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L'AVARE.

INTRODUCTION.

The idiomatic nature of Molière's style has obliged the: editor of the present play to extend his notes beyond the limit he had at first contemplated. The chief authorities consulted are M. Génin's "Lexique de la Langue de Molière," and M. Charles. Louandre's edition of the great comic poet's works, besides the excellent dictionaries of Messrs. Littré and Brachet.

The following extract from Voltaire's “Life of Molière ” will interest the reader :

Cette excellente comédie avait été donnée au public en 1667; mais le même préjugé qui fit tomber “ Le Festin de Pierre," parce qu'il était en prose, avait fait tomber “ L'Avare.” Molière, pour ne point heurter de front le sentiment des critiques, et sachant qu'il faut ménager les hommes quand ils ont tort, donna au public le temps de revenir, et ne rejoua “L'Avarequ’ún an après : les public, qui, à la longue, se rend toujours au bon, donna à cet ouvrage les applaudissements qu'il mérite. On comprit alors qu'il peut y avoir de fort bonnes comédies en prose et qu'il y a peut-être plus de difficulté à réussir dans ce style ordinaire, où l'esprit seul soutient l'auteur, que dans la versification, qui, par la rime, la cadence et la mesure, prête des ornements à des idées simples que la prose n'embellirait pas.

Il y a dans “ L'Avare ” quelques idées prises de Plaute, et em. bellies par Molière. Plaute avait imaginé le premier de faire en même temps voler la cassette de l'Avare, et séduire sa fille ; c'est de lui qu'est toute l'invention de la scène du jeune homme qui vient avouer le rapt, et que l'Avare prend pour le voleur. Mais on ose dire que Plaúte n'a point assez profité de cette situation ; il ne l'a inventée que pour la manquer ; que l'on en juge par ce trait

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iv

seul: l'amant de la fille ne paraît que dans cette scène ; il vient sans être annoncé ni préparé, et la fille elle-même n'y paraît point du tout.

Tout le reste de la pièce est de Molière, caractères, intrigues, plaisanteries ; il n'a imité que quelques lignes, comme cet endroit où l'Avare, parlant (peut-être mal à propos) aux spectateurs, dit : “Mon voleur n'est-il point parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire."- Quid est quod ridetis ? Novi omnes, scio fures hic esse complures : et cet autre endroit encore où, ayant examiné les mains du valet qu'il soupçonne, il demande à voir la troisième : Ostende tertiam.

Mais si l'on veut connaître la différence du style de Plaute et du style de Molière, qu'on voie les portraits que chacun fait de son Avare. Plaute dit:

Clamat
Suam rem periisse, seque eradicarier,
De suo tigillo fumus si qua exit foras.
Quin quum it dormitum, follem sibi obstringit ob gulam.
Cur? - Ne quid animæ forte amittat dormiens.

-"Aulularia," act ii. sc. 4. “Il crie qu'il est perdu, qu'il est abîmé, si la fumée de son feu va hors de sa maison. Il se met une vessie à la bouche pendant la nuit ; de peur de perdre son souffle.”

Ces comparaisons de Plaute avec Molière sont toutes à l'avan. tage de ce dernier.

For other valuable critiques on Molière's “ L'Avare," the student is referred to M. Vinet (“Poètes du cle de Louis XIV.,” pp. 446 and following), and to M. Saint-Marc Girardin (“Cours de Littérature Dramatique," vol. i. chap. 13).

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GENERAL NOTES.

TAE notes and explanations will be found at the end of each play. They are arranged in accordance with the acts and scenes, with references to the lines in each page, not reckoning the names of the dramatis persona, the running title, or the stage directions

In the seventeenth century the two letters ai preceding the consonants s and t in the infinitives, present and imperfect tenses, and conditional mood of some verbs, used invariably to be written oi, as

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The Editors have preferred pointing this out in a note to altering the text.

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L'AVARE

COMÉDIE

1668

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