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IMPARTIALE,

Pour les Mois de
JANVIER ET FEVRIER.

M D C C L.
SECONDE EDITION.

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À L E IDE,
De L'IMP. D’ELIE LUZAC, FuLs.

MDCCLII I.

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PRE FACE

ESET eux sortes d'Ecrits périodiques par.

ftagent l'attention du Public ; ceux D e qui rendent compte des évènemens

me qui arrivent dans le Monde Poli. Ch2 3 tique. & ceux qui font connoitre l'état de la République des Lettres. Les premiers ont une vogue beaucoup plus générale , parce quils font du ressort de tout le monde, & qu'il n'y a point d'état , ni de profesion, qui ne puise s'allier avec la curiosité de savoir les Nouvelles Politiques. Sur-tout quand les affaires Jont en ferinentation, & que les Etats éprouvent quelques · unes de ces grandes crises, auxquelles ils sont de tems en teins exposés,

* 2 l'atten.

l'attention redouble , & le caractère de Nou. velliste devient un mal contagieux.

il s'en faut beaucoup que les mêmes cir. constances favorisent la publication des fournaux Litteraires. Il n'y a presque aucune Classe de Lecteurs , qui y prenne un intérêt bien vif. Le Peuple , qui ne se promet aucun fruit de leur lecture , ne l'entreprend pas. Les Grands , occupés de tout autre soin, en regardlent à peine nonchalamment le titre , & poussent rarement l'effort jusqu'à le conserver dans leur mémoire. Il ne reste donc que les Gens dc Lettres ; & il est rare que le débit qu'ils procurent enrichille les Libraires.La médiocrité ordinaire de leur fortune leur fait regretter les moindres dépenses , trop heureux de subvenir au nécefsaire.

Ainsi un Auteur , qui entreprend un Ollvrage périodique , & un Libraire , qui se charge de l'iinpression, courent souvent risque, le prémier de retoinber bientôt dans l'oubli, & l'autre d'en être pour ses avances. C'est le fort inévitable du mauvais & du médiocre; & le bon , l'excellent même , rencontre bien des obstacles , avant que de prendre racine. Ce font quelque-fois les bonnes qualités elles-mes, qui font naltre ces obstacles , en enlevant

les

les clameurs de l'envie , & les contradi&tions de plusieurs autres Passions, qu'un Journaliste met pour l'ordinaire en mouvement , lorsqu'il s'aquitte fidèlement de ses fonctions. .

Voilà bien des considérations propres à courager, & qui sembleroient avoir étouffer dès le berceau le Journal, dont nous donnons ici les prémices. Ce n'est pourtant point une dérangeaison d'écrire plus forte que la Raifon , qui en a triomphe ; on a inurement pėsé le pour le contre; & les raisons Juivantes ont déterminé affirmativement. Le Lecteur jugera de leur folidité. · Le premier motif , qui a fait prendre la plume , c'est la tranquilité publique, le bonheur des conjonctures nous nous trouvons. Une heureuse Paix aïant imposé silence au fracas des armes , laisle , pour ainsi dire , chacun maître d'une attention que les circonstances publiques occupoient toute cntière. Il semble donc impossible que parini tant de perFonnes d'esprit Ep de goût , qui étoient livrées à ces distractions , il n'y en ait un bon nombre, pour qui la Lecture & la Litterature ne redeviennent des objets intéressans. Nous vivons dans des tems li éclairés , que personne n'ose faire montre & gloire de son ignorance,

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