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Paguiat, insariable, Intelligent, Invariable. Mais il reprend le son qui Lai et propre dans Immaculé, Innombrable, Inaccefible, inestimable, inimitable, inopiné, inufité.

L'i vulgaire le confondoit autrefois avec l'y au commencement & i la fin des mots, de mauiere qu'encore aujourd'hui on écrit veuse, Feux, Fres, Troire, Yve, Yvreffe, Yvrogne, de même qu'autrefois on écriroit Fry, loy, Moy, Toy, soy. On a très-bien réformé tous ces fuir à la fin des mots : & pourquoi donc les conserveroit-on encore 21 commencement ? Puisque nous écrivons Foi, loi, Roi , moi, toi, Soi, écrivons donc aulli leuse, ieux , Ives , ivoire , ivraie , ivre, ivresse,

Lorsqu'on veut séparer l'ı d'avec la voyele qui le precede, on met defus les deux points que l'on nomme le créma. Ainfi on écrit ifrie, femei, Eloi. Sur quoi il faut observer que le tréma n'est pas nécessaire

dans Semei, parce que l'acgent aigu fue l'E, montre allez qu'on le | fepare d'avec l'i: aioli on peut très-bien écrire cbéir & obéiffance sans trenia

. Mais c'est abufivement que l'on met le tréma en Latin, parce que dans cette Langue l'i est toujours féparé de la voyele qui le préonde ainfi on doit écrire en Latin ifaias, fans tréma , & en François llon avec tréma. Waison se méprend fort lorsqu'on met l'i tréma à la place de l'r

: c'eft dehgurer & corrompre ce nom, qui vient du Grec, & da Latin moyses. C'est encore abuser de l'i trema, que de le mettre d235 Pais, qai alors sembleroit devoir être prononcé pa-is, au lieu qu'on doit prononcer pai-is ; & c'est ce que l'usage cxprime par l'r, Pays, qui alors vaut deuxi, comme dans Payson. Mais on doit exprimer feien avec l'i tréma, parce qu'on doit prononcer Pei-en. Nous revientroas fur ces derniers objets en parlant de l'r.

ARTICLE X. De la Lettre J. Les deux lettres I voyele & 3 consone, éto'ent autrefois deux ca. ndteres que l'on confondoit dans l'écriture & dans l'impression; delà reat que pendant fi long-temps on n'a compte qu'un seul i dans notre Sahabet de vingt-trois lettres, où l'on confondoit de même nos deux

Mais enfin l'Académie, dans la derniere édition de fon Dictioncire, nous a donné un Alphabet de vingt-cinq lettres, en diftinguant deuxi & les deux u.

Ces deux i, en effet, sont non seulement deux caracteres d'une etne lettre, mais deux lettres essentielement différentes, puisque

De eft vogele & l'autre consone : mais ce qui a donné lieu de les tfondre, c'est que l'une vient de l'autre, comme on le voit par le

*** mot Hierusalem ; car c'est bien ainsi qu'on doit l'écrire selon son mologie; mais insensiblement on lui a fait perdre son aspirationen rant & prononçant Ierusalem, avec un i voyele, & delà par corption Jerusalem, avec un i conlone. C'est ce qui est également arivé szot Hieronymus ; d'où l'on a fait fuccesivement en François Hié

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rôme, sérôme , Jerôme. De même encore du saint nom de notre Sauveur Iefus, par I voyele, selon son érymologie, on a fait Jesus, par s con- **** fone, en Latin conime en François.

L'articulacion de 13 consone eit invariable : on prononce Jacob, Jesus, Joseph, Juda. Il ne feroit pas impoblible de joindre l'ico. Conec avecl i voyele ; mais les exemples en lont très-rares, fi ce n'est dans ces mots ; s'irai, j'imiterai , j'irriterai.

Cette confone ne se confoid avec aucune autre : elle a cependant la même articulation que le o devant les voyeles E, 1: on prononce Jesus & Gedeon , sans aucune différence : mais l'éiymologie de ces poms veut que l'un soit ecrit par 3 consone, & l'autre par G; cela ne se con- 2016 fond point.

L'j' confore an milieu des mots ne s'y double jamais, non pas 23 même en compofition. On ne s'est point avile d'écrire ni de prononcer ville mai ajjourner ni rajeunir : nais on prononce & on écrit rajeunir & cjourner. Cada

Jamais cette leitre ne se trouve à la fin des mois; ce qui vraisemble-vie ment vient de ce qu'elle tire son origine des dipthongues 10, 11, 10, ju, d'où on a fait ja, Je, Jo, Ju. Sur quoi il eit à remorquer que dans

quelques livres, au lieu d'Alleluia , on trouve alleluje ou Alleluya : ce sont deux désauts que l'on doit éviter, parce que dans ce moi on ne doit prononcer qu'un feul 1, & que felon son étymologie, i! doit у

être piononcé comme voyele ; car ce mot vient de THébreu Alleluja, ou pjeux encore Hall.lou-tah , qui fignific Laudate Deun.

ARTICLE XI. De la Letire K. La lettre K qui nous vient du Koppa des Grces, s'eft tellement confondre avec le c, qu'elle lui a celé la pluce dans les 12013 yule grires. Aizli quoique, fel in léryorokie, on dui écrire en Lain, Kalende, kalendarium, on écrit aujourd'hui e Latin reme, calendæ , calendarium; d en François, Calerdis & Culendri r.

Ainsi le K v'el relle que dans quelqies nonis propres , Stokholm, Yorck , &c. & dans quelqres ,1'0's tirés des lacgues étrangeres, tels que di Grec, Xyrie. d'où en style familier Xyriele, & en Iernies d'Anatomie, Kyste & Kylliotome.

ARTICLE XII. De la Lettre L. La lettre Lau commencement des mots a toujours la prononciation qui lui el propre : Lacat , légion, livre, Irge, jure, Lyre

Mais au mili-u des mois et à la tin, ceite les se précédée d'un I, prend souvent une artic larien adouci. & composée, telle que dans peril. d'où périlleule: travail, d'où travailler : reveil, d'où rev. iller; recueil, que l'on prononce rcæuil, d'où recueillir, que l'on prononce recouillir; genouil, que l'on prononce genou , nisis d'où le forme sazenouiller. On prononce de méme Filler Quille, I rille, Brille , ciller, Driller, Erriller, Fresilkr, Griller.

La

La lettre L conserve cependant son articulation propre, dans Fil , afl, profil, vil, civil, viril, volaril, ainfi que dans Achille , imbecille, mille , pupille, tranquille , ville , illustre, illicite. On pe mouille point la lettre i dans mil, nom de nombre; mais on le mouille dans il pris au sens de miller, où on la mouille auili.

Le lettre 2, dans la terminaison des adjectifs, eft quelquefois suivie d'un e muet dans le masculin même, mais toujours dans le féminin, o que que vis elle se double. L'usage varie fingulièrement sur cela , aioli que sur le changement de l'A en e avant cette L.. Ainsi de Generalis, le forme au masculin Général , au féminin Générale ; mais d'uni. vegalis, le forme au masculin Universel, au féminin universelle. De credelis, on a formé au masculin cruel , aú féminin Cruelle : mais de Fidelis , on a fait au masculin Fidele, au féminin Fidelle ; fans. qa'il y ait néanmoins aucune différence de prononciation entre ce masculio Fidele , & le féininin Fidelle. De civilis , on a dérivé au Dalculin civil, au féminin Civile; mais d'urilis, on a pris au masculin Trile , au féminin urile, sans aucune différence. De mollis, on a fait. aa maículin jol, que l'on prononce mou, & au féminin on dit molle. Ces deux i peuvent être ici conservées à cause de l'étymologie. Mais i çoi fervent-elles dans le féminin Fidelle & Universelle ? Puisque de Generalis, on a fait Général au masculin, Générale au féminin; de civilis , a masculin civil , au féminin civile, sans aucun doublement; ne sercit-il pas naiurel d’écrire de même au masculin Fidel & vril, sans E, & au féminin , Fidele , Cruele, Universele , sans doublement ? Cela devient même d'autant plus nécellaire, que le doublement ne peut aroir lieu dans les adverbes dérivés de ces féminins: Car on prononce Lans apcun doublement, Généralement, universelement , Cruelement, Fidelement, Civilement, viilement. De ces fix adverbes il n'y en a même qur trois où le doublement se soit gliffé, Universellement , Cruellement Fidellement. Mais il et évident que cela est contraire tout à la fois à I etymologie, & à la prononciation , puisqu'en Latin ces mots n'ont qo'une seule L, & qu'en François on n'en prononce qu'une. On prononce Fidelement comme fidélité : il est done conforme à la prononciation comme à l'étymologie d'écrire l'un comme l'autre ; c'eit. à-dire, tous les deux arec une soule L.

La lettre i s'éclipse totalement après l'i, à la tin de plufieurs mots qui sont devenus d'un usage fort com un ; ainfi on ne la prononce point dans Baril, Fufil, Gentil, outil , perfil, sourcil.

On vient de voir qu'elle rechange en v dans mol, que l'on prononce uzu ; il en ett de même de col, Fol, Licol, que l'on prononce coll, Iw, Licou. L'Académie préfere méme d'écrire cou , comme on le proZonce en obfervant seulement que dans certains sens moins communs, en doit écrire & prononcer col, comme un col de chemise ; le col de la whe; un col de montagnes. De même elle observe qu'on écrit ordinaijement Fou, excepte lorsque ce mot étant adjectif le trouve suivi d'un fabfantif qui commence par une voyele; ainfi on dit on fol amour; un

ful eniétement : mais on dit : un fou serieux ; un fou triffe. C'est airli qu'on dit un bel homme. & un beau visage, tandis qu'au feminin on dit également une belle femme ; une belle étoile. On prononce sol en no!e de Musique & au sens de terroir, mais en terme de monoie, on prononce sou, & l'Académie l'écrit ainsi.

On demandera peut-être pourquoi doubler la lettre i dans Belle & Folle; cela vient de l'ancien usage , que l'on n'a point er.core reformé dans ces petits mots, parce que le moindre changement que l'on y pujffe faire , lemble déplaire à l'ail, qui est acoutumé à y voir ce doublement, au lieu que cette réforme devient presque intenible dans les mots plus étendus & analogues à d'autres où ce doulilement n'a pas lieu `Ainii quoique l'on continue d'écrire Belle & Folle , rien n'empeche qu'on écrive Fidele pour les deux genres, & Fidelement comme Fidelisé , & folement comme Folie

On écrivoit autrelcis Appeller, parce qu'il vient du Latin Appellare: mais l'Ac demie en se raprochant de la prononciation, écrit sppeler, Appetunt, Apprle. Elle ne conserve les deux z dans ce verve, que de. vanil'e muet, c'età dire, qu'au présent elle écrit, j'appelle, tu ap. pelles, il appelle ; nous appellons, vous appellez , ils appellent : au futur j'appellerai , & au conditionel j'appellerois. Du refle'elle écrit s'appelois ; j'appelai ; Que j'appelafe; en sorte que la reforme de l'Ortho. graphe, par l'Académie même , a tait naîire dans ce verbe ure variété d'Orthographe qui au resle n'eft qu'une inviation à revenir à l'uniformité, en achevant de supprimer de ce mot ce doublement qui ne s'y prononce lous aucure forine. L'accent aign peut fuffire dans j'appelerai & s'appelerois ; & il n'est pas même neceffaire dans j'appele avec une seule 1. parce que le penaltjemc, suivi d'un e muet, fe prononce toujours fans avoir besoin d'accent. Alurs ce verbe se conjigue fans aucune irrégularité. J'appele ; j'appelois ; j'appelai ; j'appelerai ; j'ap. pelervis; que j'appele; Que j'applaje ; appeler, appelant ; appelé. Ce. pendant on continuera d'écrire , à l'exemple de l'Acariemie, wppellorif & Appellation avec deux 1. parce que non feulement elles y lont en Latin, mais que même en François on les y prononce.

De niême du Latin Cancellarius, on a fait chancellier & chan ellerie : mais aujourd'hui on prononce chancelier & chancelerie ; & l'analogie demande qu'on écrive l'un comme l'autre, c'elt-à dire, tous les deux avec une seule L. Du Latin Candela , on a fait en François chandelle &, chandellier : mais on prononce chandele & chandelier ; & lanalogie demande que l'on écrive ainsi, puisque même en l'écrivant ainsi on Je rapproche de l'étymologie, qui n'y mei (in une seule 1. Du Latin calfellum , on a fait en François charel, chárellain, chåretlenie : mais aujourd'hui on prononce château , châtelain, charelenie : & l'analogie veut qu'on l'écrive ainii, en ne mettant dans ces deux derniers mots qu'une seule 1, puisqu'on n'y en prononce qu'une , & que dans le premier des deux, l's devient même muet , & par-là incapable de foufrir le doublement de la consore qui le suit.

Il y a er.core d'autres noms d'où l'usage a retranché la lettre 2, quoi. quelle y füt ad rise autrefois , & même autorisée par l'étymologie. Ainsi des mots alnus & vina , on a fait nulne, arbre & mesure, & aujoură'hui Anne ; de Falco , on a fait Faulcon , & aujourd'hui Faucon; de Palma, on a fait Paulme , & aujourd'hui Paume. De même poua mon, Papiere , aumon, soufre, Taupe , & autres , ont également perdu la lettre , qu'on n'y prononce plus ; tant il ett vrai que l'usage même tend à supprimer de 1 Orthographe les lettres qu'on ne prononce plus. Cett à quoi i'on poura parvenir, mais par degrés.

Ainfi on peu: bien, à cause de l'étymologie, doubler la lettre 2, dass allecher , Alléger, alléguer , Allier , Allover, parce que ces mots vienent du Latin Allicere , Alleviare, Allegare , Alligare, allaudare : mais rien n'jblige de la doubler dans alourdir, Alonger , Aligner , florguer, Alarmer, &c. Avant de terminer cet Article , il faut observer une chose qui lui tf commune avcc tous les autres, c'est qu'à l'égard des noms propres, qui ont été composés de quelques-uns de ces mots où on a retranché elques lettres , il faut continuer de les écrire selon l'anciene Ortho. sache ; parce qu'en la quitant, il en résulteroit que le nom du fils ne palembleroit plus au nom du pere. On ne se permet de varier que sur des sons anciens qui ont été francisés. Ainsi de Theobaldus, on a fait Tikeud, Thibaud, Thibault & Thibaur ; d'Arnulfus on a fait Arnoulf, and & Arnou. Mais dans les noms modernes ont écrit Arnauld, Faucauld, Renauld, quoiqu'on ne prononce aucune de ces consones fnales

. Oa méconnoitroit celui qui signeroit Renaud , Renaue ou Ronu , í fon pere avoit coutume de figner Renauld.

ARTICLE XIII. De la Lettre M. La lettre a offre son articulation propre dans Maxime, mémoire , Inicle, modele, Mufique, myftere.

Mais elle sert souvent à donner aux voyeles le fon nasal, & c'est 'ncipalement avant les consones B & p ou P H, comme on le voit 1:28 Ambassadeur, Amplitude, Amphithéâtre ; Embaras , Empire , Emphyfe Elle a eu le même usage auprès de la confone , dans Damnation, damnation , solemnité : mais ces voyeles ont perdu le son nasal, & - leltre m ne s'y prononce en aucune maniere; on la conserve néanwins encore à cause de l'étymologie rlans Damnation & Condamnation: s malgré l'étymologie même, l'Académie a changé cet -- solennité , & la voyele e, en y perdant le son nasal, n'en a

"enu que le son de l's, en sorte qu'on prononce solanité, & fi l'on setiaue d'écrire solennité, ce n'est que pour y conserver un vestige

fon étymologie. la lettre m fert auffi à exprimer le fon nasal à la fin des mots, Time dans Adam, cherubim, Faim, Nom, Parfum. On a même

á prononcé avec le ron nalal, Abraham comme Adam. Mais l'Aca-. zie convient qu'on doit prononcer la lettre m séparément dans

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