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du dit poisson salé, selon que le poisson se trouvera et à l'avis et conscience des dits visiteurs. » Et lesquels visiteurs seront appelés pour visiter et compter le dit poisson, si les dits visiteurs sont au pont Saint-Jean ou au chai où est déchargé le dit poisson, autrement non; et tout incontinent que les dits visiteurs seront requis sans aucun délai, seront tenus à aller compter le dit poisson, sinon que fussent en autre compagnie empêchés à compter ou visiter autre poisson. » Et lesquels visiteurs prendront pour leur salaire de compter et visiter le dit poisson et à le faire marchand en la qualité sus-déclarée, ce qui s'ensuit : » Savoir est, pour visitation de chacune pipe de merlus, deux merlus du vendeur, réserve du grand merlus, vulgairement appelé du comptage, duquel n'en prendront seulement qu'un de chaque pipe, parce qu'un des dits merlus en vaut deux; et de l'acheteur six deniers pour cent. Le bourgeois sera franc de tout droit. » Plus, est statué que les dits visiteurs ne prendront pour autre merlus paré sec et de tout autre genre de poisson sec qui est mis en grenier, que demi-poisson pour cent du vendeur, et six deniers pour cent de l'acheteur, le bourgeois franc. » Aussi est ordonné que de toute autre sorte de poisson salé, mouillé ou fréchant, appelé saigneux, les dits visiteurs prendront pour leur salaire une pièce de poisson pour cent du vendeur, et six deniers pour cent de l'acheteur, le bourgeois franc; lequel poisson

il sera au choix de l'acheteur de le prendre au prix de l'achat du cent , en baillant l'argent aux dits visiteurs de la dite pièce de poisson qui leur est due pour leur droit de comptage, visite et salaire, ou bien de laisser le dit poisson aux dits visiteurs. » Et en ce ne sont compris les bourgeois de cette ville, lesquels pourront vendre leur poisson de telle sorte qui leur plaira, sans être liés ni tenus de le vendre à cents ni à milliers marchands, comme les autres étrangers sont tenus de le vendre; toutefois, les dits bourgeois ne pourront vendre en la présente ville le dit poisson salé à cents ou à milliers, le détaillant, si ce n'est au marché public de la présente ville ou à leurs maisons seulement, sans être contraints de vendre la pipe entière. » Aussi les dits visiteurs prendront pour millier de harengs blancs, trois harengs ou six deniers tournois pour les visiter, et autant pour les compter, au choix des marchands, quand requis en seront, et non autrement. » Et pour millier de harengs rouges, prendront les dits visiteurs, s'ils sont requis les visiter, trois harengs, lesquels l'acheteur pourra avoir ou prendre des dits visiteurs à son choix, en leur payant six deniers tournois pour le comptage, les bourgeois francs, comme dessus est dit. » Aussi auront les dits visiteurs et prendront pour le comptage de barrique de colac et saumon salé, pour leur salaire, comptage et visite, une pièce de poisson du vendeur. - .

» Est défendu qu'aucun chayat ni autres ses domestiques achètent aucune marchandise à la maison ou chai où se tiendra aucune sorte de marchandise, pour illic la revendre, en suivant le statut fait en 1304. » Est aussi statué que dorénavant tout poisson que l'on voudra exposer en vente à détail, sera vendu au marché public de la dite ville, réservé que s'il y a aucun bourgeois qui en veuille vendre à détail en la maison où il fera sa demeure ou au pont Saint-Jean, faire le pourra par lui ou autre sans fraude, et non autrement, comme dessus est dit. » Par arrêt de la Cour du 30 décembre 1549, tout le poisson salé qui se débite par les regrattiers doit être vendu non au grand marché de la dite ville, ains au canton des Ayres, en la place et rue qu'on appelle puis le dit temps : le marché du Poisson-Salé. » S'il y a quelques matelots venant au port et hâvre de cette ville, qui, pour leur partage, ayent quelque quantité de merlus moins que d'un cent, ils le pourront vendre à détail en la dite ville, et non hors d'icelle. » Aussi est fait inhibition et défense à tous Anglais, Écossais, Irlandais et Normands, que dorénavant ils n'ayent à empaquer leurs harengs ès barils de Flandre, à peine de vingt-cinq livres tournois pour la première fois. Et leur est enjoint de les vendre en même sorte qu'ils les portent du pays, à même peine que dessus. » Aussi est défendu à tous charpentiers et bar

riquiers de n'empaquer aucun hareng en baril de Flandre venant des lieux susdits, à même peine que dessus et d'autre amende arbitraire. » Semblablement est défendu aux manants et habitants de la dite ville de non acheter aucuns harengs venant des lieux susdits, qui soient empaqués en barils de Flandre ; ains chacune sorte de harengs sera empaquée en barils ou barriquots des lieux desquels les harengs seront portés. Et ne seront en autres barils ni en autre façon, sinon comme est accoutumé au pays duquel ont été transportés pour iceux revendre, à peine de 25 livres tournois d'amende, et autrement être punis à la discrétion des dits seigneurs. » Est enjoint aux dits visiteurs et marchands que, » s'ils savent aucun qui falsifie et empaque de nuit » ou de jour aucun hareng et autre sorte de poisson au » préjudice et dommage des acheteurs, qu'ils l'aient » à révéler et faire savoir au prévôt de la dite ville, » et en ce faisant auront pour leur salaire la tierce , partie de l'amende en laquelle seront condamnés » les contrevenants aux dits statuts. » Est ordonné que l'acheteur pourra prendre, si bon lui semble, à son choix , le poisson qui est dû aux dits visiteurs pour leur dit salaire, comptage et visite d'icelui poisson, en payant aux dits visiteurs, en argent, le dit poisson, selon la valeur de ce qu'il l'a acheté à cents ou à milliers; ou bien pourra laisser aux dits visiteurs le dit poisson à eux dû, à cause de ce, selon la taxe dessus déclarée. » Ceux qui contreviendront aux présents statuts,

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98 H1STOIRE DU COMMERCE

outre les peines sus-déclarées, seront condamnés en amendes telles que seront arbitrées par les dits seigneurs. » Le dénonciateur de ceux qui seront contrevenants aux dits statuts aura la tierce partie de l'amende en laquelle seront condamnés les contrevenants à iceux. » Ces statuts renfermaient encore des dispositions particulières relatives à des employés nommés paquetiers du poisson salé : c'étaient des travailleurs commis par les jurats de la ville, et qui avaient le droit exclusif de préparer les balles ou les futailles de poisson salé, et d'y apposer leur marque. Tous ces usages n'existent plus depuis près d'un siècle; le commerce du poisson salé, librement exercé, ne puise aujourd'hui ses règles que dans son intérêt bien entendu. Toutefois, il est permis de dire que ces institutions présentaient, soit pour la bonne foi du commerce, soit même pour la salubrité publique, des garanties qui n'ont pas été remplacées, et dont l'absence se fait quelquefois sentir.

ARTICLE IV.

PRODUITS DE L'INDUSTRIE BORDELAISE.

Le commerce manufacturier était assez développé à Bordeaux dans le XVI° et le XVII° siècle; on y voyait de nombreuses fabriques d'épingles, de parchemins, de maroquins, de draps communs, d'étoffes mélangées soie et laine, de tissus de luxe d'or

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