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Louis, bouillon, grenouille, jouir, & plusieurs autres semblables , & cela . disoit-on, pour empêcher qu'on ne prononçat lover, jover, Lovis, borillon, grenoville, jovir, & ainsi des autres. Mais aujourd'hui où la figure de l'u voyele & de l'v contone elt auffi differente à la vue, que le fon l'ef à l'oreille, il n'y a que les gens qui ne savent pas lire, qui puilient s'y méprendre.

ARTICLE V. De l’Apostrophe. L'Apostrophe a été inventée pour marquer l'élifion ou suppression d'une voyele finale , & aider à la prononciation. Elle doit se mettre à la place de l'e dans ces monosyllabes, je, te, fe, la, l, de, ce, me, que, ne, lorsque la finale est mangée par le mot fuivant, qui commence par une voyele, comine en ces exernples : J'aime, il t'aime , il s'aime, i'cmbition, l'horeur, c'et, d avoir, il m'aime, il n'a , qu'il, & femblables, pour faire voir qu'on ne doit pas prononcer il se aine, la ambition, le honeur, il me a, & ainsi des autres.

Elle fe met encore après ces mots entre & jufque, lorsqu'ils sont suivis de ceux-ci, aurres, eux, elles, è, aux, ici. Exemples : er!r'eux, ener'elles, entr'autres , jusqu'à, jusqu'aux, jusqu'ici, & semblables, pour marquer que la finale du premier mot eit mangée par le fuivant.

L usage veut aussi qu'on la melle dans les mots, aujourd'hui, cejourd'hui, dhui en un an, d'abord.

On s'en fert encore quelquefois pour supprimer le final du mot grande , quand il est joint à ceux-ci, grand meffe, grand peur, grandchambre, grandfalle, grand chere, grand pitié, grand chor, mais celle regle n'eii generale & toujours ulitée que dans le mot graud'mere.

Enfin, quand la particule si se rencontre devant les pronoms il & ils , l'usage général veut qu'on fasse une elition, & qu'on écrive sil, sils, avec une apostrophe.

C'eit abutivement que l'on a quelquefois supprimé l'edu mot quelque, pour y mettre une apostrophe : quelqu'afaire, gu 'lqu’erénement. Cel unir mal à propos deux mots qui doiient être féparés. Si on sunprimoit l'e dans ce met, bientôi il faudroit le supprimer dans tout autre, partout où il feroit fuivi d'une voyele, & presque tous les mots se trouveroient confendus les uns avec les auires. Mais non ; il faut laitier cet e au mot quelque comme à tous les autres, quoiqu'il y loulire élihon dans la prononciation.

ARTICLE VI. De la Division. Le figne qu'on appele Division , parce qu'il sert à diviser les mots à la fin des lignes, pouroit auíli étre appelé Trait-d'union, parce qu'il sert à joindre & unir ensemble deux ou trois mots qui, pour ainti dire, n'en forment qu'un, comme on peut le voir dans ceux-ci : avant çoureur, avant-garde, arriere-ben, francofiej, porte-manteuu, c'efi-di-dire, vis

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e-sis, & quantité d'autres, qu'on trouvera diftribuós selon l'ordre alThabetique dans ce traité.

Nais le principal usage de la division eft, comme nous l'avons dit, de diviser ou couper les mots qui ne pouvant être mis entiers dans we ligne où il en entre une partie , font achevés au commencement de la suivante, ce qu'on doit absolument éviter dans les Titres, & autant qu'il ett poflible dans les placards, les in-folio, & même dans les in * , où elle ne doit être admise que très rarement. Dans les in-8°, 11-12 & 1:7-16, elle est plus supportable : cependant on doit encore l'eriter, du moi is dans les premieres Pages, dans les Epîtres dedicatoires & dans les titres des Chapitres, Articles & Paragraphes ; mais elle et ii fréquente que dans les petits Livres, tels font les in-12 à dees colonnes, les in-18, les in-24, les in-32 & les autres encore plus petits, auifi bien que dans les additions ou noles marginales, qu'on me peat presque plus l'y éviter.

Lorsqu'on ne peut se dispenser de l'employer, voici les regles qu'il convient de suivre dans la maniere de l'appliquer.

La Division ne doit être placée qu'entre deux syllabes ; & il faut çue celle qui la precede soit au moins de deux lettres, comme on née; car ce tigne auroit très mauvaise grace après une seule voyele, comme en ces mots, a-vec, a-voir, é-vénement, o-bligarion, i-vrogne, & femblables, à moins qu'il n'y eût devant cette premiere fyllabes une élitou, comme d', l', n', ce qui rend la Division tolérable, quand d'ailleurs on eft gêné. Exemples: d'a-mour, l'é-vénement, n'a voit , &c. Ainsi, au lieu de mettre à la fin d'une ligne a- & au commencement de la juirante vec, il faut mettre le mot entier dans la ligne suivante.

On ne doit jamais placer la Division au milieu d'une diphthongue, pi an milieu de plusieurs voyeles qui peuvent former une ou deux diphthongues. Voici des exemples de ce défaut : cæ ur, a-yant, royaume, e-cút, ricu-eillir, exempri-on, & plusieurs autres semblables qu'il faut Liclcmcnt ériter.

a Division a encore lieu entre les Verbes & leurs Nominatiss,

ang ke font transposés ; ce qui arrive quand il y a une interrogation apres ces isois, je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles & on. Exemples: dis-je, rois-tu, croit-il, et-elle, allons-nous, irez-vous, y feront-ils, rienmbellas , croir-o', &c. Mais quand les Verbes se terminent par un e

ou par un a, on ajoute un i en faveur de la prononciation, lor que es Verbes sont suivis des pronoms il, elle &'on ; & co e le et entre i'cux Divisions. Exemples : pente-t-il, parle-t-elle, dira-t-on. Au'reigis on nettoit une Apoftrophe après le r au lieu de la Division; mais ce n'est plus l'usage, parce qu'en effet il n'y a aucune élition ; au cortraire, ce i eft inféré là précisément pour empêcher qu'il n'y ait ution.

La Divifon se place encore fort bien après les pronoms moi, roi, sei, lui, elle, nous, l'ous, eux , elles, lorfqu'ils font suivis du mot Dei relatif. Exemples, moi-même, roi - mime , soi-même, lui-même,

elle-même, nous mêmes, tous-mêmes, eux-mêmes, elles-mêmes. La raison de cela est

que les deux mois ainsi unis, font considérés comme ne fore mant qu'un seul mot. Mais c'est un abus que d'écrire avec une Divilon en même temps: cette expreshon eft composée de trois mots qui doivent demeurer separés : en même temps.

On admet la Divilion entre le mot très & l'adjectif qui le fuit immédiatement. Exciples, Très-beau, très-humble, &c. & enfin après ce mot jusque, & plufieurs autres lorsqu'ils font saivis de la particule demoniirative là. Exemples, jusque-, celui-, celle-, &c. Ce font toutes expreslions où les deux mots unis sont contidérés comme n'étant qu'un seul mot.

Les confones qui peuvent se joindre ensemble au commencement d'un mot, doivent aulli se joindre dans le milieu sans les séparer. C'est le sentiment de MM. de Port-Royal ; & Ramus pretend que de faire autrement c'est connettre un barbarisme. Suivant cette regle, on doit diviser, Do-cheur, épile-psie, Pa-steur, pro-spérer , &c. parce qu'il y a des mots qui commencent par les mêmes confones divitées, tels que Cresiphon , Pfirracus, što, Spes , &c.

Il faut ici rappeler ce que nous avons déjà dir, que lorsqu'on divise fur un e penultieme qui n'ayant point d'accent, doit néanmoins se prononcer, il faut lui donner l'accent aigu, afin qu'on le prononce : ils aimé-pent ; ils murmure-rent ; ils tombé-rent.

Il ne reste plus à laire sur la Division, qu'une seule observation qui ne regarde que l'abus de diviser quelquefois deux lettres d'un mot qui finit une ligne, pour les porter au commencement d'une autre. Exemp.

Teméri-, cel-le, & femblables, ce qu'on doit éviter par deux raisons: la premiere, parce que la Divition n'eft point agréable aux jeux des Lecteurs; vérité dont étoit fi persuadé M. de Tillemont, qu'il ne la foufroit dans ses Cuvres que très-rarement : la seconde raiton eft que la Division tient la place d'une lettre, & qu'il faut que la ligne toit bien serrée, s'il n'y a pas de place pour l'autre, auquel cas il vaut mieux espacer les mots, & porter deux syllabes au commencement do la ligne suivante, comme simé-rité, ou même le mot tout en ül, s'il est court, comme celle.

ARTICLE VII. De la Poncuaron. L'Écriture étant l'image de la parole, elle doit avoir fes pauf j comme le discours : c'est par ce motif que la ponctuation a été incentée. Le point est la marque de la plus forte pause: ausii ne l'emploie-l-on que pour marquer que le sens d'une période est parfait & fini. Les deuxpoints, que les Imprisneurs nomment comma, se place au milieu de ce máme période entre deux propofitions qui se fuivent nécessairement. Le poize-&-virgule, qu'on co nine perir-qué, se mettent quand il y a crcore une plus grande liaison entre dedx propofitions : enin, la sirgule s'emploie entre des termes qui font par eux-zómes dilincis,

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deux points.

ile

le e:

mais qui font unis par la construction. Le petit-qué cft ainfi nommé,
parce qu'autrefois il servoit à abréger en Latin le mot quce, au lieu
duquel on écrivoit q; Le comma tire son nom du Latin comma, qui
tgnifie divifion d'une période. Remarquez que les conjonctions &, ni,
on, comme , & quelques autres, tienent lieu de la virgule, quand les
mes qu'elles assemblent sont simples & courts.
On peut ici observer que quand la conjonction & unit deux nominatifs
ou deux régimes, elle n'a pas besoin de virgule: Les Grecs & les Romains
ont cultivé los Sciences & les Arts : mais lorsqu'elle joint deux phrates,
elle admet la virgule: Les Grecs ont fubjugué les Perses , & les Romains
car fubjagué les Grecs. Si entre deux phrales se trouve une conjoncion
plus forte ; c'est-à-dire, car, mais, parce que, on emploie le point-
virgule : Il y aura de l'orage ; car' le temps couvre. Mais si entre deux
petites phrales il n'y a aucune conjonction; cest alors la place vies

Le temps se couvre : il y aura de l'orage. Au relle , il est
diff cile de déterminer des regles fixes sur l'usage de ces ponctuations:
Elles varient selon la suite & l'enchainement du discours. Iluslit d'ob.
ferver que le point-virgule eft plus fort que la simple virgule. & vaut
moins que le double point, & on doit avoir grande attention à ne point
placer une ponctuation forte avant une autre foible. C'efi pourquoi il ya
des cas où la ponctuation forte du double point doit se changer en fim-
ple virgule, relativement au sens de la phrase qui demeure suspendu.
Ainh on écrira : Le peuple crioit devant Jefus: Hefanna ar fils de David,
Voilà le double point précédant un point. Mais li je dis : Le même
peuple qui crioir devant Jesus, Hosanna au Fils de David ; quelques jours
après cria, Qu'il soit crucifié : Ici je ne puis plus mettre un double
point avant Hosanna, parce qu'il seroit suivi d'un point-virgule : je
luis donc obligé de mettre avant Hosanna, une simple virgule , &
pour conserver le parallele , je inettrai de même une fimple virgule
avant ces mots : Qu'il soit crucifié. En un mot c'est le sens du discours,
qui doit déterminer la nature des ponctuations.
Outre le point fimple, le double point, & le point virgule, dont nous
Fenons de parler, on distingue encore le point - interrogant! & le
point-admiratif !

Le poine-interroganı? se place à la fin d'une période dans laquelle il y a une interrogation, pourvu cepeodant que cette périorle ne soit pas trop longue; car alors on peut la terminer avec un point simple.

Le point-admirarif ! fe place après une exclamation. Mais comme il arive fourent que cette exclamation est suivie d'une interrogation , le point ad miratif doit être mis immédiatement après l'exclamation , &le prin-interrogant à la fin de la période. En voici un exemple: Helas! qui l'auroit pensé !

Il faut encore observer qu'on ne doit point mettre de Capitale apres le point-admirarif ni après le point-interrogant, à moins qu'ils ne terminent une phrase.

qui qui pe

S:

la

ARTICLE VIII. Des Parentheses Er des Crochets. On confond quelque fois deux lignes qui ont néanmoins un usage dort dillerent: ce font les Parenthejes i les Crochers.

Les Parenthifes servent à conserver quelques parties qui apartienent au discours, mais qui en interrompeut la funie : les Crochets fervent à enfermer quelques paroles qu'on infere dans un discouis, mais qui se ne lui apariienent pas.

Ainsi on dira : Les idolärres (tans ils sont aveugles ! ) adorent des Dieux qui sont les ouvrages de leurs mains. Ici c'ett une reflexion qui interrompt la suite du discours ; c'est une seconde piirale qui coupe la premiere, & fépare le Nominatif d'avec son verbe: cela doit être entre parentheses. Mais fil'on raporte les paroles d'un Auteur, & que pour en éclairer le sens, on y ajoute quelques mots, ces mots étrangers au texte doivent être entre deux crochets. Je fuppose qu on raporte ce que dit M. Boluet en parlant d'Annibal: « Ce grand Capitaine [ Annibal} » réduit à fe fauver de son pays , remua l'Orient contr'eux, [contre les » Romains, ] & attira leirs armes en Alic. » Ce qui eit mis ici entre crochets n'apartient point au discours ; ce ne font point des

paroles de l'Auteur; mais elles sont ajoutées à son texte: voilà pourquoi elles doiron: être, non pas entre parentheses, mais entre crochets.

Dans l'usage des parenthetes & des crochets, il s'est élevé une quel tion sur la place que doivent y occuper les ponctuations, qui quelquefois les terminent : les ponctuations doivent - elles élre dehors ou dedans ? Il cit peut-être a ez étorant qu'on ait pu étre indecis sur cela; car des que ces ponctuations apartienent aux paroles enfermées dans ces parentheses ou dans ces crochets, il ett evident qu'elles doivent y être renfermées. Ainsi on dira avec M. Rollin : « On lit » dans cette Campagne, (c'étoit la troisieme de la seconde guerre » Puuique ;)co quire s'étoit jamais pratiqué jusques alors. » Il cit évideniqu2 copoint-virgule et relatif à la pirase enfermée dans la paranth:1?, & quiaino il rioit y être lui.même renfermé. D'ailleurs les parrtheles doiven: ĉire disposées de manicre qu'en les supprimant avec tout ce qeling renferment, le disco:fi demeure ponciue comme il ucrroit l'être s'il s'eût pas été interrompu. Orez la phrase renferruée ici dans ces parentheses, querettera till « Oa fit dans cette » campagne, ce qui ne s'éloit jamais pratiqué jufques alors. » Voilà le discours ponctué comme il doit létre. Si le poini-virgule étoit hors

parenthic, il viendroit alors le réunir avec la virgule qui précede la paren'hese ; yo!!s auriez ceux poncluations au lieu d'une; & ce seroit celle-là qui deviendroit inutile, parce qu'elle n'aparienoit qu'i ce que renfermoit la parenthese: elle revoit onc yere elle-même renfermée.

Il y a cspondant un caso la ponctuation peut se mettre après la parenthele: cel dans les tables alphaberiques ou les prono'ns fetrarfpofent, & fe incient entre parentheses après le nom. Excmples: De

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