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vient que

LE suivi de la voyele u , formant diphthongue, produit avec elle un fou foible & bref dans eu, nom d'une ville de Normandie; mais ce son devient long & plus fort dans Eux, pluriel du pronom II, & dans les noms commençant par Eu, tels que Eucharistie , Euchologue, Eunudne, Euphrate, Europe, Euterpe. Il eit bref au fingulier veuf; long au pluriel veufs. Bref dans les noms Evil, Deuil, seuil , &c. Bref dans Gueule, seule , sicule, Fillevle; mais long dans seule & reule. Bref dans Itune, long dans Jeûne. Bref au iingulier dans odeur, long au pluriel, fans néanmoins changer le fon, odeurs: bref dans la majeure partie, mais long en disant : Cette fille eft majeure : & néanmoins le fon et encore le même. Lons, mais avec un ion different, dans Precieux & Pricienje. Brer dans il peut : long dans il veur. Bref dans Emette & Epreure , & jusques dans couleuvre , mais long dans Feutre & Neutre.

L'e suivi d'un v, sans foriner diphthongue , le prononce ferine, comme dans quelques noms empruntés des Latins tels que anéis, pelius. Il s'éteint dans le participe Eu, que l'on pronuncc e. Dela

dans le participe de voir, autrefois peu & veue, on a fupprimé cet e ; & d'abord on y a sublliiue cent circonitexe, & vie: mais aujourd'hui lAcadémie l'écrit sans accent aux deux genres. Il faut cependant observer que cet u bref au masculin , Vll, devient long au féminin vủe, qui par cette raison mériteroit de conserver le circontlexe: ce que l'on peut dire également du fubftantif, vie, qui a la même origine & la même prononciation.

L'E suivi de l'r, pris pour valeur de deux 1 , absorbe le premier 1, & ne laisse entendre que le fecond : Pleyon , fe prononce Pie-ion: & cet e eft bref.

S. 3. De l'E suivi des confones M & N. L'E suivi des consones a & n, conserve son propre son à la fin de ces deux mots, Jérusalem & Examen.

Mais au commencement & au milieu des mots, l'e, en sejoignant à ces deux consoncs, prend un son nasal: Embuche , Enceinte; & ce fon nasal ett entièrement semblable à celui de la voyele d, en sein. blable position : Ambassadeur, Anciris. Il en résulte que ces deux voyeles prenent également l' avant le B, Emboler, Embarquer; avant le P, Empaler, Empáter ; & avant le PH; Emphase , Emphyréosa : avant les autres conlones, l’e comme l'a prend la lettre N , Encaquer, Encenser , enchainer , Indéter, Fnfanter, Engager, Engerdrer, Enhardir, Enjamber , Enlever, Emmener, Ennobiir, Enquerir , Enseigner, Entamer, Envoyer.

Il y a leulement cette différence que l'a suivi de deux a ou de deux N , cesse d'étre nasal , Ammener , Ammonceler; on prononce

& on écrit, Amener, Amonceler; & quoiqu'on écrive Annoncer, on prononce Anoncer. Mais l'e en pareil cas conserve le son nasal, Emmener, Inneblir. On a prétendu qu'il falloit prononcer & même écrire Anoślir: mais l'Académie conserve les deux cxpreffions, nöblir & Ennoblir; Čo

persone

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persore ne refusera de convenii que du moins le fon nasal se fait sentie dans Ennui & Ennuyer. Il ne s'éteint que dans le seul mot Ennemi, ou Jon double abtfircinent la lettre v, puisqu'il n'y en a qu'une en Latin dans inimicus, & qu'en François on n'en prononce qu'une, Enemi.

Il s'agit meintenant d'examiner quelle distinction on peut faire, taire 1 A nafal AM, ou A N, & l'E nafal E ni, ou E M.

dans

Lijte de quelques mots écrits par AM ou EM nasal.

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d'ambigaus.

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AM.
Embaras,

de Bire.
Asaade, d'Ambasciator. Embậter,

de Bür.
Arhion,

Embaucher, de Banche.
Ambision,
d'ambirio.
Embaumer,

de Baume.
Aubre, d' Ambanum. Embrguiner,

de Béguin.
d'ambulans. Embelir, de Bei
EM.

Emboucher, de Bouche,
Embaler, ou Einballer, de Balle. Embourer,

de Bure.
Embarquer, de Berque,

Emorocher, de Broche.
Sans qu'il soit nécessaire d'aller plus loin, on appercoit que nos
A M vienent communiment du Larin ou du Grec, & pe la plupart
de nos E M vienent de la prepotilion EM, chancant i en 11,
cause du B ou du P. Nous avons cependant quelques E.H qui vien at
du Latin ou du Grec E 11, tels que Embléme , Emphajr; & quelques-
uns do Latin 111, tels que ceux ci: Impedire, Empocher; imperuior,
Eupe:eur; imperiin, Empire ; Implere, Enplir. Sur quoi il tact re-
marimer qu'on reprend neanmoins !1, dans imperial & imperioux : &
que conmanément l'IM du Latin se conserye en François ; imbécilli,
inkide, imbu, impair, imparient, impie, &c.
Il en elt de incine de nos AN ou EN, comme on va le voir.

Lifie de quelques mois écrits par AN ou E N nafal.
Ancies, d'anteceffores. Encadrar, do Cidre.

d'arte, d'où Anslus. Encager,
Ascles, d'Ancilia.

Encailler,

de carte
Ancre,
d'Ancora.

Encaquer,
Antradieux, d'Anfractuofus. Encaver,

de Cezve.
d'angelus.

Euceindre, da ceindres
Angle,
d'angulus. Enchainer, de chaine,

Enchanter, de charit,
S215 entrer dans un plus grand detail, on voit que les AN, comme
los 1.I, vienent comminement du Läin ou du Grec; suyquoi il faut
cependant obferrer que quelques-unes de ces N « Larin, rienent

i omma des Grecs, qui devant un fecond Gamma , & devoure un de copa cu un Chi, le prononcent comme I'N des Latins, c'est dire,

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A:Сел,

de ces

ce cuge.

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donnent à la voyele précédente le fon nasal qu'on exprime en Latie & en François par la lettre N. Du rette les EN, comine les EM , vieneat en François de la prépositior EN. qui dérive de la prepofition Latire IN, en sorte qu'ici même nous retrouvons encore IN des Latins changé EN, & nous voyons encore le même changement dans incensum , Encens ; infans, Enfant : inferi , Enfers ; inreger, Entier; inter, Entre ; intrare , Éntrer ; invidia, Envie. Mais ont reprend l'l dans inf. nai, integre, intégrité , & communement II N des Latins se conferve en François : Incapacité, incarnation, incertain, incident, &c.

Mais ce qui est plus difficile à diitinguer, ce font nos terminaisons par AVT & ENT. En general on peut observer 1., que tous nos participes au présent actit se terminent par ANI, foit qu'ils vienent du Latin ANS ou ENS. Ainsi comme on dit Aimant du Larin Amans, on dit également, renant, du Larin Tenens ; & de même de Faciens, Faisant;

de Sentiens, Sentant; 2*, Quie les fubftantifs & les adverbes terminés en ENT, s'expriment ainsi tous par un E; quoique cet E y ait le son nasal de l'A. 3', Qui'on exprime de même par E, tous les fubflantifs en MENT qui vienent du Latin MENTUM, mais de maniere que cet E prend en François le son de l'A: Firmamentum , Firmament; Monumentum, Monument; Vestimentum , Vêtement. 4, Qu'on exprime de même par E tous les autres dérivés du François en MENT, quoiqu'ils ne vienent pas du Latin : Abaissement, Abandonement, Abaiemeni , &c. toujours en donnant à cet e nasal le son de l'A nasal. [1 refte donc à examiner comment on pouroit distinguer les fubftantifs ou adjectifs en ANT OU ENT.

Liste de noms substantifs ou adjectifs terminé's en ANT OU ENT.

ANT.

ENT. Absorbant, Absorbens.

(Il n'y a point de noms terminés Convaincant, convincens.

en BENT.) Fabricant, Fabricans.

Accent,

Accentus. Mordicant, Mordicans. Adjacent, Adjacens. Predicant, Pradicans.

Adolescent, Adolefcens. Suffocant, suffocans.

Cent,

Centum. Commençant, de commencer.

Décent,

Decens. Commerçant, de Coinmercer.

Indecent,

Indecens. Perçant , de Percer.

Innocent,

Innocens.
Récent,

Recens. On peut ici remarquer que ces noms en BANT, Cunt, ÇANT, dérivent des participes, dont ils fuivent la forme en ans, foit qu'ils vienent du Latin ANS & ENS; au lien que les noms en Evt, font des subistantifs ou des adjectifs, qui vienent du Latin EVS , ENTUM, ENTUS; ainli ils conservent l'e de leur etymologie, quoique dans la prononciation on lui donne le fon de l'...

Abondant, Afcer.dant, Cedant, Concordant,

Cocteadant,

Dependant, Excedant, Fendant, Fordant,

Huendant, Mardant, Perlat, Preteadant, Répondant,

ANT.

ENT.
Abundans.

Accident, Accidens.
Ascendens.
Arlent,

Ardens,
Cedens.
Dent,

Dens.
concordans. Evident,

Evidens. Condescendant, de Condescendre. Imprulent, Imprudens.

Contendens. Impudent, Inipudens.
Correspondant, de Correspondre. Inciderit, Incidens.
Dependens.

Occident, Occidens.
Excedens.

Precelent,

Fræcedens.
Findens.

President, Prasidens...
Fundens.

Prudent,

Prens.
Independant, Indeperdens.

Refident, Residens.
Intendens.

T:idest, Tridens.
Mordens.

Lesnoms en Ent sont plus rares
Pendens,

que les noins er. ANT ; parce que Pretendens. les noms en Ant vienent des par

Afrondens. ticipes, & de ceux-là même qui Trasfendant, transcendens.

en Latin sont en ens. Oi voit encore ici que les noms en Ant vienent communément des parti, es, dont ils fuivent la forme ; au lieu que les noms en ENT, fo:t des fubtlantifs ou adjectifs qui, venant du Latin Ens, conservent le de leur étymologie, quoiqu'on le prononce en 4,

Je crois qu'il seroit inutile de pousser ce détail plus loin : ces exemples peuvent fuffre pour montrer que dans ces deux terminaisons 43T & ENT , qui ont le même fon dans la prononciation, il n'y a que l étymologie qui étermine pour l' ou pour l'e : d'où l'on peut folclure que pour bien suivre l'Or hographe, il faut au moins savoir la formation des noms François & leur dérivation des mots Latins.

Remarques sur les p!uriels en ENT dans les Verbes. La terminaison en ENT dans les Verbes demeure muete ; mais de Casiere que fi cette terminaison elt suivie d'une voyele, on fait alors 1.Der le T. Ainsi on prononce également, il aime & ils aiment : mais su fait foner le T lorsqu'on dit, ils aiment à chanter. A l'imparfait la terminaison ENT demeure également muete ; mais e rend longue la diphthongue précédente qui eft breve au fingulier ; - cette terminaison pluriele ett suivie d'une voyele, on y fait soner la 7: il dimoit, ils aimoient à chanter.

5. 4. De l'E ouvert ou fermé dans les premieres Syllables des mots. L'E à la tête des mots fe prononce nécessairement: mais au lieu t'i la fin des mots , lorsqu'il n'est pas muet , il eft fermé, au comzdacement il eft ouvert, & communément avec un fon toible : on

ce

trouve l'un & l'autre dans ébarbé, ébauché, éboulé, &c. Lorsqu'il est fuivi di un doublement de confones , il forme fyllabe avec la premiere des deux , Ecclefiaftique , Effectif , Ellipse, Emmanul, Enneagone, Fppingen , Em, Effence , Enernach. Il le joint auíli avec l'une des deux contones fuivantes dans Ecdemique, Elbauf, Ergot, Escalade , & beaucoup d'autres feinblables , où il conserve le fon ouvert & foible. Mais il a le fon ouvert & fort dans être , & il varie beaucoup dans verbe; car il commerce de s'affoiblir dans rous êtes ; il oft foible dans j'érois, tu érois, il érois ; nous érions, vous étiez, ils éroient : & il est fermé au commencement comme à la fin dans j'ai éte, j'avois été , &c.

Quand il ct précédé d'une ou deux confones, on le trouve également ouvert ou muet : fusage varie beaucoup sur cela ; eflayons de découvrir ce qui en décide. Liste de quelques mois l’E, dans la premiere syllabe , est ouvert

ou muet selon l'Académie.

E ouiert.

E muit. Béat, peatus.

Bcau. Beatitude, Bearitudo.

Beauté. Becabunga, Plante.

Bocune, Poison. Búcare, de Bé.

Bedaine, Panse. Becaffe, Oifeau.

Bedcau. Begaver.

Bedon, Tambour. Begnin.

Belandre. Depuine.

Belette. Beaune.

Belier. Belcr, de Beeler.

Blitre. Bimol, de .

Bonét. Berediclion, Benedictio.

Benoit, Benedictus. Bénéfice, Beneficium,

Benoite, Benedicte. Benevole, Benevolus.

Eeril, Beryllus. Benignité, Benignitas.

Boface.

/ Benir, Benedicere.

Belaigre. Béquille.

Befaigue. Berenice, Berenice.

Belanc. Bétail.

Bcset. Bête.

Beli. Betise.

Belcies. Bútoine, Beronica,

Befogne. Biton.

Besoin. Betyle.

Betel. Bévue.

Bezetlan. Bézoard.

Dans ces exemples, on voit que l'e se prononce ouvert ; ? , dans les nous qui vienent du Latin, tels que Béat, Béatitude , Bénédiction,

/

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