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ARTICLE II. Des Noms de nombre Cardinaux, Les Noms de nombre se distinguent en Nombres Cardinaux & Ordi. Daux. On a pele Cardinaux, ceux qui defignent une quantité sans en Larquer l'ordre : un, deux, trois, quarre , &c. Les Ordinaux sont ceux qui defgnent l'ordre : premier, second, troifieme , &c.

Les ombres Cardinaux communémeni ne varient ni pour le genre, Di pour le nombre. Mais il faut en excepler le premier : cron dit au masculin, an ; au féminin, une ; & au pluriel, les uns, les u.es; delà rient auffi le fubitantif, Quelques-uns, quelques-unes.

Le mot ceni n'a point de fémioin; mais il a le pluriel, que les ons écrivent cens , & les autres cents. De ce que nous venons de dire sur les noms terminés en ent il fuit qu'on ne doit écrire ceris que dans la fignification du mot Latin census. Car lorsqu'il ne s'agit que d'une centaine, il est certain qu'on doit écrire cens ; mais quand il s agit de plateurs certaines, il convient d'écrire cents : exemples, cent humnes, cias pistoles; deux cents hommes , trois cents écus. La prononciation en derient plus douce & plus agréable à l'oreille, quand ce nom de nombre se rencontre plus immediatement devant une voyele ou une h fans aspiration. On peut même ajouter que les regles fondamentales de l'Orthographe 'l'exigent, puitque ce rombre étant multiplié, il convient de l'écrire avec la lettre caractéristique du pluriel, ainsi roe tous les autres noms. Mais il faut convenir avec Danet, M. Ruslaut, & plufieurs autres Savans, qu'en fait de date, sent elt indéc'inable : l'an mil fept cent soixante & quatorzieme. La raison de tout cela et que tous ces nombres se réunissent pour ne foriner ensemble qu un seul mot; car comme on dit l'an millieme, on dit ensuite, l'an 21 centieme, l'an mil-seprocentieme, l'an mil.sept.cent-foixantieme, & enfin 130 mil fept-cent-foixante & quatorzieme.

Pour ce qui eft du mot mille, il est constant qu'il est pareillement indéclinable, & qu'on doit écrire deux mille hommes, trois mille hores, i quaire mille lieues, cinq mille ans, & semblables. La raison De s'opposeroit pas à ce que mille s'écrivit avec une sen certains cas, ait bien que cent; mais l'usage général ne le permet pas. A l'egare des dates, on doit écrire mil avec trois lettres, comme on vient de la Foir dans les exemples que nous venons de donner,

Le mot vingt prend l's du pluriel dans ces mots quarre-vingis, sixsingis, quinze-vingts, parce que c'est comme fi l'on disoit quatre fois 1721, fix fois sing', quinze fois vingi : & cette s se fait sentir devant les voyeles & devant l'h non alpirée, quatre-vinges ars, fix-vinges omnes. Cette derniere expreffion a veilli; on prefere aujourd'hui cirt si-g!, qui exprime plus nétement le même nombre. Il ne nous resto que querre-viages & les Quinze ringis. Mais parce que cette s ne fo prononce point quand ce nombre quarre vingis eft fuivi d'un autre,

ge est de la retrancher dans ce cas. Ainli on écrit : quatre-vingt uten quatre-vinge-deux, quatre vingt-trois , fans s.

On disoit autrefois septante, oclante & nonanse : mais ces termes ont vieilli. On a feulement conserve Septante dans quelques exprethons : Les Septanie jemaines de Damel : les Sepranie Interpretes de la Bible : les Sepiante Disciples de Jesus-Christ

. Hors ces deux cas on dit soixante-dix, oa svix.znie & dix ,'quatre-vingis, & quatre-vinge-dix. Sur quoi l'on peut obierver que comme on dit quarre-vingt-dix, quatre-vinge-unze, quatrevinge douze, & les autres, fans y inferer la conjonction &, on peut bien dire de même soixante-dix, soixante- unze, soixante-duuge.

ARTICLE III. Des Noms termines en ION.

Les mots en tion & fion ont un son fi uniforme qu'il faut nécessai. rement avoir recours aux Latins dont ils sont dérivés

pour

ne pas écrire avec une s ceux qui doivent l'être avec un i. Ainti pour

bien écrire extenfion & semblables, il est nécessaire de savoir que ce mot vient du tupin extenfum ; & qu'au contraire intention doit être écrit avec un i, parce que ce mot vieni d'intentum. Il en eti de mème des mots termines en ction & en xion, dans l'Orthographe desquels on pouroit le tromper, fi on n'avoit pas recours aux Latins dont ils tirent leur origine. C'est pourquoi il faut savoir que diclion vient de diclum, & réflexion de reflexun, pour ne pas confondre le d avec l'x.

ARTICLE 'IV. De la formation du Féminin des Adjectifs.

C. Les noms terminés au masculin par un c, forment leur séminin en ajoutant he après cette finale. Exemples, franc, blanc font franche blanche. Il ne fant excepter de cette regle que public, Turc, caduc, qui venlent au féminin publique, Turque, caduque : d'où ii fuit allez natuhélement que Groc doii avoir au féminio Greque : cependaut on trouve communément Grecque : c'est une irrégulariié manifeile ; & il est très facile aux Imprimeurs de la reformer, en fupprimant ce doublement qui n'est fondu ni sur l'étymologie, ni sur la prononciation.

D. Les noms termines en d prenent un e après cette finale. Exemples, grand, froid, luid, fécond, profond, lourd', fourd, gaillard, &c. au feminin foni grande, froide, laive, feconde, profonde, lourde, founde, gaillorde , & ainli des autres. On ne doit excepler que ces deux mois nud & crud, qui an féminin font nue & crue.

E. Ceux qui font jerminés en é aigu, prenent au féminin un e simple après la firale du matculin. Exemples : courbe , étacé , gardé, eree", écoute, change, bouché, roulé, a ime, , frapé, ciri , aisé, vané, trouvé, annexe; & generalement tous les participes patifs des verbes de la premiere conjugaison ajoutent un e muet après la finale du malculin pour en foriner le féminin. Exempl. courbe fait courbée ; cfucé, efack, &c.

Les noms terminés par un e fimple, ne reçoivent aucun changement; cır on écrit aimable , firme, maigre, rouge, & semblables, au maiculin comure au luaunin.

F. Ceux en f, changent cette lettre en ve au féminin. Exempl. neuf, ef, vif, juif, pofitif, actif, oifif, captif, & femblables, font au férni. Da, neuve, veuve , vive, juive, positive , aclive, oifive, caprive, &c.

Il eft vrai qu'autrefois on lailloit la lettre f au féminin, & qu'on crivoit neufve, reufve, & semblables ; mais ce n'etl plus l'usage, on la retranche à present de tous ces féminins. G. Ceux en g, veulent gue au féminin. Exempl. long, longue. I. Ceux en i, forment leur séminin en ajoutant un e après la finale du masculin. Exemp. ami, boufi, cueilli , fleuri, guéri, hardi, & femblables, au séminin font amie, boufie, cueillie, fleurie , guérie, hardie, duc,

L. Il faut observer que les mots terminés en al & en il, prenent fimplement un e après cette finale pour former leurs ferninins. Ainsi egal fait égale ; subril, subrile , & de inéme de leurs semblables. Mais on aluppose que ceux qui sont terminés en el, devoient doubler la finale du masculin, avant d'y ajouter un e pour en faire le féminin. Exempl. naturel, naturelle, & ainsi des autres. Mais il est cependant vrai que les noms en er passent du masculin au féminin sans doubler leurr: de premier, premiere de léger, légere , & ainsi de tous les autres généralement. Rien n'oblige donc de dobler en pareil cas la lettre s, 8 puisque d'égal on fait égale; de subril, subrile ; donc on peut aussi de naLared former naturele. L'usage, dit-on, s'y oppose. Les Imprimeurs peuvent le changer; & nous le faisons dans cette Edition.

Les Noms en eil doublent nécessairement la consone pour lui conferrer i'articulation mouillée. Ainsi de pareil on fait pareille. C'est un was evidemment différent du précédent.

A l'égard des mots en ol, comme fol & mol, qui sont aujourd'hui d'un rare usage, les Anciens ont doublé la finale du masculin, avant Çie d'y ajouter un e pour en faire le féminin. Ainsi de mol & fol ils ont fait molle, folle, pour rendre bref l'o qui precede: d'ailleurs, le not mol & molle vient du Latin mollis, où sont les deux l. Il en est de méme du mot nul & nulle, dérive du Latin nullus; c'est une raison dy conserver les deux l : mais pour le mot fol qui ne vient pas du Litin, rien n'oblige d'y doubler la lettre l; car filo devoit être long, on y meltroit aujourd'hui un circonilexe; ainsi le féminin fole , avec Le seule 1 & luns accent, doit se prononcer bref.

N. Les mots terminés en ain , ein, in & un, comme certain, plein, ilin & brun, au féminin ajoutent un e après la finale du mafculin; jani on doit écrire certaine , pleine, encline, brune au féminin. Il faut cependant remarquer qu'il y a des masculin en in, qui au feminin font

, comme malin & benin , qui font maligne, benigne. Mais on a fupposi que ceux en sen & en on, devoient doubler la (nale du masculin; ainfi d'ancien on a fait ancienne ; de mien, mienne; bon, bonne, & ainsi des autres. Il est alez évident que c'est une excep!ion à la regle des autres terminaisons ; & qu'aujourd'hui celle exception devient entièrement inutile : car ce doublément n'a été introduit que pour rendre les voyelas broves, dans un temps ou on

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n'avoit pas un circonflexe pour les rendre longues : aujourd'hui que nous savons les rendre longues par le circonflexe, il suffii de les écrire fans accent pour les rendre breves ainsi comme de premier on a fait premiere, sans doubler la lettre r, de méme d'ancien on peut faire trèsrégulièrement anciene, fans aucune équivoque de prononciation, puisqu'en Latin on dit bonus, bona , bonum , avec une feule 1, on peut donc écrire en François bon & bone ; l'étymologie le demande, & la prononciation ne s'y oppose pas.

A l'égard des noms terminés en an, ils font dans leurs dérivés écrits avec beaucoup de variation. Les uns doublent la finale dans le féminin, comme paysanne , qu'on trouve communement avec deux n: au contraire courrisane n'en a souvent qu'une. La regle générale étoit d'écrire tous ces mots avec deux n, à cause que la penultiemme eft breve; car une des regles les plus communes des Anciens, qui n'avoient pas le secours de nos accens, étoit de doubler les confones pour tendre les voyeles breves : delà vient que fars égard à leur étymologie, ils écrivoient couronne & perfonne, tandis qu'en Latin on écrit corona & perfona : mais aujourd'hui que nous avons le circonflexe pour rendre les voyeles longues, nous pouvons écrire sans équivoque courone & persone ; & par la mêine raison, courtisane & paysane.

R Les masculius en r forment leur féminin en ajoutaut un e après la finale du masculiu. Exemples : gröffier, gróffiere; dur, dure; léger, légere, & semblables. Ceux en eur varient; car trompeur

fait

trompeule; acteur, adrice ; vengeur, vengerese; & ainsi de quelques-autres qu'on trouvera dans leur ordre alphabétique.

S. Los noms terminés en s suiven: la même regle. Exempl. ras fait raje; gris, grise; mauvais, mauvaise ; acquis, acquise ; clus, close; inclus, inclure, & feinhlables.

De cette regle on ne doit excepter que les mots suivans : gras, bus, las, épais, gros, qui font au féminin, grafe, base, lolle, épaife, grise, pour donner à la lettre s l'articulation forte qu'on lui donne en prononçant ces mots, & qu'elle perdroit fi on ne la doubloit

pas.

Il faut aussi obferver que frais veut fraiche; & oblous, absoúre.

T Ceux qui sont terminés en t au masculin, forinent le féminin en y ajoutant un e après la finale du mafculin. Exemples : délicar fait délicare ; plat, plate ; sarant, savante ; saint, fainte; teini, reinze ; innocent, innocente ; subit, fubire, maudit, maudite ; dévor , dévore ; Suspect, Suspecie , & autres semblables.

On a cru devoir encore excepter de cette regle les mots terminés en et , dont le plus grand nombre se trouve écrit au féminin avec deux 1: muet, muerte; sujer , sujerte , & ainsi des autres. Mais il en est de ce doublement de la lettre i, comme de ceux des lettres 1& n en pareille pofition, c'est à dire , après la lettre e pour la rendre breve; cela étoit tres bien quand on n'avoit pas de circonflexe pour la rendre longue; mais aujourd'hui que nous savons la rendre longue par le circonflexe,

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ee: doublemens devienent inutiles ; & quand on verra muere & Lijete fans doublement & tans accent, on comprendra facilement que la Pevele e: breve quoique la consone ne foit pas donblée.

C. Les noms enu, prenent ua e par augmentation, & y mettent deux points ou un trema, e, lorsque cet adjectif est terminé par une syllabe dont la pronunciation pouroit être équivoque fans ce secours : c'età. dire, que cet e treina n'eit néceliaire que dans les a zjectifs séminins terminés en gue, comune ambigué, cigue, &c. pour obliger de pronor.cer las parement comme on le prononce au masculin, ambigu , aig!. A lezat i des autres noms feminins terminés en ue, l'etinal n'exige pasces deux points, parce que la prononciation n'en peut être équivoque. Il faut donc écrire, greque

de

greni; merue de menu; mousue de moulu; bc.cone de branchu; entendue d'entendu ; venue de venu, &c.

X. Erfiu les masculins qui font terminés en x, changent cette finale en le au feminin. Exemp. hideux sait hiveufc; orageux, oro geuse ; facheux, firuuje , & ciriti des autres, dont on ne doit excepter que faix, doux & rex, qui au féminin font, #2, douce, rousse.

Ces Remarques iar les termin. i? 1:25 des adjectis font pour la plupart tirées de l'Oicina Larinitatis: on y a leulement ajouté quelques nouTeles Observations sur les moyens de perfectioner rote Orthographe.

71ue ,

nument.

ARTICLE V. Des Adverbes dérivés des Aljcelifs. La plupart des adverbes terminés en ment, se forment fer l'adjecif feminin sont ils sont dérivés, en y ajoutant la syllabe ment; c'est pour q-ci lorsqu'on double la finale du masculin pour former le féininin de 1 adjectif, on la double également pour laciverbe, & lorsqu'elle deTeure simple au féminin, elle est également fimple dans l'adverbe. Es voici des exemples sur toutes les finales.

En C. Blanc, blanche, blanchement; public, publique, publiqueEinr.

En D. Lourd , lourde, lourdement; nud,

En E. Ceux-ci se forment sur le mafculin, en y ajoutant la fyllabe DER!. Exemp. A réable, agréablement; aile, a femenit. La raison de cela ti qeleduféminin étant muei, ne le prononce pas. On n'écrit donc p-int aiseement, mais cilement, parce qu'on le prononce aii.fi.

E. F. Ceux-ci se forment sur le feminin. Exemp. Altij, uclive , citirement, arrenrif, attentive , attentivement, & fenublables.

En G. De méine. Long, longue, longuement.

Enl. Ceux ci se forincntcomine ceux en e, sur le masculin. Exemp.“ Hardi , hardie, hardiment: poli, polii, polimert ; vrai , vrcie, vraiment. Ceit ercere parce que le inuet du féminin ne fe

prononceroi Ca n'ecrit donc point hardiement, mais hardiment; parce que c'eli aiuti con le prononce.

En L. C'eft fur le féminin qu'ils se forment. Ex mp. Final, finale, leseni, fubiil, subrile, sub.ilement ; parcil, pareille, parcikmelis,

k

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