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l'e ouvert, comme la mer, l'enfer, Jupiter , cher, fier, &c. Ce desat: se trouve dans les Vers suivans :

Ho vien, brave Acomat, fi je leur fuis fi cher,
Quc des mains de Roxane ils vienent m'aracher.
Ara quons dans leurs murs ces Conquerans fi fiers :

Qu'ils iremblent à leur tour pour leurs propres foyers. De même les oreilles délicates auront peine à acorder la rime de ter avec celle de pere, quoi qu'en puisse dire l'Auteur de ces deux Vers:

La main, la même main qui l'a rendu ton pere,

Dans con fang odieux pouroit venger la terre. non pas parce qu'il y a deux rr dans lerre, & qu'il n'y en a qu'une dans pere, mais parce que le est ouvert dans terre, & qu'il n'est qu'un peu ouvert dans pere, ce qui fait deux fons differens,

En sorte que par cette raison , terre ne rimera bien qu'avec des it.ots où le sera ouvert, tels que guerre ou tonerre, comme dans les Ves suivans du mêine dureur :

Er ce peuple autrefois, vil fardeau de la terre,
Semble apprendre de nous le grand art de la guerre.
Ce peuple de vainqueurs armés de son tonerre,
A-t-il le droit afreux de dépeupler la terre?

Rime des Voyeles longues avec les Voyeles breves. Les voyeles longues , soit qu'elles se trouvent dans la derniere fyllabe des Vers masculins, ou dans la pénultieme des Vers féminins, rimeat mal avec les voyeles breves , comme mile avec cabale ; intérêt avec obiet; conquêre avec coquete ; dépår avec dévor; cire avec grote ; fanime avec homme ; rrône avec courone; gite avec vifire, &c. Ainsi la rime de ces Vers n'est pas tout-à-fait exacte :

Je l'inftruirai de four, je t'en donne parole,
Mais fonge teulemew: a bien jouer son rôle.
Si ce n'eft pas alfaz de vous céder un trône,

Prenz encor le mien, kje vous l’zbundonne, Cependant uiterovele breve peut absolument rimer avec une longue, quan c!endeta nire un for allez plein, & que la difference du brf ai!ong n'étant pas trop sensible, clie peut être facile:nent aidee & conigee per la prononciation : ce qui regarde principalement les voveles d. Airn quoiqu'elles soient broses dans les mots prejace &ijut, M. Leporea'nx a init rimer ces mots avec grace & gous, cù elles sont longnes dans ces Ves :

l'n Auteur à venoux dans une humble préfare, Au Lecteur qu'il ennuie a beau demander gràce.

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Aimez-vous la murede ? On en a mis par-tout.

Sans mentir ces pigeons ont un merveilleux goût. Au refte, c'eft à l'oreille à juger 6 les voyeles longues & breves peuvent ou ne peuvent pas former le bonnes rimes.

Rinie des Hémisliches. Un Vers eft défectueux, quand le premier hemifiche rime on a quelque convenance de son avec le dernier, comme dans ceux-ci:

Il ne riendra qu'à roi de par:ir avec moi.
Allez , vous êtes fou dans vos tran{ports jaloux,
Je suis ruftique & fier, & j'ai l'ame grossiere.
Il en eft que le ciel guida dans cet empire,

Moins pour nous conquerir, qu'afin de nous instruire. ou quan:) le dernier hémistiche d'un Vers riine avec le premier du Vers qui le précede, comme dans ceux ci :

Un fiacre me couvranı d'un déluge de boue,
Contre le mur ycifin m' crafe de la roue;
Et voulane me iauver, de poiieurs inhumuins,

De leur maudit baton me donnent dans les reins. ou quand le dernier hemifliche d'un Vers rime avec le premier hémistiche du Vers suivant, comme dans ceux-ci :

Il faut pour les avoir, emplover notre soin :

Ils sont à moi du moins, tout autant qu'a mon frere. ou quand les deux premiers he'milliches de deux Vers qui se suivent riment ensemble, comme dans ceux-ci:

Sinon demain matin , fi vous le trouvez bon,

Je meitrai de ma main le feu dans la maiton, Mais c'est quelquefois une beauté, lorsque par figure on fe fert ou des mêmes rimes, ou des mêmes mois dans les deux hémiffiches, ou qu'on repete même l'hémifiche , comme dans ces Vers :

Tantôt la terre ou vroit fes entrailles profondes;
Tantôt la mer, rompoir la prison de les ondes.
Là le corps immortel à notre åtne obéit;
Ici le corps mortel l'aveugle & la trahit.
Qui cherche vraiment Dieu , dans lui seul se repose;

Ei qui craint vraiment Dieu, ne craino rjen autre chose. Quelque grâce qu'ayent ces consonances & ces répétitions, on ne doit les employer qu'avec beaucoup de réserve & de ménagement.

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fans s.

Retranchement de l's dans certains Verbes. On retranche souvent dans les Vers l's finale de la premiere perfore du fingulier du present de l'indicatif, & de la seconde de l'imperatif de quelques Verbes des trois dernieres. conjugaisons, principalement de ce.x ipui ont ces persones terminées en ois & en is. Et cette licence servira à contrmer que l'usage d'écrire en Profe quelques-unes de ces menes persones sans s, avoir été vraisemblablement introduit par les Portes qui y laillent ou retranchent l's finale, selon qu'elle leur eft neceliau'r o'z non , pour la liaison des mots ou pour la juftelle de la rime.

li seruble qu'on ne peut mieux le prouver qu'en faisant voir par des exemples, me pour observer des regles indispensables de la Verlification, u Poère emploie avec l's finale, un Verbe qu'un autre emploie

&
que

souvent le n ême Auteur admet ou n'admet pas l's dans le même lerne. Ainsi M. Defpreaux qui écrit crois avec uns, pour le faire rimer avec doiges, dans ces deux Vers :

Mais moi qui dans le fond sais bien ce que j'en crois,

Qui cumple tous les jours vos defauts par mes doigts. l'écrit sans s dans ceux-ci, pour le faire rimer avec moi :

En les blámant enfin, j'ai dit ce que j'ın croi;

Er tel qui me reprend, en pense autant que moi. Racine écrit vois avec un s, pour le faire rimer avec fois, dans ces deux Vers :

Depuis cinq ans entiers, chaque jour je la vois,

Et crois joujours la voir pour la premiere fois. & sans s dans ceux-ci, pour le faire rimer avec moi :

Vous ne répondez point! Perfide , je le voi,

Tu compres les momens que tu perds avec moi. Moliere écrit je dis avec une s, pour le lier avec la voyele suivante dans ce Verbe :

Je te le dis encor, je saurai m'en venger. & sans s dans ceux-ci, pour le faire rimer avec étourdi :

Un brouillon, une bête, un brusque, un étourdi ,

Que fais-je ? un. . . . cent fois plus encor que je ne di.
Je fais est employé avec une s dans les Vers suivans :

Je ne sais où je vais; je ne fais où je fuis. Rac.
Je fais ou je lui dois trouver des defenseurs, id. '
Je luis où gir le lievre, & ne puis lapsiravail
Fournir en un moment d'hommes & d'attirail. Alet.

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il eft employé fans s dans ceux-ci, pour rimer avec blefe :

Monsieur, ce galant homme a le cerveau blessé.
Ne le savez-vous pas ?

Je fai ce que je fai. Mol.
Dois avec un s:

Apprends-moi fi je dois ou me caire ou parler. Despr.
J'ignore, dites-vous, de que'le humeur il f,

E: dois auparavant consulier , s'il vous plair. Mol.
Doi fans s :

Sans parens, fans amis, fans espoir que sur moi,
Je puis perdre lon fils, peut-eire je le doi. Rac.

Celle-ci peut-être aura de quoi
Te plaire. Accepre-la pour celle que je doi. Mol.
Reçois avec une s :

Je reçois à ce prix l'amitié d'Alexandre. Rac.
Reçoi sans s :

Je ne puis s'exprimer l'aire que j'en reçoi.

Ei que me direz-vous, Monsieur, si c'étoit moi! Mol.
J'averti & je frémi fans s :

Visir, fongez à vous, je vous en averti;
Ei sans compter sur moi, prenez votre parti. Rac.

Ah! bons Dieux, je frémi.
Pandolfe qui revient! fût-il bien endormi! Nol.
Moliere a poussé la licence encore plus loin, puisqu'il a retranché l's
du préterit je vis dans ces deux Vers :

Hélas ! si vous saviez comme il étoit ravi,

Comme il perdit son mal, 11-tôt que je le vi. Ce peu d'exemples suffira pour donner lieu de juger que ce retranchement de l's eit une licence poétique, & qu'il est plus régulier, comme nous avons dit, de ne pas l'adrnettre dans la Prose.

Il eft hon d'observer avant de finir cette article, que la plupart des Tegles que nous venons d'établir, sur-tout de celles qui regardent la Céfure & la Rime, ne font que pour la plus grande perfection des Vers, & qu'elles ne doivent pas toujours être prises à la rigueur. Outre qu'il est quelquefois permis d'en facrifier quelques-unes à une belle pensée, les Vers doivent être plus ou moins parfaits à proportion que Je sujet que l'on traite et plus ou moins relevé. Ainsi dans les comédies, dans les fables, dans les contes , & autres pieces d'un fiyle fimple & familier, on ne doit pas exiger que les Vers soient aussi harmonieux & auf réguliers que dans les poumes épiques, dans les tragédies, dans les saiyres, & autres pieces d'un liyle noble & sérieux.

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Du mélange & de la combinaison des Vers les uns avec les autres.

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E mélange des Vers les uns avec les autres , peut se considérer , a par la rime, ou par le nombre des syllabes dont ils sont composés ; c'efl-à-dire, que dans les différens Ouvrages de Poésie, les rimes masculines font mêlées avec les féminines, & souvent les grands avec les petits Vers.

Il n'y a point d'ouvrage en Vers où les rimes masculines ne soient mélées avec les féminines , & qui par conséquent ne soient composé de Vers masculins & de féminins.

Mais il n'eft pas égalen ent néceflaire que les Vers d'un ouvrage ou d'une piece, toient toujours d'une même longueur ou d'un même nombre de syllabes.

On observe généralement aujourd'hui de mêler les rimes masculines & féminines , de maniere que deux différentes rimes de même effece ne se trouvent jamais ensemble dans une même fuite de Vers ; c'età-dire, qu'uno rime masculine ne peut être suivie que de la rime malculine qui y répond, ou d'une rime féminine : ce qui n'étoit point pratiqué par les anciens Poêtes qui mêloient toutes les rimes au hazard, & comme elles se présentoient, comme on le voit dans Marot.

Le mélange des Vers, par raport au nombre des fyllabes, n'eft pas réglé: il dépend ordinairement du goût & de la volonté du Poéte.

Suivant les différentes manieres dont on peut aranger les rimes malculines & féminines, on les divise en rimes suivies & en rimes entremélées.

Les rimes sont appelées suivies, lorsqu'après deux rimes masculines, il s'en trouve deux féminines, enfuite deux masculines, & ainfi de suite, comme dans ces huit Vers :

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Les rimes sont appelées entremêlées, lorsqu'une rime masculine ef séparée de celle qui y répond, par une ou deux rimes féminines; ou lorsqu'entre une rime féminine & fa semblable, il se trouve une ou deux rimes masculines, comine dans ces exemples :

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