diminuer les faillites, il ne fallait ni créer des rigueurs, ni gêner la liberté du commerce , mais le favoriser au contraire, soit par l'amélioration des tarifs, soit en limitant le monopole desgrandes compagnies, soit enfin en maintenant sur la place l'abondance du numéraire et en imposant aux fermiers généraux l'obligation de prendre le papier des bonnes maisons, ce qu'ils s'obstinaient à refuser. A la même époque, le commerce de Bordeaux fit de grands sacrifices pour aider l'État à améliorer les passes du fleuve. De 1725 à 1740, Saint-Domingue et les autres Antilles commencèrent à verser dans le commerce une quantité déjà considérable de café; la consommation de cette fève, celle du sucre et du cacao, prenaient en Europe des proportions immenses et doublaient déjà le commerce maritime de notre port, dont en 1739 le mouvement présentait les détails suivants : Valeur totale de l'exportation, 20,027,063 liv.; valeur de l'importation, 12,309,317 liv. Balance en faveur de Bordeaux : 7,717,686 liv. Ainsi, depuis 1823, les bénéfices du commerce maritime de Bordeaux avaient obtenu une augmentation annuelle de 3,277, 132 liv. Remarquons que l'exportation des vins et eauxde-vie était restée absolument la même; le progrès portait tout entier sur l'importation et la réexportation à l'étranger des marchandises coloniales, commerce qui de 3,000,000 s'était élevé à 8,424,627 livres. Le manuscrit de l'abbé Bellet, qui renferme ce | dernier état, le fait suivre de quelques observations dont il nous paraît très-utile de reproduire le texte, parce qu'il fait connaître , mieux que toute analyse , les idées et l'opinion qui existaient alors sur plusieurs éléments importants de notre commerce (1).

(( DES VINS.

» Les vins sont sans doute la denrée la plus commune et la plus abondante de la province de Guyenne ;

(1) Manuscrits des abbés Bellet et Beaurein (bibliothèque de Bordeaux.) — Archives de la chambre de commerce, état de 1759.

c'est de celle-là qu'elle semble tirer tous ses secours ; elle forme la seule manufacture du pays, puisqu'elle occupe toute l'année la plus grande partie des paysans. Parmi tous les métiers, il y en a un qui lui est particulièrement destiné, c'est celui des charpentiers de barriques; elle consume encore un grand nombre d'autres denrées. Tout cela paraît dans la culture des vignes qui demandent plusieurs labours de terre, plusieurs façons à la plante; des échalas et des vîmes, des pressoirs et des cuves, des tonneaux avec leurs cerceaux. Les vendanges occupent encore un plus grand nombre de gens pendant deux mois, ensuite beaucoup de voitures, de chevaux, de charrettes et de bateaux. La majeure partie du bois pour les cuves et les barriques vient du Nord , et sert à faire la troque avec les vins et les eaux-de-vie. On remarquera que la douzaine de barriques étant à 29 écus, . c'est pour mille douzaines, qui font 3,000 tonneaux, la somme de 24,000 écus. On remarquera encore que tout tonneau de vin coûte au propriétaire une dépense de 50 liv., qu'ont gagnées les paysans, les artisans et les propriétaires des autres denrées employées pour les vignes et vins. On fait état de 50,000 tonneaux de vin chargés pour l'étranger; en supposant qu'ils ne sont vendus, l'un portant l'autre, que 100 liv., la somme monte à 5,000,000 de livres, dont il y en a déjà de dépensé par le propriétaire 2,500,000 liv. Sur ces 50,000 tonneaux, 2 pistoles de droit pour le roi par chaque tonneau montent à 100,000 pistoles. Ajoutons près de 30,000 barriques

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