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dont, suivant les idées romanesques des musulmans, elles ont été successivement formées; vient ensuite un tableau des mers orientales , ainsi que des côtes qu'elles baignent et des îles qui y sont contenues. Cette partie, comme le reste du volume, est surchargée de fables, et montre que l'auteur, conformément au titre dont il avait fait choix, avait pris à tâche de recueillir ce qui était le plus propre à frapper les imaginations. Si ce traité est réellement l'ouvrage de Massoudi, le

manque

de M. Amédée Jaubert, pag. 38) cite un traité intitulé aussi Ketab-al-adjayb et qu'il attribue à un écrivain nommé Hassan, fils de Mondar. Cela

prouve une chose, qu'on savait d'ailleurs (voyez le Dictionnaire bibliographique de Hadji-Khalfa, aux mots Ketab-al-adjayb, ainsi que la préface du manuscrit n° 903 de l'ancien fonds arabe); c'est que les récits qui forment la base de l'ouvrage étaient du goût de la masse des lecteurs, et que plusieurs écrivains avaient repris le même sujet, se bornant quelquefois à changer le titre du livre et le nom de l'auteur.

de critique et le désordre qui se remarquent dans le cours de la narration me font croire qu'il a été rédigé dans la jeunesse de l'auteur. Quoi qu'il en soit, au milieu de récits absurdes, on rencontre des détails vrais et curieux. Pour donner au public une idée exacte des rapports qui existent entre la présente relation et les deux

ouvrages de Massoudi, j'ai placé à la suite du texte de la relation deux morceaux extraits, le premier du Ketab-aladjayb, le deuxième du Moroudj-al-dzeheb. L'un et l'autre ont été tirés des manuscrits de la Bibliothèque royale, et revus sur plusieurs exemplaires!

Je n'ai pas jugé utile d'accompagner ces deux morceaux d'une traduction; car on en trouvera l'équivalent dans la relation même,

ainsi
que

dans les notes et le discours préliminaire. Mais ils auront l'avantage de remplir à peu près les deux

" Le fragment du Ketab-al-adjayb commence à la page 140 et celui du Morondj-al-dzeheb à la 3;

page IV.

lacunes qui interrompent la présente relation. Les premiers feuillets du manuscrit sont perdus. Il est vrai que

l'ancien propriétaire du volume, croyant lui rendre par là toute sa valeur, a mis en tête un nouveau commencement. Cette interpolation occupe,

dans le texte imprimé, la page 2 et les quatre premières lignes de la page mais cette addition est tout à fait étrangère au récit original. Il en est de même du titre placé en tête. Ce titre, qui est Salsalat-al-tevarykh, ou Chaîne des chroniques, n'a aucun rapport avec le contenu de l'ouvrage, et on ne le trouve pas indiqué dans les traités de bibliographie arabe. Le véritable titre me paraît avoir été Akhbar-al-Syn oual-Hind, c'est-à-dire: Observations sur la Chine et l'Inde. Tel est du moins le titre que porte le commencement de la deuxième partie, commencement qui appartient sans aucun doute au corps de l'ouvrage. Malheureusement je n'ai pas non plus trouvé de mention de ce titre dans les livres arabes de bibliographie.

Une seconde lacune se fait remarquer à la page 13, ligne 6 de la présente édition. Elle correspond au commencement de la page 10 du manuscrit, et il manque en cet endroit un ou plusieurs feuillets.

Comme la traduction de l'abbé Renaudot ne me paraissait pas suffisamment exacte, j'en donne ici une nouvelle. Ma traduction est accompagnée de notes, pour lesquelles j'ai quelquefois mis à contribution les remarques de Renaudot et de Deguignes. J'ai eu soin d'indiquer ces emprunts ; quant aux points nombreux pour lesquels je me suis éloigné de la manière de voir de ces deux illustres savants, je n'ai pas à en parler; c'est au public à s'en rendre compte. Ici je me bornerai à quelques observations générales et à ce qui tient à l'ensemble même de la relation.

Le titre que Renaudot a placé en tête de sa traduction n'est point exact. Renaudot a parlé de deux voyageurs ; il n'y a eu qu'un voyageur, ou bien il faut compter comme voyageurs tous les marchands ou

b

a

cnrieux d'entre les Arabes qui, au 1x® siècle de notre ère, allaient commercer dans l'Inde et à la Chine, et dont les récits contribuèrent plus ou moins à la composition du présent traité.

Le récit qui sert de base à la relation, et qui porte dans le texte le titre de Livre premier, a pour garant un marchand nommé Soleyman, qui s'était embarqué sur les côtes du golfe Persique, et qui fit plusieurs voyages dans l'Inde et à la Chine. La rédaction du livre premier eut lieu l'an 237 de l'hégire (851 de J. C.) C'est l'époque où les rapports commerciaux de l'empire des Khalifes de Bagdad avec l'Inde et la Chine étaient dans leur plus grande activité. Soleyman s'exprime ainsi dans plusieurs endroits de sa narration : « Nous pêchâmes, j'ai vuo;» dans le chapitre de l'Inde, il parle d'un djogui qu'il avait vu s'exposant tout nu aux rayons d'un soleil ardent, et qu'il retrouva quatorze ans après

Pag. 2.
Pag. 49.

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