Images de page
PDF
ePub

30,000 tonneaux pour les colonies, la côte d'Afrique, les îles de France et de la Réunion, et l'Inde, à 350 fr.. . . . . . . 10,500,000 liv. 50,000 — pour l'étranger, à 200 fr. 10,000,000 2,000 — vins fins pour l'Angleterre et l'Irlande, à

1,500 fr.. . . . . . . 3,000,000 8,000 — pour le Nord , à 350 fr. 2,800,000 25,000 — pour les ports de France, à 300 liv. . . . . . . 7,500,000 5,000 — en vins plus fins, à 500 livres. . . . . . . . . 2,500,000 75,000 — pour la consommation de - Bordeaux et ses environs, à 200 liv. . . .. 15,000,000

195,000 tonneaux, qui produisaient aux propriétaires. . . . . 51,300,000 liv.

5,000 tonneaux, évaporation et houillage dans les chais.

200,000 tonneaux.

» Ces 200,000 tonneaux étaient recueillis sur 40,000 journaux, ou environ 13,300 hectares.

» Les premiers crûs se vendaient alors de 1,600 à 2,400 liv. ; les deuxièmes, de 1,300 à 2, 100 liv.; les troisièmes, de 900 à 1,400 liv.; les quatrièmes; de 600 à 850 liv. ; les vins ordinaires Médoc, de 400 à 500 liv. ; les Queyries et Montferrand, de 300 à 450 liv.; les palus ordinaires, de 200 à 280 et 300 liv.; les bas crûs, tels que Saint-Macaire, de 150 à 160 liv.; les petits vins rouges de côtes, de 150 à 200 et 250 liv.; les petits vins blancs, de 150 à 180 et 200 liv.

» BLÉS ET FARINES.

» Bordeaux expédiait tous les ans aux colonies françaises de 180,000 à 200,000 barils de farine, pesant chacun, net, 175 liv. ; ces farines étaient connues sous le nom de minots. Les minoteries les plus renommées à cette époque étaient celles de Nérac, Moissac, Tonneins et Montauban.

» L'exportation des farines nécessitait un remplacement de matière, car Bordeaux, ne récoltant pour ainsi dire pas de blé, ne pouvait s'en procurer que dans les départements voisins, c'est-à-dire que dans les ci-devant provinces de l'Agenais, du Condomois et du Quercy. Pour remplacer ce vide, le commerce de Bordeaux recevait de Dantzick, de la Prusse, de la Russie, de Lubeck, de Brême, de Hambourg et de la Hollande, des cargaisons de blé et de seigle qui remontaient la Garonne, et approvisionnaient ces mêmes départements dont on avait tiré les plus beaux blés pour en faire du minot; on en expédiait même jusqu'à Marseille par le canal, quand il s'y manifestait des besoins pressants. Il résultait de ce commerce un très-grand travail, un grand emploi d'hommes et des salaires immenses. La navigation de la Garonne occupait une infinité de barques. La décharge des · blés à Bordeaux, leur versement dans les barques, leur mesurage, la décharge à terre, le port dans les greniers, le remuage presque journalier de ces blés pour les rafraîchir et détruire les insectes qui leur . font la guerre; tous ces travaux multipliaient les salaires et les moyens de subsistance pour le peuple. » Les minoteries étaient sans cesse occupées. La façon de 200,000 barils qui coûtaient 3 liv. la pièce, employait un nombre considérable de tonneliers, et quand le commerce d'exportation de farines n'eût produit que ce seul avantage, il était incalculable. » L'exportation de la farine minot n'appauvrissait pas la France de ce précieux comestible, puisque le minot était remplacé par les blés de l'étranger, qui donnaient encore du bénéfice au commerce, et l'étranger qui les envoyait souvent pour son compte, tirait en retour des cafés, des sucres, des indigos, des prunes, des vins et des eaux-de-vie.

[ocr errors]

» Quoique la ville de Bordeaux ne fît pas directement la pêche de la morue, le commerce de ce poisson y était très-considérable. Tous les ans plusieurs bâtiments terre-neuviers venaient y faire leurs ventes. Partie de ces cargaisons se réexportait dans les colonies; mais la majeure partie s'expédiait dans les départements voisins. La moindre portion restait pour la consommation de la ville et des environs. Ce commerce était infiniment précieux par la quantité de salaires qu'il procurait à la classe laborieuse du peuple.

» Bordeaux était un grand entrepôt, non-seulement de la morue, mais de tous les autres poissons salés, comme le hareng, la sardine , le maquereau.

)) PRUNES.

» Le commerce de ce fruit était considérable à Bordeaux. Les deux principales qualités de prunes sont appelées dente et commune. Les prunes dentes s'expédient en caisse, et leur prix était avant la Révolution de 25 à 30 liv. le quintal. Les prunes communes s'expédiaient alors en barriques de 500 à 600 liv. , et valaient de 10 à 14 liv. le quintal. On pouvait évaluer ce commerce comme produisant 2,000,000 de livres au moins pour le propriétaire, indépendamment de tous les salaires que son exportation procurait jusqu'à l'embarquement pour le Nord et pour tous les ports de France. Les pays principaux qui produisent les prunes sont : Clairac, l'Agenais, Montauban et Cahors.

[ocr errors]

» On comptait vingt raffineries à Bordeaux en 1790. On pouvait évaluer à 10,000,000 de livres de sucre la quantité de matières qu'elles raffinaient tous les ans. Ces sucres représentaient environ 5,000,000, valeur d'achat, et le bénéfice de la fabrication était de 20 p. 100. Ce bénéfice se partageait entre les raffineurs propriétaires et tous les ouvriers qu'ils occupaient. Les raffineries de Bordeaux employaient environ 300 ouvriers ; les principaux débouchés étaient dans les départements méridionaux de la France, notamment à la foire de Beaucaire; on en expédiait aussi dans la Suisse.

» VERRERIES ET MANUFACTURES DE TABAC.

,

» Il y avait à Bordeaux cinq verreries en pleine activité, parce que l'exportation des vins en bouteilles pour les colonies et autres contrées était très-considérable. » On calculait à cette époque qu'une verrerie nécessitait un fonds de roulement de 110,000 livres par an, savoir : 50 tonn. de charbon anglais à 480 liv., ci 24,000 liv. 50 id. de Cahors à. . . .. . 277 liv., ci 13,500 Salaires aux ouvriers :

5 souffleurs à 8 liv. le 100 de bouteilles , sur 400 milliers de bouteilles que chaque

verrerie peut livrer . . . . . . . . . †) 5 fondeurs à 3 liv. 10 sous. . . . 14,000 60,000 10 garçons à 2 liv. 10 sous. . .. 10,000 20 garçons à 30 sols. . . . .. . . 4,000 Cendres lessivées, soudes, gresin, sable , creuset fin et frais, ci. . . . .. . .. . .. . . . 12,500 Dépenses générales, ci. . . . . 110,000 liv. )) TABAC.

» Il arrivait année commune, des États-Unis à Bordeaux, environ 3,000 boucauts de tabac, pesant chacun de 12 à 1,500 livres; on en recevait également 100 milliers d'Angleterre ou de Hollande.

» Des 3,000 boucauts des États-Unis, 1,800 se fabriquaient à Bordeaux, 300 s'expédiaient à l'étranger et 900 se répandaient dans différentes contrées de la France.

« PrécédentContinuer »