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L'Accent circonflexe fert auffi à diftinguer plufieurs mots dont i Onthographe est semblable, & le sens différent. Ainsi on écrit súr, tertus ; mür, malurus ; , debuit vel debitum, & crû, fundus , avec un á circonflexe, pour les diferencier, au moins aux jeux, & empêcher qu'on ne les opforde avec sur, fuper; mur, murus ; cru, crevit vel credidit, & du, particule qui dénote le Génitif.

Il et encore bon de mettre cet Accent sur les penultiemes syllabes des premieres & secondes persones du pluriel des Pretérits, comme dans nous vouames, vous joudres ; nous rendimes , vous rendites; nous reçu843, vous reçues , parce que ces syllabes sont longues. Cett le ien. tirent & l'usage de l'Académie, comme on peut le voir dans son Dc onaire , au mot Aorile.

Mais il est absolument inutile de mettre cet accent sur les ud la fin de certains mots , comme dans lu, pu, vu, su, conçu, fons prétexte que ces u étoient autrefois précedes d'une, & qu'on écrivoit leu, peu,

s sçeu, conçeu , parco que l'Accent Circonflexe n'y peut servir de rien pour la prononciation , ni pour la fignitication.

Il ett nécetfaire de s'en servir à la troifieme persone du fingulier del Imparfait du subjondlil, de quelque conjugaison que soit le Veibe, einfi on doit écrire : qu'il oimâi , qu'il jouir, qu'il dût, qu'il apprit , qu'illa, & leurs femblables.

11 résulte de ces Observations que le Circonflexe doit étre employé, 1°, Pour marquer qu'une voyele ou syllabe elt longue; soit qu'on en ait retranché quelque lettre, soit qu'il n'y ait en aucun retranchement.

2. Pour diftinguer un mot d'avec un autre semblable par l'exprefion, & dont le sens eit different,

Hors ces deux cas, l'Accent Circonflexe n'eft qu'une fuperfluité emberas'ante qui ne sert qu'à surcharger l'écriture. Il est sort peu imporfart d'être averti par cet Accent, qu'il y a une lettre de retranchée dans

mais il sera véritablement utile, lorsque son usage sera fixé à indiquer une fyllabe longue. Il convient donc de le banir de toutes les fyllabes breves, quelque retranchement de lettres qu'il puitle y arvoir

. C'ett le plan que l'on suivra dans ce Dictionaire.

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un mot ;

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ARTICLE II. De l'Accent Grave.

Datif,

L'Accent Grave n'a lieu en François que sur ces truis voyeles , è, .
Sur l'à préposition qui se met devant l'Infinitil, ou qui marque le

comme à Paris, à Pierre , à faire, &c. pour le différencier de l'a verbe auxiliaire, qui déligne un Passé, comme il a été, il a aimé ; & de l'a qui inarque le Présent, comme il y a, il a, qui doir toujours étre un a fimple.

LYGravene doit être placé que sur les fyllabes finales dont le son eft tres.plein & très-ouvert, & qui sont terminées par une s; c'ell lé sentiment de Pierre Corneille, de Messieurs de Port Royal, & du P. Buffer. Ainé il ne faut pas écrire par ez, comme nos Anciens, mais par ès la

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derniere fyllabe des mots suivans : abseès, accès, agrès, après, auprès Carès, Cyprès , decès, dès , excès, grès, près, proces, succes, & leurs fomblables.

On met nuciquefois le grave à la pénultieme, soit pour y exprimer le fon implement ouvert, première , toit pour y exprimer le son trèsouvert, diocèse. Mais dans le premier cas, il n'est besoin d'aucun accent, premiere fuft; porsone ne s'y trompera : un e pénultieme, suivi d'un e muet, doit toujours le prononcer. Dans le second cas, l'accent qui y convient, ell le cireenil sze: diocèse. Ainsi l'accent grave, même fui l'e, paroit devoir reiter íu la seule derniere fyllabe, comme chez les Latins & chez les Grecs.

L'ù Grave n'a lieu & ne doit être admis que dans le seul mot où, adverie, lorsqu'il peut se tourner en Latin par la pariicule in, ou lorsqu'il deligue quelqu'une des quellions de lieu, ubi, undè , quo & quà: car lorique le mot ou* elt conjonction disjonctive & fignine ou bien, qu'on exprime en Latin par vel ou aui, il faut toujours l'écrire avec un u fimple: c'est l'usage general.

ARTICLE III. De l’Accent Aigu. L'Accent Aigu ne doit être mis en François que sur l'e fermé ou foiblement ouvert, soit au commencement, soit au milieu, soit à la fin des •mots : comme dans bonté, donné. L'é lermé à la fin des mots, bonté, donné, & quelquefois à la pénultieme, c'ef-à dire, dans les noms terminés en ge, Collége, liége, privilége, siége. Hors ces cas, lé aigu se prononce foiblement ouvert, comme dans résisler , réfléchir, & temblables ; & il remplace dans bien des mots une fratranchée que l'étymologie y avoit fait conferver, comme dans érude , répondre , rétablir, chrétien , &c. que l'on écrivoit autrefois, eft ude, respondre relablir, chretien, &c.

l'é doit ordinairement avoir l'Accent Aigu dans la syllabe re , lorsqu'elle commence un mot, comme dans répondre, république, & un grand aombre d'anires. Il y en a plufieurs d'exceptes, tels que rebours , rebrouffer, rebuffade, rebut, &c. on peut se rappeler ce que nous en avons dit en parlant de la lettre E. Il faut seulement observer que dans ces mots on ne met point d'Aigu sur la fyllabe re, parce que l'e y ett muet.

L'é eft foiblement ouvert dans rélégation, eft muct dans reléguer. On dit remiffion, quoiqu'on dise remettre : rétention, quoiqu'on dile retenir : irréligion & irreligieux, quoiqu'on dise, religion & reigicux, &c. Commu. nement cela vient de ce que dans les mots plus usités, l'e devient muet.

Souvent un même mot a des ligniñcations toutes différentes, en y prononçant la fyllabe re avec l'e inuet ou avec l'é foillement ouvert. Repartir avec l'é foiblement ouvert, fignifie distribuer ; & repartir avec le muel, fignitie répondre , ou partir une seconde fois. Répondre, ligniiie, fuire une réponse , &s répondre, Ignifie pondre une seconde jeis.

Quand

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Quant aux noms terminés en iere, coinme lumiere, premiere , & ious les autres qui ont un e muet à la derniere Tyliabe, un autre e à la penultieme, les uns mettent un accent aigu é sur la pénultieme tyllabe, les autres y mettent un accent grave è ; plureurs n y veulent aucun accent. La prononciation de cet e tient le milieu entre celle de l'é fermé & de l'é très ouvert ; de sorte que nous n'avons point d'accent qui puisse indiquer le fon de cet e. Quoiqu il paroitle approcher un peu plus de l'é fermé que de l'é très-ouvert, cependani on peut dire qu'il n'a besoin d'aucun accent, parce que la prononciation ed fuffilament déterminée par sa position, le penultieme ne pouvant jamais étre muet devant une derniere fyllabe muerte. il faut fenlement oblerver que fi l'on est obligé de civiser un mot sur cet e penul tieme, il faut y mettre un accent aigu pour le faire prononcer: Ils arrivé-rent, ils pénétré-rent.

L'accent aigu le place encore fort bien sur la fyllabe pré, quand elle eft initiale dans un mot françois dérivé d'un latin qui commence par la preposition præ; car alors l'e eft foibleinent ouvert, comme dans ceux ci, prácedent, prérogarive, prétexte, prébende, précaution, perepie, precipice, preris, prédestiné , predicateur, preface, préfet, & plusieurs autres semblables.

Enfin l'é aigu est encore admi: & le prononce fermé, au cominen. cement, au milieu & à la fin de tous les mots où il se trouve luivi d'une voyele, quelle qu'elle soit, pourvu qu'il ny forme pas une diphthongue. En voici des exemples approuvés par nos modernes :

Cratear, neunzoins, préambule, il ayréa , reel, suppléer , cree, cérté , obeif! Jense, obii, théorie, préoccupé, théologie , réunion, réuffir , & plureurs autres semblables.

Entin , pour placer à propos l'accent aigu, il faut connoitre l'8 fermé ou foiblement ouvert , par-tout où il te rencontre ; & l'oreille ne peut sy accoutumer qu'à force d'entendre parler des periones coat la prononciation est sans défaut,

Pour éviter la prononciation choquante de deux e muets qui se rencontreroient de suite, le muet des premieres persones des verbes devient fermé és prend l'accent aigu, quand ces persones sont sui

Ties du pronom perionel je, avec lequel elles ne font qu'un mot : 1 672 je? parlé-je ? ARTICLE IV. Du Trema , ou double point placé sur les voyeles.

Il n'y a en françois que trois voyeles qui portent des points en téte, Lavoir , e, i, u, dont l'usage et de montrer qu elles ne forment pas une diphthongue avec la voyele qui les precede, & que par contequent on doit les prononcer leparément, coinine on va le voir.

Le tréma ne se rencontre qu'après l'a, l'o o l'it.

Après l'a, comme en ces mots Aerius , Altius, aëri & semblables, où fitremna sert pour éviter qu'on ne prononce Erius, Erius, Æri, &ico

Après l'o, dans aloës , poele, Noël, pour empêcher qu'on ne prononce l'o & l'e comme la dipihongue æ, qui se trouve en ces mots, æcuménique, ædémareux, asophage, &c. quoique plusieurs bons Ecrivains n'admetient pas même le tréma dans ces circonstances, parce que nous n'avons point de mots où l'æ fe prononce en diphthongue, car dans ceux que nous venons de citer, il tient lieu d'une simple. D'ailleurs, toutes les fois que des deux voyeles qu'il faut prononcer séparément, l'une est un é fermé ou foiblement ouvert, l'accent aigu qu'il porte eft fuffisant pour empêcher qu'il ne soit confondu dans la prononciation avec la fyllabe qui le précede ou qui le fuit. Ainsi dans aéré, aérien, poésie, l'accent aigu sur le produit le même effet que les deux points. Mais fi cet e fait la pénultieme syllabe d'un mot qui a un e muet à la derniere, comme il n'est pas susceptible de l'accent aigu, on peut y mettre les deux points, comme dans Noël, poële. Par la même raison les deux points font inutiles dans alcès, parce que l's s'y prononce fortement , & que l'e doit avoir un accent grave,

Et enfin après l'u, dans aiguë , ambiguë , cigue, &c. pour faire connoître qu'on doit prononcer ces mots autrement que ceux-ci, farigue, langue & semblables.

A l'égard des mots rue, connue , menue, & tous les autres qui finissent par ue, précédés d'une autre confone que le g, il ne faut point de iréma, parce qu'on ne peut confondre la terminaison de ces mots avec aucune autre.

L'ï tréma le place après l'a , l'o & l'u.

Après l'a dans hair, Adélaïde, Danaide, Thábaïde & femblables, pour empêcher qn'on ne prononce l'a & l'i comme dans les mots air, chair, chaîne, d'où ils forment la diphthongue ai. Par la même raifon, il faut écrire aïeul, faïence, caïer, ou cahier, glaïeul, païen, ca. maie!, gaiac, jaïet, judaique, judaiser, judaisme, laic, naif, naiveté, Nicolaïres, prosaïque , Spondaique & autres semblables.

L'i étant après un é fermé, & devant faire la syllabe séparée, les deux points y font absolument inutiles , & l'accent aigu suffit sur l'e, pour distinguer la prononciation de l'e & de l'i. Ainsi il faut fimplement écrire Enéide, obéir, déité, réimpofition, réimpreffion , réimprimer, reinfecter, réintégrer, réintégrande, réitération, réitérer, fideicommis, Neréide, plebéïen, Pléiades & semblables, pour marquer que l'e & l'i n'y forment pas la diphthongue ei, comme dans ceux-ci, frein, dessein, plein , pleine , &c.

L'z trema se met après l'o dans Stoicien, stoïque, foiquement, roïque, fimois & semblables, parce que l'o & l'i n'y forment pas la diphthongue oi , comme en ceux-ci, oiseau, moitié, emploi, &c.

Enfin il y en a qui placent l'ï tréma après l'u en ces mots, Louise, bruit, nous concluions, Druide, jouiffance, ébloui, oui, anditus, & femblables, pour faire connoître que ces trois voyeleso, u&i, ne forment pas dans ces mots la diphihongue oui, ni ui, comme en ceux-ci, oui, ita, ( qui quelquefois eft de deux syllabes chez les Poêtes, auquel cas

il faudroit écrire oui) patrouille, rouille, bouillon, grenouille, ruisseau, &c.

On pouroit cependant encore le parler de l’i tréma après u & ou, dont le son ne change pas, soit qu'ils forment une ou deux fyllabes arec l'i. C'est l'usage qui aprend quand ui & oui doivent être d'une ou de deux tyllabes. Ils font presque toujours d'une seule dans la conversation, & l'on ne doit faire sentir la distinction des deux syllabes que dans le discours soutenu & dans la poelie. Ainli dès que le son, D'en est pas différent dans ces deux manieres de prononcer,

l'i trema y inutile.

Il n'y a pas plus de raison de mettre les deux points sur li des diphthongues ui & oui, qu'il n'y en auroit de les mettre sur l'une des trois voyeles ia, ie, io, &c. qui se prononcent tantôt en une & tantôt en deux fyllabes. Cependant on ne les diftingue jamais par les deux points quand elles forment deux syllabes : il en doit étre de mène à l'égard des voyeles ui & oui.

Li trema se place après les voyeles a & o. Après l'a, dans les inots Archelaus, Emmais, Esaü, saúl , & semblables, pour marquer qu'elle n'y est pas diphthongue, comune en Ceux ci, Laudes, simon , Paul, &c.

Après l'o, en ces mots, Pirithoüs, Bagoüs, & semblables, pour faire voir que la derniere syllabes de ces mots ne sone pas comme la diphi hongue ou , qui se trouve en ceux-ci, tout, gout, jour, &c. dont la prononciation eil bien diferente. Pour en avoir une preuve incontefable, il ne faut que comparer ces deux noms Saül, roi des Ifraelites, & Saul, apôtre. L'Orthographe de ces deux mots elt semblable, e sont les mémes lettres: cependant la prononciation en eit bien diferente, car le premier est de deux syllabes qu'on prononce repasément, Sa-u?; au contraire, le second n'est que d'une, puisqu'on prononce Saul comme Paul: ains il faut avouer qu'il n'y a que le tréma op les deux points qui se trouvent sur l'ü qui en font la différence : coù il faut conclure qu'il ne doit être employé que dans ces fortes d'occasions ; c'est-à-dire, pour diftinguer d'une diphthongue les voyeles qui n'en forment pas, & qui doivent être prononcées feparément.

Par les inémes raisons qui vienent d'être expliquées à l'égard de l'e fermé ou foiblement ouvert après o & a, & avant i, il n'est pas néceliaire de mettre deux points sur l'u quand il eft après un é fermé, pour en pêcher qu'on ne prononce ces deux voyeles comme la diphIbongue eu , l'acent aigu lur l'é suffira pour les faire prononcer fepaJement avec le son qui lui est propre. Ainsi on écrira reunion , réussir , &c. & non réinion , reifir, &c.

On a souvent confondu l'ï tréma avec l'y : delà vient qu'on le trouve dans ces mots, roiaume , nétoier, aiant, & cent autres où il ne doit pas 20r d'entrée, l'y ayant droit d'y être placé par présérence, comme Lous l'avons montré en parlant de l’Y. On écrivoit aussi autrefois avec un i tréma les mots loiier, joüer,

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