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DE BORDEAUX . 69 # | Report.. . . .. . . 5,920,360 liv. | | | Pierreries, perles, cotons, plumes, laines, | bois de teinture, garance, noix de Galles, alun, couperose, vitriol et autres. . . . . 1,035,220 Draps, toiles, tableaux, livres. . . . . . . . 6,889,960 Cuivre, étain, plomb, chaudières à eau-devie, épingles, fer et acier . . . . . . . . . 1,500,000 - Canons, pierriers, soufre, salpêtre, poudre, mousquets, pistolets, épées. . . . . . . . 1,235,000 Cuirs, maroquins, vaches de Russie, fourru, res de toutes Sortes. . . . . . . . . . . . 675,300 :| Lins, chanvres, cires, poix, brai, mâts de na| vire, planches de sapin et autres. . . . . 1,700,170 Harengs, saumons, baleines, huile de baleine et autres huiles. . . . . . . . . . , . . . 454,300 - Beurre, fromage, chandelle et suif. . . . , . 200,010

Anglais, Écossais, Irlandais.

Draps de laine, mantes et couvertures, bas de
soie et de filoselle, toiles de soie, rubans,
cuirs, plomb, étain, alun, beurre, suif, fro-
mage, charbon de terre. . . . . . . . . . 15,372,000

Espagnols, Portugais.

| · Draperie, laines, cotons, sucres, poivre, cannelle, gingembre, anis, raisins, figues, cochenille, indigo, joaillerie, drogues médicinales . . . . . . . • • • • • • • • • • 4,922,500

Italiens.

Velours, satin, damas, gros de Naples, bas de
soie, draps d'or, draps d'argent, soies, den-
telles, glaces de Venise. . . . . . . . . . 4,124,500

ToTAL DES IMPoRTATIoNs. . . . 44,029,320 liv. .

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taignes. . . · · · · · · · · · · · · · . . 3,450,450 Toiles et linges de Guyenne, Bretagne et Normandie. .. . .. : . : . .. : . : . . . 1,583,432 Huile d'olive, amandes, figues, raisins et autres fruits de Provence . . . . . . . . . . 715,177 Draperies, mercerie, quincaillerie, papiers. . 915,525 Miel, térébenthine, cire, etc. . . . . . . . . 355,500 Sel de La Rochelle, Marennes et pays Nantais. 2,488,750 Anglais, Écossals, Irlandals. Vins, eaux-de-vie, vinaigres, blés, sel, huile d'olive, figues, amandes, toiles, papiers. (1). 12,904,100 Espagnols, Portugais. Vins, blés, seigle, orge, toiles, papiers, mercerie, quincaillerie . . . . . . . . . . . . 5,851,950 MtalleRas. Blés, vins de Languedoc et Provence, drape- rie, toiles, mercerie. . . . . . .. . - . - . 3,020,000 (2) ToTAL DEs ExPoRTATIoNs.. . . . 37,477,516 liv.

(1) Sous le règne de Charles II, avec une population de cinq millions

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40,000 venaient de France ; en 1669, il fut introduit 45,000 tonneaux de vins, 20,000 étaient le produit de la France. (Brunet, Consommation

des vins de France en Angleterre.) (2) Arnould, Balance du Comm.

DE BORDEAUX . 7 |

Le commerce de Bordeaux prenait une large part à ce mouvement, surtout pour les vins et les eauxde-vie , que quatre à cinq cents navires anglais, hollandais et des ports de la Baltique, venaient y chercher chaque année, quand la paix le permettait. Toutefois, comme nous l'avons vu , vers la fin du XVIIe siècle, les tarifs élevés adoptés par la France avaient fait naître, surtout en Angleterre, des représailles désastreuses. Non-seulement cette réciprocité de mesures hostiles diminua considérablement notre exportation de vins, mais encore le gouvernement anglais, favorisant avec énergie la fabrication des bières et eaux-de-vie de grains, les consom- . mateurs de ce pays contractèrent des habitudes nouvelles, et ce changement dans les goûts de nos voisins fut certainement le coup le plus funeste qu'ait . reçu le commerce de Bordeaux. Les relations avec les colonies restèrent encore naissantes et presque sans importance jusqu'à la fin du XVII° siècle. Quelques navires de faible tonnage partaient chaque année de notre port dans les mois de novembre et décembre, apportant aux Antilles des vins communs, des farines , des jambons, etc., et rapportant du tabac, des cuirs, et principalement des cacaos et des indigos, qui en étaient alors les produits principaux, car la plantation de la canne à sucre commençait à peine dans les îles d'Amérique ; le café n'y fut transporté que dans les premières années du XVIII° siècle et n'y compta comme récolte que vers 1730. Ajoutons, enfin, que Bordeaux ex

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pédiait également chaque année, pour la pêche de Terre-Neuve, quelques légers bâtiments qui en rapportaient de 25 à 30 milliers de morues. Le commerce des grandes Indes et celui de la traite des noirs, étaient presque entièrement nuls dans notre port.

S II.

Usages. — Règles et établissements du commerce de Bordeaux pendant le XVI° et le XVIIe siècle.

Il ne nous a pas été possible de trouver des documents plus spéciaux et plus étendus sur les affaires - de Bordeaux à l'époque dont nous nous occupons ; mais nous allons examiner en détail quels étaient à cette époque les usages et les règles sur le commerce des principaux objets, les droits perçus à l'entrée comme à la sortie des marchandises, et le développement sur notre place des diverses institutions commerciales.

ARTICLE Ier.
COMMERCE DES VINS.

De temps immémorial, les anciennes coutumes du pays Bordelais, considérant le vin comme la principale et même comme la seule production importante de la contrée, avaient établi des priviléges en faveur des vins récoltés dans la sénéchaussée bordelaise; ces priviléges avaient été reconnus par plusieurs rois, notamment par lettres-patentes de Charles VII.

Voici l'analyse de leurs principales dispositions :

La consommation générale de la ville était exclusivement réservée aux vins bordelais. Il était défendu aux taverniers de vendre aucun vin étranger en la ville de Bordeaux et ses faubourgs, tant qu'il y avait à vendre du vin du crû des bourgeois, à peine de 300 sous bordelais d'amende pour chaque barrique. On obligeait les bourgeois à joindre leurs lettres de bourgeoisie à la déclaration qu'ils étaient tenus de faire pour obtenir l'entrée de leurs vins dans la ville. Les taverniers ne pouvaient refuser à aucun bourgeois ou habitant de la dite ville, de recevoir leurs vins pour les vendre au détail, et ce à peine d'être suspendus pour trois mois ; en cas de refus, il était permis à tout bourgeois de faire taverne sans tavernier. (1) Ce privilége de vente, consacré par de nombreux arrêts du parlement de Bordeaux, était absolu et exclusif; seulement la vente des vins appartenant aux communautés religieuses fut autorisée dans la ville comme vins bourgeois. On lit à cet égard , dans la Chronique bordelaise, « que le chapitre de l'église de Saint-André députa deux chanoines vers messieurs les jurats, pour leur représenter que les fermiers des fruits de leur temporel ne pouvaient vendre le vin en détail, attendu que les dits sieurs jurats refusaient de leur en donner la permission en qualité de vins bourgeois; que les fruits de la messe avaient toujours

(1) Delurbe, Anciens Statuts de Bordeaux.

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