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ont été ses principaux guides. C'étoit-là le
moyen de donner des Vies de Saints , qui
pussent mériter l'approbation des personnes
vertueuses, & éclairées : mais cela ne suffi-
soit
pas.

Il falloit de plus une grande sagacité pour démêler le vrai d'avec le faux; une parfaite connoissance des regles de la véritable critique ; l'exactitude la plus scrupuleuse dans l'application de ces regles ; un amour sincere pour la vérité. Notre Auteur possede-t-il ces qualités essentielles à un Hagiographe ? Nous ne préviendrons point à cet égard le jugement du public; ou plutôt, le suffrage des Étrangers semble nous répondre d'avance de celui de nos Compatriotes.

L'Ouvrage est distribué suivant l'ordre des jours du mois. On trouve sous chaque jour la Vie du principal Saint ; elle est terminée par une instruction morale, qui n'est souvent qu’un tissu des maximes du Saint, ou qui du moins dérive naturellement de ses vertus. . Viennent ensuite les Vies des plus célebres d'entre les Saints que l'Eglife honore le même jour. On insiste peu

sur celles qui sont presque inconnues, ou dont les Auteurs n'ont pas travaillé d'après des Mémoires authentiques.

Les Notes que l'Auteur arépandues dans le corps de son Ouvrage , & que nous

1

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avons conservées dans la Traduction, intéresleront les Gens de Lettres d'une maniere particuliere. Elles ont pour objet l’éclaircissement de plusieurs points concernant la Chronologie , la Géographie , l'Histoire , les Ouvrages des Peres, & les Antiquités Ecclésiastiques. On y trouvera des choses très-curieuses sur l'établissement du Christianisme, & sur la fondation des Monasteres, dans les trois Royaumes d’Angleterre, d'Écosse, & d'Irlande. Ces notes sont encore employées quelquefois à relever les fautes de divers Auteurs. Mais on n'y verra point de ces critiques ameres que défavouent la politesse, & la modération chrétienne. L'aigreur ne servit jamais la vérité.

Nous n'avons rien négligé pour bien faifir le sens de notre Auteur : mais nous nous sommes affranchis de cette gêne qui compte servilement le nombre des mots; nous nous sommes même permis des changements qui nous ont paru indispensables. Nous avons' étendu quelques idées, & nous en avons resserré d'autres. De temps en temps, nous avons donné plus de développement à certains faits dont la simple indication n'auroit pas

suffi au commun de nos lecteurs. Lorsque nous avons trouvé dans le Texte, des discussions criti

:

ques, nous les avons fait disparoître, afin de rendre la narration plus rapide : mais nous avons eu soin de les mettre en notes pour qu'on ne nous accusât pas d'avoir appauvri le fonds sur lequel nous travaillions.

Animés du désir de plaire , & d'être utiles à nos Compatriotes, nous avons suppléé à l'omission des Vies de plusieurs Saints françois : cette attention de notre part étoit d'autant plus nécessaire, que nous prenons tous un tres-vif intérêt à la connoiffance des Grands Hommes qui ont illustré notre patrie. Aụ reste, l'Auteur, qui a bien voulu lire notre Traduction, a approuvé les libertés que nous nous sommes permises; il nous a aussi communiqué le résultat des recherches qu'il a faites de puis l'impression de fon Ouvrage ; c'est-àdire, un très-grand nombre d'additions, de changements, & d'améliorations , qui ne peuvent manquer d'ajoûter un nouveau prix à notre travail. Nous faisissons avec empressement cette occasion de lụi donner un témoignage public de notre reconnoissance,

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PRÉFACE,

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i

PRÉFACE.

ON regarde avec raison un dégoût continuel pour la nourriture, comme un préfage infaillible du dépérissement du corps ;

il en est de même par rapport à l'ame. Rien n'annonce plus certainement la proximité de la perte, qu’un dégoût persévérant pour les Livres de piété. Qu'espérer en effet d'un homme qui se ferme volontairement la voie du falut, & qui se met dans l'impossibilité dy parvenir ? Or tel est, selon Saint Chryfoftome ( 1 ), celui qui n'a pas soin de se soutenir par des lectures , ou du moins par des réflexions pieuses.

Semblable à un insede qui prend la couleur des plantes ou des feuilles dont il se nourrit , notre ame prendra , en quelque forte , la teinture des maximes que nous aurons puisées dans nos le&tures. De-vient que ceux qui s'occupent à lire des Ouvrages

(1) Hom. 3. de Lazar. T. 1. p.738. Edit. Ben.

fir. Le

frivoles ou Romanesques, contractent infenfiblement le goût de la frivolité & du plaipropre

de ces fortes d'Ouvrages eft d'étouffer dans le cæur les plus beaux feniiments de vertu , & d'y jetter la semence d'une multitude de vices, qui venant à se développer peu à peu

en couvre bientôt toute la surface. Combien donc ne devonsnous pas être réservés dans le choix de nos deatures, afin de n'en faire jamais qui ne puissent tourner au profit de notre ame?

Mais si tous les Chrétiens en général sone obligés de nourrir leur piété par des ledures Spirituelles , cette obligation devient encore plus étroite

pour ceux qui vivent dans le monde. Plongés dans les embarras tumultueux du siecle , & entierement occupés de leurs affaires temporelles , ils font sans ceste exposés à la sédudion. Or comment milieu du tourbillon rapide qui les entralne , se préserveront-ils de cet épuisement in

que produit la disipation inséparable du commerce des hommes ? Comment résisteront-ils au torrent , & s'entretiendroniils dans la ferveur nécessaire à tout Chrétien, s'ils ne rappellent souvent leur ame vers Dieu, s'ils n'en purifient & n'en nourrissene les affedtions par la lecture des bons Livres ? Le Laboureur fufpend de temps en temps son perrible travail,

pour aller réparer les forces

au

térieur

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