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terre travailler avec autant d'émulation et d'ardeur à fonder leur liberté sur l'empire des lois ?

Des leçons du passé le présent se féconde :
Un monde rajeuni sort des flancs du vieux monde ;

La liberté du peuple est un décret des cieux ! Regrette qui voudra le bon vieux temps! les modernes ont devant eux un trop vaste champ pour se renfermer dans le cercle étroit s'agitaient jadis les intérêts de l'humanité. Chacun de nos contemporains , fier du présent et plein de confiance dans l'avenir, peut s'écrier avec le poète de la jeunesse.

Prisca juvent alios : ego nụnc me denique natum

Gratulor. Déjà les rois, ceux du moins qui joignent à la conscience de leurs forces le sentiment de leurs véritables intéréts, entrent dans cette noble carrière de la civilisation, et de la liberté. Le mot royal plus de censure a passé le Rhin. moin cette sage réponse du nouveau roi de Bavière à l'allocution des professeurs de l'Université de Munich :

« Rien, dit ce monarque, ne m'a plu davantage dans Â2Ò2ÂÒẦ2m22ti2m2u2/2/2/2/2/2/2/2/2ū2ř\/22ņģ2ÂòÂ2Òņēģēm2/2ti2m més sur l'indépendance des études scientifiques, et sur la liberté que réclament les communications de l'enseignement.

« C'est chez moi une vive et profonde conviction que toute entrave, toute censure, même la plus équitable, ne peut avoir que de funestes effets; parce qu'au lieu d'une confiance réciproque, qui peut seule faire prospérer les choses humaines, elle crée partout le soupçon.

« Toute liberté sans doute est exposée à l'abus, comme toute loi à l'empiétement. Mais j'ai la force et la volonté de prévenir ce danger.

« Je veux la religion ; mais je la veux dans les cœurs, dans les pensées , dans les actions.

« Je veux la science, mais dans tout son développement, dans toute son action; et je m'estimerai heureux de voir le pays qui m'est confié, appelé à de rapides progrès dans celte noble carrière.

« Je compte sur vos efforts pour atteindre ce but; songez que toute cette jeunesse est l'espoir de la patrie.....! »

A SON ALTESSE ROYALE

MONSEIGNEUR

LE DUC DE CHARTRES'.

MonseignEUR , Vous êtes peut-être, parmi les princes de nos jours, le seul qui entrepreniez d'étudier la jurisprudence. Cette étude, la plus négligée dans le haut rang où vous êtes placé, est cependant la plus nécessaire. J'en suis si convaincu, qu'il y a déjà trois ans (en 1825), j'avais jeté le plan d'un cours de droit à votre usage, dans un écrit que j'adressai au prince votre père, sous ce titre : De la cessité, pour un prince constitutionnel, d'étudier les principes généraux du droit.

Ces idées furent accueillies, et je suis appelé aujourd'hui à l'honneur de les réaliser,

Je crois, monseigneur, qu'en vous y appliquant un peu, vous en retirerez le plus grand fruit; surtout pour l'étude de l'histoire , qui n'est jamais mieux éclairée que par les lois , et qui doit être le plus sérieux objet de vos méditalions : « Car, à vrai dire, la méthode qu'on tient és escho« les à enseigner la langue latine, fait perdre quasi meil« leure partie de la vie de l'homme. La science civile, celle

· Précisément parce que ces leçons ont été professées à un jeune prince; devenu depuis héritier présompiif de la couronne, je n'ai pas voulu y rien changer , afin que l'on vît à quel point les principes que j'ai cherché à lui inculquer sous les règnes de Louis XVIII et de Charles X élaient constitutionnels et conformes à nos idées d'aujourd'hui. Je me suis contenté de mentionner en note les changemens apportés à quelques points par la législation postérieure à 1828.

a des moeurs et de l'histoire, sont la vraye étude et la vraye « doctrine des rois et des princes !, n.

Si une certaine connaissance du droit est nécessaire à tous les princes, même sous les gouvernemens absolus, elle est bien plus indispensable encore aux princes appelés à vivre sous un régime constitutionnel.

Cette espèce de gouvernement, en effet, n'est autre que le règne de la loi. Son principal caractère consiste dans la Jiberté qu'a le plus obscur citoyen de dire au fonctionnaire le plus élevé, aux ministres, au roi lui-même : Vous voulez faire telle chose..... vous n'en avez pas le droit 2.

Comme prince du sang, comme pair de France, comme apapagiste, comme citoyen, vous devez , monseigneur, connaître les lois de votre pays, pour défendre les intérêts publics quand vous serez appelé à les protéger, et pour défendre vos intérêts personnels , s'ils étaient menacés. Il faut connaître son droit pour y rester ferme, et le droit d'autrui pour ne pas le blesser.

Du reste , il ne s'agit point de vous faire descendre aux dernières applications de la jurisprudence ; je ne prétends ni vous surcharger de ces détails qui rapetissent les idées, ni vous proposer ces utopies où l'esprit trop facilement s'égare, mais vous tenir constamment à la hauteur de ces principes généraux, dont l'exacte intelligence suffit à un cæur droit et à un esprit juste , pour en déduire avec fermeté des conséquences nettes et des applications utiles.

Je m'attacherai en chaque matière à distinguer ce qui est du droit naturel et du droit positif. Je vous donnerai souvent la législation à deviner, et je suis sûr que vous vous rencontrerez avec le législateur parlout où le législateur lui-même ne se sera pas écarté de la raison naturelle.

Mais il est temps d'entrer en matière , car je m'aperçois déjà que j'ai employé des expressions dont vous atlendez la définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . · · · · · · ·

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· Rosier des guerres, ouvrage composé par Louis XI, pour l'éc de son fils (Charles VIII).

a Maximes du droit public franchis, lome 2, page 339.

Nota. Ces leçons ont été données oralement , sur simples notes ; et en les rédigeant après coup, j'en ai seulement retenu la substance, en les dégageant des développemens et des explications qu'exige parfois l'enseignement, mais aussi en les fortifiant par des citations qui leur donnent plus de certitude et leur impriment plus d'autorité.

Un des publicistes sur lesquels je me suis appuyé le plus souvent est l'auteur de l'Essai sur la Charte, M. le comte de Lanjuinais, mon illustre maître en droit romain, dont les conseils m'ont été si souvent utiles dans la composition de mes ouvrages; car on n'interrogeait jamais sa science en vain. Que je puisse au moins ici payer à sa mémoire le faible tribut de ma reconnaissance! Ce ne sera point sortir de mon sujet, quand je parle de la justice et du droit. « Mon « ami, me disait-il un jour, je n'ai jamais eu qu'un secret « pour me conduire dans la vie : dans chaque occasion dif« ficile, je m'interrogeais avec sincérité, la main sur la con. a science; et quand elle m'avait répondu, je me confor« mais à ses inspirations, sans jamais m'en laisser détourner: « c'est ainsi que je suis toujours resté Lanjuipais, o

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