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Edition. M. Restaut , qui a bien voulu se charger de revoir Pourtage avec attention , a tout examiné, et s'est ataché à de laisser que des principes certains et généralement reconnus : ce qui l'a obligé de refondre en quelque sorte la Preface , pour y substituer des principes à ceux que l'on y avoit légérement avancés, et pour en établir de nouveaux qui avoient échapé tant à l'Auteur de la premiere Edition qu'à ceux qui ont travaillé aux suivantes. Il ne s'est pas contenté de corriger la plupart des Remarques qui sont répandues dans le corps du Dictionaire, il en a ajouté sur tous les mots dont l'Orthographe lui a paru avoir besoin d'être éclaircie. ou justifiée. Il a désigné tous les Noms et les Verbes par leurs véritables caracteres. Il ne s'est point assujeti à l’Orthographe du premier Auteur, et il n'a pas balance de la rectifier toutes les fois qu'il l'a trouvée contraire à l'usage et aux bonnes regles. Peu frapé de l’Orthographe des Auteurs par

ticuliers , il s'est fait une loi de se conformer à celle de l'A. ! CADÉMIE , à laquelle tout esprit raisonable doit déférer, avec

d'autant plus de confiance, que cette Savante et Illustre Compagnie , qui a donné en 1962 une nouvelle Edition de son excellent Dictionaire, étant uniquement occupée par état de la perfection et de la pureté de la Langue Françoise , on De doit pas douter que ses Décisions et les Regles qu'elle adopte ne soient fondées sur l'usage autant que sur la raison.

Quelques persones respectables qui protegent cet ouvrage ayant desiré qu'on y trouvât l'explication de plusieurs mots peu connus , ou de peu d'usage, on s'est fait un devoir de donner ces explications dans cette nouvele Edition : et on s en même temps suppléé à beaucoup d'omissions et de corlections , sans cependant s'écarter des principes essentiels da premier Auteur, et de ceux de M. Restaut.

Au moyen de toutes ces attentions, le Public poura étre assuré de trouver dans cet ouvrage l'Orthographe la plus réguliere, et celle qui est fondée sur les autorités les plus respectables et les plus capables de fixer les doutes. La Grammaire de M. Restaut n'a pour objet que de réduire le langage à des principes certains et à des regles consacrées par l'usage. L'Orthographe n'a pu y entrer que relativement ices principes et à ces regles. Mais combien y a-t-il de mots

qui n'y sont pas assujétis, et qui en sont des exceptions ? C n'étoit donc pas assez d'avoir appris à parler correctement et à écrire avec exactitude les mots qui peuvent se ranger sou des regles générales ; il falloit encore être en état d'écrir sahs erreur le grand nombre de ceux à qui le caprice d l'usage ou la trace de l'étymologie a fait secouer le joug đ ces regles.

Il étoit donc nécessaire d'entrer dans le détail de tous le mots de la Langue pour en fixer la véritable Orthographe et de les renfermer dans un Livre qui ne fût pas d'un tro grôs volume , afin qu'il pût être entre les mains de toute sortes de persones, et par conséquent d'une utilité plu générale. C'est ce qui a fait naître l'idée de ce petit Dictionair que l'on poura se procurer à peu de frais , et qui sera comm une suite de la Grammaire de M. Restaut, en sorte que pa le seul secours de l'un et de l'autre , et sans avoir besoi d'autre livre , on sera sûr d'acquérir une connoissance exact de tout ce qui est nécessaire pour parler et écrire correcte ment.Ce sont deux Ouvrages qui ont un raport si parfait entre eux, que l'un laisse nécessairement à désirer ce que l'on trouve dans l'autre. Ce ne sera donc qu'en les faisant mar cher ensemble , que l'on poura en tirer tout le fruit qu'il doivent produire.

LA NOUVELE EDITION que nous présentons, a été en tiérement revue sur la derniere Edition du Dictionaire d l'ACADÉMIE et de celui de Trévoux : ce qui a fait naîtr encore plusieurs additions et corrections. C'est-à-dire , qu premiérement nous avons acquis , par ces confrontations plusieurs mots qui sont dans ces Dictionaires , et qui ne s trouvoient pas dans nos premieres Editions : secondement l'ACADÉMIE ayant elle-même réformé la maniere d'écrire di plusieurs mots, en simplifiant l'Ortographe, nous nous som mes fait une loi de profiter de ces corrections, en les suivan et les imitant. Quoique l'Orthographe se soit beaucoup perfectionée depuis un siecle , elle acquiert cependan encore chaque jour quelque nouveau degré de perfec. tion. Ainsi on ne doit point être étoně que chaque Edition de notre Dictionaire offre à cet égard quel. ques réformes : la perfection de cet ouvrage est de suivre

le

les divers changemens que l'usage introduit, et qui peuvent contribuer à perfectioner l'Orthographe Françoise. Les motifs de ces changemens seront marqués, soit dans la Préface qui sa suivre, soit dans de nouveles Remarques sur les mots qui sont l'objet de ces améliorations,

On ne peut disconvenir qu'il ne soit avantageux de perfectionner l'Orthographe, en se raprochant de la prononciation. Le plus grand reproche que puisse avoir mérité Richelet, c'est d'avoir prématurément étendu la réforme de l’Orthographe sur un trop grand nombre de mots : l'expérience montre que lous ceux qui, comme lui, veulent trop entreprendre, communément échouent. Ce n'est que par degrés, que notre Orthographe peut se perfectionner. Du temps de Richelet, lorsque l'usage étoit d'écrire Appeller , parce que ce verbe vient du Latin Appellare, il pouvoit être trop hardi , et même, si l'ori veut, ridicule de prétendre écrire Apeler; cependant il est tertain qu'on le prononce ainsi. Richelet, quelque harili qu'il füt dans ses réformes, n'osa pas retrancher deux lettres dans ce mot; il écrivit Apeller, en ôtant un p, et conservant les deux l. Qu'est-il arrivé ? On a conservé les deux p et les deuxls mais entin l'ACADÉMIE s'est déterminée à retrancher une ! en écrivant appeler ; le temps viendra peut-être où on retranchera de même le p qu'on ne prononce pas plus que cette lo Mais aujourd'hui nous sommes autorisés par l'ACADÉMIE à retrancher du moins cette 1 dans le verbe Appeler, en la conservant néanmoins dans ses dérivés Appellatifs et Appellation, où elle se prononce. C'est ainsi, dans les mots peu usités, que l'étymologie doit principalement être conservée en écrifant, comme on la conserve en prononçant; mais dans les mots fréquemment usités, où l'usage permet de s'écarter de l'étymologie en prononçant, l'ACADÉMIE même nous montre que l'on peut, du moins quelquefois, s'en écarter en écrivant, pourvu qu'on y procede lentement, par degrés , avec prudence et discrétion.

Nous avons cru, pour la commodité de plusieurs persones, deroit rassembler et mettre de suite les noms des Villes qui se trouvoient dans le Corps de ce Dicionaire; de sorte qu'on les aura également par lettre Alphabétique ; avant le Traité de la Versification Française.

Comme il n'y a presque personne qui n'aime les Ourrages de Poésie , et qu'on ne peut guere les lire avec goût sans

be

savoir en quoi consiste l'harmonie dont on est flatté dans les Vers, on a cru faire plaisir au Public de mettre à la fin de ce Dictionaire le Traité de la Versification Françoise de M. Restaut.

A V I S. Il est important d'avertir le Public qu'il y a plusieurs Editions de ce Traité de l'Orthographe qui ont été contrefaites tant en France que dans le Pays Etranger; elles portent le nom du même Imprimeur, mais il y en a d’un format et d'un caractere plus petit; elles ont le Frontispice tout noir, et sont remplies de fautes, comme ayant été faites par des Imprimeurs ignorans , et par des Etrangers qui ne savent ni lire, ni parler François. Ces mauvaises Editions sont encore reconnoissables par les Vignetes qui sont de fonte , tandis que celles de nos Editions sont en buis, de la main du fameux le Sueur, et que celle de l'Epître dedicatoire porte les Armes de son Altesse Eminentissime Monseigneur le Cardinal de ROHAN.

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1

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PRÉFACE

OU
Remarques sur l'Orthographe ea gendral, et sur ses différentes

Parties,
UOTQUE la Langue Françoise n'ait presque pas varié
depuis environ cent ans, et que les Auteurs du fiecle
où nous sommes, fe fassent honeur d'imiter ceux qui
ont excellé fur la fin du précédent; cependant l'Or-
thographe a reçu tant de ditférens changemens, qu'à
peine trouve-t on deux Livres où elle soit femblable,

s'ils n'ont été corrigés par un seul et même Correclear. Tout le monde reconoit ce défaut , et persone n'y a encore apporté le véritable remede, quoique plusieurs savans Ecrivains en agent donné des Traités. Mais, parce qu'ils se sont plus attachés à leur propre goût qu'à celui du Public, que l on appete ufage, et à la raison qui se tire de l'étymologie, ils ont eu le détagrément de voir que leurs travaux sont devenus inutiles, et que ceux qui ont écrit depuis l'édition de leurs Livres, loin de les imiter, croient être en droit de jouir du même privilége, c'eft-à-dire , de suivre comme eux , leur sentiment particulier.

Ce n'est pas ce que nous nous proposons dans cet ouvrage : pous fuivrons les regles générales autant qu'il nous sera possible : nous apporterons sur les mots dont l'Orthographe varie , les differens fentimens des meilleurs Auteurs tant anciens que modernes : et nous y joindrons le nôtre , dont nous ferons connoitre les raisons au Public, à qui nous en laisserons la décision. DE L'ORTHOGRAPH E EN GÉN É RA L. L'Orthographe, fuivant l'étymologie du nom, est l'art ou la maniere d'écrire correctement ; c'ell-a-dire, d'exposer exactement aux jeux des Lecteurs, ce qu'on veut leur apprendre. Mellieurs de Port-Royal, dans

bij

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