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Flanc pour fein.

Les Dieux m'en font témoins, les Dieux qui dans mon flanc,

Ont alumé le feu faral à tout mon sang. alle Antique pour ancien.

Suivez-moi, rappelez votre antique vertu.

C'eft un usage antique & facré parmi nous.
L'Éternel au lieu de Dieu.

L'Éremel en les mains rient feul nos destinées :

Il sait, quand il lui plaît, veiller sur nos années,
Hymen ou hymenée pour mariage.

Crois-tu que d'une fille humble, honêre, charmante ,
Lilymen n'ait jamais fait de femme extravagante?
A qui même en secret je m'étois destinée;

Avant qu'on eût conclu ce fa:al hymenée !
Espoir a plus de noblesse qu'espérance.

D'un espoir renaissant le peuple eft enivré.
Jadis pour autrefois.

Sermens jadis facrés , nous brisons votre chaine.
Scudain pour auffi-tót.

Le salpêrre enfoncé dans ces globes d'airain,

Part, s'échaufe, s'embrafe, & s'écarie joudain,
Alors que pour lorsque.

Aveuglé par son zele, il le désobéit ,

Ec penle te venger, alors qu'il te trahit.
Cependant que pour pendant que, tandis que.

Cependant que j'embrafie une image frivole,

Rome entiere m'appele aux murs du Capicole.
Na guere poir il n'y a pas long-temps.

Cerre loi que n' guere un funt zele a diétée,

Du ciel en la faveur y semble être apportee. On fupprime souvent ne avant les Verbes, dans les interrogations négatives :

Vois-tu pas que fa laine égale mon amour ? au lieu de dire, the vois-tu pas, &c.

Il est très ordinaire de supprimer l'e muet du mot encore, pour le faire de deux syllabes en écrivant encor.

N n n an

1

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Encor , fi la valeur à tour vaincre obfinée ,

Nous laissoit pour le moins respirer une année. Encore de trois fyllabes avec l'e muet a quelque chose de languffant ou pa dans le corps du Vers, avant un mot qui commence par une confone, & il est mieux de ne l'employer ainti qu'à la fin du Vers : Erudions enfin, il en eft temps encore.

01 р p On fait aussi quelquefois avec de trois syllabes, en y ajoutant que.

Quirons donc pour jamais une ville importune,
Ou l'honeur est en guerre avecque la fortune.

La que

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A Rime qui fait la plus grande beauté des Vers François, eft une convenance de son à la fin des mots, & chaque Vers doit finir par un mot qui ait cette convenance de son avec le dernier inot d'un

conc auire Vers. Ainá ces deux Vers riment ensemble.

quoi A ta foible raison garde-roi de te rendre :

DOU Dieu r'a fait pour l'aimer, & non pour le comprendre. La Rime n'étant que pour l'oreille, & non pas pour les jeux, on doit plutôt en juger par le fon que par l'orthographe. Ainsi, quoique les fyllabes finales de deux mots s'écrivent différemment, il suffit ordinairement qu'elles produisent le même fon, pour qu'elles riment ensemble, comme repos & maux dans ces deux Vers :

Toue conspire à la fois à troubler mon repos,

Et je me plains ici du moindre de mes maux.
Par la même raison, fi les syllabes finales de deux mots s'écrirent
de la même maniere, & qu'elles se prononcent différemment, elles ne
peuvent

rimer ensemble. Ainsi la rime de ces deux Vers eft défectueuse:
Ma colere revient , &e me reconois :
Immolons en partant trois ingrars à la fois.

De la Rime Masculine & Féminine. La rime se divise en masculine & féminine: d'où les Vers. sont appelés masculins

, ou féminins, comme nous l'avons dit, page 819. La Rime féminine eit celle qui finit ou par un e muet fimplement , comme dans ces deux Vers :

L'Eternel eft son nom. Le monde eft son ouvrage.

Il entend les soupirs de l'humble qu'on outrage.
par un e muet suivi d'une s, comme dans ceux-ci :

Objet infortuné des vengeances célestes,

Je m’abhore encor plus que tu ne me déteftes. iu par un e muet suivi des lettres nt, comme dans ceux-ci :

C'est lui-même. Il m'échaufe. Il parle. Mes ieux s'ouvrent :

Et les fiecles obscurs devant moi se decouvrent, La Rime masculine est celle qui eft formée par toute autre terminaison que par un é muet, soit par une voyele , comme dans ces Vers:

Misérables jouers de notre vanité,

Faisons au moins l'aveu de notre infirmité. soit par une consone, comme dans ceux-ci :

Le faux est toujours fade, ennuyeux, languiftunt ;

Mais la nature est vraie & d'abord on la sent.

Les troisiemes persones du pluriel de l'imparfait de l'indicatif & du de conditionel présent des Verbes, n'ont pourtant pas la rime féminine ,

quoique terminés en oient, parce que ces cinq lettres ont, comme nous avons dit, le son de l'è ouvert, & qu'ainfi elles forment une rime masculine, comme dans ces deux Vers :

Aux acords d’Amphion les pierres se mouvoient,

Et sur les murs Thébains en ordre s'élevoient. On ne considere presque jamais que le son de la derniere syllabe des mots pour la rimne masculine. Ainsi vérité rime avec piété ; raison avec maison ; malheur avec douleur ; fuccès avec procès, &c.

Mais le son de la derniere syllabe des mots ne suffit pas pour la rime féminine, parce que la prononciation sourde & obscure de l'e muet empêche d'y apercevoir une convenance fenfible. Ainsi quoique la derniere fyllabe de monde foit semblable à la derniere de demande, cependant ces deux mots ne riment pas, non plus que louange avec mensonge ; fidele avec scandale, &c.

Il faut donc encore prendre la convenance des sons, nécessaire pour la rime féminine, de la pénultieme syllabe des mots. Ainsi monde rimera fort bien avec profonde ; demande avec offrande ; louange avec mélange ; fidele avec modele; scandale avec morale, &c.

De ce qui sufie ou ne suffit pas pour la Rime. La Rime tant masculine que féminine eft d'autant plus parfaite qu'il y a plus de ressemblance dans les sons qui la forment. Ainsi, quoique plaisir rime bien avec soupir , & prudence avec récompense ; cependant

Nanna ij

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plaisirs rime encore mieux avec defir, & prudence avec prordrec parce qu'outre la conformité des sons ir & ence essentiele å lure & l'autre rime, les consoness & d qui les précedent font encore les ment? ce qui ajoute un nouveau degré de perfection à la rime.

Quand les syllabes qui forment la rime, c'el-i-dire, la dernier pour la rime masculine, & la penultieme pour la rimc féminine , casmencent par une voyele , il est nécessaire , li elles ne sont pas les mieres du mot , qu'elles soient précedées d'une autre voyele, cons: on peut le reconnoitre dans les mots li-en , nari-on, préci-eux , an ele, vertu-eufe, sci-ence, &c.

Or il faut, pour la plus grande perfection de la rime de ces fylla bes, que non seulement elles soient précédées des mémes voyeles, mais encore que les consones qui précedent ces voyeles, soient le: mêmes ou ayent le même fon. Ainfi' lien qui rime avec gardien , Tinera encore mieux avec italien; nation qui rime avec union , rimera mieu avec ambition ; précieux qui rime avec curieux, rimera mieux arec 22dacieux ; artificiele qui rime avec citadele & matériele, rimera beaucoup mieux avec effentiele ; vertueuje qui rime avec fameufe & mon firuesit, rimera mieux avec impérueuse; science qui rime avec espérance & fiance, riinera beaucoup mieux avec parience, &c.

On appele rime riche' ou heureuse, celle qui eft formée par la plas grande uniformité de sons; & rime fufffante ou commune celle qui n'a rien de plus que les tons effentiels.

Il arrive même que les fons essentiels à la rime ne suffisent pas en bien des occasions, & qu'il faut encore y ajouter le son des consones ou des voyeles précédentes. Ainsi liberté ne rimeroit pas avec aimé, quoique l'é fermé soit le fon final de l'un & de l'autre mot; ni créa avec allia , quoiqu'ils ayent tous les deux la voyele a pour derniere syllabe.

Les sons essentiels à la rime ne suffisent pas, quand ils ne sont ni assez pleins ni affez marques, ou qu'ils se trouvent à la fin d'un grand nombre de mots, parmi lesquels on peut aisément choifir ceux dont la rime a plus de convenance.

Les fons effentiels à la rime fuffifent, quand ils font pleins, ou qu'ils se trouvent dans des monofyllabes, ou qu'ils ne sont précédes des mêmes consones ou des mêmes voyeles, que dans un très-petit nombre de mots.

1. Les fons que l'on appele pleins, sont ceux de l'a & de l'o , desi ouverts, des voyeles composées, ai, ei, oi, au, eau, eu, & ou ; des voyeles nasales an, om, en, em, in, im , ain, ein, aim, on, om, un, um, des voyeles longues, des diphthongues, ie, oi, ui, ieu, ien, ion, oin, & des voyeles suivies de plufieurs confones semblables ou différentes. Ainsi combars rimera avec embaras ; fatale avec inegale; repos avec héros ; parole avec immole ; progrès avec succès ; mer avec enfer; ouverr avec offere; même avec extreme; jamais avec parfaits ; maitre avec parcitre; reine avec peine; tableau avec fardeau; rigeureux avec cheveux; bonheur avec arder; courroux avec genoux; venir alec

#deffein; pardon avec leçon , commun avec importun; lumiere avec but riere; vouloir avec savoir ; 110"!! avec aujourd'hui ; conduite avec pollro

suite; entretiens avec corriens; temoin avec befcin ; horrible avec senlible ; injure avec murmure , &c.

Le fon de l'a n'en plein & fuffisant pour la rime, que qrand il c!

dans la penultieme fyllabe du mot, ou qu'étant dans la derniere, il 15. est suivi de quelque confone, comine dans agreable, favorable , erat,

*** fenat, trépas, foldars, remparis, erendards. Mais s'il ell la dernicie lettre :-1,7 du mot, comme dans toutes les troilen.es persones du fingulier du

préterit des Verbes de la premiere conjugaison, il faut qu'il fuit prée cédé de la même conlone ou de la même voyele. Ainsi condamna rime(5!. roit avec donna, mais non pas avec tomba, marcha, conjia, ni avec

d'autres où l'a ne seroit pas précédé d'une n.

Quoique le son de la rime en ant ou en eni, soit plein , réanmoins à cause du grand nombre de mots où elle se trouve, on ne doit faire rimer ensemble que ceux où ant & ene font précédés des mêmes

confones ou des mêmes voyeles. Ainli diamant ne simeroit bien qu'avec di un mot terminé en munt ou ment, comme égarement ; & suppliamı ne rimeroit bien qu'avec un mot terminé en iant, comme criani, &c.

Par la même raison eu & on, precedes d'une consone, ne riment 73. pas bien avec eit & on, précedes ce la voyele i. Ainsi heureux ne rime

pas bien avec ambitieux, ni meillon avec passion; mais heureux rirrera avec courageux; moifon avec trahison; ambitieux avec furieux; & passion avec religion.

Les voyeles qui n'ont pas un son plein, sontl’efermé, ou seul, comme dans beauté, ou suivi des consones S, '& r, comune dans beautés, aimez, aimer; l'i & l'u, ou seuls, comme dans ami, vertu, ou suivis d'une consone qui n'en alonge pas sensiblement le ion, comme dans amis, vertus, habit, tribut, &c. Et ces voyeles ne pouront former de bonnes rimes masculines qu'autant qu'elles seront précédées des mêmes confones ou des mémes voyeles. Ainsi beauté rimera bien avec divinité ; beautés avec divinités ; aimez avec animez; ainer avec animer; pitié avec amitié; ami avec endo:mi; veriu avec cumbaru; amis avec endormis, &c.

On peut donner pour rogle générale que quand les rimes masculines font bonnes on fuffisantes, elles sont encore meilleures en devenant féminines par l'addition de l'e muet; parce qu'outre la nouvele conformité de fon quel'e met y ajoute, il oblige encore d'apuier davantage sur la penultieme yllane, & en rend par-là le fon plus plein qu'il n'étoit auparavant. Par exemple, fi conficri örvéré, soupir & defir, Sujer & difcret, interdit & petir rimcat lien; consacrée & révérée , foupire & desire, jujete & difcrere, interdire & periti', riment encore mieux.

Mais de ce que les rimes féminines font bonnes, comme puissarie & chancelante, heurne & furieue, il ne s'enfuit pas que les rimes tomblables mafculines le soient auhi : car pui Jani riuieroit mal avec chancelant, & heureux avec furieux, comme nous l'avons observé plus haut.

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